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Guinée : Les femmes guinéennes de France demandent le départ de Dadis et de la junte

Date de publication:2009-11-10 23:04:46

2009-11-11 00:02:58

Bravant les intempéries automnales de cette journée du 7 novembre 2009, les femmes guinéennes de France, ont massivement répondu à l’appel des Forces Vives- Section France pour manifester leur réprobation des crimes commis par Moussa Dadis Camara et sa bande de fauves contre les populations de notre pays le 28 septembre 2009. Cette manifestation était dénommée « la Marche du Pagne Blanc.»
 
Les femmes guinéennes n’étaient pas seules. Leurs consœurs venues des quatre coins d’Afrique et du monde étaient à leur côté. Elles étaient là pour témoigner leur compassion et leurs rancœurs face à ce que la femme guinéenne a subi dans sa chair et dans son âme le 28 septembre 2009.
 
On pouvait compter des mauritaniennes, des togolaises, des maliennes, des sénégalaises, des burkinabé, des béninoises, des ivoiriennes et bien sûr des françaises, etc.
Plusieurs organisations des droits de l’homme et des ONG étaient également de la partie pour mieux s’imprégner de la situation guinéenne et, au besoin, en informer qui de droit.
Les hommes guinéens étaient également sortis en masse pour, non seulement, montrer que tous les hommes ne sont pas des Dadis et des criminels en treillis, mais aussi prouver leur amour de la patrie.
 
Ce sont près de 5 mille guinéennes et guinéens qui ont marché de la Place de la République au Parvis des Droits de l’Homme, au Trocadéro, dans le 16ème Arrondissement parisien.
Comme par miracle, la pluie qui dura toute la matinée cessa dès les alentours de 13h pour laisser les Guinéens exprimer leur douleur, leurs souffrances et leur envie de paix et de démocratie. C’est alors que la foule s’ébranla avec des pancartes minutieusement pensées et préparées par les femmes.
 
En tête de cortège, se relayaient des guinéennes les unes plus engagées et plus inventives que les autres. Elles entonnaient des slogans que la foule reprenait en cœur.
 
On pouvait entendre entre autres : » A bas Dadis ! A bas les violeurs ! A bas le CNDD ! A bas l’armée guinéenne ! A Bas Sékouba, Kolié, Toto… et les autres ! Dadis et la junte doivent partir ! Dadis et la junte au TPI ! Vive la femme guinéenne ! Honneur à la femme guinéenne ! La patrie ou la mort, nous vaincrons ! Vive le peuple de Guinée ! » Etc.
 
Tout au long du parcours, s’arrêtaient des passants qui se renseignaient et bon d’entre- eux n’ont pas hésité à intégrer le cortège ! Ces actes de compassion s’étaient déjà produits lors des manifestations précédentes. Mais, le fait de savoir que des viols ont été commis par l’armée et la milice de Dadis à renforcer l’élan des étrangers pour la cause guinéenne.
Le cortège qui a quitté la Place de la République vers 14h est arrivé au Parvis des Droits de l’Homme aux alentours de 16h.
 
Cette place sera alors le lieu où vont s’exprimer les plaintes et surtout les complaintes de la femme guinéenne. Les discours inspiré, volontairement ou non, de la poésie populaire rappelaient pour une oreille avertie, ces chansons traditionnelles (ou populaires) demandant justice. On y décelait la mélodie de ces lamentations attendrissantes des cœurs meurtris par les tragédies d’antan.
 
Hélas, pour la Guinée et pour la femme guinéenne, pour toutes les victimes du 28 septembre 2009, la tragédie n’appartient pas au passé. Elle est plus qu’actuelle. Elle est tout simplement quotidienne car, il ne faut pas qu’on se trompe : le mal du peuple guinéen n’a pas cessé et ne fait que s’accentuer depuis le 28 septembre. Dadis et la junte continuent d’intimider, d’arrêter, de tuer et de menacer nos populations qui ne dorment plus que d’une oreille.
Aidés en cela par des larbins, le monstre de Conakry croit toujours pouvoir patauger dans le sang de nos concitoyens.
 
N’est- ce pas qu’un religieux bien connu des Guinéens, à tout récemment volé au secours du sanguinaire. Cet homme n’a pas hésité de dénoncer, prétend- il, au nom de l’Eglise, la communauté internationale et de rendre les victimes coupables de leur sort.
Quel cynisme, mon seigneur ! Ne serait- il pas temps que vous vous défroquiez pour laisser la soutane à un autre plus patriote pour accompagner, le jour venu, votre sujet au TPI ?
Ce sont de tels comportements que les femmes ont dénoncé en appelant la communauté internationale et les Forces Vives à ne pas baisser les bras.
 
Beaucoup de personnalités se sont exprimées : Mesdames Nantou Condé, qui a tenu a précisé qu’elle ne prenait pas la parole au nom de son seul parti politique, mais de toutes les Forces Vives ; Hadja Biya Diallo, Diéynabou Diallo (toutes des Forces Vives) Halimatou Dalein Diallo, épouse du président de l’UFDG et Assiatou Bah Diallo, épouse de feu Siradio Diallo.
Leurs interventions, les unes plus riches que les autres en émotion ont rendu hommage aux victimes tout en insistant sur l’unité, la vigilance et le départ de la junte. Elles ont appelé à ce qu’on n’oublie pas les survivants des massacres qui sont sur les lits d’hôpitaux, et parfois, abandonnées à elles- mêmes.
 
Les consœurs des autres pays, celles de la Mauritanie et du Togo notamment, ont tenu à faire partager leurs expériences de femmes ayant subi, soit l’horreur lors de conflits (le cas de la Mauritanie), soit d’autres formes d’injustice. Toutes ont exprimé leur soutien aux femmes guinéennes.
 
Les intervenantes guinéennes ou étrangères ont rappelé que les principales victimes des guerres et des dictatures sont les femmes, les jeunes, les enfants et les personnes âgées. Le cas de la femme guinéenne qui s’est singularisée par les viols collectifs, en masse et par des bandes armées, ont- elles insisté, est inédite dans l’histoire.
 
L’émotion était forte et lisible sur tous les visages. Des larmes n’ont pu être retenues par l’assistance. La douleur, l’amertume, la souffrance et la stupéfaction gagnaient de terrain au fur et à mesure des discours. En effet, les mots, aucun mot, dis- je, ne saurait traduire l’inénarrable situation vécue par les femmes victimes du stade du 28 septembre et dont on s’entendait conter par des personnes meurtries dans leur féminité.
 
Battues, trainées, humiliées et violées publiquement par des bandes armées devant leur père, leurs frères, leur mère ou leurs enfants, les femmes guinéennes se sentent dévalorisées, asservies, déshonorées par ceux- là mêmes qu’elles ont mis au monde.
 
Comme je disais dans un récent article, Dadis est coupable non seulement de viol, mais aussi et surtout d’inceste. Du moins symboliquement ! Ses larbins ne sont que les exécutants. En tant que chef militaire, il est le principal, sinon l’unique responsable des actes commis par ses troupes. Je signale en passant, qu’il n’est pas exclu que, bientôt, des documents viennent attester de la participation active de Dadis aux opérations contre les civils.
 
Je me demande, si le cœur de Dadis, si dur soit- il, résisterait aux paroles que j’ai entendues hier au Trocadéro. Je dis aux hommes que les femmes ont un langage différent du leur non pas dans le sens du contenu en soit, mais dans celui de la manière de dire.
 
J’ai compris, quant à moi, hier plus qu’avant, que « le dire » de nos génitrices, lequel est façonné dans de mots simples, dénonce le mal, pointe du doigt la cause de ce mal, sans jamais hausser le ton à l’image de nous autres. Dans un discours bien plus tranchant et incisif que le nôtre, les femmes guinéennes ont condamné par des mots à elles et dans un style qui leur est propre, les actes ignobles de la junte et la perfidie de Dadis. Je me demande si on pourra ne jamais faire plus, sauf devant une cour de justice.
 
Après les intervenantes, il est revenu au doyen de l’assistance M. James Soumah de clôturer la cérémonie dans un discours et un ton pathétique. Sa verve poétique appelant à l’unité et à la poursuite du combat contre la junte a également beaucoup ému le public.
C’est par des bougies allumées que l’assistance a rendu un dernier hommage aux victimes du 28 septembre 2009.
 
A entendre le message qui a été adressé à Moussa Dadis Camara et à la junte par les femmes de France, on réalise encore un peu plus que l’homme guinéen, tout homme, dirai-je, a une part de pardon à demander à la femme guinéenne face aux événements du 28 septembre. Cela, sans aucun esprit de culpabilité, mais pour la simple raison que ce sont des hommes qui ont commis l’irréparable et l’impensable sur notre sol.
 
Autant dire que l’après Dadis qui s’annonce et qui, inéluctablement arrivera, ne fera pas l’économie d’une réconciliation entre Guinéens d’une part ; entre l’homme et la femme guinéenne, d’autre part. De cette réconciliation des cœurs et des êtres d’une même entité germeront et s’épanouiront la démocratie, le progrès et la paix dans notre pays.
Vive la Femme guinéenne ! Vive la Guinée ! A bas la junte et son chef !
 
Lamarana Petty Diallo
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