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Qui pour sauver la Guinée

Date de publication:2009-10-22 19:00:59

2009-10-22 20:59:31 

Indépendante depuis 50 ans, la Guinée est l’un des derniers pays d’Afrique à n’avoir jamais connu de démocratie et de liberté.

En effet, après 26 ans de dictature de Sékou TOURE et 25 ans de pouvoir militaire avec Lansana CONTE, le pays reste encore pris en otage par diverses factions qui cherchent à obtenir des privilèges et/ou à les conserver.

Pendant ce temps, le peuple meurt, souffre et pleure sans arrêt comme si c’était une malédiction qui ne saurait cesser dans ce pays si bien doté par la nature en richesses et en braves et intelligentes ressources humaines.

La Guinée meurt et pleure. Elle peine à sécher ses larmes suite au carnage du stade le 28 septembre 2009. La Guinée crie au secours mais qui pour l’aider ?

L’armée de la République de Guinée

Comme tout pays indépendant et souverain, la Guinée dispose d’un corps militaire qui fait office d’armée nationale.

Cette armée née au lendemain de l’indépendance est un corps très hétéroclite qui étonne tous les ingénieurs et stratèges militaires contemporains. L’étonnement vient de l’absence de structuration, de l’absence de discipline et d’esprit républicain, et de la précarité des hommes et femmes qui la composent.

L’armée Guinéenne est un « foutoir » comme le disait le général CONTE. Et «même le président ne peut contrôler » ce corps (capitaine Moussa Dadis Camara).

Par ailleurs, l’armée Guinéenne est sans doute l’une qui a causé plus de problèmes au pays et aux citoyens. Composée de bandes armées incontrôlées, indisciplinées envers le citoyen et la hiérarchie, l’armée est devenue au fil des années l’ennemi du peuple. Au lieu de protéger le peuple, l’armée procède à des répressions, à des raquettes, des pillages, des viols, du trafic de drogue et du banditisme. L’armée Guinéenne a sans doute tué plus de Guinéens que d’étrangers (environ 1000 morts et 5000 blessés guinées depuis l’indépendance).

L’existence de clans, les conflits de générations, les sentiments et les attitudes ethnocentriques combinées à la soif du pouvoir, la précarité et à l’impunité font que personne ne peut compter sur cette armée pour libérer le peuple. On parle d’officiers ou de soldats bons et patriotes qui se trouveraient dans les rangs, mais l’histoire a montré que le militaire guinéen n’a jamais intervenu pour sauver ou épargner le peuple au besoin.

Au contraire ses actions et ses stratégies sont personnelles, corporatives et égoïstes. L’armée guinéenne n’aime pas son peuple. Elle la lui montre sa haine à chaque occasion comme si elle ne connaît d’ennemis que le peuple. Ce dernier a besoin plutôt de se libérer de cette bande armée en treillis sous le drapeau de la République de Guinée.

Les leaders politiques

Les politiques en Guinée n’ont jamais eu l’occasion d’exercer par eux même le pouvoir. Les rares qui ont géré les affaires du pays étaient sous l’autorité d’un chef dictateur et autocrate.
On peut dire qu’ils n’avaient pas toutes les libertés de mangement et de gestion nécessaires à la mise en pratique de leurs compétences au service du pays.

Par ailleurs, depuis, le début des années 1990, avec le multipartisme, il existe une multitude de partis politiques en Guinée ; mais ces partis se souvent organisés sur une base régionale communautaire et ethnique.

Après la liquidation de toute opposition politique Guinée sous la révolution (BARRY III, Diawadou BARRY, Petit TOURE, DIALLO Teli, …) la Guinée peine a avoir une opposition forte malgré l’avènement de Siradio DIALLO, BAH Mamadou, Alpha CONDE au début des années 1990. Aujourd’hui, le pays compte environ 100 partis politiques pour 10 millions d’habitants.

Ces dernières années, les politiques s’étant beaucoup illustré par de querelles, de manque d’organisation, de présence sur le terrain et d’unité ont beaucoup perdu de leur crédibilité. Ce qui peut expliquer que les mouvements de contestation de 2006 et 2007 soient menés par les syndicats et la société civile. Mais depuis l’arrivée de la junte, les politiques réunis avec d’autres acteurs sous la bannière des forces vives constituent une force d’opposition et de contestation très considérable. Cette opposition est à l’origine du grand rassemblement populaire du 28 septembre 2009 dans le stade de Conakry qui a fait de centaines de morts, de dizaines de viols et de milliers de blessés.

Aujourd’hui les politiques semblent plus que jamais déterminés à empêcher la candidature du chef de la junte, de son groupe (le CNDD) et du gouvernement.
 Mais, brutalisés, blessés, humiliés, emprisonnés, les leaders sont sous le choc après le carnage du 28 septembre. Depuis trois semaines, beaucoup de  leaders politiques sont hors du pays et les partisans sont terrés chez eux pour échapper à la répression.

Les prochaines décisions et actions des politiques (seuls ou sous le drapeau des forces vives) seront déterminantes pour la démocratie et la liberté en Guinée.

Cependant, désarmés, désorganisés et souvent fuyards dans le passé, les politiques sont avant tout des politiciens qui regardent leurs intérêts et parfois au détriment de la population. Déjà des rumeurs font état de la probable participation de certains politiques à la formation de gouvernement d’union nationale sous l’égide du capitaine Dadis et de son groupe.

Les Guinéens de l’intérieur

Les Guinéens n’ont jamais pratiquement connu de liberté et de démocratie. Désarmés, désorganisés et terrorisé, les Guinéens ont souvent essayé de manifester leur désir de liberté et de démocratie, mais à chaque fois cela n’a pas eu des résultats positifs.

Ces dernières années, ils sont allés au front, descendu dans la rue pour défier le pouvoir soit en réclamant de meilleures conditions de vie, s’insurger contre l’impunité ou la corruption ou bien pour demander le départ du président. Mais à chaque fois, ils ont été réprimés, assassinés, emprisonnés, torturés. Ils ont perdu beaucoup de leur sang, de leurs fils et de leurs filles.

S’il y a quelqu’un qui ne gagne rien du système mercantile et prédateur en Guinée c’est sans doute le Guinéen moyen. Le Guinéen vit dans la précarité, la peur et l’angoisse d’un lendemain incertain.

Face a un pouvoir dictatorial, tyrannique et répressif, le Guinéen ne peut rien faire car il ne détient aucun moyen de pression sur les tyrans.

Certes les événements de juin 2006, janvier 2007 et septembre 2009 ont montré au monde la détermination de ce peuple de sortir du joug de la tyrannie militaire, mais a chaque fois, l’histoire a montré que le sacrifice n’a pas donné tout le résultat escompté. Le système reste intact et les hommes continuent à entretenir les mêmes pratiques dénoncées.

Sous la forme actuelle, le peuple peut continuer à manifester tous les jours et à se faire tuer, le pouvoir restera sourd au cri populaire.

Une des options salutaire serait d’affronter  l’armée mais ou est ce que le peuple peut disposer d’un arsenal militaire pour faire face à un pouvoir qui depuis 25 ans ne cesse de s’armer ? Alors il ne reste plus peut être qu’à marcher massivement et pacifiquement sur le camp Alpha Yaya pour déloger Dadis et sa bande à cri de liberté. Mais la question qui se pose est : l’armée va-t-elle se laisser faire ?

Pour éviter tout bain de sang, la solution serait une désobéissance civile au niveau des domaines stratégiques tels la santé, l’éducation, le commerce et l’administration. Mais là encore qui va souffrir le plus? Le peuple surement !  

Les Guinéens de l’extérieur

La communauté Guinéenne est très important à l’extérieure. On estime entre 2 et 3 millions le nombre de Guinéens vivant hors du pays en Afrique, en Europe, en Asie et en Amérique. Cela constitue un important groupe de pression s’il est organisé, déterminé et engagé.

La pression sur les pays amis de la junte, sur les représentations et les instituions internationales pourront faire comprendre à la junte son impopularité, mais là aussi la diaspora est très désorganisée et il y a déjà eu de nombreuses manifestations en Afrique (Sénégal) en Europe (France, Angleterre, Belgique, hollande), en, Amérique (usa, canada) et la junte reste sourd aux cris de ce peuple.

La communauté internationale 

La communauté internationale est l’une des seules capables de changer le plus rapidement de régime ou de pouvoir dans un pays par des sanctions ou une intervention.

La communauté internationale par le biais des suspensions, d’embargos (militaire ou économique) ou de zèles d’avoir, restriction de déplacements internationaux peut déstabiliser et isoler un groupe au pouvoir, mais l’histoire à montré que ses mesures ont des effets limités et le pouvoir peut toujours contourner ces sanctions (Ex : Lybie, Irak, Iran, Afrique du sud).

Dès lors, l’intervention armée est l’élément le plus efficace pour chasser un groupe ou une personne au pouvoir. Mais qui va décider pour l’envoi de  cette armée d’interposition ? Qui pour la financer ? Sous quelle bannière (UA, ONU, UE, CEDEAO) ? Pour quelle durée ?

Par ailleurs, l’expérience de l’Iraq  (les alliés), de la somalie (usa), du soudan  (UA), du Liberia (ECOMOG), de l’Afghanistan (Alliés), et du Rwanda (ONU) ont montré les limites d’une intervention armée internationale.  Alors qui pour sauver la Guinée ?

Mamadou A. DIALLO (Paris)
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