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Guinée : Sékouba Konaté et Dadis Camara, coupables au même dégré!

Date de publication:2009-11-09 01:36:12

2009-11-09 02:29:51 

Les divisions au sein de la junte, qu’elles se fassent selon des logiques ethniques ou simplement entre individus et factions, et l’instabilité qu’elles créent, sont une autre raison pour laquelle la junte ne doit pas rester au pouvoir. Les événements du 28 septembre et la création de milices ethniques en offrent une preuve supplémentaire. Les milices ethniques, recrutées pour appuyer le CNDD et qui comptent maintenant plus de 2 000 membres, sont entraînées dans un camp à Kaliah, à cinq kilomètres de Forecariah et à environ 100km de Conakry. Les recrues ont déclaré à Crisis Group être entraînées par des expatriés blancs (Ukrainiens) pour maintenir l’ordre pendant les élections.

Le ministre de la Défense, Sékouba Konaté, un personnage-clé dans la structure actuelle du pouvoir, entretient des liens importants avec des groupes rebelles et miliciens issus des passés récents de la Guinée et du Libéria. Il a établi, au fil des années, un réseau de relations important au sein de l’armée et de la communauté affairiste et a apparemment acquis un contrôle considérable sur l’attribution de contrats gouvernementaux.L’attri­bution d’un contrat à la compagnie américaine SCS Hyperdynamics pour l’exploration conjointe de réserves de pétrole off-shore a par exemple été obtenue avec son soutien.

Konaté avait été nommé par Conté pour superviser les opérations des rebelles du LURD à Macenta en raison de son expérience dans les conflits libérien et sierra léonais. Il a des liens forts avec les dirigeants et les troupes du LURD et est actuellement particulièrement lié à Aisha Damate Conneh, un personnage important dans cette organisation, et assure la protection de sa maison à Conakry. Il a également pu obtenir des emplois pour d’anciens combattants du LURD auprès de la compagnie de téléphonie mobile Cellcom. Ces liens apportent un certain éclairage à la présence supposée de Libériens parmi les hommes armés qui ont attaqué et tué des manifestants le 28 septembre. De plus, plusieurs sources crédibles affirment que Konaté, ou des personnes agissant sur ses ordres, ont recruté de jeunes hommes de son groupe ethnique malinké pour grossir le contingent du camp militaire d’entraînement de Kaliah.

Ces informations démontrent que des membres de la junte recrutent des miliciens issus de leur propre groupe ethnique, ou parmi des jeunes hommes qui ont déjà pris part, par le passé, à des activités miliciennes. D’une certaine manière, cela semble être l’objet d’une action concertée de la part de la junte pour mettre sur pieds des forces loyales qu’elle pourra utiliser dans les rues de Conakry et d’autres grandes villes. Mais la dimension ethnique, combinée aux tensions évidentes au sein de la junte, suggère que les divisions au sein de l’armée nées de la volonté de profiter des avantages du pouvoir représentent un risque sérieux pour la stabilité nationale. Ces divisions sont en tout premier lieu factionnelles : les tensions actuelles au sein de l’armée ne sont pas un phénomène purement ethnique. Mais l’aspect ethnique pourrait potentiellement jouer le rôle de multiplicateur d’instabilité en cas de nouvelle crise politique.

Les risques sont exacerbés par l’arrestation d’officiers de l’armée. Depuis que le CNDD a pris le pouvoir en décembre 2008, plusieurs officiers supérieurs soupçonnés d’avoir été proches de Conté et qui bénéficient toujours d’un certain soutien au sein de l’armée ont été arrêtés et détenus. Bien que les membres des forces de sécurité soient payés à temps, le CNDD distribue des faveurs supplémentaires à ses partisans, ce qui crée un dangereux sentiment d’exclusion parmi les autres soldats de tous rangs. Des soldats de rang inférieur se sont par exemple plaints à Crisis Group qu’ils avaient été affectés aux postes-frontière parce que le régime les soupçonnait d’être dévoués au régime précédent.
Au lendemain du 28 septembre, la position de Dadis Camara au sein de l’armée paraît plus fragile. Le fait que le chef de la junte ait ouvertement déclaré qu’il avait perdu le contrôle d’une armée qui « le tenait en otage » peut faire craindre une dégradation générale de l’ordre public. Il est également évident que les dirigeants de la junte n’ont pas confiance en leurs forces armées. Les rumeurs d’une dispute à peine jugulée, au soir du 7 octobre, entre des membres de la junte au camp militaire Alpha Yaya sont la preuve de tensions persistantes.

La situation dans les provinces
L’administration publique a été militarisée à travers tout le pays. Trente des trente-trois préfets ont été remplacés par des officiers de l’armée. Sur les 350 sous-préfets, 50 sont également des militaires, tout comme les 8 gouverneurs de région.[1] Ces nouvelles recrues de la junte ont mobilisé des soutiens locaux à Dadis Camara et au CNDD à travers la création de groupes de soutien pro-junte et d’organisations de jeunes qui ont vu le jour dans toutes les provinces. Une source crédible a déclaré à Crisis Group que les sous-préfets de Guinée forestière avaient pour ordre de ne tolérer aucune réunion politique à l’exception de celles en faveur du chef de la junte.

Source : International Crisis Groupe
www.crisisgroup.org

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