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Ouaga 2009, la rencontre de tous les enjeux pour la Guinée

Date de publication:2009-11-01 21:17:57

2009-11-01 22:14:23

La crise guinéenne ouverte par les massacres du 28 septembre 2009 est l’objet de la rencontre du 3 novembre 2009 entre le médiateur de l’Union Africaine, M. Blaise Compaoré, Président du Burkina- Faso et les leaders politiques, les représentants syndicaux et de la Société Civile. 

Ce tête- à tête entre les différents acteurs de la crise socio- politique que traverse notre pays ne doit pas être un rendez- vous manqué. Personne ne pourrait nier que la rencontre de Ouaga risque d’être celle la dernière chance pour la Guinée. Autrement dit, pour notre pays, Ouaga est le lieu de tous les risques, de tous les dangers, de toutes les craintes et de tous les espoirs. Bref, c’est Ouaga de tous les enjeux. 

De la maturité politique, de l’esprit critique et du sens des responsabilités des représentants du peuple réunis au Burkina- Faso dépendent l’avenir de la Guinée, le sort du peuple mais aussi la survie politique des propres acteurs politiques en place.
 
Conclave ou table ronde, huis- clos ou toute autre forme de débat qui serait adopté dans la capitale burkinabé devrait avoir pour seule et unique finalité l’adoption de mesures pratiques et immédiates pour le départ de la junte du pouvoir. Mais, il ya des préalables à cela. 

L’union sacrée des Forces Vives de la Nation est le seul critère, la condition sine- qua- none de la réussite. Cependant, il ne faut pas le cacher : la situation semble être suffisamment tendue et grave. Des échos, non de dissidence, plutôt de mésentente, commencent à nous parvenir. Il semblerait que certains chefs de partis, toujours les mêmes, voudraient, à nouveau, jouer la carte de la division en privilégiant leurs intérêts personnels.  

Pourtant, la communauté internationale a fait son devoir. Pour l’une des toutes premières fois, et dans une crise africaine, l’ensemble des puissances et des organisations internationales ont parlé de la même voix et agi dans le même sens. Depuis la prise du pouvoir par le CNDD après la mort de Lansana Conté en décembre 2008, tous nos partenaires ont fait de la sortie de crise une préoccupation essentielle. Cela, nul ne peut le nier.
 
 En effet, dès le lendemain du putsch, il a été mis en place un Groupe International de Contact réunissant plusieurs acteurs étatiques et d’organismes sous régional ou continental pour étudier la situation et proposer des solutions adéquates. Les innombrables revirements de Moussa Dadis et du CNDD sur leurs engagements d’organiser des élections libres et transparentes excluant toute candidature militaire et du gouvernement en place ont conduit la communauté internationale à envisager des sanctions contre notre pays. La suspension de la Guinée à différentes instances sous-régionales, africaines et internationales entre dans ce cadre.
 
Les massacres du 28 septembre 2009 avec son lot de morts, de viols et de blessés ont fait franchi une étape de plus dans la dégradation de la situation et poussé aux sanctions émises ces derniers temps par l’Union européenne, les Etats- Unis et l’Union Africaine. Entre autres, l’interdiction de visas et le gel des avoirs des membres de la junte et du gouvernement. Cette nouvelle phase devrait être couronnée de décisions politiques dans les tous prochains jours au Burkina- Faso.
 
En effet, la rencontre de Ouaga donne l’opportunité aux Forces Vives de se montrer crédibles, capables de décisions et d’action en faveur de leur peuple.. Pour ce faire, elles doivent mettre en avant leur unité et faire preuve de dévouement patriotique à la cause de la nation..
Mais, ces critères ne sembleraient pas prévaloir pour un certain nombre de leaders politiques. Eternels opposants, comme les taxent certains Guinéens et, parfois, la junte elle- même, ces responsables de partis voudraient fausser le dialogue. Ils voudraient coûte que coûte imposer leur vision des choses. Si ce n’est tout simplement imposer leur personne.
 
Ce serait, cependant, l’erreur de trop pour les intéressés. Il n’est plus question d’hypothéquer l’avenir de la Guinée au profit d’intérêts personnels. Le problème n’est plus à ce niveau et se résume en ces termes : soit on est pour la cause de la nation et du peuple, soit on veut défendre sa propre cause.
 
Dorénavant, tout responsable de parti qui s’inscrirait dans ce dernier cas doit savoir qu’il a signé sa mort politique. Plus aucune solution n’est acceptable qui ne soit l’unité de tous et le sacrifice de soi pour le bien de la nation. Trop longtemps les espoirs de notre peuple ont été anéantis par les coups bas, les calculs mesquins, les faux bonds et les questions de personnes. Ces dernières étant, elles- mêmes, doublées d’une conception ethnocentrique du pouvoir.

Nous disons de manière claire et sans appel que tout leader politique qui se hasarderait à semer la division en voulant contourner la plate-forme d’unité qui doit présider la rencontre de Ouagadougou répondra de ses actes devant le peuple et ses militants. Si toutefois, de telles personnes avaient la folie de séjourner à l’étranger, elles devront, à l’image des membres du CNDD, du gouvernement et de leurs suppôts, raser les murs. Si elles y séjournent déjà, qu’elles restent alors cloîtrées. Qu’elles changent tout simplement d’adresse.

Il faut savoir que les émissaires de Dadis sillonnent en ce moment même les capitales européennes et cherchent à prendre contact avec des membres occultes ou mafias des certains pouvoirs corrompus.
 
Leur but, monnayer les massacres et la mémoire des martyrs de septembre 2009, de mars 2006, janvier- février 2007 et juin 2008. Pour la petite histoire, l’un de ces émissaires est actuellement tapi dans un hôtel parisien que la communauté guinéenne cherche activement à identifier.
 
Les Forces Vives ont l’impérieux devoir de s’entendre sur une chose : les modalités de départ de la junte et la mise en place d’un Gouvernement d’Union Nationale ; Gouvernement de Transition Nationale ou Gouvernement Transitoire d’Union Nationale. Peu importe la dénomination, l’essentiel résidant sur la finalité.
 
Elles doivent également avoir à l’esprit qu’un tel système de gouvernement résiste très rarement au-delà de 10 à 12 mois. Au cas contraire, ses membres risquent de se considérer comme des titulaires. La suite est bien connue : retour à la case départ et « transition à l’ivoirienne. »
 
D’autre part, les Forces Vives doivent prendre amplement conscience que la communauté internationale à mis les cartes de leur côté. Que cette même communauté a pleinement joué son rôle et fait tout ce qu’on attendait d’elle. La promptitude de la réaction internationale en faveur de notre pays et la prise en compte de la lutte de notre peuple qui a durablement été martyrisé doit être reconnue et saluée. Cette fois- ci, il n’a pas été question de mettre fin à un conflit qui frapperait un pays africain, en l’occurrence le nôtre. Il est question de le prévenir. On ne peut mieux demander.
 
Je dis, pour ma part, que tout échec éventuel de la rencontre du 3 novembre à Ouaga sera imputable aux Forces Vives. Quelles prennent alors la mesure de sanctionner tout leader politique ou syndical qui tenterait de trahir l’idéal commun : faire partir Dadis et la junte. Quelles n’hésitent pas à rayer les fauteurs de trouble de leur liste et à les écarter des pourparlers. Il ne faudrait pas qu’il y ait le moindre gène de rendre public le (ou les) nom de toute personne qui aurait l’intention de faire échouer la rencontre. En un mot, tous les leaders intègres doivent faire preuve d’union sacrée pour le triomphe de la cause de la nation.
 
Enfin, les Forces Vives doivent mesurer l’enjeu en comprenant que tout se joue à Ouaga. Plus clairement, elles créeront dans la capitale burkinabé les conditions de départ de la junte ou leur propre départ de la scène politique. Dans cette dernière hypothèse, elles l’auront mérité. Ce sera alors une nouvelle génération de femmes et d’hommes qui prendront la relève.

En toute hypothèse, je souhaite pleine réussite à la rencontre de Ouaga et appelle de tout mon cœur à ce que la raison l’emporte sur tout. Puisse- t- il la capitale du Burkina- Faso être le lieu de la victoire de la démocratie sur la bestialité de la junte guinéenne !

 
Lamarana Petty Diallo  
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