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Guinée : Dadis et le CNDD reviendront- ils un jour à la réalité

Date de publication:2009-11-11 20:17:04

2009-11-11 21:15:32

Apparemment la délégation du CNDD est arrivée dans la capitale Burkinabé le 9 novembre 2009 dans le cadre des rencontres initiées par M. Blaise Compaoré, le médiateur mandaté par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la crise guinéenne.

A voir la composition de cette délégation, on se doute des intentions de la junte et de son chef. Ce sont « les durs des durs » ; les nostalgiques du PDG et les plus ethnocentriques, ceux-là mêmes qui détiennent Dadis en otage qui ont fait le déplacement pour Ouaga. Cela est moins important au regard des déclarations du conseiller du chef de la junte et de Sékouba Konaté, le président bis de la troupe.

En effet, on croirait que M. Chérif Idrissa le conseiller de Dadis vit dans un autre monde. A le lire on ne s’étonne guère du comportement de Moussa Camara. Ne dit- on pas qu’il vaut mieux être emporté par la maladie qu’avoir un mauvais médecin qui, au lieu de traiter le mal, prolonge l’agonie dans la souffrance ?

Si un conseiller s’exprime à la manière de celui qui nous a été donné de lire dans l’interview qu’il a accordée à un certain nombre de sites internet, on se demande bien ce qu’il mettrait dans la bouche de celui pour lequel il est la tête pensante. Décidément vaudrait mieux à Moussa Dadis et Sékouba Konaté de se passer des services de ce monsieur avant qu’il ne les embourbe plus qu’ils le sont actuellement.

Ecoutons plutôt les propos de M. Chérif Idrissa :

« Depuis que cette crise a commencé les forces vives sont toujours accrochées aux mêmes revendications. Ils (les leaders) sont constamment focalisés sur ces mêmes points. A savoir le départ des militaires au pouvoir. Je me demande très bien en vertu de quel droit ils exigeront à l’armée de quitter le pouvoir. Ils se fondent sur quoi pour demander à l’armée de partir alors que c’est cette même armée qui les accompagnera le jour où ils seront appelés à diriger ce pays. »

On n’hallucine pas ! Ces propos sont tenus par quelqu’un qui donne idées et analyse des propositions en vue de motiver la décision. Mieux, il initie des orientations politiques, tout au moins, donne son avis sur telle ou telle initiative présidentielle tant et si bien que Dadis s’est auto- proclamé chef d’un Etat.

M Chérif, prétend qu’il ne comprend pas les raisons qui poussent les Guinéens à exiger le départ de la junte et feint d’ignorer que le pouvoir dont il parle est issu d’un putsch. Il omet de dire que ce pouvoir est illégitime par nature. Si on ajoutait à cela les crimes dont est coupable la junte, on se demande bien quel sang coule dans les veines de M. Chérif. Il n’est guère étonnant que Dadis qui bénéficie des conseils d’une telle personne se révèle de jour en jour plus monstrueux.

Il est vrai que, contrairement au Guinéens, monsieur le conseiller n’a rien à perdre d’autant plus qu’il prendra la tangente si l’occasion lui était donnée dès lors que ses employeurs seront appréhendés par le Tribunal Pénal international. Cet ivoirien qui a fait partie de la rébellion nordiste et qui garde encore ses attaches n’hésitera pas de laisser Dadis et son cousin Konaté dans leur, passez- moi l’expression, « merde. »

Rappelant que ce dernier est le vrai sponsor de Chérif Idrissa et qu’il aurait toujours son frère, un certain Sidiki Konaté dans les troupes de l’ancien chef rebelle ivoirien Guillaume Soro.
Les trois colistiers prépareraient pour la Guinée le même scénario qu’ils ont servi au pays d’Houphouët Boigny et de Laurent Gbagbo. Dadis n’a qu’à se tenir tranquille. Il ne commettra pas de nouveaux crimes en ce sens qu’il est depuis bien longtemps la proie de ses prétendus défenseurs.

La guéguerre entre la junte, si elle avait lieu, importe très peu aux Guinéens.. L’essentiel est qu’elle s’en aille. Pour le moment, c’est l’inconscience de son Conseiller Spécial de Dadis qui est préoccupante. Il tire sur tout ce qui bouge : la France, les Etats- unis, l’Union Africaine, la CEDEAO, l’ONU, les Forces Vives et en coulisse, sur Blaise Compaoré en personne.
Des sources bien informées indiquent que Moussa Dadis a tellement été bassiné par son entourage qu’il a perdu le peu de sommeil qui lui restait. Il serait même prêt à se débarrasser d’un pouvoir qu’il considère désormais comme un fardeau insupportable. Mais, l’entourage constitué par ses cousins et les durs du CNDD l’en défend.

Ils savent que le départ de leur fou, c’est ainsi qu’ils l’appelleraient, ruinerait leur plan machiavéliques. Leur but serait d’user tout ce qui reste à Dadis comme marge de sortie de crise avant de le déposséder eux- mêmes du pouvoir. C’est ce qu’on appelle trivialement « garde ta fesse sur le fauteuil jusqu’à ce que les miennes soient prêtes. »

Le discours du Conseiller de Dadis est à la fois très vicieux, insolent et méprisant. Voilà un étranger qui manœuvre dans les plus hautes sphères de l’Etat, qui cautionne un pouvoir militaire, sanguinaire et dictatorial et qui revendique son maintien.

En fait, à bien observer et sans vouloir trouver des excuses à Dadis, il n’en a aucune et n’en mérite pas, on comprend qu’il est très tôt tombé dans les mailles de son entourage. Le cercle qui gravite autour de lui l’a coupé de toute réalité pour l’installer dans une espèce de tour d’ivoire faite de récits sublimant. Cela l’a poussé à se prendre pour un Dieu. Inutile de dire qu’il y a cru !

C’est le même entourage doublé de gens aussi insignifiants les uns que les autres que l’on envoie au Burkina- Faso pour négocier le sort de notre pays. Laissez- moi vous dire que la junte a perdu. Se faisant leur porte- parole, Chérif Idrissa pousse son inconscience à un tel point qu’il oser affirme :

« Il faut être réaliste et voir les choses en face. Ils (les opposants) n'ont aucun moyen technique pour faire partir l'armée du pouvoir ».
C'est l'armée qui a mis le capitaine Dadis au pouvoir, quels pouvoirs (les opposants) ont-ils pour l'enlever? »

M. Chérif qui serait réaliste pourrait- il dire si Dadis représente toute l’armée guinéenne ou une fraction de celle-ci, en l’occurrence la garde présidentielle ? Il est un fait avéré pour tout le monde que ce n’est pas l’armée entant qu’institution qui est au pouvoir. Elle l’est uniquement dans les faits. Mais, dans les principes, c’est une bande de coquins, oh de copains, qui ont dépouillé le cadavre de Conté pour s’installer au pouvoir.

Hélas, d’armée en Guinée, ne m’en parlez pas ! Il n’y en a que des guerriers de quartiers qui n’osent affronter que des gens endormis ou désarmés. Pauvre hommes en culotte courte ! C’est l’absence, sinon la faiblesse de cette armée qui nous a imposé Dadis et la junte. Hélas, elle ne risque pas de relever le défi.

Ces lacunes nous ont imposé les situations les plus invraisemblables. En effet que représente un membre de Comité de Soutien de Dadis qui n’a aucune légalité face aux forces Vives composées de partis politiques et d’organisations syndicales et de la Société Civile, porte-parole du peuple de Guinée ? Que pèse un pseudo parti politique dont le nombre d’adhérents ne dépasse guère le nombre des membres de sa famille ? Au nom de quoi de tels partis ambulants peuvent- ils se targuer de représentativité nationale ? Depuis quand les souteneurs du CNDD qui se sont coalisés dans un soi- disant « Bloc des Forces- Vives » pour saboter les actions du Forum des Forces Vives de la Nation peuvent- ils représenter la Guinée à quelque instance ou négociation que ce soit ?

Cette délégation hétéroclite du CNDD et l’absence des deux vices- présidences ne serait pas le signe avant- courir d’une crise et de confiance et de leadership ?

L’animal qui remue queue et tête est proche de l’agonie dit- on. Plus clairement, le CNDD sait- il encore à quel saint se vouer ? Enfermé dans son bunker du Camp Alpha Yaya, il rêve encore d’être repêché par les Guinéens et continue à jouer à l’insolence et au mépris.
Comment expliquer que le Conseiller de Dadis parle de gouvernement d’ouverture ou d’unité nationale dans une négation qui ne doit concerner que les modalités de départ de la junte ? Croirait- il qu’il n’ ya plus de survivants et que le peuple n’est là que pour être tromper ou massacrer. Qu’il comprenne que es Guinéens ont tiré les leçons des accords entre les syndicats, la société civile et Lansana Conté et qu’ils n’admettront plus une répétition de l’histoire. Ils demandent la mise en place d’un organe de transition en lieu et place du CNDD et en remplacement de Dadis.

Il faudrait que les mercenaires du CNDD sachent que notre pays n’est pas un no man’s land ou une jungle qui échappe au contrôle de ses fils. Ce n’est pas, non plus, un territoire abandonné et qui appartiendrait au premier venu. La junte s’est dévoyée et le peuple l’a compris. La détermination des populations guinéennes à accéder à la démocratie par la voie pacifique est sans faille et son combat sera sans répit.

Le rôle le plus important revient aux Forces Vives. Elles ne doivent même plus parler de négociations car Ouaga n’est pas fait pour cela. Elles doivent faire comprendre au CNDD et à Dadis que la capitale burkinabé est tout simplement un lieu où se discutent les modalités de leur départ. Elles ne doivent cautionner aucun gouvernement de quelque nature que ce soit ni ou aucune transition dirigée par Dadis.

Les Forces Vives ont le devoir de rassurer le peuple sur leur détermination à chasser les militaires en tant qu’unique représentant légitime du peuple. Pour ce faire, elles ne doivent pas lésiner sur les moyens et laisser un répit à la junte. Elles doivent user de tous les moyens pacifiques et, le plus vite sera le mieux, pour que notre pays retrouve quiétude et unité.
Dès à présent, les Forces Vives devraient appeler à un setting illimité devant le Camp Alpha Yaya jusqu’au départ de Dadis par démission. Pour ce faire, tout guinéen devrait arborer dans ses déplacements le drapeau national pour marquer son attachement à la patrie et de différencier des assassins.

Par leur continuité, les settings se révéleront efficaces et ébranleront, en un temps record, la dictature militaire. On me dira que les risques sont élevés. Soit ! Mais, après les massacres du 28 septembre 2009, il n’y aura plus un seul militaire qui oserait tirer une balle sur un Guinéen. Les mercenaires le tenteront sûrement. Et c’est ce qui précipitera la fin de la junte !

Lamarana Petty Diallo
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