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A Conakry, la junte militaire multiplie les actes d'intimidation contre l'opposition

Date de publication:2009-10-30 11:57:54

2009-10-30 12:53:22

Le Forum des forces vives se cherche une stratégie pour obtenir le départ du capitaine Camara. L'ONU approuve la création d'une commission d'enquête sur le massacre du 28 septembre

Un mois après la tuerie du stade du 28-Septembre, la junte militaire entretient un climat général de peur à Conakry, la capitale, où elle multiplie les actes d'intimidation, ciblant plus particulièrement des dirigeants du Forum des forces vives (front d'opposition) et des défenseurs des droits de l'homme.

"Des inconnus sont venus me chercher chez moi, heureusement pendant mon absence. J'ai compris le message", raconte Lama Bangoura, l'un des jeunes leaders du parti des Nouvelles Forces démocratiques (NFD). "Depuis, je ne dors plus chez moi, comme la plupart des dirigeants politiques", ajoute-t-il.

C'est le cas de Jean-Marie Doré. Le chef de l'Union pour le progrès de la Guinée (UPG), dont le domicile a été mis à sac dans la nuit de samedi à dimanche par des militaires. Quelques jours auparavant, la fille de Thierno Maadjou Sow, président de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'homme (OGDH), avait été blessée à l'arme blanche dans la rue.

"Il y a des violences. Mais la ville est également saisie de psychose. La junte, sous le coup d'une enquête internationale - approuvée mercredi par l'ONU - sur la tuerie du 28 septembre - au moins 150 morts - , fait monter la pression sur la population", observe Corinne Dufka de Human Rights Watch (HRW), revenue de Conakry avec la conviction que le massacre était "prémédité" par la junte.

Cette "psychose" - entretenue par les maraudes de soldats en armes dans la ville - alimente les rumeurs sur une vague d'exécutions sommaires. A ce jour, seule la liquidation d'un cadre du ministère de la jeunesse est "documentée", souligne Corinne Dufka.

Face à une junte agressive, l'opposition se cherche une stratégie pour obtenir son départ. "Il y a des désaccords au sein des Forces vives sur les actions à mener", regrette Lama Bangoura, favorable au déclenchement d'une grève générale.

"Des charniers localisés"

Mercredi 28 octobre, le Forum a toutefois organisé, à l'initiative de la Coordination des femmes, une journée ville morte, assez largement suivie. " Les banques, les commerces, les administrations, les stations-service... Tout est fermé. C'est comme un dimanche ", décrivait Constant Camara, membre de l'OGDH, joint par téléphone.

Cette journée organisée à la mémoire des "martyrs de la démocratie" tués le 28 septembre rappelle aussi que des dizaines de personnes sont toujours portées disparues.

A Conakry, mi-octobre, un Guinéen, terrorisé, avait raconté au Monde comment il avait été "arrêté en fuyant le stade du 28-Septembre et forcé par des militaires de charger des corps dans des camions militaires". "Son témoignage a été confirmé", affirme Mamadi Kaba, responsable de l'antenne guinéenne de l'ONG Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho). "Plus de 100 corps ont été emmenés dans le camp Alpha Yaya - siège de la junte - . Depuis, plus de nouvelles."

Selon M. Kaba, "des charniers ont été localisés avec précision mais, faute de protection et de sécurité, nous n'avons pu en ouvrir aucun".

Source:Le Monde
Christophe Châtelot

Rapport d'enquête sur le 28-Septembre sur le site www.hrw.org

 

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