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CHRONOLOGIE DE RENDEZ-VOUS MANQUÉS

Date de publication:2009-10-28 23:36:56

2009-10-28 23:40:03 

Le récent  massacre du 28 Septembre 2009 s’inscrit en toute logique dans la chronologie macabre qui a jalonné l’histoire de la Guinée depuis son accession à l’indépendance le 2 octobre 1958. La descente aux enfers, les exécutions sommaires et le supplice des populations, qui ont caractérisé la dictature aveugle de Sékou Touré, demeurent encore aujourd’hui hélas! le quotidien des guinéens.  Durant 26 ans, sous la férule du tyran, la barbarie et l’injustice furent érigées en système politique, la délation et le mensonge en  armes de sauvegarde  du pouvoir, tandis que la médiocrité et les louanges folkloriques devenaient les pré-requis pour toute ascension sociale  et politique dans ce goulag tropical que fut la Guinée de Sékou.

Comme tout schizophrène autiste, Sékou avait la conviction profonde que la Guinée était sa chose à lui, son petit machin. Ainsi, se réservait-il  le droit exclusif de changer ses composantes institutionnelles, d’assujettir l’État à son PDG, de confisquer les libertés et de se débarrasser de tout citoyen qui ne cadrait pas à ses desseins politiques. La relation incestueuse entre  l’État et le Parti eut comme  il fallait s’y attendre  des conséquences dramatiques pour les libertés individuelles, le droit à la justice, et à l’initiative privée. Le propre de toute révolution étant de dévorer ses meilleurs enfants, Sékou à travers son « complot permanent » qui le hantait nuit et jour, se débarrassa des intellectuels, des chefs coutumiers, et de la petite bourgeoisie pour que vive la Révolution globale et multiforme.

Cette culture de la violence étatique et de la banalisation de l’arbitraire s’enracina profondément dans la société pour finalement être une caractéristique et une norme sociale  de l’univers quotidien des guinéens.

A la mort du dictateur en Mars 1984,  les guinéens hébétés  par 26 ans de sortilèges découvrirent que le train en marche de la révolution est passé aux commandes  d’un moujik sortit de nulle part. À la télévision, on vit  un officier lourd, maladroit et qui se demandait bien ce qu’il faisait là.  Avec son look de pachyderme endimanche, Lansana Conté – ou plutôt Papy-la-gaffe –   à son tour entraina son peuple à un long, pénible et douloureux voyage. Un autre règne débuta pour le peuple martyr de Guinée, celui de l’incompétence, de la sottise,  de la corruption et de l’impunité.  Ce que les guinéens incrédules ne se doutaient point, c’est  que derrière cette façade d’idiot du village se cachait une brute féroce capable d’enjamber des milliers de cadavres pour préserver astucieusement le pouvoir absolu.

En effet, à part la langue de bois, toute la machine répressive de Sékou Touré,  dont Lansana Conté se réclamait d’ailleurs  l’héritier, se renforça. Moins doué qu’un gardien de cinéma de banlieue, Fori Coco confortablement installé dans un hamac sous l’ombre des cocotiers de Gbantama  n’acceptait aucune polémique. La démocratie? Il n’en a cure et s’assoit dessus sans coussins, s’il vous plait! Les droits de l’homme? Un piège à cons, une affaire de blancs. L’opposition? Une horde de fainéants qui ne pense qu’à des élections. Ses ministres?  Tous des voleurs de poules à faire fouetter sur la place publique. Le Mangué ne sortait de sa torpeur tropicale que pour engendrer des rejetons et de temps à autres balancer a ses ouailles des mouchoirs, des chaussettes, des sardines…… et des élections bidon,  histoire de rappeler qu’il était l’unique gérant de l’épicerie familiale. C’était vraiment  la cour du Roi Moro Naba où les affaires de l’État se réglaient sous l’arbre à palabres, sous les yeux d’une population désabusée et anéantie. Le spectacle grotesque du bouffon n’amusait que les courtisans.

Le président-paysan – comme l’appelaient les thuriféraires du régime -   plongé dans une sieste saisonnière, ne dirigeait alors son pays que par délégation limitée de pouvoir à des factions de politiciens cupides chapeautés par des marabouts, a des courtisans combinards et a ses épouses affairistes. Les guinéens qui n’avaient plus que leurs gros yeux pour pleurer ne savaient plus à quel saint se vouer. En 50 ans d’indépendance, ils étaient passés de Charybde à Scylla.

Deux malheurs n’arrivant jamais seuls, et voila que débarqua en ce Noël 2008 le  troisième larron: Calamity Dadis! Avec son béret teuton, ses manches retroussées et ses  lunettes bon marché, le sieur Dadis a plus l’allure et le look d’un chef de bande que d’un homme d’État. Son langage décousu, sa rhétorique plate et son comportement erratique trahissent ses  origines modestes, sa formation académique sommaire et son expérience professionnelle de trafiquant de carburant. Impulsif, imprévisible et incohérent, la nouvelle crapule nationale, pardon! le nouveau Père de la Nation  ne fait pas lui dans la dentelle. En effet, le déséquilibré annonce la couleur après tout juste  neuf mois de non gouvernance. Moins qualifié qu’un surveillant de champ d’ignames, le cannibale se prend au sérieux. Alors là, très au sérieux. A coups de gueules intempestifs il réclame  et exige du respect que ne lui a jamais conférer son passe douteux. Mais avec lui, c’est l’horreur qui monte d’un palier de plus. C’est le remake du cycle infernal de la barbarie, de l’impunité et du mépris qui reprend ses droits. Toutefois, ses sbires et lui y ajoutent une nouvelle arme que les guinéens n’ont jamais connu : le viol des femmes. Pour que la communauté internationale, l’Union africaine et surtout la CDEAO, expriment leurs préoccupations, c’est que le protégé de l’encombrant Kadhafi est allé au fond de la caisse de l’horreur.

Un mois après la boucherie du stade du 28 septembre, la seule bonne nouvelle de ce décor lugubre, c’est que l’étau se resserre chaque jour un peu plus sur le cannibale qui ne mesure jusqu’a présent pas l’ampleur de ses atrocités. Le maniaque qui a complètement  perdu la boussole se dit “désolé”,  comme s’il venait tout juste de renverser  un bol d’huile rouge au marché de Madina.

Cependant, cette Révolution inachevée vient s’ajouter à tant d’autres qu’il est inutile d’énumérer.

Toutefois, dès l’instant où le détraqué du camp Alpha Yaya ira rejoindre  ses petits copains de vertu Jean Pierre Bemba, Charles Terreur, Thomas Lubanga et Radovan Karadzic à la  Haye, il faudrait que les guinéens se mettent debout pour enfin interroger leur histoire commune et démanteler les mécanismes et réseaux par lesquels ces trois despotes ont confisqué leur liberté.

L’amorce d’un véritable dialogue politique en vue de mettre en place un État de droit reposant sur des institutions solides et des valeurs porteuses d’humanisme et de justice passe à mon humble avis par:

  • le décernement de la palme d’or du plus grand  menteur du 20e siècle à Ahmed  Sékou Toure pour nous avoir floué pendant plus d’un quart de siècle avec sa révolution morbide;
  • L’exorcisme de tous les démons du pouvoir absolu, de la barbarie primaire, de la haine ethnique, du  meurtre gratuit et surtout du mensonge que l’idéologie du PDG a infecté en chacun d’entre nous.     
  •  La mise en place d’une Commission Vérité et Réconciliation qui va se pencher sur notre tumultueuse histoire  pour ne pas que bourreaux et victimes soient logés à la même enseigne.

Bien des peuples se sont livrés avant nous à cette  douloureuse épreuve. L’Allemagne a assumé son lourd héritage nazi. Le Cambodge a mis à nu les pratiques horribles des Khmers rouges de Pol Pot et Ta Mok. L’Afrique du Sud  postapartheid et le Rwanda post-génocide ont  mis toute la lumière sur leur obscur passé. Tout près de nous le Libéria de Ellen Johnson Sirleaf est passé par cette épreuve pour panser les plaies de l’abominable guerre civile qui a ravagé ce pays durant 15 ans.

Une obligation morale s’impose à chacun de nous pour éclaircir aux familles des victimes du camp Boiro, des fusillés du 7 juillet 1985, des martyrs de janvier-février 2007 et de ce fatidique 28 septembre 2009 et des milliers d’autres anonymes le pourquoi de leur mort.

Sans nul doute, les familles de Alioune Drame, Diallo Telli, Docteur Marega, Barry Mody Oury, El hadj Ibrahima Bah, Baldet Ousmane et autres  Aribot, Mathos, Diop, Bangoura, Kourouma, Fofana, Millimono, Sow et j’en oublie certainement ne veulent point une quelconque vengeance, mais cependant réclament et exigent…..Toute LA VERITE.

Ce profond travail de mémoire de recherche, d’introspection et d’investigation pour comprendre l’ampleur de la  barbarie de Sékou Touré, de la brutalité sournoise de Lansana Conte et de la boucherie de Dadis Camara  demeure  à coup sur une condition sine-qu’ânon pour poser les jalons d’une nouvelle société guinéenne soucieuse des libertés individuelles et surtout pour enfin dire: PLUS JAMAIS ÇA!!!

Mais aussi longtemps que  nous continuerons à nous soustraire de ce défi  historique, de notre boite à Pandore nationale  jailliront toujours des affreux comme Lanasana Conte , Dadis Camara, Siaka et Ismaël Toure. Le penseur espagnol Santillana ne disait-il pas à juste raison que « tout peuple qui ignore son histoire est condamné à la répéter ».  Chers compatriotes, mettons nous donc à la tâche. Il n’est jamais trop tard pour  rendre justice.

       Tibou Barry
       Atlanta, Georgia, USA
       (678) 480 00 82
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