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Lettre Ouverte aux Forces Vives de Guinée en séjour à Ouaga, Burkina- Faso

Date de publication:2009-11-02 23:09:56

2009-11-03 00:07:37

Mesdames, Messieurs les représentants du peuple de Guinée en séjour à Ouagadougou,

En citoyen soucieux, comme bien d’autres, de l’avenir de notre commune patrie, la République de Guinée, je me fais le devoir de vous adressez à toutes et à tous mes sentiments sur les défis auxquels vous devez faire face le 3 novembre 2009 et, sûrement, les jours, mois et années à venir.

Mesdames, Messieurs,

Je ne suis pas un inconnu pour bon nombre d’entre- vous. Pour celles et ceux qui ne me connaitraient pas, je puis leur assurer que mon intention n’est nullement de m’immiscer dans le débat. Au nom de quel droit le ferai- je ?

Mon seul et unique intention, c’est d’attirer, très humblement, l’attention des représentants légitimes du peuple de Guinée que vous êtes sur un certain nombre d’aspects, peut- être bien mieux connus de vous que par ma modeste personne. Tous sont naturellement liés à la situation socio- politique que traverse notre pays.

Je m’empresse de dire que la présente à vous adressée, comme je l’annonçai ci- haut, n’est rien d’autre que l’expression de sentiments personnels dont tout compatriote pourrait nourrir en ces temps d’incertitude, mais aussi d’espoirs et d’espérance que nous vivons.

Mesdames, Messieurs,

Permettez- moi de dire, de manière citoyenne et dans des mots empreints d’un ton patriotique, que le peuple de Guinée attend, non pas beaucoup, mais tout de vous et de Ouaga.
Ce peuple, le vôtre, voit, observe, espère et en même temps languit d’interrogations et de douleurs tant le 28 septembre 2009 a ouvert une étape dans notre histoire que le plus pessimiste des citoyens n’aurait osé imaginer.

En effet, le 28 septembre 2009 n’a- t- il pas volé la vedette à cet autre 28 septembre ? Hélas, cela se fit dans les larmes, la douleur, la stupéfaction, le sang et au prix de la perte de vies et de dignité humaine.

Mesdames, Messieurs,

Vous êtes à Ouaga pour essuyer les larmes de nos compatriotes en leur redonnant espoir, tant et si peu que ce terme aurait encore un sens chez nous.

Sachez- le, et n’en doutez point, que vous êtes, à ce jour, les seuls en qui, après le Bon Dieu, le peuple de Guinée pourrait encore croire et vers lesquels il oserait se tourner.
Autant dire, le poids en vos frêles ou robustes épaules est lourd. Le moment est tout aussi grave car Ouaga doit enfanter une nouvelle indépendance de la Guinée. Cet enfant sortira de vos entrailles, de vos cœurs, de votre courage. Mieux encore, de votre audace !

Mesdames, Messieurs,

Vous devez montrer que vous êtes les ambassadeurs d’une Guinée vaillante, combattive, déterminée et prête, une fois pour toute, à mettre fin aux sombres pages de son histoire. Pour ce faire, les recettes ne sont pas nombreuses. Il n’ ya qu’une :
L’unité ! Tout le reste est subordonné à cet unique critère qui devra être, pour vous, une valeur cardinale.

De votre unité, de votre entente et, il faut oser le dire, de votre désunion ou mésentente dépend le sort de la Guinée de demain.

Le peuple de Guinée, vous le saviez mieux que quiconque, a longtemps mis en doute, et pour cause, la volonté politique de ses leaders. Qu’à cela ne tienne, il croit enfin à des hommes et des femmes et en leurs idées.

Ce peuple compte désormais, sur « un panel » de personnalités regroupées au sein des Forces Vives. Cette appellation ne doit en aucun cas se réduire à sa valeur symbolique. Elle doit, plus que jamais, être action et se traduire dans les faits.

Mesdames, Messieurs des Forces Vives,

Vous n’êtes pas à Ouaga pour combattre uniquement un homme. Vous y êtes pour mettre fin à un système d’une ubiquité rarement connue ailleurs. Ce combat ne peut réussir si vous n’oubliez pas les rancœurs du passé, les questions de personnes, les échecs des uns et des autres. Surtout, si vous n’enterriez à jamais le démon des démons : l’ethno- stratégie qui annihile la nation au profit du communautarisme.

C’est la nation guinéenne qui devra se retrouver au Burkina- Faso. Ce n’est point des groupes d’individus, des entités régionales, linguistiques, religieuses ou géographiques qui s’y donnent rendez- vous. C’est tout simplement la Guinée qui est au Burkina demain et les jours à venir.
Ce n’est pas, loin s’en faut, des chefs de partis politiques, des syndicats et des représentants de la Société Civile qui seront autour de la table. Ce sont les représentants du peuple de Guinée avec tout ce que cela suppose de responsabilité, de don de sa personne, de dévouement individuel et collectif au seul profit de la nation.

Mesdames, Messieurs,

Depuis le 28 septembre 2009, bien de voix se sont tu par la force des armes, de l’arbitraire, de la cruauté d’un homme et du système qu’il veut nous imposer. Il vous revient le devoir moral et patriotique de faire en sorte que la cause pour laquelle nos morts ont donné leur vie triomphe.

Depuis le 28 septembre, fort heureusement, beaucoup d’autres voix se sont également exprimées. Elles viennent tout aussi de l’intérieur que de l’extérieur du pays. Elles émanent d’individus, mais aussi de nations, d’Etats, d’organisations internationales et de personnalités. Bref, notre peuple n’a pas été abandonné durant ces temps de douleur et de recueillements. Il vous appartient d’en mesurer la portée.

De Conakry à Paris, de Rabat à Bruxelles, de Tokyo à New- York, de Philadelphie à N’zérékoré, d’Abidjan à Berlin, de Bordeaux, Londres, Marseille, Lyon, Labé, Kankan, Lisbonne, Dakar, Washington etc. les mêmes voix se sont faites entendre comme en janvier- février 2007. Cette fois- ci, la particularité doit résider dans l’accomplissement du rêve de notre peuple.

Autrement dit, les marches de protestations contre la junte et de soutien aux Forces Vives doivent avoir comme aboutissement le départ du système politico- militaire qui embastille, emprisonne, torture et tue nos innocents concitoyens depuis décembre 2008.

Mesdames, Messieurs,
 
En vous et en chacun de vous devront raisonner les appels sans secours des morts, des blessés, des femmes et filles violées au stade du 28 septembre. Ce qui s’est passé en cette date doublement historique de notre pays devra habiter vos pensées et actes en tout instant.
Vous devez avoir constamment à l’esprit, et en excluant tout sentiment de culpabilité, que celles et ceux qui ont laissé leur vie ou leur dignité au stade ont répondu à l’appel de la démocratie. Sachez qu’en ce moment précis de notre histoire, vous êtes les seuls dépositaires des valeurs démocratiques pour lesquelles les hommes, femmes, jeunes et enfants de toute origine, de toute catégorie socio- professionnelle se sont sacrifiées.

Vous ne devriez, non plus, perdre de vue le fait que le peuple est prêt, demain comme hier, à répondre à nouveau à l’appel de cette même nation et de ses leaders. Ayant intégré les valeurs démocratiques et la culture militante et citoyenne grâce à l’action de vos partis politiques, de vos formations syndicales et civiles, ce peuple ne reculera plus jamais devant aucune dictature. Aucune armée ne saurait, non plus, lui faire renoncer à son combat.

Enfin, Mesdames, Messieurs,

Vous aurez sûrement remarqué que je n’ai nullement fait allusion, je l’avais promis, à aucune démarche à adopter dans le débat car je ne me sens investi que de mon humble devoir de citoyen.

Mon unique objectif, c’est d’appelez à l’unité, à la fermeté, à la clairvoyance et au sens des responsabilités.

Je dis, cette fois et plus que par le passé, l’enjeu est considérable. De la mesure que vous en prendrez dépendent les lendemains qui chantent ou déchantent pour notre pays.
J’exprime le vœu qu’une nouvelle ère naisse des assises de Ouaga. Que cette capitale du pays des hommes intègres soit salutaire pour notre peuple et notre nation.

Je crois en la sauvegarde de la paix et de l’unité de notre Guinée commune grâce à l’action de ses filles et fils que vous incarnez !

Je place également l’espoir au sens du devoir du médiateur de l’Union Africaine M. Blaise Compaoré.

Lamarana Petty Diallo
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2009-11-03 00:07:37

Mesdames, Messieurs les représentants du peuple de Guinée en séjour à Ouagadougou,

En citoyen soucieux, comme bien d’autres, de l’avenir de notre commune patrie, la République de Guinée, je me fais le devoir de vous adressez à toutes et à tous mes sentiments sur les défis auxquels vous devez faire face le 3 novembre 2009 et, sûrement, les jours, mois et années à venir.

Mesdames, Messieurs,

Je ne suis pas un inconnu pour bon nombre d’entre- vous. Pour celles et ceux qui ne me connaitraient pas, je puis leur assurer que mon intention n’est nullement de m’immiscer dans le débat. Au nom de quel droit le ferai- je ?

Mon seul et unique intention, c’est d’attirer, très humblement, l’attention des représentants légitimes du peuple de Guinée que vous êtes sur un certain nombre d’aspects, peut- être bien mieux connus de vous que par ma modeste personne. Tous sont naturellement liés à la situation socio- politique que traverse notre pays.

Je m’empresse de dire que la présente à vous adressée, comme je l’annonçai ci- haut, n’est rien d’autre que l’expression de sentiments personnels dont tout compatriote pourrait nourrir en ces temps d’incertitude, mais aussi d’espoirs et d’espérance que nous vivons.

Mesdames, Messieurs,

Permettez- moi de dire, de manière citoyenne et dans des mots empreints d’un ton patriotique, que le peuple de Guinée attend, non pas beaucoup, mais tout de vous et de Ouaga.
Ce peuple, le vôtre, voit, observe, espère et en même temps languit d’interrogations et de douleurs tant le 28 septembre 2009 a ouvert une étape dans notre histoire que le plus pessimiste des citoyens n’aurait osé imaginer.

En effet, le 28 septembre 2009 n’a- t- il pas volé la vedette à cet autre 28 septembre ? Hélas, cela se fit dans les larmes, la douleur, la stupéfaction, le sang et au prix de la perte de vies et de dignité humaine.

Mesdames, Messieurs,

Vous êtes à Ouaga pour essuyer les larmes de nos compatriotes en leur redonnant espoir, tant et si peu que ce terme aurait encore un sens chez nous.

Sachez- le, et n’en doutez point, que vous êtes, à ce jour, les seuls en qui, après le Bon Dieu, le peuple de Guinée pourrait encore croire et vers lesquels il oserait se tourner.
Autant dire, le poids en vos frêles ou robustes épaules est lourd. Le moment est tout aussi grave car Ouaga doit enfanter une nouvelle indépendance de la Guinée. Cet enfant sortira de vos entrailles, de vos cœurs, de votre courage. Mieux encore, de votre audace !

Mesdames, Messieurs,

Vous devez montrer que vous êtes les ambassadeurs d’une Guinée vaillante, combattive, déterminée et prête, une fois pour toute, à mettre fin aux sombres pages de son histoire. Pour ce faire, les recettes ne sont pas nombreuses. Il n’ ya qu’une :
L’unité ! Tout le reste est subordonné à cet unique critère qui devra être, pour vous, une valeur cardinale.

De votre unité, de votre entente et, il faut oser le dire, de votre désunion ou mésentente dépend le sort de la Guinée de demain.

Le peuple de Guinée, vous le saviez mieux que quiconque, a longtemps mis en doute, et pour cause, la volonté politique de ses leaders. Qu’à cela ne tienne, il croit enfin à des hommes et des femmes et en leurs idées.

Ce peuple compte désormais, sur « un panel » de personnalités regroupées au sein des Forces Vives. Cette appellation ne doit en aucun cas se réduire à sa valeur symbolique. Elle doit, plus que jamais, être action et se traduire dans les faits.

Mesdames, Messieurs des Forces Vives,

Vous n’êtes pas à Ouaga pour combattre uniquement un homme. Vous y êtes pour mettre fin à un système d’une ubiquité rarement connue ailleurs. Ce combat ne peut réussir si vous n’oubliez pas les rancœurs du passé, les questions de personnes, les échecs des uns et des autres. Surtout, si vous n’enterriez à jamais le démon des démons : l’ethno- stratégie qui annihile la nation au profit du communautarisme.

C’est la nation guinéenne qui devra se retrouver au Burkina- Faso. Ce n’est point des groupes d’individus, des entités régionales, linguistiques, religieuses ou géographiques qui s’y donnent rendez- vous. C’est tout simplement la Guinée qui est au Burkina demain et les jours à venir.
Ce n’est pas, loin s’en faut, des chefs de partis politiques, des syndicats et des représentants de la Société Civile qui seront autour de la table. Ce sont les représentants du peuple de Guinée avec tout ce que cela suppose de responsabilité, de don de sa personne, de dévouement individuel et collectif au seul profit de la nation.

Mesdames, Messieurs,

Depuis le 28 septembre 2009, bien de voix se sont tu par la force des armes, de l’arbitraire, de la cruauté d’un homme et du système qu’il veut nous imposer. Il vous revient le devoir moral et patriotique de faire en sorte que la cause pour laquelle nos morts ont donné leur vie triomphe.

Depuis le 28 septembre, fort heureusement, beaucoup d’autres voix se sont également exprimées. Elles viennent tout aussi de l’intérieur que de l’extérieur du pays. Elles émanent d’individus, mais aussi de nations, d’Etats, d’organisations internationales et de personnalités. Bref, notre peuple n’a pas été abandonné durant ces temps de douleur et de recueillements. Il vous appartient d’en mesurer la portée.

De Conakry à Paris, de Rabat à Bruxelles, de Tokyo à New- York, de Philadelphie à N’zérékoré, d’Abidjan à Berlin, de Bordeaux, Londres, Marseille, Lyon, Labé, Kankan, Lisbonne, Dakar, Washington etc. les mêmes voix se sont faites entendre comme en janvier- février 2007. Cette fois- ci, la particularité doit résider dans l’accomplissement du rêve de notre peuple.

Autrement dit, les marches de protestations contre la junte et de soutien aux Forces Vives doivent avoir comme aboutissement le départ du système politico- militaire qui embastille, emprisonne, torture et tue nos innocents concitoyens depuis décembre 2008.

Mesdames, Messieurs,
 
En vous et en chacun de vous devront raisonner les appels sans secours des morts, des blessés, des femmes et filles violées au stade du 28 septembre. Ce qui s’est passé en cette date doublement historique de notre pays devra habiter vos pensées et actes en tout instant.
Vous devez avoir constamment à l’esprit, et en excluant tout sentiment de culpabilité, que celles et ceux qui ont laissé leur vie ou leur dignité au stade ont répondu à l’appel de la démocratie. Sachez qu’en ce moment précis de notre histoire, vous êtes les seuls dépositaires des valeurs démocratiques pour lesquelles les hommes, femmes, jeunes et enfants de toute origine, de toute catégorie socio- professionnelle se sont sacrifiées.

Vous ne devriez, non plus, perdre de vue le fait que le peuple est prêt, demain comme hier, à répondre à nouveau à l’appel de cette même nation et de ses leaders. Ayant intégré les valeurs démocratiques et la culture militante et citoyenne grâce à l’action de vos partis politiques, de vos formations syndicales et civiles, ce peuple ne reculera plus jamais devant aucune dictature. Aucune armée ne saurait, non plus, lui faire renoncer à son combat.

Enfin, Mesdames, Messieurs,

Vous aurez sûrement remarqué que je n’ai nullement fait allusion, je l’avais promis, à aucune démarche à adopter dans le débat car je ne me sens investi que de mon humble devoir de citoyen.

Mon unique objectif, c’est d’appelez à l’unité, à la fermeté, à la clairvoyance et au sens des responsabilités.

Je dis, cette fois et plus que par le passé, l’enjeu est considérable. De la mesure que vous en prendrez dépendent les lendemains qui chantent ou déchantent pour notre pays.
J’exprime le vœu qu’une nouvelle ère naisse des assises de Ouaga. Que cette capitale du pays des hommes intègres soit salutaire pour notre peuple et notre nation.

Je crois en la sauvegarde de la paix et de l’unité de notre Guinée commune grâce à l’action de ses filles et fils que vous incarnez !

Je place également l’espoir au sens du devoir du médiateur de l’Union Africaine M. Blaise Compaoré.

Lamarana Petty Diallo
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2009-11-02 23:09:56 Alphady Sy

2009-11-03 00:07:37

Mesdames, Messieurs les représentants du peuple de Guinée en séjour à Ouagadougou,

En citoyen soucieux, comme bien d’autres, de l’avenir de notre commune patrie, la République de Guinée, je me fais le devoir de vous adressez à toutes et à tous mes sentiments sur les défis auxquels vous devez faire face le 3 novembre 2009 et, sûrement, les jours, mois et années à venir.

Mesdames, Messieurs,

Je ne suis pas un inconnu pour bon nombre d’entre- vous. Pour celles et ceux qui ne me connaitraient pas, je puis leur assurer que mon intention n’est nullement de m’immiscer dans le débat. Au nom de quel droit le ferai- je ?

Mon seul et unique intention, c’est d’attirer, très humblement, l’attention des représentants légitimes du peuple de Guinée que vous êtes sur un certain nombre d’aspects, peut- être bien mieux connus de vous que par ma modeste personne. Tous sont naturellement liés à la situation socio- politique que traverse notre pays.

Je m’empresse de dire que la présente à vous adressée, comme je l’annonçai ci- haut, n’est rien d’autre que l’expression de sentiments personnels dont tout compatriote pourrait nourrir en ces temps d’incertitude, mais aussi d’espoirs et d’espérance que nous vivons.

Mesdames, Messieurs,

Permettez- moi de dire, de manière citoyenne et dans des mots empreints d’un ton patriotique, que le peuple de Guinée attend, non pas beaucoup, mais tout de vous et de Ouaga.
Ce peuple, le vôtre, voit, observe, espère et en même temps languit d’interrogations et de douleurs tant le 28 septembre 2009 a ouvert une étape dans notre histoire que le plus pessimiste des citoyens n’aurait osé imaginer.

En effet, le 28 septembre 2009 n’a- t- il pas volé la vedette à cet autre 28 septembre ? Hélas, cela se fit dans les larmes, la douleur, la stupéfaction, le sang et au prix de la perte de vies et de dignité humaine.

Mesdames, Messieurs,

Vous êtes à Ouaga pour essuyer les larmes de nos compatriotes en leur redonnant espoir, tant et si peu que ce terme aurait encore un sens chez nous.

Sachez- le, et n’en doutez point, que vous êtes, à ce jour, les seuls en qui, après le Bon Dieu, le peuple de Guinée pourrait encore croire et vers lesquels il oserait se tourner.
Autant dire, le poids en vos frêles ou robustes épaules est lourd. Le moment est tout aussi grave car Ouaga doit enfanter une nouvelle indépendance de la Guinée. Cet enfant sortira de vos entrailles, de vos cœurs, de votre courage. Mieux encore, de votre audace !

Mesdames, Messieurs,

Vous devez montrer que vous êtes les ambassadeurs d’une Guinée vaillante, combattive, déterminée et prête, une fois pour toute, à mettre fin aux sombres pages de son histoire. Pour ce faire, les recettes ne sont pas nombreuses. Il n’ ya qu’une :
L’unité ! Tout le reste est subordonné à cet unique critère qui devra être, pour vous, une valeur cardinale.

De votre unité, de votre entente et, il faut oser le dire, de votre désunion ou mésentente dépend le sort de la Guinée de demain.

Le peuple de Guinée, vous le saviez mieux que quiconque, a longtemps mis en doute, et pour cause, la volonté politique de ses leaders. Qu’à cela ne tienne, il croit enfin à des hommes et des femmes et en leurs idées.

Ce peuple compte désormais, sur « un panel » de personnalités regroupées au sein des Forces Vives. Cette appellation ne doit en aucun cas se réduire à sa valeur symbolique. Elle doit, plus que jamais, être action et se traduire dans les faits.

Mesdames, Messieurs des Forces Vives,

Vous n’êtes pas à Ouaga pour combattre uniquement un homme. Vous y êtes pour mettre fin à un système d’une ubiquité rarement connue ailleurs. Ce combat ne peut réussir si vous n’oubliez pas les rancœurs du passé, les questions de personnes, les échecs des uns et des autres. Surtout, si vous n’enterriez à jamais le démon des démons : l’ethno- stratégie qui annihile la nation au profit du communautarisme.

C’est la nation guinéenne qui devra se retrouver au Burkina- Faso. Ce n’est point des groupes d’individus, des entités régionales, linguistiques, religieuses ou géographiques qui s’y donnent rendez- vous. C’est tout simplement la Guinée qui est au Burkina demain et les jours à venir.
Ce n’est pas, loin s’en faut, des chefs de partis politiques, des syndicats et des représentants de la Société Civile qui seront autour de la table. Ce sont les représentants du peuple de Guinée avec tout ce que cela suppose de responsabilité, de don de sa personne, de dévouement individuel et collectif au seul profit de la nation.

Mesdames, Messieurs,

Depuis le 28 septembre 2009, bien de voix se sont tu par la force des armes, de l’arbitraire, de la cruauté d’un homme et du système qu’il veut nous imposer. Il vous revient le devoir moral et patriotique de faire en sorte que la cause pour laquelle nos morts ont donné leur vie triomphe.

Depuis le 28 septembre, fort heureusement, beaucoup d’autres voix se sont également exprimées. Elles viennent tout aussi de l’intérieur que de l’extérieur du pays. Elles émanent d’individus, mais aussi de nations, d’Etats, d’organisations internationales et de personnalités. Bref, notre peuple n’a pas été abandonné durant ces temps de douleur et de recueillements. Il vous appartient d’en mesurer la portée.

De Conakry à Paris, de Rabat à Bruxelles, de Tokyo à New- York, de Philadelphie à N’zérékoré, d’Abidjan à Berlin, de Bordeaux, Londres, Marseille, Lyon, Labé, Kankan, Lisbonne, Dakar, Washington etc. les mêmes voix se sont faites entendre comme en janvier- février 2007. Cette fois- ci, la particularité doit résider dans l’accomplissement du rêve de notre peuple.

Autrement dit, les marches de protestations contre la junte et de soutien aux Forces Vives doivent avoir comme aboutissement le départ du système politico- militaire qui embastille, emprisonne, torture et tue nos innocents concitoyens depuis décembre 2008.

Mesdames, Messieurs,
 
En vous et en chacun de vous devront raisonner les appels sans secours des morts, des blessés, des femmes et filles violées au stade du 28 septembre. Ce qui s’est passé en cette date doublement historique de notre pays devra habiter vos pensées et actes en tout instant.
Vous devez avoir constamment à l’esprit, et en excluant tout sentiment de culpabilité, que celles et ceux qui ont laissé leur vie ou leur dignité au stade ont répondu à l’appel de la démocratie. Sachez qu’en ce moment précis de notre histoire, vous êtes les seuls dépositaires des valeurs démocratiques pour lesquelles les hommes, femmes, jeunes et enfants de toute origine, de toute catégorie socio- professionnelle se sont sacrifiées.

Vous ne devriez, non plus, perdre de vue le fait que le peuple est prêt, demain comme hier, à répondre à nouveau à l’appel de cette même nation et de ses leaders. Ayant intégré les valeurs démocratiques et la culture militante et citoyenne grâce à l’action de vos partis politiques, de vos formations syndicales et civiles, ce peuple ne reculera plus jamais devant aucune dictature. Aucune armée ne saurait, non plus, lui faire renoncer à son combat.

Enfin, Mesdames, Messieurs,

Vous aurez sûrement remarqué que je n’ai nullement fait allusion, je l’avais promis, à aucune démarche à adopter dans le débat car je ne me sens investi que de mon humble devoir de citoyen.

Mon unique objectif, c’est d’appelez à l’unité, à la fermeté, à la clairvoyance et au sens des responsabilités.

Je dis, cette fois et plus que par le passé, l’enjeu est considérable. De la mesure que vous en prendrez dépendent les lendemains qui chantent ou déchantent pour notre pays.
J’exprime le vœu qu’une nouvelle ère naisse des assises de Ouaga. Que cette capitale du pays des hommes intègres soit salutaire pour notre peuple et notre nation.

Je crois en la sauvegarde de la paix et de l’unité de notre Guinée commune grâce à l’action de ses filles et fils que vous incarnez !

Je place également l’espoir au sens du devoir du médiateur de l’Union Africaine M. Blaise Compaoré.

Lamarana Petty Diallo
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2009-11-02 23:09:56 aissatou diallo
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