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Dépêche de Guinée n°9 : Le feuilleton Moussa Dadis se rejoue à nouveau

Date de publication:2009-10-18 15:25:59

2009-10-18 17:19:03

Sommé de ne pas s’engager dans la présidentielle guinéenne prévue en janvier 2010, le Capitaine Moussa Dadis a adressé, quelques heures avant la fin de l’ultimatum, un courrier à l’Union Africaine et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

A cet effet, le Capitaine Camara déclare qu’il s’en remet au médiateur africain Blaise Compaoré sur la question de sa candidature.

Le Président autoproclamé qui s’accroche au pouvoir depuis le 23 décembre 2008 entrevoit- il réellement sa porte de sortie ou veut- il, comme à son habitude, jouer avec l’opinion nationale et internationale reste la question que l’on a droit de se poser.

Pourtant la marge de manœuvre de l’apprenti- dictateur est étroite. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir la chronologie des événements depuis la mort de Lansana Conté, un autre chef militaire aux commandes de la Guinée de 1984 à 2008.

 Depuis la répression sanglante d’une manifestation organisée par les Forces Vives le 28 septembre 2009, la communauté internationale maintient une pression sans faille sur la junte au pouvoir en Guinée. Le but, éviter une crise qui tournerait à un conflit inter- ethnique et qui embraserait toute la sous- région ouest- africaine.

Personne n’arrive à comprendre comment et pourquoi une simple mobilisation pacifique de citoyens, de surcroit sous forme de meeting, a pu occasionner les massacres et les viols dont la junte et son chef sont accusés.

La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, l’Union Africaine, les Nations- Unies, l’Union Européenne et le Groupe de Contact pour la Guinée se sont mobilisés et œuvré depuis la prise du pouvoir par le CNDD pour trouver « des solutions idoines » au problème guinéen. En définitive et suite aux massacres de septembre 2009 le Président Blaise Compaoré a été désigné par ses pairs africains comme médiateur en Guinée.

S’étant rendu à Conakry dès le lendemain de son mandat, le Président burkinabé a eu une entrevue avec le chef de la junte tandis que les Forces Vives faisait savoir leur fin de non recevoir pour toute négociation avec Dadis et la junte.

C’est dans ce cadre que l’Union africaine a appelé, sous forme d’ultimatum, le Capitaine Camara à respecter son engagement, celui des membres de la junte et du gouvernement à ne pas se présenter aux élections présidentielles de janvier prochain.

Au sommet d’Abuja, les Forces Vives guinéennes ont présenté leurs propositions de sortie de crise lesquelles ont été avalisées par l’organisation continentale africaine. Pour corroborer le tout, la CEDEAO a décrété un embargo sur les armes à destination de la Guinée.

De son côté la Cour Pénale Internationale s’est saisi du dossier pour savoir si le Capitaine Dadis et la junte sont réellement coupables de crimes de sang et de viols en bandes armées sur des femmes.

Certains pays, comme la France, craignant une détérioration de la situation a appelé ses ressortissants à ne pas se rendre en Guinée, à quitter le pays dans la mesure du possible et, au cas échéant, réduire les déplacements.

Ce ne sont pas, et on le voit bien, les pressions qui manquent. Mais, tout indique que le courrier apparemment laconique qui affirmerait que Moussa Dadis Camara ne refuse pas de quitter le pouvoir est une nouvelle tentative de grouiller les pistes pour retarder l’échéance. Sinon, pourquoi demander l’examen d’un problème dont la solution est entre ses mains ?

Si Dadis veut réellement respecter ses engagements, il n’a aucunement besoin de médiation pour se déterminer. Des modalités de départ, on comprendrait. Mais, le départ en lui- même doit être signifié à la CEDEAO, à l’organisation panafricaine et au reste de la communauté internationale sans aucun détour.

 Les vœux pieux du capitaine guinéen ne doivent pas venir à bout de la fermeté des organisations engagées sur la question de la paix et de la sécurité des populations livrées aux bandes armées qui tuent, pillent et violent tous les jours.

Il faudrait que le chef de la junte exprime clairement et de lui- même qu’il ne se présentera pas aux présidentielles guinéennes de 2010. A partir de là, les modalités de départ pourraient être négociées. Jusqu’à la satisfaction de ces critères, les sanctions doivent être maintenues.

 Dadis est capable, si nous ne sommes pas vigilants, de nous entraîner dans une spirale de négociations. Ses promesses mille fois réitérées et piétinées ne prouvent- elles pas à suffisance que nous avons affaire à un homme tout aussi avide de pouvoir et capable de jouer au pitre sur des cadavres ?

L. Petty Diallo                                                                           Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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