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Carnage du 28 septembre

Date de publication:2009-10-28 23:50:31

2009-10-29 00:43:34

Le 23 décembre 2008, le Conseil national pour la démocratie et le développement (C.N.D.D.) prend le pouvoir après la mort du Général président Lansana Conté.  C’était, dit-on, pour éviter un bain de sang.  Neuf mois après, ce bain de sang aura bien lieu au stade du 28 septembre, en plein soleil.

Il est à remarquer que les premiers communiqués du CNDD ont posé des actes qui allaient dans le sens des attentes des populations Guinéennes. C’est pourquoi, dans moins de 72 heures chrono son programme a connu l’adhésion de toutes les couches sociales de la Guinée. Le premier acte positif et constructeur est d’avoir montré aux Guinéens eux-mêmes qu’ils n’étaient plus gérés par un État (un gouvernement) mais par des affairistes narco-corrompus. Le deuxième acte posé est d’avoir engagé effectivement la lutte contre les narco-corrompus, les trafiquants internationaux de la drogue et les consommateurs de tous ordres. Le troisième acte posé est la lutte engagée contre les autres prédateurs de l’économie nationale que sont les autres dignitaires du pseudo-État de Guinée les anciens ministres du feu Général. Le quatrième acte est celui d’avoir donné raison aux jeunes de Guinée qui, par les évènements de janvier et février 2007, ont démontré que les bureaucrates et les élus politiques ne prêtent attentions qu’aux groupes qui manifestent bruyamment leur mécontentement.

Mais la tâche essentielle du Conseil national pour la démocratie et le développement (C.N.D.D.) restait de mener la nation à un État démocratique. Cette tâche passait obligatoirement par l’organisation des élections présidentielles de façon transparente, libre, crédible, impartiale, incontestée et incontestable. Elle passait aussi et avant tout par le toilettage du visage politique de la Guinée. Ce ne serait pas au nom de la démocratie qu’il faudrait laisser les narco-corrompus et les prédateurs de l’économie nationale (les anciens collaborateurs du feu Général président) accéder aux postes de gestion et de décisions de la nation.

C’est pourtant bien là que le bas blesse avec le C.N.D.D. Les problèmes futurs de la Guinée ne pourront être dus qu’au manque de courage de la Junte à faire face au toilettage politique du pays. En effet, dès la prise du pouvoir, le président du C.N.D.D. a déclaré que tous les anciens collaborateurs du feu Général Lansana CONTÉ étaient des apatrides ; qu’ils étaient à la base de la débâcle de la République de Guinée sur le plan politique et de sa gestion calamiteuse.

Quelques mois après, en avril 2009, le même président se demandait sur les antennes de la Radio diffusion télévision gouvernementale, pourquoi les membres de la Commission d’audit sont-ils contre certains anciens collaborateurs du feu président CONTÉ ? C’est aussi le même président du C.N.D.D. qui faisait appel à certains anciens collaborateurs du feu président pour meubler les départements de son gouvernement et mieux, il taillait même des départements ministériels à la mesure de certains anciens ministres du feu président, ses nouveaux clients.

La volonté jadis affichée, mais non déclarée, du président du C.N.D.D. à se porter candidat aux élections présidentielles du 31 janvier 2010 venait confirmer la thèse que la Guinée manque toujours de dirigeants patriotes. En effet, depuis le 3 avril 1984, tous ceux qui ont accédé au pouvoir en Guinée n’ont jamais voulu céder leurs places à d’autres même s’ils étaient menés par le bout du nez. Deux exceptions dans la période ont montré que certains Guinéens savent dire ‘’non’’ s’ils devaient être menés par le bout du nez : les démissions de M. Jean Claude DIALLO en 1984 et de M. François Lounsény FALL en 2004.

Il est aisé de comprendre que c’est le fauteuil présidentiel et les pouvoir qui l’entourent qui intéressent les dignitaires et le puissants. C’est pourquoi ils sont déterminés à défendre leurs privilèges et le chemin qui mène aux pouvoirs, soit individuellement, soit dans le cadre d’associations très unies ou de groupes de pression dotés de puissants moyens financiers, ou en recourant à la violence. L’intoxication, la désinformation, le crime organisé et la propagande politicienne sont devenus les activités de prédilection des dirigeants et des puissants.

A cet égard, il faut rappeler, sans hésitation, que la fausse fierté et le comportement arrogant des narco-corrompus, des prédateurs de l’économie nationale et des dignitaires d’hier et d’aujourd’hui résultent des faits d’avoir une haute opinion d’eux-mêmes et de souffrir d’un complexe d’infériorité.

Les orgueilleux sont le fléau de la société. Ils sont si égoïstes qu’ils croient que c’est seulement ce qu’ils pensent qui est juste. Pratiquement, ils ne voient que leurs intérêts et ne respectent que leur propre personnage. Comme ils pensent que tous les mérites leur appartiennent exclusivement, ils n’attachent aucune importance aux droits et à la situation des autres. Ils s’attendent à ce que tous les autres se soumettent à eux et leur obéissent. Ils ne tolèrent que ceux qui s’agenouillent devant eux et qui acquiescent à tout ce qu’ils désirent.

Ces narco-corrompus et prédateurs, si arrogants, sont devenus progressivement despotiques. Ensuite, ils n’ont pas hésité de commettre n’importe quel excès et se sont considérés comme maîtres de la vie, de la prospérité et de l’honneur des autres. Un homme despotique et arrogant, non seulement fait du tort à lui-même et déprécie sa valeur et sa dignité humaine, mais aussi aliène les autres et les  éloigner de lui.

Ali Ibn Abi Talib, 4ème Khalife de l’Islam, met en garde : « Méfiez-vous ! Méfiez-vous de l’obéissance à des seigneurs et à des supérieurs qui méprisent leurs congénères et s’enorgueillissent par delà leurs origines… Ces gens sont les bases et les fondements du sectarisme, les piliers de la discorde et les armes de la Jahilya. N’obéissez pas aux parvenus, prétentieux, ceux qui vous éclaboussent de leurs maux… »

Après la mort du Général président, la prise du pouvoir par l’Armée était le moindre mal. Après ses premières déclarations, le C.N.D.D. a été rallié par les populations guinéennes parce que ses premiers pas ont convaincu. Il restait au Conseil de parachever son œuvre par l’organisation des élections en 2010. Et que surtout ses membres ne lorgnent pas le pouvoir qui doit entièrement et exclusivement revenir aux civils.

C’est au moment où le peuple attendait des élections crédibles que l’inimaginable, l’incroyable, le crime le plus ignoble de toute l’histoire de la Guinée a été commis. En effet, c’est le 28 septembre, au stade du même nom, qu’un groupe de militaires (bérets rouges de la garde présidentielle) est venu massacrer des centaines de citoyens guinéens et violer des dizaines de filles et femmes au nom de l’autorité de l’État, suite à une manifestation des partis politiques. Ce bain de sang est d’autant plus odieux qu’il a été organisé cinquante et un ans après cet autre 28 septembre du « non » historique et légendaire par lequel la Guinée s’est séparée de la France, puissance coloniale, sans effusion de sang.

Depuis le 24 décembre 2008, j’ai été le tout premier analyste à qualifier la prise du pouvoir par la Junte comme le moindre mal. Les premiers actes posés étaient positifs et constructeurs. Il est clair que ce n’était pas au nom de la Constitution et de la démocratie qu’il fallait laisser les biens, affaires et services de la République dans les mains des anciens collaborateurs de feu général Lansana CONTÉ, ceux-là mêmes qui ont mené le pays à l’abime.

Au fil des mois, je n’ai pas manqué d’exprimer des doutes sur la volonté de la Junte à mener le pays à un État démocratique par des élections présidentielles auxquelles ils (les militaires), mêmes réformés, ne prendront pas part. Aujourd’hui, la Junte devient le pire des maux pour la nation Guinéenne. Les enfants de la nation sont abattus à bout portant et violés par des militaires soldés, et avec des armes payées, à la sueur du front du peuple de Guinée. Quelle ironie de l’histoire ! 28 septembre du « non » libérateur et 28 septembre 2009 du refus de l’égalité et de la démocratie, et surtout du crime organisé.

Il n’y a aucun mal à présenter les problèmes internes de la République de Guinée. En effet, les faiblesses signalées ont toujours été corrigées par des sursauts de conscience du peuple. C’est bien là la force d’un grand peuple, et c’est bien la preuve qu’un grand peuple ne meurt jamais malgré les égarements de ses dirigeants. Les problèmes internes n’ont jamais empêché le peuple de Guinée de faire face, dignement, à ses obligations africaines et internationales. Les populations guinéennes sont restées toujours mues par les valeurs cardinales qui ont présidé la fondation de la République : la foi dans l’indépendance, le travail libérateur, la justice et  la solidarité nationale. La Guinée s’est toujours battue pour que l’indépendance, la liberté, la démocratie et l’égalité de chance soient sauvegardées et s’épanouissent tant en Guinée que dans le reste de l’Afrique.

L’élément constitutif essentiel de tout État est sa population. Les égarements des dirigeants ne peuvent en aucun cas ramener l’État au rang d’une bête de somme, surtout quand sa population sait réagir à temps. Les évènements du 28 septembre 2009, loin de discréditer la Guinée, prouvent à bon escient que le peuple de Guinée veille aux grains contre tout ce qui  peut salir son image.  

Le Capitaine Moussa Dadis CAMARA est certes entré par la petite porte de l’histoire de la Guinée. Mais, en quelques jours, il s’est taillé la place de héro tant les premiers jalons qu’il a posés pour l’assainissement socio-politique du pays collaient aux attentes du peuple. Par la suite, il n’a pas échappé au mal qui a terrassé son prédécesseur : le mauvais entourage par le mauvais choix. Le massacre des citoyens et le viol des citoyennes viennent de l’éjecter de son fauteuil de ‘’président’’ de la République de Guinée. Le Capitaine Moussa Dadis sort de Sékhoutouréya par une fenêtre étroite, les mains souillées de sang.

La religion du Chef n’est plus d’office celle du Peuple en République de Guinée. Le sang du citoyen guinéen ne cimentera jamais plus le pouvoir de qui que cela soit.

Attention ! Le combat du Peuple de Guinée est loin de finir avec le départ du CNDD et du gouvernement KOMARA. En effet, le Peuple de Guinée dans sa lutte pour le changement qualitatif doit maintenant se battre contre les revenants, certains leaders dans les Forces vives que le même peuple de Guinée a fait débarquer du pouvoir suite aux évènements de janvier et février 2007. L’effet de la lutte des Forces vives voudrait que le pouvoir en Guinée soit dans les mains des anciens collaborateurs du feu général président Lansana CONTÉ. Quand tous les visages seront découverts les revenants seront la cause de la nouvelle lutte du Peuple de Guinée. Et cette dernière lutte ne sera jamais plus repoussée ; elle sera le dernier combat du film comme aiment le dire les enfants, donc le combat le plus dur.
C’est la logique dialectique qui l’enseigne et cela est quasiment toujours prouvé. Il convient de remarquer qu’il y a un lien dialectique entre la cause et l’effet, ce qui est tout à fait conforme à la loi de l’unité des phénomènes. Il en résulte que la cause et l’effet sont mutuellement convertibles, l’effet pouvant à son tour devenir cause. Un grand peuple ne dort pas sur ses lauriers.

Que Dieu guide les Guinéens sur le chemin de l’honneur !

Amen !

Me Alpha Oumar SY SAVANÉ,
Professeur, spécialiste en géostratégie.

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