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Les raisons qui ont amené Blaise à choisir le camp de Dadis

Date de publication:2009-11-21 12:51:43

Chers compatriotes, nous publions cet article qui aidera beaucoup à comprendre les raisons de la grossièreté du sanguinaire et corrompu burkinabé Blaise Compaoré et de la naïveté des leaders guinéens. Nous publions ce texte parce que GuineePresse.info et l’IBCG avaient tous deux signalé ces faits, entre autres, en indiquant que Blaise Compaoré n’était pas la bonne personne pour jouer le rôle de médiateur dans la crise guinéenne.

Nous sommes en politique et c’est l’intérêt de toute la Nation qui est en jeu. Donc, les forces vives n’avaient pas à se montrer polies pour accepter Blaise dès le début. Elles continuent d’ailleurs à maintenir Blaise dans ce rôle après l’injure que ce soldat corrompu et criminel de longue date a adressée au peuple de Guinée. C'est en partie leur faute si Blaise les a autant déconsidérés dans ces négociations. Ils ne se sont pas montrés comme des vrais leaders d'une Nation. A défaut de se plaindre officiellement contre Blaise pour complicité avec la junte militaire guinéenne, la démande de désigner un médiateur normal et respectable est impérative aujourd'hui pour rendre aux Guinéens leur fièrté bafouée à Ouaga.

SADIO BARRY

 

Les raisons qui ont amené Blaise à choisir le camp de Dadis

Ouaga /Aujourdhui-en-guinee.com avait annoncé que le médiateur était en train de faire un jeu qui risquait d’être préjudiciable aux Forces vives. Finalement la proposition de sortie de crise vient confirmer les craintes de votre site. Blaise Compaoré a fait fi des propositions des Forces vives pour ne retenir que celles du CNDD.

Un seul point était non négociable : la candidature de Dadis

Ce point, outre d’être une exigence des Forces vives, est également celle de la CEDEAO, de l’Union africaine et de toute la communauté internationale. C’est pour dénoncer cette candidature que des milliers de guinéens se sont rassemblés le 28 septembre au stade du même nom. Lors de cette manifestation des Forces vives, près de 200 personnes ont été tuées par les bérets rouges de la garde présidentielle, plus de mille autres blessées ou handicapées à vie, des centaines de femmes violées avec une cruauté des plus bestiales et inhumaines. Ce point qui est à la base des tueries a été royalement et superbement rejeté par le médiateur.

Il est pourtant une exigence fondamentale des Forces vives et du Groupe international de contact qui avait été constitué pour la Guinée au lendemain du 23 décembre dernier. Parce que, pour avoir le soutien populaire qui a été le sien dès la prise du pouvoir, le chef de la junte, sans aucune contrainte, avait annoncé qu’il ne serait pas candidat aux élections présidentielles qui devaient sanctionner la transition. Même si par principe la CEDEAO avait exclu la Guinée de ses instances dès la prise du pouvoir, à cause de la promesse de Dadis, aucune autre sanction n’était venue frapper le pays.

Les autres sanctions (embargo sur les armes, restrictions de voyage et gel des avoirs) ne sont venues plus tard que parce que le chef de la junte a refusé de renoncer par écrit à sa candidature. La CEDEAO, l’Union africaine et l’Union européenne ont donc sanctionné la Guinée parce que le chef de la junte n’a pas voulu renoncer par écrit à sa candidature. Ce paramètre, le président burkinabé l’a royalement ignoré dans sa médiation. Et pourtant, en le commettant à cette médiation, le président en exercice de la CEDEAO, le chef de l'Etat nigérian, Umaru Yar’Adua, ne pouvait pas imaginer que le Burkinabé allait occulter l’essentiel : la non candidature de Dadis. A cause de cette candidature, plus de 200 personnes ont été massacrées, plus de mille autres blessées ou handicapées à vie, des centaines de femmes violées avec une férocité incroyable.

Le Terminal à conteneurs du port de Conakry

L’on peut se demander qu’est-ce qui a poussé le président burkinabé à trancher en faveur du CNDD quitte à ternir son image de bon facilitateur. La réponse est très simple : une question d’intérêts pécuniaires portant sur la mise en concession du terminal à conteneurs du Port Autonome de Conakry (PAC).

L’on se rappelle que le gouvernement Souaré avait, courant 2008, attribué de la manière la plus scandaleuse qui soit la gestion du terminal à conteneurs (avec suppression de 1.700 emplois) du Port autonome de Conakry à Getma-International qui n’était pas dans les normes pour bénéficier d’un tel marché. Malgré la levée de bouclier tant au niveau de la presse qu’à celui des intervenants du secteur portuaire, le gouvernement Souaré a fait la sourde oreille et a confirmé l’adjudication à Getma-International lors de son conseil ordinaire des ministres du jeudi 11 décembre 2008.

Le 23 décembre 2008, le CNDD prend le pouvoir et classe l’affaire du terminal à conteneurs au compte des scandales qu’il compte auditer. Mieux, une décision signée du chef de la junte suspendra l’application de la convention.

En janvier 2009, Blaise Compaoré effectue sa première visite en Guinée après l’avènement du CNDD. La junte à l’époque avait besoin de reconnaissance africaine et internationale. Il voyait ainsi en Blaise Compaoré le sésame qui devait lui ouvrir les portes du monde. Ce dernier fait des promesses fermes mais pose un problème, la décision de suspension de la convention avec Getma-International.

L’argumentaire de Compaoré est simple : Richard Talbot, patron de Getma-International, est à la tête d’un lobby français très puissant qui pourrait avec son appui ouvrir le monde aux putschistes. En réalité, Blaise Compaoré et richard Talbot sont en affaires depuis de longues années et leurs intérêts se coïncident. Dans la foulée, le président burkinabé promet au naïf capitaine le soutien des chefs d’Etat de la sous-région dont il dit exercer une influence non négligeable. Moussa Dadis Camara accepte le deal. Discrètement, le 9 avril 2009, après deux visites successives en Guinée du patron de la garde présidentielle de Compaoré, le colonel-major Gilbert Djenguéré, le capitaine Moussa Dadis Camara signe le décret n° 074/PRG/CNDD/SGPRG/2009 portant levée de la suspension de l’application de la convention relative à la construction du terminal conteneurs du Port autonome de Conakry et de toutes procédures judiciaires y afférentes. Et « à partir du 27 avril 2009, le terminal à conteneurs du Port Autonome de Conakry est mis à la disposition de l’adjudicateur de ladite convention, à savoir, Getma International représenté par STCC du groupe NECOTRANS », comme le confirme le courrier du directeur général du Port autonome de Conakry adressé à l’Administrateur unique du Conakry Terminal Services (CTS), Groupement d’intérêt économique (GIE), portant application du décret du 9 avril. Et toc, le tour est joué. Le Comité d’audit et de surveillance des secteurs stratégiques de l’économie, qui avait cité ce dossier parmi ses priorités est pris de court. Interrogé par la presse, un de ses vice-présidents, maître Jean Alfred Mathos, gêné, laissera entendre que la convention est reprise mais la procédure d’attribution du marché sera auditée. Comment peut-on dénoncer la procédure d’attribution d’un marché et l’accepter quand même ? D’ailleurs aucun audit ne sera fait par la suite.

Le terminal à conteneurs pour Blaise Compaoré et ses amis, c’est plus d’une centaine de millions d’euros par an. Pour ça, on peut bien soutenir Moussa Dadis Camara, sans compter que ce pays recèle d’autres richesses qui intéressent Blaise et ses amis. Blaise Compaoré, dans ces circonstances ne pouvait que faire le jeu de Moussa Dadis Camara par reconnaissance et pour ne pas perdre un juteux marché. Celui qui a assassiné de sang froid son meilleur ami ne pouvait que faire peu cas des morts guinéens du 28 septembre.

Germaine Togba

Source : Aujourdhui-en-guinee.com

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