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Communiqué de l’IBCG : Blaise Compaoré le mauvais choix acte 3

Date de publication:2009-11-22 22:10:53

2009-11-22 23:07:01

Dans sa déclaration du 11 octobre, l’IBCG (Initiative de Bruxelles pour le Changement démocratique en Guinée) avait prévenu que le chef d’Etat burkinabé n’était pas le bon choix pour la médiation en Guinée. Notre analyse dans ce communiqué a été confortée par la presse internationale, notamment La Lettre du Continent dans son Nr. 574 du 22/10/2009. Ce qui nous motiva donc à faire un nouveau communiqué le 25 octobre 2009 pour alerter les forces vives guinéennes afin qu’elles prennent leur responsabilité en récusant la nomination de Blaise Compaoré pour proposer la désignation d’un médiateur neutre parmi les personnalités respectables et démocrates qui ne manquent pas dans la sous-région (lire l’article au lien ci-dessous). Malheureusement, cet appel n’a pas été entendu par nos leaders.

Comme cela était prévisible, le 19 novembre le monde entier a été choqué de constater que Blaise Compaoré n’a même pas la décence de cacher sa partialité et son soutien aux criminels de Conakry, par respect de sa position de médiateur. Pourquoi donc ne pas récuser un tel médiateur ?

Nous apprenons à présent que Blaise demande à nouveau aux forces vives de lui mettre sur papier tous les points de sa proposition de sortie de crise sur lesquels elles ne sont pas d’accord. C’est de la provocation et une stratégie pour donner du temps à la junte, quand on sait que les exigences des forces vives et de la communauté internationale sont exprimées dans des documents qui ont été remis à Blaise avant et lors de la première rencontre au début du mois (Entre autres le départ de Dadis et la dissolution du CNDD).

La CEDEAO et les forces vives guinéennes, si elles sont conséquentes et souhaitent obtenir un résultat rapide, ne peuvent maintenir Blaise Compaoré à cette fonction de médiateur dans la crise guinéenne. D’autant plus que chaque jour qui passe augmente les risques d’une guerre civile en Guinée. En effet, après l’IBCG, la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (RADDHO), BBC, RFI, l’ International Crisi Group, Human Rights Watch et le Sous-Sécretariat américain des affaires africaines, c’est l’Institut sud-africain des études stratégique qui vient de tirer la sonnette d’alarme en donnant des précisions sur la formation de milices ethniques forestières en cours par des mercenaires sud-africains et ukrainiens en Guinée. Dans le journal de 6:30 de ce dimanche 22 novembre 2009 de RFI, le responsable de l’organisation sud-africaine va jusqu’à donner des précisions sur le lieu et les salaires des mercenaires sud-africains au service de Dadis en Guinée ( Ecouter le journal sous le communiqué actuel sur www.guineepresse.info).

A cela il faut ajouter un facteur important dans les démarches actuelles du CNDD : la présence d’un membre des forces rebelles ivoiriennes au sein même du gouvernement guinéen en la personne d’Idrssa Cherif (Ministre de l’Information et de la Communication) qui était et reste conseiller spécial de Moussa Dadis Camara. Dans la première semaine du mois de novembre, après le départ des forces vives et l’arrivée des représentants de la junte militaire à Ouaga, les autorités burkinabées ont organisé une rencontre entre certains membres de la délégation guinéenne et les responsables des rebelles ivoiriens, notamment Guillaume Soro en personne. L’axe Burkina-Forces-nouvelle-CNDD semble bien exister désormais et ces négociations au pays de Blaise offrent une couverture légale à des rencontres entre le parrain Blaise et les mouvements rebelles de la sous-région.

Le plus étonnant, c’est que même la formation en cours des milices qui rend une guerre civile de plus en plus probable en Guinée, ne semble nullement préoccuper les forces vives ou les leaders politiques guinéens, alors que ce fait grave à lui seul est un argument de poids pour demander le départ rapide de Dadis et du CNDD aux affaires et l’envoi d’une force internationale qui va protéger les autorités de transition et la population. Il est également étonnant qu’en décidant de se confronter aux représentants du CNDD, les forces vives aient écarté le seul leader politique de carrière militaire, Abe Sylla, qui pouvait convenablement tenir tête aux émissaires de Dadis qui avancent des arguments militaires pour défendre leur position.

Nous estimons que le fait d’aller au Burkina Faso est une erreur de lourde conséquence pour la Guinée. Non seulement on nous divertit en permettant à Dadis d’achever la formation de ces milices mais aussi on permet au CNDD de rencontrer les rebelles ivoiriens pour achever leur plan de togolisation de la Guinée. De telles rencontres auraient été difficiles à organiser avec l’embargo contre les membres de la junte et du gouvernement.

Les forces vives guinéennes, la CEDEAO, l’Union Africaine et toute la communauté internationale auraient leur part de responsabilité dans une éventuelle guerre civile en Guinée qui va déstabiliser toute l’Afrique de l’Ouest si Compaoré reste le médiateur et que rien ne se fait rapidement pour sauver le pays. Tout le monde sait ce qui s’est passé ces derniers temps et ce qui se prépare en ce moment en Guinée. En 1990, des groupes armés forestiers ont massacré et fait déplacer des milliers de citoyens malinkés dans la région de N’Zérékoré. Le 28 septembre 2009 et les jours qui ont suivi, la garde de Dadis qui est essentiellement forestière et des milices forestières ont massacré, mutilé et violé des centaines de personnes à Conakry, essentiellement peules. Donc, ceux pour lesquels ces milices en formation constituent un danger mortel dans un proche avenir ne resteront certainement pas à attendre les bras croisés.

La Guinée ne saurait maintenir encore pour longtemps à sa tête un homme qui, ayant l’armée nationale sous ses commandes, se permet de recruter une milice ethnique privée et les former aux frais de l’Etat. Encore une fois, l’IBCG suggère aux forces vives de trouver une personnalité consensuelle et de former rapidement un gouvernement de transition en place et lieu du CNDD auquel les institutions républicaines du pays, y compris l’armée, seraient appelées à faire allégeance. Une telle autorité sera reconnue par la communauté internationale qui a besoin d’un interlocuteur légitime en Guinée.

 

L’Initiative de Bruxelles pour le Changement en Guinée (IBCG)
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