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Conakry : peur sur la ville

Date de publication:2009-10-25 22:49:15

2009-10-25 23:45:30

« Utiliser l’ethnie pour se positionner est la pire voie pour devenir quelqu’un en Guinée ! »
Déclare Jean Marie Doré.

La tentative d’assassiner le leader de l’UPG, Jean Marie Doré, dans la nuit du vendredi 23 octobre 2009 révèle la dimension inquiétante qu’ont atteinte les massacres ciblés contre certains milieux en Guinée depuis le carnage du 28 septembre.  Cette agression vient d’ailleurs à point et peut contribuer à clamer certains esprits. En effet, avec l’assassinat, le lundi 19 octobre 2009 du haut fonctionnaire Mr. Sadio DIALLO dit Sader, on a déjà atteint la barre de 12 cadres peuls tués par des hommes en uniforme ou milices venus du camp Alpha Yaya.

Sader était lui-même un membre du comité de soutien à Dadis mais il s’était opposé à l’organisation d’une manifestation en faveur du CNDD en évoquant le nombre trop élevé de morts le 28.09.2009.

Ce dernier assassinat et les tracts de N’Zérékoré ont finalement fait monter la tension dans les quartiers et confirmer l’existence d’un escadron de la mort contre les Peuls. De plus en plus de voix s’élèvent au sein de cette communauté pour demander la mise sur pieds rapide d’une structure d’autodéfense. Surtout que la communauté internationale tergiverse sur la question d’envoi d’une force de protection des civils guinéens face aux milices de Dadis et du CNDD. Ceci d’autant plus que les Peuls eux, n’ont pas un groupe militaire au camp Alpha Yaya pour protéger leur communauté (voir la Lettre du Continent N°. 573 ou lire l’article ci-dessous).

D’après le leader Jean Marie Doré qui est lui-même guerzé comme Dadis, c’est une vingtaine de jeunes qui sont venus pour l’attaquer chez lui dans la nuit du vendredi. Ces jeunes ont pu bloquer toutes les issues menant à son domicile de 22h  à 4h du matin, sans que les forces de l’ordre ne se manifestent sur les lieux. Cela prouve à suffisance que ces milices agissent en toute confiance, étant au service de la « présidence » et du CNDD.

« Je trouve que c’est pas bon que des individus croient que la voie de la violence peut être celle de conquérir le pouvoir et de le garder. »

D’autre part, un Guerzé à la peau claire qui a le malheur de ressembler à un Peuhl s’est fait violemment tabassé par des milices de forestières qui l’ont pris pour un Peul. Ce témoignage a été rendu public ce soir dans une radio en Amérique.

Cet acte s’ajoute à d’autres faits graves pour prouver qu’il y a bien un commando de la mort en action depuis le 28 septembre 2010 sur fond de haine ethnique.

Il y aussi des crimes politiques contre toute personne soupçonnée d’œuvrer pour le départ du CNDD et pour l’instauration d’un Etat de droit. Tous les leaders au sein des Forces Vives sont ainsi des cibles, sans exception (à part Bah Ousmane et Lansana Kouyaté qui travaillent eux pour Dadis).

Pourquoi donc les tracts de N’Zérékoré et les Peuls sont-ils particulièrement visés ?

Cela n’est pas qu’un fait de Dadis seul, même s’il est le principal responsable de toutes les exactions sous son régime. Les extrémistes du CNDD comme le Cdt Moussa Keita, qui ne pensent qu’à leur propre maintien au pouvoir, sont les principaux acteurs de l’orientation de la haine forestière contre l’Ethnie peule. C’est Moussa Keita qui a d’ailleurs affirmé à N’Zérékoré, de façon à peine voilée, que si les Peuls qui avaient soutenu Lansana Conté se mobilisent massivement pour la tenue rapide des élections et donc le départ du CNDD avant 2010, c’est parce que Moussa Dadis est forestier. Il faut rappeler également que c’est le Cdt Moussa Keita et le gouverneur de Conakry qui entretiennent les mouvements pour le maintien de Dadis au pouvoir. « Dadis ou la mort !» avait-il scandé à N’Zérékoré. Depuis le 28 septembre, la mort frappe les milieux de l’opposition et les Forestiers sont de plus en plus remontés contre les Peuhls.

Nous demandons à la coordination et à tous les cadres de la Forêt de prendre conscience du danger qui peut résulter de telles manipulations des populations de la région forestière à des fins politiques et contre une autre ethnie guinéenne.

Après la prise du pouvoir par Dadis, les premières actions du CNDD étaient dirigées contre des personnalités peules, souvent à tort, comme le cas des hommes d’affaires. Cela n’a pas empêché tout le Fouta (des représentants de chaque Diwal) de se mobiliser et venir apporter son soutien à Dadis le 11 mars 2009. Ce dont aucun des précédents chefs d’Etat guinéens n’a bénéficié.

Tous les leaders des principaux partis politiques demandent le départ de Dadis et du CNDD après les massacres du 28 septembre. Tous les leaders d’opinion guinéens, de toutes les sensibilités confondues, demandent le départ de Dadis et du CNDD après les massacres du 28 septembre. En quoi ce problème est-il peul ?

Aucun Guinéen ou groupe de Guinéens responsables de crimes contre l’humanité comme ceux perpétrés le 28 septembre ne peut plus prétendre rester au pouvoir en Guinée. C’est seulement ainsi qu’on peut conquérir la démocratie et espérer construire un Etat de droit.

Nos félicitations et encouragements à Sidiya, Mouctar, Jean Marie Doré, Bah Oury, Cellou, Fall, Alpha, Aboubacar Sylla, Baadiko et à Abe Sylla pour leur combat et leur union dans ces moments difficile !

Nous leur demandons de gardent leur cohésion actuelle et leur unité d’action jusqu’à la victoire totale en Guinée.

SADIO BARRY

Témoignage de Jean Marie Doré

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