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Le dialogue pour le maintien du status quo

Date de publication:2009-11-18 14:11:43

2009-11-18 15:09:07

« Même si je quitte le pouvoir, c’est  un  autre militaire patriote qui viendra  prendre  ma  place ».

Voilà ce que disait en substance Cap. Moussa Dadis Camara après le retour de la délégation du CNDD de Ouagadougou où des émissaires de la junte étaient partis soumettre leurs propositions de sortie de crise au facilitateur de la CEDEAO Blaise Compaoré la semaine dernière. Continuant ses élucubrations, il dira même tenir le pouvoir de Dieu, comme son père spirituel Lansana Conté. Cela est donc sans équivoque : les militaires guinéens considèrent le pays comme leur propriété et ils ne sont pas prêts de lâcher prise et d’accepter une alternance démocratique. Curieusement, ceux qui ne nous ressassent les mérites du dialogue n’ont pas réagi à ces paroles horripilantes du chef de la junte de Conakry. Ce n’est pourtant pas nouveau. En effet Moussa Keita, un des faucons du régime, avait annoncé à Nzérékoré, province natale de Dadis : « Dadis ou la mort ». La formule est malheureusement devenue réalité le 28 septembre 2009. Le même Moussa Keita a dit et répété plusieurs fois : « Les élections n’ont jamais servi à quelque chose en Afrique. À quoi bon organiser des élections et faire un coup d’État le lendemain ? »

Cela signifie donc que le CNDD n’a rien modifié de son plan de s’installer durablement au pouvoir quelque soit le prix que le peuple de Guinée doit payer. Le soi-disant dialogue de Ouagadougou n’est qu’un subterfuge pour gagner du temps et un semblant de légitimité. Un autre exemple de la duplicité du CNDD : le recrutement et l’entraînement de combattants (bien sûr sur des bases ethniques) continuent de plus belle.

Quelle issue pouvons nous attendre de la médiation de Compaorè ? Probablement une formule boiteuse genre gouvernement d’union ou d’ouverture comme on en a vu au Togo, au Kenya, au Zimbabwé. Elle ne semble pas fonctionner dans ces pays (au Togo elle a même stabilisé le pouvoir de la dynastie Éyadéma), le problème principal étant que les potentats africains ne supportent pas l’idée d’un partage du pouvoir. Ce n’est pas le chef de la junte guinéenne qui y fera exception. Il a déjà démontré qu’il s’accommode mal d’un premier ministre, même mou et effacé comme Kabinet Komara. Comment acceptera t-il un premier ministre ou vice-président qui détiendra une partie de ses prérogatives actuelles, notamment la régie sur les secteurs « juteux » de l’État ?

Un gouvernement d’union avec un partage équitable du pouvoir est tout simplement impossible avec Cap. Moussa Dadis Camara, à moins qu’il ne soit limité à la transition et que le chef de la junte s’engage par écrit à renoncer à sa candidature aux élections. Tous ses comportements du passé et du présent démontrent sa réfraction aux idéaux de la démocratie.

D’ailleurs, que ferait-on au cas où la commission d’enquête internationale le trouvait coupable dans le massacre du 28 septembre ? Il serait naïf de croire qu’il se livrera lui-même à la Hayes. Le problème de la sécurité des enquêteurs et des témoins se pose aussi. Donc, la CEDEAO ou l’Union Africaine devront tôt ou tard penser à une force d’intervention interafricaine car cette soldatesque sans foi ni loi ne connaît que la force.

Oumar Mâci Bah

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