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Monsieur le médiateur, la Guinée n'est pas une brebis à traire!

Date de publication:2009-11-22 14:47:07

2009-11-22 15:45:36

Qui n’a été surpris des trois propositions de M. Blaise Compaoré, médiateur désigné par la CEDEAO pour la sortie de la crise qui secoue la Guinée.

Mais avant de revenir sur les raisons d’une médiation, je ferai un petit briefing sur l’attitude, le comportement et les actes du petit bonhomme de capitaine qui a mis la Guinée dans la situation actuelle.

Le 22 décembre 2008, le Général Lansana Conté décédait après des années d’agonie qui ont-elles- mêmes fait agoniser la Guinée. La même nuit, un conseil national dit pour la démocratie et le développement (CNDD) annonce la prise du pouvoir.

Ce conseil dirigé par une junte se révèle au fil des jours et des mois comme un conglomérat de soldats qui, à part la soif de pouvoir se distingue par le caractère atypique de son chef, Moussa Dadis Camara.

Dadis se fit très vite remarquer par son insolence, sa brutalité et son désir forcené de tout contrôler : l’armée, les finances, le port, les banques, les impôts, les mines. Bref, tous les secteurs qui recèlent d’argent et autres revenus sont directement placés sous son autorité. Il gère le tout à partir d’une petite pièce faisant office de bureau au Camp Alpha Yaya.
Un spectacle créé pour faire sa promotion que les guinéens appellent « le Dadishow » révèle au monde entier un petit homme arrogant, flanqué de lunettes fumées qui houspille, injurie et avilit officiers supérieurs, cadres nationaux, personnalités de l’opposition, anciens membres du gouvernement Conté, diplomates étrangers etc.

Grisé par l’apparente popularité du dadishow et le pouvoir lui- même, Moussa Camara s’imagine très vite être fait pour présider et pour longtemps aux destinées de la Guinée. Il initie la création de comités de soutien et de campagnes de propagande tout en muselant l’opposition. Son acharnement contre l’un des leaders guinéen, en l’occurrence le président de l’UFDG, sonne l’alerte pour tous les autres et pour le pays tout entier.

Comme si les pressions qu’il exerce à l’intérieur ne suffisaient pas, le chef de la junte invente de toute pièce une imminente agression extérieure contre la Guinée. D’après lui, des mercenaires qui seraient prêts à envahir le pays bénéficieraient de l’appui d’Etas voisins : Liberia, Sierra- Léone, Sénégal (dans sa partie casamançaise) Guinée- Bissau. Malheureusement, l’effet produit est contraire à ce qu’il avait escompté.

La méfiance étrangère renforce la déception interne et multiplie les déboires. Le 28 septembre 2009, Dadis commis l’irréparable : le massacre et les viols de centaines de personnes. La garde présidentielle tentera d’éliminer physiquement les principaux leaders de l’opposition présents au stade du 28 septembre.

Leurs biens détruits, leur habitation quasiment rasé, leur vie menacée, beaucoup de leaders politiques séjournent actuellement à l’étranger.

La communauté internationale qui avait déjà sonné l’alerte en mettant en place le Groupe International de Contact sur la Guinée (GIC-G) et abasourdi par la tragédie qui s’est passé le 28 septembre, prend l’initiative de mettre fin à la tyrannie qui sévit en Guinée.
Dans ce cadre, la CEDEAO opte pour une médiation entre les Forces Vives et la junte. En cela, elle est appuyée par la communauté internationale, le Groupe de Contact, l’Union Africaine, l’Union Européenne et les Nations- unies. Le Président Blaise Compaoré est désigné médiateur de la crise guinéenne.
Différentes rencontres auront lieu à Ouagadougou à l’issu desquelles chacune des parties en conflit rédige un mémorandum exposant ses revendications. Après analyse et prise de contact avec le Président en exercice de la CEDEAO, M. Compaoré convoque les Forces Vives et les représentants du CNDD et du gouvernement de la junte afin de finaliser le dialogue.
Ainsi, les 18 et 19 novembre 2009, les uns et les autres se rencontrent face au médiateur. A la grande stupéfaction des Guinéens, des Forces Vives, de l’opinion internationale et des toutes les parties prenantes dans la résolution de la crise, M. Compaoré se montre comme le nouveau parrain de la junte et de son chef.

Quelques heures suffisent aux Forces Vives pour faire comprendre, à travers un communiqué officiel leur rejet des propositions de Compaoré et leur droit de récuser le médiateur lui- même.

Maintes questions se posent sur les motivations de M. Blaise Compaoré. Certains analystes y voient des raisons politiques qui sont liées à sa propre manière d’occuper son poste actuel. C’est- à- dire, l’assassinat de Thomas Sankara, son frère et compagnon d’armes. Arrivé par un putsch comme tous les militaires du continent, tout laisse à penser que le Président burkinabé n’était pas le choix idéal. Les cas ivoiriens et togolais montrent bien que ce médiateur- ci ne résout aucun conflit dans le sens de l’intérêt des populations des pays concernés. La Guinée paye les mêmes frais actuellement.

D’autres évoquent une seconde piste qui consisterait à sa volonté de se rapprocher du Guide libyen, Mouammar Kadhafi avec lequel il serait brouillé depuis quelques temps. Des intérêts qu’ils auraient en commun sur le gâteau- Guinée justifieraient cette volonté de maintien de la junte au pouvoir. Pour eux, personne ne mieux indiqué plus que Dadis le fourbe.irréfléchi, il n’est guère difficile à manier contrairement aux hommes politiques des forces Vives.
Pour un troisième groupe, M Compaoré serait plutôt le bras financier de groupe d’intérêts de filiales internationales et d’organisations mafieuses. Des éléments avancés dans ce sens rendent cette hypothèse très probable.

Pour certains, le Président burkinabé voudrait tout simplement défendre son propre jardin. Il aurait des intérêts personnels qui seraient d’ordre financier avec le chef de la junte en personne. La vente d’armes à travers les mêmes groupes mafieux évoqués ci- haut et l’utilisation du port de Conakry, comme lieu de transit et de stockage, bien sûr, à vil prix constituerait la motivation principale de médiateur. Tout cela sa ferait au détriment des autres pays de la sous- région.

Mais d’autres encore perçoivent une volonté politique de rallonger le dialogue afin que la situation se complique pour que l’ancien putschiste de Ouaga puisse montrer ses soi- disant talents de négociateur. Ainsi, continuerait- il d’être l’incontournable monsieur conflits de la sous- région. A force de résoudre des conflits, il rêverait, dit- on, d’un Nobel de la Paix. D’ici- là les populations guinéennes risquent de le payer au prix forts.

Mais cette thèse de dialogue à l’ivoirien est très peu crédible. En tout cas hasardeuse car M. Compaoré a dû penser, au moins un instant, que sa solution serait inacceptable par les forces vives. Au cas contraire, ce serait faire preuve d’amateurisme de la part de nos représentants. On les voit très mal souscrire à un maintien de la junte et de dadis au pouvoir. Et si toutefois, ils acceptaient un tel guet- apens, leur carrière serait politique serait enterré à jamais.
Il y a, également, qui soutiennent qu’il s’agirait d’un règlement de compte posthume entre M. Compaoré et le Général Lansana Conté qui ne l’aurait jamais porté dans son cœur ni politiquement, ni humainement. Le plus étonnant est que tout cela se fasse sur le dos du peuple de Guinée.
Il n’est pas exclu, et c’est l’une des thèses les plus sérieuses qui, du reste a été évoquée par un compatriote, que le Président du Faso ait tout simplement peur de se retrouver comme l’un des derniers militaires putschistes au pouvoir. En effet, l’autocratie qu’il a instaurée dans son pays, qui n’est pas une référence en termes de pouvoir équitable ou démocratique, est à tout point comparable avec la dictature que Dadis veut mettre en place en Guinée. Cette similitude des deux systèmes politiques permettrait à M. Blaise Compaoré de voler la vedette à d’autres, comme le Président Wade : le père de Dadis.

Dans tous les cas de figure, M. Blaise Compaoré s’est montré comme une brebis galeuse parmi ses pairs et la communauté internationale. Les propositions qu’il a faites apparaissent aux yeux de plus d’un comme pernicieuses et dangereuses pour la paix sociale en Guinée. La couleuvre qu’il veut faire avaler aux Guinéens risque bien de le mordre à la gorge. En tout état de cause, ce n’est pas à notre peuple de l’avaler.

Ce n’est pas en trayant la brebis guinéenne qu’il fera son fromage. Notre pays ne sera pas non plus une vache laitière qui permettrait à chaque assoiffé de s’y rendre pour s’abreuver. Enfin, elle n’est pas, loin s’en faut, un champ abandonné ou en jachère qui est à la disposition du premier venu.

Que M. Compaoré se détrempe. Les Guinéens se libéreront d’eux- mêmes. Ils croyaient tout simplement à l’esprit de coopération et à la probité du médiateur désigné qu’il représente.
Les Forces Vives doivent rester sur leur exigence : le départ de la junte, de Dadis et la tenue d’élections libres, démocratiques et transparentes. Le peuple leur demande fermeté, intégrité, patriotisme dans l’unité et la concorde.

On ne dira jamais assez que les citoyens guinéens ont besoin de protection, de sécurité, de démocratie et de paix.
Enfin, je dis que le dialogue ne doit souffrir d’aucune faille jusqu’à la libération de notre peuple des tentacules de la junte par le départ pacifique, si possible, de Dadis.

Lamarana Petty Diallo
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