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Lettre (à peine fictive) de « de-démission » de Justin Morel à Ousmane Bah

Date de publication:2009-11-01 20:17:07

2009-11-01 21:13:27

Cher Frère Bah,

J'ai bien reçu la lettre par laquelle tu m’avais demandé de te faire une lettre pour que tu démissionnes de ta future nomination au poste de premier ministre! Je te prie de croire que je ne suis pour rien dans sa diffusion sur l’internet. Les temps sont étranges! On ne peut rien cacher de nos jours. C’est peut-être l’approche de la fin du monde!

Si j’ai retardé à te répondre c’est que j’attendais de savoir comment le vent va tourner. Ensuite j’ai des tracasseries à la maison comme je vais t’expliquer dans cette lettre.

Avant tout, j’espère que tout le monde va bien dans tes maisonnées et que toutes tes femmes se portent bien. Ensuite j’aimerais que cette lettre reste confidentielle malgré ce que je viens de dire ci-haut.

Depuis la publication de la liste des sanctions, j’ai eu trop de problèmes avec ma famille. Ici c’est à peine si quelqu’un me parle. On fait des allusions en disant que je me suis précipité dans ma décision. Par conséquent j’ai perdu peut-être mon poste pour rien. 

Même ma femme pense que j’ai démissionné par peur et non par conviction. Ma copine préférée elle, fait de l’esprit en citant la seule chose qu’elle a retenu de son père. Elle me dit qu’on nous a donné deux cœurs pour qu’on s’en serve adroitement. Le cœur de gauche avec raison et le cœur de droite avec l’émotion. Des fois elle inverse l’ordre. De toutes les façons je n’y comprends rien. Elle fait aussi des blagues bidon et de mauvais goût sur le TPI; elle vante le courage des ministres qui sont restés. Quand j’ai essayé d’y répondre, elle a éclaté de rire. Puis elle a attendu le milieu de la nuit pour renchérir que Mamoudou Thiam, Komara et Boubacar Barry eux ne sont pas des dégonflés qui quittent le navire dès qu’il y a un coup de vent. Tu te rends compte?!

Mes cousines ne ratent aucune occasion pour dire que ces ministres se baladent dans le monde, signent des contrats qui même s’ils sont bidons, peuvent leur permettre de se faire un petit quelque chose… Elles ont inventé une chanson avec des mots étranges qu’elles murmurent dès que j’entre dans le salon.

Elles disent aussi même mon ancien ami/ennemi/puis-ami, Kouyaté, sait comment naviguer les tempêtes. Il est allé en Lybie pour amadouer le Guide et se positionner comme intermédiaire entre Daddis, Compaoré, Kadhafi, les Forces Vives… Elles n’arrêtent pas de vanter ses mérites de fin diplomate… Quand elles finissent d’énumérer leurs ragots sur le Kouyaté, elles concluent en tapant les mains sur les fesses d’admiration et s’écrient, pour que j’entende :

« Y a pas à dire! Il va se faire son beurre avec tous ces contacts! En plus il consolide des amitiés avec Gbagbo, avec Guillaume Soro etc. Quel diplomate! Je suis sûre qu’il se fera plein de pognon avant que tout ceci se calme... »

Ce qui me chagrine le plus c’est quand elles disent que cela devrait être le rôle du porte-parole du CNDD… Un vrai couteau dans le cœur, mon frère Bah.

Mon frère, Bah, tu ne peux pas savoir quelles sont couleuvres que j’avale journellement. Je n’ose rien demander sinon on me rabat le caquet. La fois dernière j’ai demandé que ma cousine m’accompagne pour rendre visite à un malade. Elle m’a dit qu’elle ne veut pas se montrer en ville avec un ancien ministre de la junte. Quand je lui ai qu’elle ne devrait pas avoir peur, elle a rit et a ajouté :

« Je n’ai pas peur! Mais je ne veux pas que mes copines me voient avec un ancien dignitaire, qui ne peut pas faire la moindre faveur à personne!»

Tu te rends compte mon frère Bah?! Ou va-t-on dans cette Guinée? La liste de mes misères est longue et je ne veux pas t’embêter avec tous les détails. Voici ce que je voulais te dire :

Je crois t’avoir rendu un service en ne rédigeant pas la lettre que tu m’avais demandée de t’écrire. Car vois-tu, seuls les militaires semblent être dans le collimateur des sanctions. Je n’aurai pas dû me précipiter dans ma décision de démissionner.

J’aimerai que tu approche son Excellence et lui dises que je suis prêt à lui rendre service encore. Hier, ma deuxième copine m’a dit qu’elle a pleuré quand elle a vu la 4X4 que le ministre qui a pris ma place va récupérer. Wallahi! Je n’ai jamais su que les femmes pouvaient s’attacher tant à des voitures! On apprend tous les jours dans la vie! 

En parlant à Daddis, pardon ne mentionne pas les mots démission ou trahison! Voici une liste d’arguments que tu peux utiliser :

1)     Dis lui seulement que en ce moment il a besoin de l’aide de tous les citoyens. N’oublie de mentionner qu’on m’a jeté des œufs à la figure à Washington. Ce jour là j’ai failli pleurer. Mais comme je savais que j’étais en mission, j’ai retenu mes larmes. Il n’y a pas que les militaires qui sont stoïques. Tu expliqueras aussi (ce n’est pas pour radoter, ni gâter l’image de la Guinée) que l’ambassadeur lui a pleuré. Mais c’est quand on lui a annoncé le montant des dommages à payer à l’hôtel (12, 000 dollars c’est beaucoup pour un diplomate qui n’a pas eu de salaire pendant 6 mois de surcroit).

2)     Il faudra dire au capitaine de se méfier. Il ne devrait pas compter sur les services exclusifs de Kouyaté, les magouilles de Komara, de Mahmoud Thiam et de Boubacar Barry… Eux cherchent à tirer leur épingle du jeu avant que le bateau ne chavire. A la moindre incartade, Boubacar va retourner au Sénégal, Mahmoud aux US, Komara en Égypte. Kouyaté va s’enfuir vers la Lybie ou vers la Côte d’Ivoire. Ils vont s’y planquer en attendant que tout soit oublié. Le président, toi et moi avons cela en commun que nous n’avons jamais été des diasporas à la recherche de la pitance là où l’herbe est verte. Au besoin tu peux mentionner  le cas d’Alpha Diallo de la fonction publique. Lui il a fui; lui c’est un vrai traitre. Il parait qu’il veut s’inscrire aux ASSEDIC en France et demander l’asile. Il fait partie désormais du camp des anti-guinéens comme le disait si adroitement notre Guide Suprême, le président que le monde nous envie, Ahmed Sékou Touré.

3)     Nous (je veux dire Daddis, toi mon frère Bah et moi), nous sommes des purs guinéens! Nous sommes des produits de la Révolution, sains et simples. Nous nous comprenons sans beaucoup de mots. Nous savons qu’on dit de nous que nous sommes insuffisamment éduqués, que nous avons les mains sales à force de puiser dans les caisses de l’état; que nous sommes complexés, que nous avons une peur perpétuelle et sans raison;

4)     On dit aussi  que nous avons la nostalgie du temps de la révolution où les choses étaient plus simples; quand le chef était chef sans contestation; quand il n’y avait pas de tiraillement entre la conscience et l’image qu’on veut donner; quand on n’osait pas parler de démission, de media, d’enquêtes internationales, d’internet, de photos de femmes violées. Tout se passait en silence, dans les camps… à part quand le Fama en parlait ou qu’on publiait les photos des traitres dans Horoya, avec les éditoriaux de Petit-Barry ou de Bérété pour contenir le bas-peuple… En ce temps, les dépositions se faisaient à la radio; les condamnations étaient faites d’avance… Il y avait l’unité nationale. Seul le Responsable Suprême pouvait mettre au pilori une ethnie! Il n’y avait pas ces débats stériles avec des gens qui font de l’esprit sur le net, exhibent des patriotismes trop véhéments pour être authentiques et vocifèrent des haines ataviques!

5)     Je dois aussi ajouter que nous (toi, moi, Daddis), nous savons ce que c’est que de souffrir, de se priver, d’avoir une permanente hantise d’avoir mal agi, d’être la risée du monde et de l’Afrique.

6)     Enfin, nous savons comment les guinéens peuvent être mauvais quand tu n’as rien et comme ils sont obséquieux dès que tu as un poste.

7)     C’est cet amas de sentiments complexes que tu partages avec moi et qui t’ont valu des incompréhensions et des jugements critiques acerbes que j’aimerais que tu rappelles à son Excellence.

Enfin, j’aimerais que tu dises au capitaine qu’il a fait un grand progrès : il ne se montre plus en caleçon devant les télés étrangères; il ne s’énerve pas devant les diplomates. Heureusement que seuls les guinéens ont compris que traiter une ministre de Wrangler signifie qu’elle fait « Boutique-mon-cul » comme on le dit à « Chez-nous-Pays » en Côte d’Ivoire! Une chance qu’il ait abandonné ce langage trop cru. J’ai remarqué d’ailleurs qu’il ne parle même plus à la télé et qu’il a interdit du pays les journalistes étrangers. Il a du tirer cette leçon de la révolution! Mais il aura toujours besoin, pour soigner son image, d’un vrai porte-parole qui va l’assister. 

PS : Pour vaincre des réticences éventuelles, dis lui que s’il me reprend, il montrera au monde sa grandeur d’homme d’état qui sait pardonner les gens qui se sont égarés.

Je sais que je peux compter sur toi mon frère Bah. J’attends donc impatiemment le compte-rendu de ta rencontre avec le capitaine.

Justin Morel, Ex Porte-parole; Ancien Démissionnaire et Futur Renvoyé Spécial et Plénipotentiaire de son Excellence, le président de la République de Guinée auprès de la commission de l’application des sanctions internationales (In Chah-Allah, avec la bénédiction du Saint-Coran et du Saint-Esprit).

 (Copyright : Ourouro Bah)


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2009-11-01 21:13:27

Cher Frère Bah,

J'ai bien reçu la lettre par laquelle tu m’avais demandé de te faire une lettre pour que tu démissionnes de ta future nomination au poste de premier ministre! Je te prie de croire que je ne suis pour rien dans sa diffusion sur l’internet. Les temps sont étranges! On ne peut rien cacher de nos jours. C’est peut-être l’approche de la fin du monde!

Si j’ai retardé à te répondre c’est que j’attendais de savoir comment le vent va tourner. Ensuite j’ai des tracasseries à la maison comme je vais t’expliquer dans cette lettre.

Avant tout, j’espère que tout le monde va bien dans tes maisonnées et que toutes tes femmes se portent bien. Ensuite j’aimerais que cette lettre reste confidentielle malgré ce que je viens de dire ci-haut.

Depuis la publication de la liste des sanctions, j’ai eu trop de problèmes avec ma famille. Ici c’est à peine si quelqu’un me parle. On fait des allusions en disant que je me suis précipité dans ma décision. Par conséquent j’ai perdu peut-être mon poste pour rien. 

Même ma femme pense que j’ai démissionné par peur et non par conviction. Ma copine préférée elle, fait de l’esprit en citant la seule chose qu’elle a retenu de son père. Elle me dit qu’on nous a donné deux cœurs pour qu’on s’en serve adroitement. Le cœur de gauche avec raison et le cœur de droite avec l’émotion. Des fois elle inverse l’ordre. De toutes les façons je n’y comprends rien. Elle fait aussi des blagues bidon et de mauvais goût sur le TPI; elle vante le courage des ministres qui sont restés. Quand j’ai essayé d’y répondre, elle a éclaté de rire. Puis elle a attendu le milieu de la nuit pour renchérir que Mamoudou Thiam, Komara et Boubacar Barry eux ne sont pas des dégonflés qui quittent le navire dès qu’il y a un coup de vent. Tu te rends compte?!

Mes cousines ne ratent aucune occasion pour dire que ces ministres se baladent dans le monde, signent des contrats qui même s’ils sont bidons, peuvent leur permettre de se faire un petit quelque chose… Elles ont inventé une chanson avec des mots étranges qu’elles murmurent dès que j’entre dans le salon.

Elles disent aussi même mon ancien ami/ennemi/puis-ami, Kouyaté, sait comment naviguer les tempêtes. Il est allé en Lybie pour amadouer le Guide et se positionner comme intermédiaire entre Daddis, Compaoré, Kadhafi, les Forces Vives… Elles n’arrêtent pas de vanter ses mérites de fin diplomate… Quand elles finissent d’énumérer leurs ragots sur le Kouyaté, elles concluent en tapant les mains sur les fesses d’admiration et s’écrient, pour que j’entende :

« Y a pas à dire! Il va se faire son beurre avec tous ces contacts! En plus il consolide des amitiés avec Gbagbo, avec Guillaume Soro etc. Quel diplomate! Je suis sûre qu’il se fera plein de pognon avant que tout ceci se calme... »

Ce qui me chagrine le plus c’est quand elles disent que cela devrait être le rôle du porte-parole du CNDD… Un vrai couteau dans le cœur, mon frère Bah.

Mon frère, Bah, tu ne peux pas savoir quelles sont couleuvres que j’avale journellement. Je n’ose rien demander sinon on me rabat le caquet. La fois dernière j’ai demandé que ma cousine m’accompagne pour rendre visite à un malade. Elle m’a dit qu’elle ne veut pas se montrer en ville avec un ancien ministre de la junte. Quand je lui ai qu’elle ne devrait pas avoir peur, elle a rit et a ajouté :

« Je n’ai pas peur! Mais je ne veux pas que mes copines me voient avec un ancien dignitaire, qui ne peut pas faire la moindre faveur à personne!»

Tu te rends compte mon frère Bah?! Ou va-t-on dans cette Guinée? La liste de mes misères est longue et je ne veux pas t’embêter avec tous les détails. Voici ce que je voulais te dire :

Je crois t’avoir rendu un service en ne rédigeant pas la lettre que tu m’avais demandée de t’écrire. Car vois-tu, seuls les militaires semblent être dans le collimateur des sanctions. Je n’aurai pas dû me précipiter dans ma décision de démissionner.

J’aimerai que tu approche son Excellence et lui dises que je suis prêt à lui rendre service encore. Hier, ma deuxième copine m’a dit qu’elle a pleuré quand elle a vu la 4X4 que le ministre qui a pris ma place va récupérer. Wallahi! Je n’ai jamais su que les femmes pouvaient s’attacher tant à des voitures! On apprend tous les jours dans la vie! 

En parlant à Daddis, pardon ne mentionne pas les mots démission ou trahison! Voici une liste d’arguments que tu peux utiliser :

1)     Dis lui seulement que en ce moment il a besoin de l’aide de tous les citoyens. N’oublie de mentionner qu’on m’a jeté des œufs à la figure à Washington. Ce jour là j’ai failli pleurer. Mais comme je savais que j’étais en mission, j’ai retenu mes larmes. Il n’y a pas que les militaires qui sont stoïques. Tu expliqueras aussi (ce n’est pas pour radoter, ni gâter l’image de la Guinée) que l’ambassadeur lui a pleuré. Mais c’est quand on lui a annoncé le montant des dommages à payer à l’hôtel (12, 000 dollars c’est beaucoup pour un diplomate qui n’a pas eu de salaire pendant 6 mois de surcroit).

2)     Il faudra dire au capitaine de se méfier. Il ne devrait pas compter sur les services exclusifs de Kouyaté, les magouilles de Komara, de Mahmoud Thiam et de Boubacar Barry… Eux cherchent à tirer leur épingle du jeu avant que le bateau ne chavire. A la moindre incartade, Boubacar va retourner au Sénégal, Mahmoud aux US, Komara en Égypte. Kouyaté va s’enfuir vers la Lybie ou vers la Côte d’Ivoire. Ils vont s’y planquer en attendant que tout soit oublié. Le président, toi et moi avons cela en commun que nous n’avons jamais été des diasporas à la recherche de la pitance là où l’herbe est verte. Au besoin tu peux mentionner  le cas d’Alpha Diallo de la fonction publique. Lui il a fui; lui c’est un vrai traitre. Il parait qu’il veut s’inscrire aux ASSEDIC en France et demander l’asile. Il fait partie désormais du camp des anti-guinéens comme le disait si adroitement notre Guide Suprême, le président que le monde nous envie, Ahmed Sékou Touré.

3)     Nous (je veux dire Daddis, toi mon frère Bah et moi), nous sommes des purs guinéens! Nous sommes des produits de la Révolution, sains et simples. Nous nous comprenons sans beaucoup de mots. Nous savons qu’on dit de nous que nous sommes insuffisamment éduqués, que nous avons les mains sales à force de puiser dans les caisses de l’état; que nous sommes complexés, que nous avons une peur perpétuelle et sans raison;

4)     On dit aussi  que nous avons la nostalgie du temps de la révolution où les choses étaient plus simples; quand le chef était chef sans contestation; quand il n’y avait pas de tiraillement entre la conscience et l’image qu’on veut donner; quand on n’osait pas parler de démission, de media, d’enquêtes internationales, d’internet, de photos de femmes violées. Tout se passait en silence, dans les camps… à part quand le Fama en parlait ou qu’on publiait les photos des traitres dans Horoya, avec les éditoriaux de Petit-Barry ou de Bérété pour contenir le bas-peuple… En ce temps, les dépositions se faisaient à la radio; les condamnations étaient faites d’avance… Il y avait l’unité nationale. Seul le Responsable Suprême pouvait mettre au pilori une ethnie! Il n’y avait pas ces débats stériles avec des gens qui font de l’esprit sur le net, exhibent des patriotismes trop véhéments pour être authentiques et vocifèrent des haines ataviques!

5)     Je dois aussi ajouter que nous (toi, moi, Daddis), nous savons ce que c’est que de souffrir, de se priver, d’avoir une permanente hantise d’avoir mal agi, d’être la risée du monde et de l’Afrique.

6)     Enfin, nous savons comment les guinéens peuvent être mauvais quand tu n’as rien et comme ils sont obséquieux dès que tu as un poste.

7)     C’est cet amas de sentiments complexes que tu partages avec moi et qui t’ont valu des incompréhensions et des jugements critiques acerbes que j’aimerais que tu rappelles à son Excellence.

Enfin, j’aimerais que tu dises au capitaine qu’il a fait un grand progrès : il ne se montre plus en caleçon devant les télés étrangères; il ne s’énerve pas devant les diplomates. Heureusement que seuls les guinéens ont compris que traiter une ministre de Wrangler signifie qu’elle fait « Boutique-mon-cul » comme on le dit à « Chez-nous-Pays » en Côte d’Ivoire! Une chance qu’il ait abandonné ce langage trop cru. J’ai remarqué d’ailleurs qu’il ne parle même plus à la télé et qu’il a interdit du pays les journalistes étrangers. Il a du tirer cette leçon de la révolution! Mais il aura toujours besoin, pour soigner son image, d’un vrai porte-parole qui va l’assister. 

PS : Pour vaincre des réticences éventuelles, dis lui que s’il me reprend, il montrera au monde sa grandeur d’homme d’état qui sait pardonner les gens qui se sont égarés.

Je sais que je peux compter sur toi mon frère Bah. J’attends donc impatiemment le compte-rendu de ta rencontre avec le capitaine.

Justin Morel, Ex Porte-parole; Ancien Démissionnaire et Futur Renvoyé Spécial et Plénipotentiaire de son Excellence, le président de la République de Guinée auprès de la commission de l’application des sanctions internationales (In Chah-Allah, avec la bénédiction du Saint-Coran et du Saint-Esprit).

 (Copyright : Ourouro Bah)

2009-11-01 20:17:07 Habib Diallo

2009-11-01 21:13:27

Cher Frère Bah,

J'ai bien reçu la lettre par laquelle tu m’avais demandé de te faire une lettre pour que tu démissionnes de ta future nomination au poste de premier ministre! Je te prie de croire que je ne suis pour rien dans sa diffusion sur l’internet. Les temps sont étranges! On ne peut rien cacher de nos jours. C’est peut-être l’approche de la fin du monde!

Si j’ai retardé à te répondre c’est que j’attendais de savoir comment le vent va tourner. Ensuite j’ai des tracasseries à la maison comme je vais t’expliquer dans cette lettre.

Avant tout, j’espère que tout le monde va bien dans tes maisonnées et que toutes tes femmes se portent bien. Ensuite j’aimerais que cette lettre reste confidentielle malgré ce que je viens de dire ci-haut.

Depuis la publication de la liste des sanctions, j’ai eu trop de problèmes avec ma famille. Ici c’est à peine si quelqu’un me parle. On fait des allusions en disant que je me suis précipité dans ma décision. Par conséquent j’ai perdu peut-être mon poste pour rien. 

Même ma femme pense que j’ai démissionné par peur et non par conviction. Ma copine préférée elle, fait de l’esprit en citant la seule chose qu’elle a retenu de son père. Elle me dit qu’on nous a donné deux cœurs pour qu’on s’en serve adroitement. Le cœur de gauche avec raison et le cœur de droite avec l’émotion. Des fois elle inverse l’ordre. De toutes les façons je n’y comprends rien. Elle fait aussi des blagues bidon et de mauvais goût sur le TPI; elle vante le courage des ministres qui sont restés. Quand j’ai essayé d’y répondre, elle a éclaté de rire. Puis elle a attendu le milieu de la nuit pour renchérir que Mamoudou Thiam, Komara et Boubacar Barry eux ne sont pas des dégonflés qui quittent le navire dès qu’il y a un coup de vent. Tu te rends compte?!

Mes cousines ne ratent aucune occasion pour dire que ces ministres se baladent dans le monde, signent des contrats qui même s’ils sont bidons, peuvent leur permettre de se faire un petit quelque chose… Elles ont inventé une chanson avec des mots étranges qu’elles murmurent dès que j’entre dans le salon.

Elles disent aussi même mon ancien ami/ennemi/puis-ami, Kouyaté, sait comment naviguer les tempêtes. Il est allé en Lybie pour amadouer le Guide et se positionner comme intermédiaire entre Daddis, Compaoré, Kadhafi, les Forces Vives… Elles n’arrêtent pas de vanter ses mérites de fin diplomate… Quand elles finissent d’énumérer leurs ragots sur le Kouyaté, elles concluent en tapant les mains sur les fesses d’admiration et s’écrient, pour que j’entende :

« Y a pas à dire! Il va se faire son beurre avec tous ces contacts! En plus il consolide des amitiés avec Gbagbo, avec Guillaume Soro etc. Quel diplomate! Je suis sûre qu’il se fera plein de pognon avant que tout ceci se calme... »

Ce qui me chagrine le plus c’est quand elles disent que cela devrait être le rôle du porte-parole du CNDD… Un vrai couteau dans le cœur, mon frère Bah.

Mon frère, Bah, tu ne peux pas savoir quelles sont couleuvres que j’avale journellement. Je n’ose rien demander sinon on me rabat le caquet. La fois dernière j’ai demandé que ma cousine m’accompagne pour rendre visite à un malade. Elle m’a dit qu’elle ne veut pas se montrer en ville avec un ancien ministre de la junte. Quand je lui ai qu’elle ne devrait pas avoir peur, elle a rit et a ajouté :

« Je n’ai pas peur! Mais je ne veux pas que mes copines me voient avec un ancien dignitaire, qui ne peut pas faire la moindre faveur à personne!»

Tu te rends compte mon frère Bah?! Ou va-t-on dans cette Guinée? La liste de mes misères est longue et je ne veux pas t’embêter avec tous les détails. Voici ce que je voulais te dire :

Je crois t’avoir rendu un service en ne rédigeant pas la lettre que tu m’avais demandée de t’écrire. Car vois-tu, seuls les militaires semblent être dans le collimateur des sanctions. Je n’aurai pas dû me précipiter dans ma décision de démissionner.

J’aimerai que tu approche son Excellence et lui dises que je suis prêt à lui rendre service encore. Hier, ma deuxième copine m’a dit qu’elle a pleuré quand elle a vu la 4X4 que le ministre qui a pris ma place va récupérer. Wallahi! Je n’ai jamais su que les femmes pouvaient s’attacher tant à des voitures! On apprend tous les jours dans la vie! 

En parlant à Daddis, pardon ne mentionne pas les mots démission ou trahison! Voici une liste d’arguments que tu peux utiliser :

1)     Dis lui seulement que en ce moment il a besoin de l’aide de tous les citoyens. N’oublie de mentionner qu’on m’a jeté des œufs à la figure à Washington. Ce jour là j’ai failli pleurer. Mais comme je savais que j’étais en mission, j’ai retenu mes larmes. Il n’y a pas que les militaires qui sont stoïques. Tu expliqueras aussi (ce n’est pas pour radoter, ni gâter l’image de la Guinée) que l’ambassadeur lui a pleuré. Mais c’est quand on lui a annoncé le montant des dommages à payer à l’hôtel (12, 000 dollars c’est beaucoup pour un diplomate qui n’a pas eu de salaire pendant 6 mois de surcroit).

2)     Il faudra dire au capitaine de se méfier. Il ne devrait pas compter sur les services exclusifs de Kouyaté, les magouilles de Komara, de Mahmoud Thiam et de Boubacar Barry… Eux cherchent à tirer leur épingle du jeu avant que le bateau ne chavire. A la moindre incartade, Boubacar va retourner au Sénégal, Mahmoud aux US, Komara en Égypte. Kouyaté va s’enfuir vers la Lybie ou vers la Côte d’Ivoire. Ils vont s’y planquer en attendant que tout soit oublié. Le président, toi et moi avons cela en commun que nous n’avons jamais été des diasporas à la recherche de la pitance là où l’herbe est verte. Au besoin tu peux mentionner  le cas d’Alpha Diallo de la fonction publique. Lui il a fui; lui c’est un vrai traitre. Il parait qu’il veut s’inscrire aux ASSEDIC en France et demander l’asile. Il fait partie désormais du camp des anti-guinéens comme le disait si adroitement notre Guide Suprême, le président que le monde nous envie, Ahmed Sékou Touré.

3)     Nous (je veux dire Daddis, toi mon frère Bah et moi), nous sommes des purs guinéens! Nous sommes des produits de la Révolution, sains et simples. Nous nous comprenons sans beaucoup de mots. Nous savons qu’on dit de nous que nous sommes insuffisamment éduqués, que nous avons les mains sales à force de puiser dans les caisses de l’état; que nous sommes complexés, que nous avons une peur perpétuelle et sans raison;

4)     On dit aussi  que nous avons la nostalgie du temps de la révolution où les choses étaient plus simples; quand le chef était chef sans contestation; quand il n’y avait pas de tiraillement entre la conscience et l’image qu’on veut donner; quand on n’osait pas parler de démission, de media, d’enquêtes internationales, d’internet, de photos de femmes violées. Tout se passait en silence, dans les camps… à part quand le Fama en parlait ou qu’on publiait les photos des traitres dans Horoya, avec les éditoriaux de Petit-Barry ou de Bérété pour contenir le bas-peuple… En ce temps, les dépositions se faisaient à la radio; les condamnations étaient faites d’avance… Il y avait l’unité nationale. Seul le Responsable Suprême pouvait mettre au pilori une ethnie! Il n’y avait pas ces débats stériles avec des gens qui font de l’esprit sur le net, exhibent des patriotismes trop véhéments pour être authentiques et vocifèrent des haines ataviques!

5)     Je dois aussi ajouter que nous (toi, moi, Daddis), nous savons ce que c’est que de souffrir, de se priver, d’avoir une permanente hantise d’avoir mal agi, d’être la risée du monde et de l’Afrique.

6)     Enfin, nous savons comment les guinéens peuvent être mauvais quand tu n’as rien et comme ils sont obséquieux dès que tu as un poste.

7)     C’est cet amas de sentiments complexes que tu partages avec moi et qui t’ont valu des incompréhensions et des jugements critiques acerbes que j’aimerais que tu rappelles à son Excellence.

Enfin, j’aimerais que tu dises au capitaine qu’il a fait un grand progrès : il ne se montre plus en caleçon devant les télés étrangères; il ne s’énerve pas devant les diplomates. Heureusement que seuls les guinéens ont compris que traiter une ministre de Wrangler signifie qu’elle fait « Boutique-mon-cul » comme on le dit à « Chez-nous-Pays » en Côte d’Ivoire! Une chance qu’il ait abandonné ce langage trop cru. J’ai remarqué d’ailleurs qu’il ne parle même plus à la télé et qu’il a interdit du pays les journalistes étrangers. Il a du tirer cette leçon de la révolution! Mais il aura toujours besoin, pour soigner son image, d’un vrai porte-parole qui va l’assister. 

PS : Pour vaincre des réticences éventuelles, dis lui que s’il me reprend, il montrera au monde sa grandeur d’homme d’état qui sait pardonner les gens qui se sont égarés.

Je sais que je peux compter sur toi mon frère Bah. J’attends donc impatiemment le compte-rendu de ta rencontre avec le capitaine.

Justin Morel, Ex Porte-parole; Ancien Démissionnaire et Futur Renvoyé Spécial et Plénipotentiaire de son Excellence, le président de la République de Guinée auprès de la commission de l’application des sanctions internationales (In Chah-Allah, avec la bénédiction du Saint-Coran et du Saint-Esprit).

 (Copyright : Ourouro Bah)

2009-11-01 20:17:07 M.Diallo (Papus)

2009-11-01 21:13:27

Cher Frère Bah,

J'ai bien reçu la lettre par laquelle tu m’avais demandé de te faire une lettre pour que tu démissionnes de ta future nomination au poste de premier ministre! Je te prie de croire que je ne suis pour rien dans sa diffusion sur l’internet. Les temps sont étranges! On ne peut rien cacher de nos jours. C’est peut-être l’approche de la fin du monde!

Si j’ai retardé à te répondre c’est que j’attendais de savoir comment le vent va tourner. Ensuite j’ai des tracasseries à la maison comme je vais t’expliquer dans cette lettre.

Avant tout, j’espère que tout le monde va bien dans tes maisonnées et que toutes tes femmes se portent bien. Ensuite j’aimerais que cette lettre reste confidentielle malgré ce que je viens de dire ci-haut.

Depuis la publication de la liste des sanctions, j’ai eu trop de problèmes avec ma famille. Ici c’est à peine si quelqu’un me parle. On fait des allusions en disant que je me suis précipité dans ma décision. Par conséquent j’ai perdu peut-être mon poste pour rien. 

Même ma femme pense que j’ai démissionné par peur et non par conviction. Ma copine préférée elle, fait de l’esprit en citant la seule chose qu’elle a retenu de son père. Elle me dit qu’on nous a donné deux cœurs pour qu’on s’en serve adroitement. Le cœur de gauche avec raison et le cœur de droite avec l’émotion. Des fois elle inverse l’ordre. De toutes les façons je n’y comprends rien. Elle fait aussi des blagues bidon et de mauvais goût sur le TPI; elle vante le courage des ministres qui sont restés. Quand j’ai essayé d’y répondre, elle a éclaté de rire. Puis elle a attendu le milieu de la nuit pour renchérir que Mamoudou Thiam, Komara et Boubacar Barry eux ne sont pas des dégonflés qui quittent le navire dès qu’il y a un coup de vent. Tu te rends compte?!

Mes cousines ne ratent aucune occasion pour dire que ces ministres se baladent dans le monde, signent des contrats qui même s’ils sont bidons, peuvent leur permettre de se faire un petit quelque chose… Elles ont inventé une chanson avec des mots étranges qu’elles murmurent dès que j’entre dans le salon.

Elles disent aussi même mon ancien ami/ennemi/puis-ami, Kouyaté, sait comment naviguer les tempêtes. Il est allé en Lybie pour amadouer le Guide et se positionner comme intermédiaire entre Daddis, Compaoré, Kadhafi, les Forces Vives… Elles n’arrêtent pas de vanter ses mérites de fin diplomate… Quand elles finissent d’énumérer leurs ragots sur le Kouyaté, elles concluent en tapant les mains sur les fesses d’admiration et s’écrient, pour que j’entende :

« Y a pas à dire! Il va se faire son beurre avec tous ces contacts! En plus il consolide des amitiés avec Gbagbo, avec Guillaume Soro etc. Quel diplomate! Je suis sûre qu’il se fera plein de pognon avant que tout ceci se calme... »

Ce qui me chagrine le plus c’est quand elles disent que cela devrait être le rôle du porte-parole du CNDD… Un vrai couteau dans le cœur, mon frère Bah.

Mon frère, Bah, tu ne peux pas savoir quelles sont couleuvres que j’avale journellement. Je n’ose rien demander sinon on me rabat le caquet. La fois dernière j’ai demandé que ma cousine m’accompagne pour rendre visite à un malade. Elle m’a dit qu’elle ne veut pas se montrer en ville avec un ancien ministre de la junte. Quand je lui ai qu’elle ne devrait pas avoir peur, elle a rit et a ajouté :

« Je n’ai pas peur! Mais je ne veux pas que mes copines me voient avec un ancien dignitaire, qui ne peut pas faire la moindre faveur à personne!»

Tu te rends compte mon frère Bah?! Ou va-t-on dans cette Guinée? La liste de mes misères est longue et je ne veux pas t’embêter avec tous les détails. Voici ce que je voulais te dire :

Je crois t’avoir rendu un service en ne rédigeant pas la lettre que tu m’avais demandée de t’écrire. Car vois-tu, seuls les militaires semblent être dans le collimateur des sanctions. Je n’aurai pas dû me précipiter dans ma décision de démissionner.

J’aimerai que tu approche son Excellence et lui dises que je suis prêt à lui rendre service encore. Hier, ma deuxième copine m’a dit qu’elle a pleuré quand elle a vu la 4X4 que le ministre qui a pris ma place va récupérer. Wallahi! Je n’ai jamais su que les femmes pouvaient s’attacher tant à des voitures! On apprend tous les jours dans la vie! 

En parlant à Daddis, pardon ne mentionne pas les mots démission ou trahison! Voici une liste d’arguments que tu peux utiliser :

1)     Dis lui seulement que en ce moment il a besoin de l’aide de tous les citoyens. N’oublie de mentionner qu’on m’a jeté des œufs à la figure à Washington. Ce jour là j’ai failli pleurer. Mais comme je savais que j’étais en mission, j’ai retenu mes larmes. Il n’y a pas que les militaires qui sont stoïques. Tu expliqueras aussi (ce n’est pas pour radoter, ni gâter l’image de la Guinée) que l’ambassadeur lui a pleuré. Mais c’est quand on lui a annoncé le montant des dommages à payer à l’hôtel (12, 000 dollars c’est beaucoup pour un diplomate qui n’a pas eu de salaire pendant 6 mois de surcroit).

2)     Il faudra dire au capitaine de se méfier. Il ne devrait pas compter sur les services exclusifs de Kouyaté, les magouilles de Komara, de Mahmoud Thiam et de Boubacar Barry… Eux cherchent à tirer leur épingle du jeu avant que le bateau ne chavire. A la moindre incartade, Boubacar va retourner au Sénégal, Mahmoud aux US, Komara en Égypte. Kouyaté va s’enfuir vers la Lybie ou vers la Côte d’Ivoire. Ils vont s’y planquer en attendant que tout soit oublié. Le président, toi et moi avons cela en commun que nous n’avons jamais été des diasporas à la recherche de la pitance là où l’herbe est verte. Au besoin tu peux mentionner  le cas d’Alpha Diallo de la fonction publique. Lui il a fui; lui c’est un vrai traitre. Il parait qu’il veut s’inscrire aux ASSEDIC en France et demander l’asile. Il fait partie désormais du camp des anti-guinéens comme le disait si adroitement notre Guide Suprême, le président que le monde nous envie, Ahmed Sékou Touré.

3)     Nous (je veux dire Daddis, toi mon frère Bah et moi), nous sommes des purs guinéens! Nous sommes des produits de la Révolution, sains et simples. Nous nous comprenons sans beaucoup de mots. Nous savons qu’on dit de nous que nous sommes insuffisamment éduqués, que nous avons les mains sales à force de puiser dans les caisses de l’état; que nous sommes complexés, que nous avons une peur perpétuelle et sans raison;

4)     On dit aussi  que nous avons la nostalgie du temps de la révolution où les choses étaient plus simples; quand le chef était chef sans contestation; quand il n’y avait pas de tiraillement entre la conscience et l’image qu’on veut donner; quand on n’osait pas parler de démission, de media, d’enquêtes internationales, d’internet, de photos de femmes violées. Tout se passait en silence, dans les camps… à part quand le Fama en parlait ou qu’on publiait les photos des traitres dans Horoya, avec les éditoriaux de Petit-Barry ou de Bérété pour contenir le bas-peuple… En ce temps, les dépositions se faisaient à la radio; les condamnations étaient faites d’avance… Il y avait l’unité nationale. Seul le Responsable Suprême pouvait mettre au pilori une ethnie! Il n’y avait pas ces débats stériles avec des gens qui font de l’esprit sur le net, exhibent des patriotismes trop véhéments pour être authentiques et vocifèrent des haines ataviques!

5)     Je dois aussi ajouter que nous (toi, moi, Daddis), nous savons ce que c’est que de souffrir, de se priver, d’avoir une permanente hantise d’avoir mal agi, d’être la risée du monde et de l’Afrique.

6)     Enfin, nous savons comment les guinéens peuvent être mauvais quand tu n’as rien et comme ils sont obséquieux dès que tu as un poste.

7)     C’est cet amas de sentiments complexes que tu partages avec moi et qui t’ont valu des incompréhensions et des jugements critiques acerbes que j’aimerais que tu rappelles à son Excellence.

Enfin, j’aimerais que tu dises au capitaine qu’il a fait un grand progrès : il ne se montre plus en caleçon devant les télés étrangères; il ne s’énerve pas devant les diplomates. Heureusement que seuls les guinéens ont compris que traiter une ministre de Wrangler signifie qu’elle fait « Boutique-mon-cul » comme on le dit à « Chez-nous-Pays » en Côte d’Ivoire! Une chance qu’il ait abandonné ce langage trop cru. J’ai remarqué d’ailleurs qu’il ne parle même plus à la télé et qu’il a interdit du pays les journalistes étrangers. Il a du tirer cette leçon de la révolution! Mais il aura toujours besoin, pour soigner son image, d’un vrai porte-parole qui va l’assister. 

PS : Pour vaincre des réticences éventuelles, dis lui que s’il me reprend, il montrera au monde sa grandeur d’homme d’état qui sait pardonner les gens qui se sont égarés.

Je sais que je peux compter sur toi mon frère Bah. J’attends donc impatiemment le compte-rendu de ta rencontre avec le capitaine.

Justin Morel, Ex Porte-parole; Ancien Démissionnaire et Futur Renvoyé Spécial et Plénipotentiaire de son Excellence, le président de la République de Guinée auprès de la commission de l’application des sanctions internationales (In Chah-Allah, avec la bénédiction du Saint-Coran et du Saint-Esprit).

 (Copyright : Ourouro Bah)

2009-11-01 20:17:07 Victorien

2009-11-01 21:13:27

Cher Frère Bah,

J'ai bien reçu la lettre par laquelle tu m’avais demandé de te faire une lettre pour que tu démissionnes de ta future nomination au poste de premier ministre! Je te prie de croire que je ne suis pour rien dans sa diffusion sur l’internet. Les temps sont étranges! On ne peut rien cacher de nos jours. C’est peut-être l’approche de la fin du monde!

Si j’ai retardé à te répondre c’est que j’attendais de savoir comment le vent va tourner. Ensuite j’ai des tracasseries à la maison comme je vais t’expliquer dans cette lettre.

Avant tout, j’espère que tout le monde va bien dans tes maisonnées et que toutes tes femmes se portent bien. Ensuite j’aimerais que cette lettre reste confidentielle malgré ce que je viens de dire ci-haut.

Depuis la publication de la liste des sanctions, j’ai eu trop de problèmes avec ma famille. Ici c’est à peine si quelqu’un me parle. On fait des allusions en disant que je me suis précipité dans ma décision. Par conséquent j’ai perdu peut-être mon poste pour rien. 

Même ma femme pense que j’ai démissionné par peur et non par conviction. Ma copine préférée elle, fait de l’esprit en citant la seule chose qu’elle a retenu de son père. Elle me dit qu’on nous a donné deux cœurs pour qu’on s’en serve adroitement. Le cœur de gauche avec raison et le cœur de droite avec l’émotion. Des fois elle inverse l’ordre. De toutes les façons je n’y comprends rien. Elle fait aussi des blagues bidon et de mauvais goût sur le TPI; elle vante le courage des ministres qui sont restés. Quand j’ai essayé d’y répondre, elle a éclaté de rire. Puis elle a attendu le milieu de la nuit pour renchérir que Mamoudou Thiam, Komara et Boubacar Barry eux ne sont pas des dégonflés qui quittent le navire dès qu’il y a un coup de vent. Tu te rends compte?!

Mes cousines ne ratent aucune occasion pour dire que ces ministres se baladent dans le monde, signent des contrats qui même s’ils sont bidons, peuvent leur permettre de se faire un petit quelque chose… Elles ont inventé une chanson avec des mots étranges qu’elles murmurent dès que j’entre dans le salon.

Elles disent aussi même mon ancien ami/ennemi/puis-ami, Kouyaté, sait comment naviguer les tempêtes. Il est allé en Lybie pour amadouer le Guide et se positionner comme intermédiaire entre Daddis, Compaoré, Kadhafi, les Forces Vives… Elles n’arrêtent pas de vanter ses mérites de fin diplomate… Quand elles finissent d’énumérer leurs ragots sur le Kouyaté, elles concluent en tapant les mains sur les fesses d’admiration et s’écrient, pour que j’entende :

« Y a pas à dire! Il va se faire son beurre avec tous ces contacts! En plus il consolide des amitiés avec Gbagbo, avec Guillaume Soro etc. Quel diplomate! Je suis sûre qu’il se fera plein de pognon avant que tout ceci se calme... »

Ce qui me chagrine le plus c’est quand elles disent que cela devrait être le rôle du porte-parole du CNDD… Un vrai couteau dans le cœur, mon frère Bah.

Mon frère, Bah, tu ne peux pas savoir quelles sont couleuvres que j’avale journellement. Je n’ose rien demander sinon on me rabat le caquet. La fois dernière j’ai demandé que ma cousine m’accompagne pour rendre visite à un malade. Elle m’a dit qu’elle ne veut pas se montrer en ville avec un ancien ministre de la junte. Quand je lui ai qu’elle ne devrait pas avoir peur, elle a rit et a ajouté :

« Je n’ai pas peur! Mais je ne veux pas que mes copines me voient avec un ancien dignitaire, qui ne peut pas faire la moindre faveur à personne!»

Tu te rends compte mon frère Bah?! Ou va-t-on dans cette Guinée? La liste de mes misères est longue et je ne veux pas t’embêter avec tous les détails. Voici ce que je voulais te dire :

Je crois t’avoir rendu un service en ne rédigeant pas la lettre que tu m’avais demandée de t’écrire. Car vois-tu, seuls les militaires semblent être dans le collimateur des sanctions. Je n’aurai pas dû me précipiter dans ma décision de démissionner.

J’aimerai que tu approche son Excellence et lui dises que je suis prêt à lui rendre service encore. Hier, ma deuxième copine m’a dit qu’elle a pleuré quand elle a vu la 4X4 que le ministre qui a pris ma place va récupérer. Wallahi! Je n’ai jamais su que les femmes pouvaient s’attacher tant à des voitures! On apprend tous les jours dans la vie! 

En parlant à Daddis, pardon ne mentionne pas les mots démission ou trahison! Voici une liste d’arguments que tu peux utiliser :

1)     Dis lui seulement que en ce moment il a besoin de l’aide de tous les citoyens. N’oublie de mentionner qu’on m’a jeté des œufs à la figure à Washington. Ce jour là j’ai failli pleurer. Mais comme je savais que j’étais en mission, j’ai retenu mes larmes. Il n’y a pas que les militaires qui sont stoïques. Tu expliqueras aussi (ce n’est pas pour radoter, ni gâter l’image de la Guinée) que l’ambassadeur lui a pleuré. Mais c’est quand on lui a annoncé le montant des dommages à payer à l’hôtel (12, 000 dollars c’est beaucoup pour un diplomate qui n’a pas eu de salaire pendant 6 mois de surcroit).

2)     Il faudra dire au capitaine de se méfier. Il ne devrait pas compter sur les services exclusifs de Kouyaté, les magouilles de Komara, de Mahmoud Thiam et de Boubacar Barry… Eux cherchent à tirer leur épingle du jeu avant que le bateau ne chavire. A la moindre incartade, Boubacar va retourner au Sénégal, Mahmoud aux US, Komara en Égypte. Kouyaté va s’enfuir vers la Lybie ou vers la Côte d’Ivoire. Ils vont s’y planquer en attendant que tout soit oublié. Le président, toi et moi avons cela en commun que nous n’avons jamais été des diasporas à la recherche de la pitance là où l’herbe est verte. Au besoin tu peux mentionner  le cas d’Alpha Diallo de la fonction publique. Lui il a fui; lui c’est un vrai traitre. Il parait qu’il veut s’inscrire aux ASSEDIC en France et demander l’asile. Il fait partie désormais du camp des anti-guinéens comme le disait si adroitement notre Guide Suprême, le président que le monde nous envie, Ahmed Sékou Touré.

3)     Nous (je veux dire Daddis, toi mon frère Bah et moi), nous sommes des purs guinéens! Nous sommes des produits de la Révolution, sains et simples. Nous nous comprenons sans beaucoup de mots. Nous savons qu’on dit de nous que nous sommes insuffisamment éduqués, que nous avons les mains sales à force de puiser dans les caisses de l’état; que nous sommes complexés, que nous avons une peur perpétuelle et sans raison;

4)     On dit aussi  que nous avons la nostalgie du temps de la révolution où les choses étaient plus simples; quand le chef était chef sans contestation; quand il n’y avait pas de tiraillement entre la conscience et l’image qu’on veut donner; quand on n’osait pas parler de démission, de media, d’enquêtes internationales, d’internet, de photos de femmes violées. Tout se passait en silence, dans les camps… à part quand le Fama en parlait ou qu’on publiait les photos des traitres dans Horoya, avec les éditoriaux de Petit-Barry ou de Bérété pour contenir le bas-peuple… En ce temps, les dépositions se faisaient à la radio; les condamnations étaient faites d’avance… Il y avait l’unité nationale. Seul le Responsable Suprême pouvait mettre au pilori une ethnie! Il n’y avait pas ces débats stériles avec des gens qui font de l’esprit sur le net, exhibent des patriotismes trop véhéments pour être authentiques et vocifèrent des haines ataviques!

5)     Je dois aussi ajouter que nous (toi, moi, Daddis), nous savons ce que c’est que de souffrir, de se priver, d’avoir une permanente hantise d’avoir mal agi, d’être la risée du monde et de l’Afrique.

6)     Enfin, nous savons comment les guinéens peuvent être mauvais quand tu n’as rien et comme ils sont obséquieux dès que tu as un poste.

7)     C’est cet amas de sentiments complexes que tu partages avec moi et qui t’ont valu des incompréhensions et des jugements critiques acerbes que j’aimerais que tu rappelles à son Excellence.

Enfin, j’aimerais que tu dises au capitaine qu’il a fait un grand progrès : il ne se montre plus en caleçon devant les télés étrangères; il ne s’énerve pas devant les diplomates. Heureusement que seuls les guinéens ont compris que traiter une ministre de Wrangler signifie qu’elle fait « Boutique-mon-cul » comme on le dit à « Chez-nous-Pays » en Côte d’Ivoire! Une chance qu’il ait abandonné ce langage trop cru. J’ai remarqué d’ailleurs qu’il ne parle même plus à la télé et qu’il a interdit du pays les journalistes étrangers. Il a du tirer cette leçon de la révolution! Mais il aura toujours besoin, pour soigner son image, d’un vrai porte-parole qui va l’assister. 

PS : Pour vaincre des réticences éventuelles, dis lui que s’il me reprend, il montrera au monde sa grandeur d’homme d’état qui sait pardonner les gens qui se sont égarés.

Je sais que je peux compter sur toi mon frère Bah. J’attends donc impatiemment le compte-rendu de ta rencontre avec le capitaine.

Justin Morel, Ex Porte-parole; Ancien Démissionnaire et Futur Renvoyé Spécial et Plénipotentiaire de son Excellence, le président de la République de Guinée auprès de la commission de l’application des sanctions internationales (In Chah-Allah, avec la bénédiction du Saint-Coran et du Saint-Esprit).

 (Copyright : Ourouro Bah)

2009-11-01 20:17:07 diallo/rotterdam

2009-11-01 21:13:27

Cher Frère Bah,

J'ai bien reçu la lettre par laquelle tu m’avais demandé de te faire une lettre pour que tu démissionnes de ta future nomination au poste de premier ministre! Je te prie de croire que je ne suis pour rien dans sa diffusion sur l’internet. Les temps sont étranges! On ne peut rien cacher de nos jours. C’est peut-être l’approche de la fin du monde!

Si j’ai retardé à te répondre c’est que j’attendais de savoir comment le vent va tourner. Ensuite j’ai des tracasseries à la maison comme je vais t’expliquer dans cette lettre.

Avant tout, j’espère que tout le monde va bien dans tes maisonnées et que toutes tes femmes se portent bien. Ensuite j’aimerais que cette lettre reste confidentielle malgré ce que je viens de dire ci-haut.

Depuis la publication de la liste des sanctions, j’ai eu trop de problèmes avec ma famille. Ici c’est à peine si quelqu’un me parle. On fait des allusions en disant que je me suis précipité dans ma décision. Par conséquent j’ai perdu peut-être mon poste pour rien. 

Même ma femme pense que j’ai démissionné par peur et non par conviction. Ma copine préférée elle, fait de l’esprit en citant la seule chose qu’elle a retenu de son père. Elle me dit qu’on nous a donné deux cœurs pour qu’on s’en serve adroitement. Le cœur de gauche avec raison et le cœur de droite avec l’émotion. Des fois elle inverse l’ordre. De toutes les façons je n’y comprends rien. Elle fait aussi des blagues bidon et de mauvais goût sur le TPI; elle vante le courage des ministres qui sont restés. Quand j’ai essayé d’y répondre, elle a éclaté de rire. Puis elle a attendu le milieu de la nuit pour renchérir que Mamoudou Thiam, Komara et Boubacar Barry eux ne sont pas des dégonflés qui quittent le navire dès qu’il y a un coup de vent. Tu te rends compte?!

Mes cousines ne ratent aucune occasion pour dire que ces ministres se baladent dans le monde, signent des contrats qui même s’ils sont bidons, peuvent leur permettre de se faire un petit quelque chose… Elles ont inventé une chanson avec des mots étranges qu’elles murmurent dès que j’entre dans le salon.

Elles disent aussi même mon ancien ami/ennemi/puis-ami, Kouyaté, sait comment naviguer les tempêtes. Il est allé en Lybie pour amadouer le Guide et se positionner comme intermédiaire entre Daddis, Compaoré, Kadhafi, les Forces Vives… Elles n’arrêtent pas de vanter ses mérites de fin diplomate… Quand elles finissent d’énumérer leurs ragots sur le Kouyaté, elles concluent en tapant les mains sur les fesses d’admiration et s’écrient, pour que j’entende :

« Y a pas à dire! Il va se faire son beurre avec tous ces contacts! En plus il consolide des amitiés avec Gbagbo, avec Guillaume Soro etc. Quel diplomate! Je suis sûre qu’il se fera plein de pognon avant que tout ceci se calme... »

Ce qui me chagrine le plus c’est quand elles disent que cela devrait être le rôle du porte-parole du CNDD… Un vrai couteau dans le cœur, mon frère Bah.

Mon frère, Bah, tu ne peux pas savoir quelles sont couleuvres que j’avale journellement. Je n’ose rien demander sinon on me rabat le caquet. La fois dernière j’ai demandé que ma cousine m’accompagne pour rendre visite à un malade. Elle m’a dit qu’elle ne veut pas se montrer en ville avec un ancien ministre de la junte. Quand je lui ai qu’elle ne devrait pas avoir peur, elle a rit et a ajouté :

« Je n’ai pas peur! Mais je ne veux pas que mes copines me voient avec un ancien dignitaire, qui ne peut pas faire la moindre faveur à personne!»

Tu te rends compte mon frère Bah?! Ou va-t-on dans cette Guinée? La liste de mes misères est longue et je ne veux pas t’embêter avec tous les détails. Voici ce que je voulais te dire :

Je crois t’avoir rendu un service en ne rédigeant pas la lettre que tu m’avais demandée de t’écrire. Car vois-tu, seuls les militaires semblent être dans le collimateur des sanctions. Je n’aurai pas dû me précipiter dans ma décision de démissionner.

J’aimerai que tu approche son Excellence et lui dises que je suis prêt à lui rendre service encore. Hier, ma deuxième copine m’a dit qu’elle a pleuré quand elle a vu la 4X4 que le ministre qui a pris ma place va récupérer. Wallahi! Je n’ai jamais su que les femmes pouvaient s’attacher tant à des voitures! On apprend tous les jours dans la vie! 

En parlant à Daddis, pardon ne mentionne pas les mots démission ou trahison! Voici une liste d’arguments que tu peux utiliser :

1)     Dis lui seulement que en ce moment il a besoin de l’aide de tous les citoyens. N’oublie de mentionner qu’on m’a jeté des œufs à la figure à Washington. Ce jour là j’ai failli pleurer. Mais comme je savais que j’étais en mission, j’ai retenu mes larmes. Il n’y a pas que les militaires qui sont stoïques. Tu expliqueras aussi (ce n’est pas pour radoter, ni gâter l’image de la Guinée) que l’ambassadeur lui a pleuré. Mais c’est quand on lui a annoncé le montant des dommages à payer à l’hôtel (12, 000 dollars c’est beaucoup pour un diplomate qui n’a pas eu de salaire pendant 6 mois de surcroit).

2)     Il faudra dire au capitaine de se méfier. Il ne devrait pas compter sur les services exclusifs de Kouyaté, les magouilles de Komara, de Mahmoud Thiam et de Boubacar Barry… Eux cherchent à tirer leur épingle du jeu avant que le bateau ne chavire. A la moindre incartade, Boubacar va retourner au Sénégal, Mahmoud aux US, Komara en Égypte. Kouyaté va s’enfuir vers la Lybie ou vers la Côte d’Ivoire. Ils vont s’y planquer en attendant que tout soit oublié. Le président, toi et moi avons cela en commun que nous n’avons jamais été des diasporas à la recherche de la pitance là où l’herbe est verte. Au besoin tu peux mentionner  le cas d’Alpha Diallo de la fonction publique. Lui il a fui; lui c’est un vrai traitre. Il parait qu’il veut s’inscrire aux ASSEDIC en France et demander l’asile. Il fait partie désormais du camp des anti-guinéens comme le disait si adroitement notre Guide Suprême, le président que le monde nous envie, Ahmed Sékou Touré.

3)     Nous (je veux dire Daddis, toi mon frère Bah et moi), nous sommes des purs guinéens! Nous sommes des produits de la Révolution, sains et simples. Nous nous comprenons sans beaucoup de mots. Nous savons qu’on dit de nous que nous sommes insuffisamment éduqués, que nous avons les mains sales à force de puiser dans les caisses de l’état; que nous sommes complexés, que nous avons une peur perpétuelle et sans raison;

4)     On dit aussi  que nous avons la nostalgie du temps de la révolution où les choses étaient plus simples; quand le chef était chef sans contestation; quand il n’y avait pas de tiraillement entre la conscience et l’image qu’on veut donner; quand on n’osait pas parler de démission, de media, d’enquêtes internationales, d’internet, de photos de femmes violées. Tout se passait en silence, dans les camps… à part quand le Fama en parlait ou qu’on publiait les photos des traitres dans Horoya, avec les éditoriaux de Petit-Barry ou de Bérété pour contenir le bas-peuple… En ce temps, les dépositions se faisaient à la radio; les condamnations étaient faites d’avance… Il y avait l’unité nationale. Seul le Responsable Suprême pouvait mettre au pilori une ethnie! Il n’y avait pas ces débats stériles avec des gens qui font de l’esprit sur le net, exhibent des patriotismes trop véhéments pour être authentiques et vocifèrent des haines ataviques!

5)     Je dois aussi ajouter que nous (toi, moi, Daddis), nous savons ce que c’est que de souffrir, de se priver, d’avoir une permanente hantise d’avoir mal agi, d’être la risée du monde et de l’Afrique.

6)     Enfin, nous savons comment les guinéens peuvent être mauvais quand tu n’as rien et comme ils sont obséquieux dès que tu as un poste.

7)     C’est cet amas de sentiments complexes que tu partages avec moi et qui t’ont valu des incompréhensions et des jugements critiques acerbes que j’aimerais que tu rappelles à son Excellence.

Enfin, j’aimerais que tu dises au capitaine qu’il a fait un grand progrès : il ne se montre plus en caleçon devant les télés étrangères; il ne s’énerve pas devant les diplomates. Heureusement que seuls les guinéens ont compris que traiter une ministre de Wrangler signifie qu’elle fait « Boutique-mon-cul » comme on le dit à « Chez-nous-Pays » en Côte d’Ivoire! Une chance qu’il ait abandonné ce langage trop cru. J’ai remarqué d’ailleurs qu’il ne parle même plus à la télé et qu’il a interdit du pays les journalistes étrangers. Il a du tirer cette leçon de la révolution! Mais il aura toujours besoin, pour soigner son image, d’un vrai porte-parole qui va l’assister. 

PS : Pour vaincre des réticences éventuelles, dis lui que s’il me reprend, il montrera au monde sa grandeur d’homme d’état qui sait pardonner les gens qui se sont égarés.

Je sais que je peux compter sur toi mon frère Bah. J’attends donc impatiemment le compte-rendu de ta rencontre avec le capitaine.

Justin Morel, Ex Porte-parole; Ancien Démissionnaire et Futur Renvoyé Spécial et Plénipotentiaire de son Excellence, le président de la République de Guinée auprès de la commission de l’application des sanctions internationales (In Chah-Allah, avec la bénédiction du Saint-Coran et du Saint-Esprit).

 (Copyright : Ourouro Bah)

2009-11-01 20:17:07 Oumar Bah

2009-11-01 21:13:27

Cher Frère Bah,

J'ai bien reçu la lettre par laquelle tu m’avais demandé de te faire une lettre pour que tu démissionnes de ta future nomination au poste de premier ministre! Je te prie de croire que je ne suis pour rien dans sa diffusion sur l’internet. Les temps sont étranges! On ne peut rien cacher de nos jours. C’est peut-être l’approche de la fin du monde!

Si j’ai retardé à te répondre c’est que j’attendais de savoir comment le vent va tourner. Ensuite j’ai des tracasseries à la maison comme je vais t’expliquer dans cette lettre.

Avant tout, j’espère que tout le monde va bien dans tes maisonnées et que toutes tes femmes se portent bien. Ensuite j’aimerais que cette lettre reste confidentielle malgré ce que je viens de dire ci-haut.

Depuis la publication de la liste des sanctions, j’ai eu trop de problèmes avec ma famille. Ici c’est à peine si quelqu’un me parle. On fait des allusions en disant que je me suis précipité dans ma décision. Par conséquent j’ai perdu peut-être mon poste pour rien. 

Même ma femme pense que j’ai démissionné par peur et non par conviction. Ma copine préférée elle, fait de l’esprit en citant la seule chose qu’elle a retenu de son père. Elle me dit qu’on nous a donné deux cœurs pour qu’on s’en serve adroitement. Le cœur de gauche avec raison et le cœur de droite avec l’émotion. Des fois elle inverse l’ordre. De toutes les façons je n’y comprends rien. Elle fait aussi des blagues bidon et de mauvais goût sur le TPI; elle vante le courage des ministres qui sont restés. Quand j’ai essayé d’y répondre, elle a éclaté de rire. Puis elle a attendu le milieu de la nuit pour renchérir que Mamoudou Thiam, Komara et Boubacar Barry eux ne sont pas des dégonflés qui quittent le navire dès qu’il y a un coup de vent. Tu te rends compte?!

Mes cousines ne ratent aucune occasion pour dire que ces ministres se baladent dans le monde, signent des contrats qui même s’ils sont bidons, peuvent leur permettre de se faire un petit quelque chose… Elles ont inventé une chanson avec des mots étranges qu’elles murmurent dès que j’entre dans le salon.

Elles disent aussi même mon ancien ami/ennemi/puis-ami, Kouyaté, sait comment naviguer les tempêtes. Il est allé en Lybie pour amadouer le Guide et se positionner comme intermédiaire entre Daddis, Compaoré, Kadhafi, les Forces Vives… Elles n’arrêtent pas de vanter ses mérites de fin diplomate… Quand elles finissent d’énumérer leurs ragots sur le Kouyaté, elles concluent en tapant les mains sur les fesses d’admiration et s’écrient, pour que j’entende :

« Y a pas à dire! Il va se faire son beurre avec tous ces contacts! En plus il consolide des amitiés avec Gbagbo, avec Guillaume Soro etc. Quel diplomate! Je suis sûre qu’il se fera plein de pognon avant que tout ceci se calme... »

Ce qui me chagrine le plus c’est quand elles disent que cela devrait être le rôle du porte-parole du CNDD… Un vrai couteau dans le cœur, mon frère Bah.

Mon frère, Bah, tu ne peux pas savoir quelles sont couleuvres que j’avale journellement. Je n’ose rien demander sinon on me rabat le caquet. La fois dernière j’ai demandé que ma cousine m’accompagne pour rendre visite à un malade. Elle m’a dit qu’elle ne veut pas se montrer en ville avec un ancien ministre de la junte. Quand je lui ai qu’elle ne devrait pas avoir peur, elle a rit et a ajouté :

« Je n’ai pas peur! Mais je ne veux pas que mes copines me voient avec un ancien dignitaire, qui ne peut pas faire la moindre faveur à personne!»

Tu te rends compte mon frère Bah?! Ou va-t-on dans cette Guinée? La liste de mes misères est longue et je ne veux pas t’embêter avec tous les détails. Voici ce que je voulais te dire :

Je crois t’avoir rendu un service en ne rédigeant pas la lettre que tu m’avais demandée de t’écrire. Car vois-tu, seuls les militaires semblent être dans le collimateur des sanctions. Je n’aurai pas dû me précipiter dans ma décision de démissionner.

J’aimerai que tu approche son Excellence et lui dises que je suis prêt à lui rendre service encore. Hier, ma deuxième copine m’a dit qu’elle a pleuré quand elle a vu la 4X4 que le ministre qui a pris ma place va récupérer. Wallahi! Je n’ai jamais su que les femmes pouvaient s’attacher tant à des voitures! On apprend tous les jours dans la vie! 

En parlant à Daddis, pardon ne mentionne pas les mots démission ou trahison! Voici une liste d’arguments que tu peux utiliser :

1)     Dis lui seulement que en ce moment il a besoin de l’aide de tous les citoyens. N’oublie de mentionner qu’on m’a jeté des œufs à la figure à Washington. Ce jour là j’ai failli pleurer. Mais comme je savais que j’étais en mission, j’ai retenu mes larmes. Il n’y a pas que les militaires qui sont stoïques. Tu expliqueras aussi (ce n’est pas pour radoter, ni gâter l’image de la Guinée) que l’ambassadeur lui a pleuré. Mais c’est quand on lui a annoncé le montant des dommages à payer à l’hôtel (12, 000 dollars c’est beaucoup pour un diplomate qui n’a pas eu de salaire pendant 6 mois de surcroit).

2)     Il faudra dire au capitaine de se méfier. Il ne devrait pas compter sur les services exclusifs de Kouyaté, les magouilles de Komara, de Mahmoud Thiam et de Boubacar Barry… Eux cherchent à tirer leur épingle du jeu avant que le bateau ne chavire. A la moindre incartade, Boubacar va retourner au Sénégal, Mahmoud aux US, Komara en Égypte. Kouyaté va s’enfuir vers la Lybie ou vers la Côte d’Ivoire. Ils vont s’y planquer en attendant que tout soit oublié. Le président, toi et moi avons cela en commun que nous n’avons jamais été des diasporas à la recherche de la pitance là où l’herbe est verte. Au besoin tu peux mentionner  le cas d’Alpha Diallo de la fonction publique. Lui il a fui; lui c’est un vrai traitre. Il parait qu’il veut s’inscrire aux ASSEDIC en France et demander l’asile. Il fait partie désormais du camp des anti-guinéens comme le disait si adroitement notre Guide Suprême, le président que le monde nous envie, Ahmed Sékou Touré.

3)     Nous (je veux dire Daddis, toi mon frère Bah et moi), nous sommes des purs guinéens! Nous sommes des produits de la Révolution, sains et simples. Nous nous comprenons sans beaucoup de mots. Nous savons qu’on dit de nous que nous sommes insuffisamment éduqués, que nous avons les mains sales à force de puiser dans les caisses de l’état; que nous sommes complexés, que nous avons une peur perpétuelle et sans raison;

4)     On dit aussi  que nous avons la nostalgie du temps de la révolution où les choses étaient plus simples; quand le chef était chef sans contestation; quand il n’y avait pas de tiraillement entre la conscience et l’image qu’on veut donner; quand on n’osait pas parler de démission, de media, d’enquêtes internationales, d’internet, de photos de femmes violées. Tout se passait en silence, dans les camps… à part quand le Fama en parlait ou qu’on publiait les photos des traitres dans Horoya, avec les éditoriaux de Petit-Barry ou de Bérété pour contenir le bas-peuple… En ce temps, les dépositions se faisaient à la radio; les condamnations étaient faites d’avance… Il y avait l’unité nationale. Seul le Responsable Suprême pouvait mettre au pilori une ethnie! Il n’y avait pas ces débats stériles avec des gens qui font de l’esprit sur le net, exhibent des patriotismes trop véhéments pour être authentiques et vocifèrent des haines ataviques!

5)     Je dois aussi ajouter que nous (toi, moi, Daddis), nous savons ce que c’est que de souffrir, de se priver, d’avoir une permanente hantise d’avoir mal agi, d’être la risée du monde et de l’Afrique.

6)     Enfin, nous savons comment les guinéens peuvent être mauvais quand tu n’as rien et comme ils sont obséquieux dès que tu as un poste.

7)     C’est cet amas de sentiments complexes que tu partages avec moi et qui t’ont valu des incompréhensions et des jugements critiques acerbes que j’aimerais que tu rappelles à son Excellence.

Enfin, j’aimerais que tu dises au capitaine qu’il a fait un grand progrès : il ne se montre plus en caleçon devant les télés étrangères; il ne s’énerve pas devant les diplomates. Heureusement que seuls les guinéens ont compris que traiter une ministre de Wrangler signifie qu’elle fait « Boutique-mon-cul » comme on le dit à « Chez-nous-Pays » en Côte d’Ivoire! Une chance qu’il ait abandonné ce langage trop cru. J’ai remarqué d’ailleurs qu’il ne parle même plus à la télé et qu’il a interdit du pays les journalistes étrangers. Il a du tirer cette leçon de la révolution! Mais il aura toujours besoin, pour soigner son image, d’un vrai porte-parole qui va l’assister. 

PS : Pour vaincre des réticences éventuelles, dis lui que s’il me reprend, il montrera au monde sa grandeur d’homme d’état qui sait pardonner les gens qui se sont égarés.

Je sais que je peux compter sur toi mon frère Bah. J’attends donc impatiemment le compte-rendu de ta rencontre avec le capitaine.

Justin Morel, Ex Porte-parole; Ancien Démissionnaire et Futur Renvoyé Spécial et Plénipotentiaire de son Excellence, le président de la République de Guinée auprès de la commission de l’application des sanctions internationales (In Chah-Allah, avec la bénédiction du Saint-Coran et du Saint-Esprit).

 (Copyright : Ourouro Bah)

2009-11-01 20:17:07 omar

2009-11-01 21:13:27

Cher Frère Bah,

J'ai bien reçu la lettre par laquelle tu m’avais demandé de te faire une lettre pour que tu démissionnes de ta future nomination au poste de premier ministre! Je te prie de croire que je ne suis pour rien dans sa diffusion sur l’internet. Les temps sont étranges! On ne peut rien cacher de nos jours. C’est peut-être l’approche de la fin du monde!

Si j’ai retardé à te répondre c’est que j’attendais de savoir comment le vent va tourner. Ensuite j’ai des tracasseries à la maison comme je vais t’expliquer dans cette lettre.

Avant tout, j’espère que tout le monde va bien dans tes maisonnées et que toutes tes femmes se portent bien. Ensuite j’aimerais que cette lettre reste confidentielle malgré ce que je viens de dire ci-haut.

Depuis la publication de la liste des sanctions, j’ai eu trop de problèmes avec ma famille. Ici c’est à peine si quelqu’un me parle. On fait des allusions en disant que je me suis précipité dans ma décision. Par conséquent j’ai perdu peut-être mon poste pour rien. 

Même ma femme pense que j’ai démissionné par peur et non par conviction. Ma copine préférée elle, fait de l’esprit en citant la seule chose qu’elle a retenu de son père. Elle me dit qu’on nous a donné deux cœurs pour qu’on s’en serve adroitement. Le cœur de gauche avec raison et le cœur de droite avec l’émotion. Des fois elle inverse l’ordre. De toutes les façons je n’y comprends rien. Elle fait aussi des blagues bidon et de mauvais goût sur le TPI; elle vante le courage des ministres qui sont restés. Quand j’ai essayé d’y répondre, elle a éclaté de rire. Puis elle a attendu le milieu de la nuit pour renchérir que Mamoudou Thiam, Komara et Boubacar Barry eux ne sont pas des dégonflés qui quittent le navire dès qu’il y a un coup de vent. Tu te rends compte?!

Mes cousines ne ratent aucune occasion pour dire que ces ministres se baladent dans le monde, signent des contrats qui même s’ils sont bidons, peuvent leur permettre de se faire un petit quelque chose… Elles ont inventé une chanson avec des mots étranges qu’elles murmurent dès que j’entre dans le salon.

Elles disent aussi même mon ancien ami/ennemi/puis-ami, Kouyaté, sait comment naviguer les tempêtes. Il est allé en Lybie pour amadouer le Guide et se positionner comme intermédiaire entre Daddis, Compaoré, Kadhafi, les Forces Vives… Elles n’arrêtent pas de vanter ses mérites de fin diplomate… Quand elles finissent d’énumérer leurs ragots sur le Kouyaté, elles concluent en tapant les mains sur les fesses d’admiration et s’écrient, pour que j’entende :

« Y a pas à dire! Il va se faire son beurre avec tous ces contacts! En plus il consolide des amitiés avec Gbagbo, avec Guillaume Soro etc. Quel diplomate! Je suis sûre qu’il se fera plein de pognon avant que tout ceci se calme... »

Ce qui me chagrine le plus c’est quand elles disent que cela devrait être le rôle du porte-parole du CNDD… Un vrai couteau dans le cœur, mon frère Bah.

Mon frère, Bah, tu ne peux pas savoir quelles sont couleuvres que j’avale journellement. Je n’ose rien demander sinon on me rabat le caquet. La fois dernière j’ai demandé que ma cousine m’accompagne pour rendre visite à un malade. Elle m’a dit qu’elle ne veut pas se montrer en ville avec un ancien ministre de la junte. Quand je lui ai qu’elle ne devrait pas avoir peur, elle a rit et a ajouté :

« Je n’ai pas peur! Mais je ne veux pas que mes copines me voient avec un ancien dignitaire, qui ne peut pas faire la moindre faveur à personne!»

Tu te rends compte mon frère Bah?! Ou va-t-on dans cette Guinée? La liste de mes misères est longue et je ne veux pas t’embêter avec tous les détails. Voici ce que je voulais te dire :

Je crois t’avoir rendu un service en ne rédigeant pas la lettre que tu m’avais demandée de t’écrire. Car vois-tu, seuls les militaires semblent être dans le collimateur des sanctions. Je n’aurai pas dû me précipiter dans ma décision de démissionner.

J’aimerai que tu approche son Excellence et lui dises que je suis prêt à lui rendre service encore. Hier, ma deuxième copine m’a dit qu’elle a pleuré quand elle a vu la 4X4 que le ministre qui a pris ma place va récupérer. Wallahi! Je n’ai jamais su que les femmes pouvaient s’attacher tant à des voitures! On apprend tous les jours dans la vie! 

En parlant à Daddis, pardon ne mentionne pas les mots démission ou trahison! Voici une liste d’arguments que tu peux utiliser :

1)     Dis lui seulement que en ce moment il a besoin de l’aide de tous les citoyens. N’oublie de mentionner qu’on m’a jeté des œufs à la figure à Washington. Ce jour là j’ai failli pleurer. Mais comme je savais que j’étais en mission, j’ai retenu mes larmes. Il n’y a pas que les militaires qui sont stoïques. Tu expliqueras aussi (ce n’est pas pour radoter, ni gâter l’image de la Guinée) que l’ambassadeur lui a pleuré. Mais c’est quand on lui a annoncé le montant des dommages à payer à l’hôtel (12, 000 dollars c’est beaucoup pour un diplomate qui n’a pas eu de salaire pendant 6 mois de surcroit).

2)     Il faudra dire au capitaine de se méfier. Il ne devrait pas compter sur les services exclusifs de Kouyaté, les magouilles de Komara, de Mahmoud Thiam et de Boubacar Barry… Eux cherchent à tirer leur épingle du jeu avant que le bateau ne chavire. A la moindre incartade, Boubacar va retourner au Sénégal, Mahmoud aux US, Komara en Égypte. Kouyaté va s’enfuir vers la Lybie ou vers la Côte d’Ivoire. Ils vont s’y planquer en attendant que tout soit oublié. Le président, toi et moi avons cela en commun que nous n’avons jamais été des diasporas à la recherche de la pitance là où l’herbe est verte. Au besoin tu peux mentionner  le cas d’Alpha Diallo de la fonction publique. Lui il a fui; lui c’est un vrai traitre. Il parait qu’il veut s’inscrire aux ASSEDIC en France et demander l’asile. Il fait partie désormais du camp des anti-guinéens comme le disait si adroitement notre Guide Suprême, le président que le monde nous envie, Ahmed Sékou Touré.

3)     Nous (je veux dire Daddis, toi mon frère Bah et moi), nous sommes des purs guinéens! Nous sommes des produits de la Révolution, sains et simples. Nous nous comprenons sans beaucoup de mots. Nous savons qu’on dit de nous que nous sommes insuffisamment éduqués, que nous avons les mains sales à force de puiser dans les caisses de l’état; que nous sommes complexés, que nous avons une peur perpétuelle et sans raison;

4)     On dit aussi  que nous avons la nostalgie du temps de la révolution où les choses étaient plus simples; quand le chef était chef sans contestation; quand il n’y avait pas de tiraillement entre la conscience et l’image qu’on veut donner; quand on n’osait pas parler de démission, de media, d’enquêtes internationales, d’internet, de photos de femmes violées. Tout se passait en silence, dans les camps… à part quand le Fama en parlait ou qu’on publiait les photos des traitres dans Horoya, avec les éditoriaux de Petit-Barry ou de Bérété pour contenir le bas-peuple… En ce temps, les dépositions se faisaient à la radio; les condamnations étaient faites d’avance… Il y avait l’unité nationale. Seul le Responsable Suprême pouvait mettre au pilori une ethnie! Il n’y avait pas ces débats stériles avec des gens qui font de l’esprit sur le net, exhibent des patriotismes trop véhéments pour être authentiques et vocifèrent des haines ataviques!

5)     Je dois aussi ajouter que nous (toi, moi, Daddis), nous savons ce que c’est que de souffrir, de se priver, d’avoir une permanente hantise d’avoir mal agi, d’être la risée du monde et de l’Afrique.

6)     Enfin, nous savons comment les guinéens peuvent être mauvais quand tu n’as rien et comme ils sont obséquieux dès que tu as un poste.

7)     C’est cet amas de sentiments complexes que tu partages avec moi et qui t’ont valu des incompréhensions et des jugements critiques acerbes que j’aimerais que tu rappelles à son Excellence.

Enfin, j’aimerais que tu dises au capitaine qu’il a fait un grand progrès : il ne se montre plus en caleçon devant les télés étrangères; il ne s’énerve pas devant les diplomates. Heureusement que seuls les guinéens ont compris que traiter une ministre de Wrangler signifie qu’elle fait « Boutique-mon-cul » comme on le dit à « Chez-nous-Pays » en Côte d’Ivoire! Une chance qu’il ait abandonné ce langage trop cru. J’ai remarqué d’ailleurs qu’il ne parle même plus à la télé et qu’il a interdit du pays les journalistes étrangers. Il a du tirer cette leçon de la révolution! Mais il aura toujours besoin, pour soigner son image, d’un vrai porte-parole qui va l’assister. 

PS : Pour vaincre des réticences éventuelles, dis lui que s’il me reprend, il montrera au monde sa grandeur d’homme d’état qui sait pardonner les gens qui se sont égarés.

Je sais que je peux compter sur toi mon frère Bah. J’attends donc impatiemment le compte-rendu de ta rencontre avec le capitaine.

Justin Morel, Ex Porte-parole; Ancien Démissionnaire et Futur Renvoyé Spécial et Plénipotentiaire de son Excellence, le président de la République de Guinée auprès de la commission de l’application des sanctions internationales (In Chah-Allah, avec la bénédiction du Saint-Coran et du Saint-Esprit).

 (Copyright : Ourouro Bah)

2009-11-01 20:17:07 Le Foutanké
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