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Le singularisme guinéen

Date de publication:2009-11-04 19:32:16

2009-11-04 20:30:17

Le 28 septembre fut la genèse du singularisme de notre pays, et le « NON » du référendum qui, lui doit son nom, a eu une portée historique : « c’est un essai ! » diront certains.

Cet essai qui, hélas !, n’a pu être transformé qu’en des expériences de plus en plus malheureuses ayant engendré des lendemains qui déchantent.
Ce parcours a suscité tant d’espoirs qui demeurent encore aujourd’hui, car il en est ainsi que l’espoir est le dernier compagnon de l’homme à mourir.
Ces derniers évènements en date m’enfoncent d’avantage dans une logique de questionnement :
  • Comment une armée issue du peuple peut–elle, de façon préméditée ou même extemporanée, retourner les armes contre les siens alors qu’elle a pour vocation régalienne leur protection et leur défense ?
  • Pourquoi avons-nous tant de mal à émerger des fonds abyssaux ?
  • Et si les raisons étaient essentiellement endogènes ?
Il nous faudra alors du courage mais surtout de la sagesse pour nous regarder en face, aller à l’introspection tout en nous gardant de chercher la faute ailleurs.
En effet, il ne faut pas se livrer à ce jeu de miroir déformant, car la réalité est perdue de vue et une image fausse se substitue à elle dans l’esprit du public.
Ce travail à entreprendre aura comme support le passé en vue de nous accomplir pour l’avenir ; si fastidieux soit-il, il aura certainement l’avantage de préserver la postérité des affres que subissent nos populations : ne restons donc pas sous le joug de la dictature de l’immédiat car notre aptitude à la résilience dépend de notre foi en l’avenir.
Les épreuves nous apprennent que l’important n’est pas ce qui nous arrive, mais la façon dont nous réagissons et que, face aux périls collectifs, on ne pèse que si on est uni.
Cette notion d’unité regagne tout son sens face aux exactions brutales et monstrueuses dont nos populations sont victimes.
L’esprit humain continue de se poser invariablement la même question : comment en sont-ils arrivés à de telles extrémités ? Alors qu’au demeurant, nul n’est porteur de gène de la propension au crime.
Y a-t-il des circonstances qui favorisent le développement de « l’intelligence du crime » alors qu’on est en face de personnes, surtout de femmes qui ne représentent aucun danger pour l’ordre public ?
Des femmes ai-je bien dis ! Oui des femmes, elles qui ont été chosifiées, utilisées comme « armes de guerre » (formule lapidaire pour éviter de commenter ce qu’il y a eu de plus odieux, à mon sens).
Nous connaissons en effet, la place nodale et le rôle charnière de la femme dans nos sociétés : porteuses de nos valeurs, gardiennes de nos temples culturels et véritables opératrices économiques de la cellule familiale au moment où le tissu social est souvent ébranlé par l’indigence et les difficultés de la vie.
Elles ont toujours été au cœur du combat.
Nul n’a le droit de saigner de sang, ces seins qui nourrissent de leur lait, à fortiori, couvrir d’infamie et de souillure ces femmes qui sont la sève nourricière de nos sociétés.
Qu’elles aient subi de telles atrocités, cela reste non saisissable par le sens, cependant, il est à reconnaître hélas que de l’être humain à l’être immonde il n’y a quelques fois qu’un pas à franchir : « il est fécond le ventre d’où il a surgit le monstre immonde !».
Face à cette incompréhensible forfaiture, les faits doivent être restaurés dans leur réalité et surtout dans toute leur vérité ; cela ôtera sans doute à l’évènement le risque de banaliser l’odieux.
En effet, quand des drames humains sont commis, l’émotion nous subjugue ; c’est pourquoi recul doit être observé tant soit peut : la colère et l’indignation altérant le jugement et générant d’avantage l’incompréhension.
Nous sommes dans l’épreuve et la situation qui prévaut nous condamne à cette rigoureuse démarche que nous voudrions voir aboutir bientôt, sous peine d’aller à l’enlisement de la crise (le mot est faible).
Les moyens, bien qu’encore insuffisants, sont activés et cette synergie, créée et entretenue depuis le 28 septembre 2009, ne doit pas connaître les rides du temps.
Les enquêtes doivent être diligentées sans à priori, non orientées, aussi limpides que possible ; encore qu’il ne suffit pas à l’eau d’être limpide pour être potable.
Nous devons transformer cette menace en opportunité car notre aptitude à survivre en dépends : là où croît le péril, croît également l’instinct de défense et de survie ; et les combats, même les plus désespérés, se mènent dans la perspective de voir l’espoir s’accomplir.
Dans le cas d’espèce (défense collective), la situation nous commande la cohésion dans la lutte pour parer à l’urgence. Le combat a pris son essor tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ; toute considération autre que d’intérêt national doit s’effacer.
Ce combat se fera en continue et il faudra ne pas défaire les rangs, continuer à parler ensemble, sans haine et ne perdant pas de vue que ce qui nous rassemble est plus fort que les facteurs de division.
C’est alors que chacun devra se faire violence, reconnaître au besoin sa part de responsabilité car « il faut chercher ce qui te revient dans le malheur dont tu te plains » : exercice plus contraignant mais démarche judicieuse à mon sens.
C’est certainement à ce prix que l’avenir du pays s’accomplira avec l’œuvre de tous, et elle est bien révolue cette époque où l’on devait se réclamer d’une certaine appartenance ethno-politique pour se concilier les bonnes grâces du système.
La transition que nous aurons alors opérée dans un climat relativement apaisé (cela s’impose), et avec un gouvernement d’union nationale à la clé, sera le gage d’élections libres et transparentes que nous appelons de nos vœux.
Ces élections réalisées dans ce sens, seront le début d’un long cheminement pour asseoir durablement les bases d’une véritable démocratie.
Nous aurons donc à charge de laisser s’émousser certaines pratiques telles que le réflexe ethno-identitaire qui, au demeurant semble nous procurer un sentiment de sécurité.
La conversion en repli identitaire s’opère quand survient « le danger » et cette perception conceptuelle est contre productive et, pire, elle exacerbe les clivages socio-ethniques.
La Guinée est notre projet commun et toute entreprise à cette fin, doit avoir pour ossature articulaire l’unité nationale, n’excluant point les diversités, facteurs de richesses.
 
Que Dieu protège ce peuple et continue de bénir cette terre !
 
Bocar CONDE
Chargé de mission OMS
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03/11/2009

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