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Rencontre de Ouagadougou : de qui se moque le CNDD

Date de publication:2009-11-17 22:21:51

2009-11-17 23:20:14

Depuis près de deux mois, le nom de la Guinée fait toujours la une de l’actualité africaine. Le médiateur mandaté pour trouver une issue favorable à la crise qui frappe la Guinée a déjà reçu les protagonistes.

À  la lumière des propositions de sortie de crise faites par les deux parties, l’on comprend aisément que la paix en Guinée ce n’est pas pour demain. A moins que le peuple se décide de mettre fin à ces tractations en congédiant de la scène politique CNDD et forces vives. En tous les cas, c’est une autre solution de sortie de crise.   

La graine semée le 03 avril 1984 par le colonel Lansana Conté et ses compagnons d’arme a bien germé.  De la plantule, l’on se retrouve avec un grand arbre  dans lequel  vient se nicher tous ceux qui aspirent vivre sur le dos des pauvres populations qui n’ont que trop souffert depuis 1958. L’armée, autrement appelée la grande muette, même si cette qualification ne colle plus à celle  de la Guinée,  ne peut plus se passer du politique.  Le ton, comme indiqué dans les lignes qui précèdent, a été donné en Avril 1984 avec le comité militaire de redressement national (CMRN) qui jurait de rendre le pouvoir  après avoir  doté le pays de toutes les instructions républicaines.  Hélas, avec le goût du pouvoir, le colonel, devenu Général se débarrasse d’abord de ses amis accusés à tort ou à raison de vouloir renverser le pouvoir.  Avec le même goût du pouvoir,   Conté ôte la tenue pour se lancer dans la course au pouvoir. Et il en serra ainsi à chaque élection  jusqu’à  sa mort le 22 décembre  2008. L’histoire donna ainsi à ceux qui scandaient le slogan ‘’ Lansana Conté  Koudeï, autrement dit Lansana Conté pour toujours’’.  La même nuit de la déclaration de la mort du Général, les guinéens ne doutaient guère de la reprise du pouvoir par l’armée. Ce qui d’ailleurs fut fait. Les nouveaux venus sont acclamés partout et par tous les Guinéens, de l’intérieur comme de l’intérieur. Comme en 1984, des paroles d’honneurs furent données par le chef de la junte : « l’armée n’a aucune ambition de rester au pouvoir. Nous ne sommes pas des assoiffés du pouvoir. D’ailleurs le pouvoir c’est quoi ? ». Les nouveaux venus vont jusqu’à se servir des livres Saints  Le Coran et La Bible pour rassurer la population et la communauté internationale de leur volonté de vite ‘’mettre les choses sur les rails’’ et  rejoindre les casernes.

Seulement, certains proches du patron de la junte, grisés par le pouvoir, n’entendent plus lâcher prise.  Les politiciens qui s’étaient tous rangés du CNDD, commencent à prendre des distances. Dorénavant,  ce sont des associations de soutient à la candidature capitaine qui pullulent à travers, notamment la capitale Conakry.  A chaque démonstration de soutien, le chef se sent le seul aimé dans son pays, surtout quand il s’agit de diriger le pays. Et l’argent est donné à flot pour encourager  les populations à en faire davantage.

Il en sera ainsi jusqu’à  certain 28 septembre, au stade du même nom  pour voir  ceux qui veulent diriger le pays,  braquer les armes contre les populations dont ils sont sensés protéger. Tuant plus de 150 personnes, sans compter des centaines autres blessés et portés disparus. Même si, cela dit en passant, les images de cet évènement odieux diffusées sur les chaînes de télévisions internationales font aujourd’hui l’objet de moult doutes dans la tête des éternels nihilistes.  

De toutes les façons et quoiqu’on dise, il y a eu massacres ce 28 septembre au stade du même nom à Conakry et les auteurs ne sont autres que des militaires guinéens.  Pour ceux qui ont vécu les faits, point  de polémique. Le chef de la junte, le capitaine Dadis a d’ailleurs reconnu les faits et a demandé excuse. Laconique soit-elle.

Depuis donc ce 28 septembre 2009, le pays de Dadis occupe toujours la Une de toutes les rencontres internationales. Le résultat ?  Des sanctions à l’encontre du pouvoir militaire fusent de partout et même si la junte minimise la portée des sanctions qui lui sont infligées, aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que les populations à la base commencent à ressentir les conséquences néfastes de la colère de la communauté internationale. En effet, la cherté de vie et la pauvreté  affectent le quotidien d’une population bourrée de rêves et de fausses promesses.

Partis à Ouagadougou pour des négociations de sortie de crise, les protagonistes (forces vives et CNDD) font tout, sauf ce que les guinéens attendent d’eux. Car, à en juger par les propositions faites au facilitateur par les deux parties, l’on comprend aisément que le pouvoir est loin de sortir des casernes.  (Lisez ci-contre les propositions faites par les deux parties). Et que dire de ces politiciens aussi qui n’ont apporté que des ennuis à leurs militants depuis la création du multipartisme en Guinée.

Mais au-delà de tout, c’est surtout les propos secs  d’un certain conseiller du chef de la junte qui font peur et laissent les observateurs avertis comprendre que l’armée est légale au pouvoir. Et que la graine semée en 1984 restera longtemps entretenue dans les casernes. Autrement dit,  l’existence de la démocratie qui n’a d’ailleurs été que de façade en Guinée est encore renvoyée aux calendes grecques.

  Les politiciens peuvent aller se chercher dans l’import-export ou  en tout cas faire autre chose. 

De toutes les façons,  à Ouagadougou, l’ivoirien, je m’excuse, le ‘’Guinéen’’ Idrissa Chérif, sans fioriture,  a su littéralement et fidèlement traduire les intentions du chef de la grande muette. Lisez : "Nous ne sommes pas venus pour répondre du tac au tac à l'opposition. Nous ne sommes pas venus pour parler de la candidature de qui que ce soit. Nous sommes venus pour des accords politiques. Il faut être réaliste et voir les choses en face. Ils (les politiciens) n'ont aucun moyen technique pour faire partir l'armée du pouvoir". C'est l'armée qui a mis le capitaine Moussa Dadis Camara au pouvoir.  Quels pouvoirs  ont-ils pour l'enlever?

A quoi doivent s’attendre les guinéens ? L’avenir nous en édifiera davantage. En attendant, la Guinée sombre dans l’insécurité et la pagaille. De sorte qu’un boucher peut, s’il le veut, passer une bonne journée de travail à l’hôpital Donka ou à Ignace Deen, les pêcheurs peuvent aussi aller chercher  leur quotidien dans les écoles et les militaires se substituer aux  politiciens.

Et… oui ! C’est cela la vraie démocratie au pays des Rivières du Sud.

Mais, si les protagonistes perdurent sur des tractations inutiles, c’est le peuple qui risque de se soulever pour les chasser tous. 

Amadou 1 Diallo

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