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Du net sur le NET

Date de publication:2008-02-05 12:32:53

A propos de ma réaction sur la réplique de Mamadou Billo Sy Savané à André Lewin,  Abdour'ramane Barry souhaite que " tous les valeureux fils du pays décident de rentrer pour s"occuper de ces mauvais gestionnaires..." (sic). C'est une occasion qu'il me donne pour préciser certaines choses. Cette recommandation part d'un noble sentiment mais Abdour'ramane ne voit-il pas que de nombreux fils sont rentrés au pays depuis le début des années 90 sans que celà ait changé quoi que se soit? Les leaders des principaux partis politiques de l'opposition, des cadres de toutes compétences et de toutes spécialités sont rentrés, avez-vous constaté des changements?
Au delà de ces questions mes précisions vont porter sur une interrogation qu'Abdour'ramane n'est pas le seul à se poser . C'est quand il dit : "Pourquoi nous contentons-nous d'écrire et de critiquer ? Nous devons agir". Cette question est maintes fois posée par des Guinéens. Sachez, mes compatriotes que l'écriture a joué un rôle aussi éminent que des fusils dans des changements de régimes politiques. Il  en fut ainsi  des grandes révolutions de l'histoire (Révolution française de 1789, Révolution bolchevique de 1917, l'écroulement des empires coloniaux  après 1939-1945 etc.). Plus récents , les écrits d'Alexandre Soljenitsyne et des dissidents soviétiques   ont joué pour beaucoup dans l'éclatement et la fin du bloc soviétique.

Les gouvernements de tous les pays connaissent cette importance des écrits qu'ils préfèrent que tous ceux qui écrivent soient pour eux et non   contre eux. C'est donc par ignorance que certains minimisent le rôle de l'écriture dans les changements ou même les ruptures qui surviennent dans les régimes politiques.

Autres sons de cloche, souvent entendus:"Il faut AGIR" sans que personne n'indique cette voie de l'action. Il faut d'abord dire que dans chaque société des individus réfléchissent sur les conditions et le devenir de cette société,d'autres ne réalisent leur personnalité que dans l'action, quelques très rares sont capables de combiner les deux positions . Je dis , très rares , parce qu'à travers l'histoire, des mégalomanes, parce qu'ils pouvaient haranguer des foules, se sont crus capables d'incarner à un haut dégré, réflexions profondes sur la société et actions gouvernementales de construction du pays et ont le plus souvent mené  leur peuple à la catastrophe.Les exemples abondent.Hommes d'action et hommes de réflexion sans présenter une absolue étanchéité entre eux,  mais  se complètant , figurent ainsi le  schéma simplifié de la division sociale   du travail.

Dans l'esprit de certains, AGIR  peut vouloir dire prendre le maquis. Celà a parfois réussi dans des pays où existait un minimum de droit humain et un minimum de capacité de s'indigner et donc de se révolter. Celà a sans doute germé dans l'esprit  de bien des Guinéens mais dans un pays où, depuis 1958, être simplement soupçonné de vouloir agir contre les autorités en place  a conduit à la mort,on voit l'état des choses . Toujours est-il que les crieurs de "il faut agir,il faut agir" n'ont toujours pas communiqué le mode d'emploi  de cette profession de foi. Et puis, d'ailleurs, avec les expériences de nos voisins  libériens et sierra-léonais,  personne en Guinée ne souhaite une guerre civile  et c'est bien ainsi. Trouvons donc une voie pacifique à nos problèmes. Comment?Par la réunion d'une conférence nationale.

Réagissant toujours à des textes publiés sur www.guineepresse.info , j'en arrive à une interview  de notre  compatriote Maître Alpha Oumar Sy Savané se déclarant favorable au plan Kouyaté pour le cinquantenaire de la Guinée. Dans cette mise au point, il n'est nullement question de ma part de porter un jugement  sur ce choix qui n'est pas le mien. La pluralité d'opinions  est un attribut de la démocratie . Je crois cependant opportun  de dire à Me Sy Savané que dans un pays au niveau moyen d'éducation comme le nôtre, un intellectuel dans la presse papier ou electronique doit se donner un rôle de formateur. C'est peut-être prétentieux mais je revendique cette prétention. En effet, dans son interview Me Sy Savané  répondant à la question: "Quel sera à votre avis , le bilan du cinquantenaire  de la République de Guinée?" répondit  :"Dès qu'on parle de bilan, les gens pensent automatiquement à l'aspect quantitatif de la Nation... Par delà ces valeurs quantifiables, nous appelons nos compatriotes à un exercice d'auto médiation et d'autocritique par rapport à la mise en oeuvre et au soutien  des valeurs cardinales de la République de Guinée, de la nation guinéenne. Ces valeurs constituent l'aspect qualitatif de la Nation."Mais encore...
Au plan où se situe la discussion, l'approche qualitative demeure des plus aléatoires dans le monde concret qui  est ici celui d'apprécier l'évolution d'une nation.Il est normal et c'est ce qui se constate partout dans le monde que quand on  parle de BILAN , c'est l'approche quantitative qui s'impose avant tout.Il peut s'agir de:
               -tableau représentant l'actif et le passif d'une unité économique (entreprise);
               - bilan social: document qui récapitule en chiffres la politique sociale et salariale d'une entreprise;
               -résultat positif ou négatif d'une opération quelconque ,ce qui peut supposer des chiffres;
               -bilan de santé: examen de santé qu'établit le médecin sur la base de données quantifiables: nombre de pulsations/seconde par exemple;
               -bilan psychologique ou profil psychologique: il s'agit là d'un domaine des plus immatériels et pourtant le spécialiste qu'est le psychologue tente d'établir des courbes à l'aide de chiffres au terme de l'examen,  etc...

N.B: Cette taxinomie, n'est faite ici que pour le lecteur moyen. Les spécialistes en savent plus.

Pour rejoindre Me Sy Savané, c'est vrai que même en économie, discipline qui se prête le plus à la quantification parmi les sciences de l'homme, des économistes ont beau tenter de montrer les limites de la comptabilité nationale pour échapper à une approche trop quantitative de la mesure des performances collectives des Etats, ils ne sont pas parvenus encore à élaborer des indicateurs fiables .Aussi, tous les Etats du monde en sont encore réduits à établir leurs bilans par des approches quantitatives: produit intérieur brut ou PIB, indicateurs de développement humain, indicateur de niveau de vie, infrastructures économiques et sociales, etc... Ce que Me Sy Savané appelle " valeurs cardinales de la nation" reste donc encore dans le domaine de la spéculation verbale, sinon il serait souhaitable  qu'il dise aux lecteurs comment mesurer ces valeurs cardinales pour voir s'il y a eu avancée ou recul  de 1958 à 2008.
PS: Puisqu'on parle ici de "net sur le NET", je voudrais signaler quelques particularités qui nous sont propres, nous Guinéens .Oh c'est sans importance mais je vais les dire quand même:

     -Dans un texte pourquoi écrit-on fréquemment par exemple: "il a gagné cinq cents (500)  francs"?  Pourquoi cette répétition  du nombre en lettres et en chiffres. Cette formule n'est recommandée que dans des documents bancaires ou spéciaux. Autrement, dans un article , on peut écrire tout simplement en lettres ou en chiffres.
     - Autre particularité : celà concerne les citations  dans des textes. Pourquoi à chaque fois, écrire:  je cite ".........." fin de citation? Lors d'un discours où l'on est le seul à avoir sous les yeux le texte, cette formule est correcte mais à partir du moment où il s'agit d'un texte que tout un chacun lit , le fait que le lecteur voit des guillemets ( "......") s'ouvrir et se fermer, il sait que tout ce qui est entre ces guillemets est une citation donc écrire dans ce cas: "je cite.....fin de citation" est inutile !
Je reviendrai sur d'autres particularités de ce type. Enfin, je voudrais profiter de ce genre de récréation  pour parler  de la vigueur et du dynamisme d'associations guinéennes à travers le monde pour ce que je peux en percevoir comme échos, en Afrique , en Amérique , en Europe. Ainsi, je suis en rapport avec Dr  Amadou Modibo Traoré, Chercheur à la division de l'infection et de l'immunité à la Faculté de Médecine de Birmingham, en Angleterre, qui mène avec des compatriotes une dynamique association "La Fraternité guinéenne" www.mafraternite.com . On y reviendra.
            

         Ansoumane Doré (Dijon, France)
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