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Réaction : Quelques Commentaires À Propos De La Mise Au Point De M. Thierno Bah Et Sur «L’ethnocentrisme»

Date de publication:2009-11-17 15:10:02

2009-11-17 16:04:16

 Une expérience du net : « Lorsqu'on fait une mise au point à une mise au point, c’est que l’on a mal mis au point au début ».

M. Bah, vous me permettez d’évoquer un constat bien réel du net : il y» en a qui arrivent parfois, lisent un texte ou deux, ne connaissent pas le fond du débat et veulent donner des leçons à tout le monde, parce qu’ils on tout comprit eux, ils ont trouvé la solution miracle à tous les grands enjeux « virtuels ». C’est moi qui le dis, vous, vous dites ne pas connaître les antécédents de BDT.

Vous n'êtes pas seul, il y’ en a d'autres qui profitent du texte de BDT pour déverser tout ce qu’ils veulent sur l’une ou l’autre des communautés guinéennes, voilà qui est dommage.

Le changement c’est aussi dénoncer le mensonge et la manipulation; c’est éviter de donner « de l’intellectuel » à des ratés de l’école, même celle de la rue. Parler à BDT sans aborder ce qu’il représente, c’est-à-dire rien que lui même, c’est ne rien lui dire. Renseignez-vous, avant d’insister. Vous pouvez aussi croire que c’est parce que je suis peulh que je m’exprime de la sorte: à vous de juger.  S’il ne dépendait que de moi, il n’y aurait eu aucune réaction à cette énième tentative de BDT. He is just a country failure, disent les anglophones

Le fond du problème ici est que vous avez à faire à un monsieur qui se veut maître dans l’art de dresser des communautés guinéennes, les unes contre les autres. Pourquoi, faut-il lui donner raison; lui accorder la moindre occasion de revenir? Un individu qui a soutenu ouvertement qu’il défend quelqu'un à cause de son patronyme ne mérite pas de parler d’ethnocentrisme, à mon avis. Pour preuve, il l’a tout de suite lâché — et comment — dès qu’il a cru trouver mieux ailleurs. Vous pouvez voir les archives de certains sites pour en avoir le cœur net.

Ce n’est pas une question de contenu de texte, M. Bah, c’est un problème de personne (je ne dirais pas de personnalité). Le cas à traiter ici est bien BDT, il est seul responsable de sa forfaiture. L’assimiler à un groupe, lui permettre de déverser sa haine sur un quelconque groupe ou profiter de son texte pour faire comme lui, c’est l’aider dans son entreprise. Dans le cas de BDT, il s’agit d’une perpétuelle tentative de manipulation pour dessein individualiste et rancunier. Ce type se réclame de toutes les communautés selon ses objectifs de carrière du moment. Je dois vous dire que sa viscérale croisade virtuelle n’a pas débuté qu’hier; si l’on se fie à ses sorties sur des sites Internets non guinéens, l’on peut dire que son combat anti-peulh est international. Je pourrai fournir des références sur demande. C’est donc curieux de l’entendre dire qu’il n’en a que contre quelques ou certains Peuls.

Pour en venir aux raisons de son malaise, ce qui suit pourrait aider à comprendre, ce n’est pas tout à fait le début mais suffisant :

Depuis les évènements de janvier – février 2007, cet homme se veut un destin national. Son seul mérite (et désarroi) : avoir combattu le régime de Conté, à côté d’autres qui ne l’ont pas suivi tel qu’il l’aurait souhaité. Ainsi, tous ceux qui l’empêchent de réaliser son rêve sont systématiquement ses ennemis.  L’un des aveux de son « brûlot » est que, dans sa conception du débat,  la plupart de ceux qui se sont opposés à son entreprise sur le net sont Peuls ou alliés de ces derniers. D’où son procès aux « 90 % des intervenants et des sites Internet ». Voilà le genre de choses qu’il faut lire entre les lignes de ses textes; c’est aussi l’explication qu’il faut donner à ses « certains Peuls et pas tous ». Il ne s’agit donc pas d’ethnocentrisme encore moins d’un problème de « jugement de contenu de son texte »; il  est question des complexes d’un individu rancunier qui ne représente aucune communauté guinéenne, mais qui se cherche des alliés et une place au soleil du pouvoir par tous les moyens y compris l’incitation à la haine ethnique. Son combat est individuel, son objectif est connu, sa méthode : n’importe quoi, pour y arriver. Il n’est fidèle à aucune conviction, aucune éthique. Et je pèse mes mots. Vous avez remarqué que le parti dont il se réclamait récemment n’a pas toléré sa mésaventure. Ils ne peuvent le comprendre parce que l’homme est allé en politique, mais n’a jamais quitté ses fantasmes et rancunes du web. L’alliance anti-peule dont il rêve (c’est l’objectif de son texte) ne s’est pas réalisée ; ni sur le web, ni sur le terrain, il  en est devenu plus amer et veut régler ses comptes. Ne soyez pas surpris, si demain il changeait d’ethnie. Il n’en «a qu’une », celle du pouvoir.

Il y’ a un point sur lequel je suis d’accord avec BDT : la solution doit être politique (notre accord se limite à l’affirmation); la NGR et son leader viennent d’en donner le début.  Je suis donc d’avis avec M. Bah quant aux qualités, d’un bon leader, qu’il a mentionné. Cependant, je dois relever que vous êtes vite allé en besogne en déclarant, juste après, « alors arrêtons les querelles ethniques et unissons-nous pour le bien de tous les Guinéens ». Facile et simple. N’est-ce pas que notre désunion et nos querelles sont justement les conséquences de la faiblesse du leadership? Je ne crois pas que condamner les populations pour l’incompétence des leaders soit une solution au problème : c’est Barack Obama qui reprocherait aux américains d’avoir écouté et soutenu Bush.

Si vous pensez qu’il y’ a un problème ethnique en Guinée, alors faites comme ceux qui l’ont vraiment compris : demandez-vous à qui profite le crime et barrez la route à toute forme de  manipulation ethno-stratégique, vous éviterez tous les pièges à la BDT et contribuerez à protéger nos populations, toutes ethnies confondues.  

J’ai voulu profiter de la mise au point de M. Bah pour m’adresser à tous ceux qui lisent et interviennent :

Le débat ethnique sur le net est mal abordé, mal cerné, mal modéré et il fait plus de mal que du bien (je dirais qu’il ne fait que du mal); au point qu’il est devenu nocif. Il y’ a plus d’incompétence et d’intérêts mesquins autour de ce débat que de bonne foi. Voilà qui explique le surplace virtuel que nous connaissons. Vous comprendrez donc que s’il s’agissait d’une discussion sur l’ethnocentrisme, je n’aurai absolument rien dit.

Le repli identitaire c’est aussi dire : « je suis d’une ethnie - ou lié à elle - mais me méfie d’elle» parce que cela équivaut à «je suis de telle ethnie mais j’ai peur de l’autre,  qu’il me ressemble ou pas». Les déclarations du type « pas tous … mais certains d’ entre eux, une minorité» et «je ne déteste pas telle communauté parce que j’y appartiens ou suis lié…mais…» sont autant lamentables qu’elles dénotent le repli identitaire de l’individu qui se veut dénonciateur;  elles ne sont que  de maladroites justifications. D'une façon ou d' une autre, vous devenez prisonnier de ce que vous êtes, ne raisonnez  et ne jugez que dans  ce cadre.  Lorsqu’on n’a rien contre l’identité culturelle d’un individu, on n’y fait pas allusion.  Lorsqu’ on se conçoit Guinéen personne ne peut nous interdire de parler d’un homme politique Guinéen.

C’est une erreur de croire que l’on passe pour non-ethnocentriste parce que l’on taxe les autres d’ethnocentristes.  Malheureusement,  une erreur que font même les politiciens guinéens, pensant qu’ils pourraient ainsi disqualifier leurs adversaires. Résultat : ils sont tous taxés de leaders ethniques ou de traîtres.

Le rôle de l’intellectuel dans la société n’est pas de s’accommoder pour bien paraître mais de trouver les autres voies possibles pour aider même ceux qui ne le comprennent pas. À la différence du politicien, il ne se fie pas à la popularité de ses idées mais à leur utilité pour le peuple, il ne cible pas son auditoire mais s’adresse à toutes les consciences.  À mon avis, lutter contre l’instrumentalisation des populations par la responsabilisation des leaders et dirigeants  est une piste beaucoup plus sérieuse, dans la recherche de solutions aux problèmes ethniques, que l’interdiction aux populations d’exprimer leurs frustrations. Chez nous, fort malheureusement, ces frustrations sont  d’abord ethniques et ensuite économiques, ailleurs elles sont socio-économiques; la différence est mince, vous conviendrez. C’est la réalité guinéenne. Ce ne sont pas les tapages de la boite à résonance, RTG ; les attaques mutuelles et répétitives; encore moins les logorrhées philosophiques sous forme de professions de foi individualistes, qui nous sortiront de l’auberge. Mais un leadership, compétent et conséquent, qui mesure l’étendue de ses responsabilités dans le contexte actuel.

Les autres — tels que la Belgique, les Pays-Bas, le Canada sans oublier le pays de Barack, pour ne citer que quelques exemples des plus éloquents de réussite dans la diversité—, ont trouvé le moyen de promouvoir les meilleurs d’entre eux au sommet de leurs nations en minimisant, à en faire oublier, les malaises identitaires. C’est cela la promesse d’une démocratie effective et efficace. Voilà le chemin choisit par nos frères Ghanéens et Maliens. Où est le débat ethnique chez eux? Les Libériens ont commencé par s’entretuer, mais c’est Charles Taylor qui est au tribunal. Pensez-vous que l’on va citer une quelconque ethnie libérienne à comparaître?

En guinée, chaque fois que l’incompétence et la criminalité du pouvoir  est mise à évidence, ses tenanciers et partisans en font un débat ethnocentriste. Au lieu d’admettre leurs tares et s’éclipser, ils  rependent les toxines du type « ils me détestent parce que je suis, selon les cas,  de tel village, telle ethnie, telle famille etc.…».  Ce n’est la faute à personne si l’on est médiocre, menteur,  voleur, violeur et assassin. Aucun groupe ethnique ne transmet ces défauts (un faible mot) à ses enfants. Nous guinéens, devront arrêter de répondre des forfaitures de nos dirigeants ou d’imputer leurs carences à des innocents.

J’espère que mes compatriotes  comprendront, une fois pour toutes, que ce n’est parce que le premier illuminé s’attaque à un groupe ethnique que le débat devient ethnique. Il faut traiter nos malades sans se faire contaminer. Le problème résulte plus de la susceptibilité des communautés guinéennes à se laisser dresser les unes contre les autres, par les hommes au pouvoir et leurs missionnaires, que des frustrations que les populations expriment sur le net ou ailleurs. Notre ethnocentrisme est beaucoup plus, si non exclusivement, un fléau individualiste et oligarchique que collectif. Pour le combattre, il suffit d’affronter le pouvoir qui l’incarne.  Hier, aujourd’hui et demain.

Autrement, la danse d’Ouagadougou est beaucoup plus intéressante que les faux-pas de BDT. Attendons que les tacles commencent. Si vous n’avez toujours pas compris les enjeux, alors quittez la piste avant que les projecteurs ne s’éteignent parce qu’après il n’y aura plus de place pour les faibles… d’esprit. Attention aux crises.

Boubacar Barros Diallo
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