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Moussa C. et Moussa K.: le mythomane et le menteur

Date de publication:2009-11-25 20:59:21

2009-11-25 21:57:16

Du capitaine au colonel, le bilan de deux Moussa, l’un mythomane, l’autre menteur — autant dire bonnet noir et noir bonnet —  confirme le penchant naturel du Cndd au mensonge éhonté.

Moussa Dadis, mythomane

La mythomanie de Dadis n’épargne pas ses propres parents. Ainsi, à l’en croire, sa mère serait centenaire et lui, il aurait 44 ans. Si cela était vrai, le capitaine-putschiste serait né d’une femme presque sexagénaire, à 56 ans !
Ensuite, Dadis est apparemment incapable de fournir une attestation valable de sa date de naissance. La liste des sanctions de l’UE indique deux années distantes : 1er janvier 1964 et 29 décembre 1968 !
Enfin, Dadis a tour à tour présenté son père comme ayant été un juge de paix, un illettré et un chauffeur. Lequel de ces portraits est crédible? On ne saurait dire. En attendant, on ne sait pas à quel père se vouer !

Menteur inné donc, Dadis est ainsi venu au monde en mentant. Tolérez la tautologie.

Parjure abominable

En dehors de ces indélicatesses familiales, l’histoire retiendra que Dadis commit un parjure flagrant et abominable.

Après avoir promis de mettre de l’ordre et de retourner à la caserne, il voudrait aujourd’hui installer une troisième dictature de 25 ans, à l’image de Sékou Touré et de Lansana Conté.
Bible et Coran en main, il a publiquement juré qu’il ne verserait pas le sang en Guinée. Le 28 septembre 2009, il a ordonné le carnage de centaines de civils non-armés au stade de Conakry — et peut-être y participa-t-il ?!

Moussa Keita, colonel menteur

Auteur du slogan “Dadis ou la mort” et inspirateur du mouvement “Dadis doit rester”, colonel Moussa Keita est l’une des têtes de Turc de la junte assassine de Conakry.

Flatteur et allié de la soldatesque du Camp Alfa Yaya, Elhadj Biro Diallo voit-il dans le colonel un autre Moise ou messie ? Peu importe!

Moussa Keita s’affirme comme putschiste radical et récidiviste. Car il en est à sa deuxième tentative ; en 1998-99, il avait été impliqué, sans preuves, dans l’affaire Alfa Condé.
Mais c’est son interview au journal bukinabe, Fasozine, qui expose clairement la mentalité pourrie et l’idéologie fascisante de ces bandits camouflés en soldats et officiers. On peut lire les réponses de Sidya Touré rejetant et réfutant l’opinion du colonel Moussa Keita.
Je retiens quatre points des déclarations du chef de la délégation du Cndd à Ouagadougou.

Col. Moussa Keita, secrétaire permanent du Cndd

Ceux qui ont pillé le pays ne peuvent pas demander la démission du président Dadis.”

Nulle composante sociale n’a pillé la Guinée davantage ou pire que les militaires. Ni le dictateur civil Sékou Touré et son état policier, ni aucun autre groupe ou profession du pays. La culpabilité des forces armées et de sécurité surpasse mille fois le rôle négatif de tout
autre acteur de la Guinée postcoloniale. Les hommes et femmes en uniforme ont toujours obéi aux ordres inhumains et criminels de leurs chefs, civils et militaires. Ils ont saigné le pays et l’ont vidé de ses ressources les plus précieuses: ses habitants pensants et agissants. Résultat: la Guinée s’est a perdu ses meilleurs fils et filles au Camp Boiro et dépendances, y inclus le Camp Koundara (Boulbinet), le bagne de l’île Fotoba, le PM3, les casernes militaires à travers le pays. L’armée a aggravé ses crimes humains impunis par la destruction aveugle (bombardement de la radio en 1985, démolition du Palais des nations en 1996), la cupidité, le rançonnement, la corruption, la médiocrité martiale, l’incurie intellectuelle, l’anarchie, la perversion de la hiérarchie, du rang et du grade.

A Conakry, c’est tout au plus trois à quatre quartiers qui créent des problèmes. Tout cela pour des raisons ethniques. Ils se disent que leur heure a sonné.”

Colonel Moussa Keita n’a ni le courage ni le culot de dire ouvertement la pensée à peine voilée par ses demi-mots et  son langage couvert, c’est-à-dire la constance fulbé (ou peule) du “complot permanent”.

Sékou Touré fit cette expression l’un des ancres de son totalitarisme mensonger et meurtrier. Toutefois, la clairvoyance lui faisant défaut, il ne se rendit pas compte que c’était lui le maître comploteur, le conspirateur impulsif, le conjurateur paranoïaque qui réduisit les promesses du 2 octobre 1958 en un océan de misère et de larmes, et en une terre de fosses communes, de charniers et d’ossuaires. Il s’empala sur le glaive de la trahison qui l’avait servi à tuer des milliers d’innocents, de 1960 (complot Ibrahima Diallo) à 1984 (fusillés du 19 mars à Mamou). Durant son règne long et noir, il fabriqua un venin puissant de la division, qu’il distribua, entre autres, dans des discours torrentiels sur la spécificité condamnable et l’altérité coupable des Fulbe. Autant de démons qui n’existaient dans son imagination pathologique. On lui avait confié un pays de paysans analphabètes (éleveurs, agriculteurs, pêcheurs, et chasseurs) à unir et à développer. Malheur!

Le “troupeau” avait été confié à la garde du carnivore. Fourberie, médiocrité, cynisme et félonie furent érigés en vertus et supplantèrent honnêteté, effort, loyauté et droiture. Ce venin continue de couler dans les veines de nombreux Guinéens, qui ont mordu à vie au piège de Sékou Touré et qui croient que les Fulbe sont la cause —et non pas partie de la solution— de la monumentale faillite guinéenne. En conséquence, pour nombre de crises, on indexeles Fulbe comme boucs émissaires et comme fauteurs de trouble. Conçue très tôt par Sékou Touré, cette politique discriminatrice et diabolisation accompagnée de tentatives de blanchiment ethnique contre l’ethnie pluralitaire du pays (40%) est l’une des aberrations fondamentales de la Guinée. Au lieu d’admettre et de surmonter la diversité pour travailler dans l’unité, on accuse le voisin et frère ou sœur de misère. Cela, au 21e siècle, et après la double malédiction de la Traite des Noirs (4 à cinq siècles) et de la colonisation (1896-1958).

C’est Sékou Touré qui choisit de n’être qu’un nouveau colonisateur, à peau noire certes, mais plus vicieux que son ancien maître française. Donnant dans le délire cyclique, il s’imagina parfait, infaillible, omniscient, et omnipotent. Si les choses allaient mal, c’est la faute de ce même peuple, dont il se réclamait si exagérément.

Col. Moussa Keita est vecteur de ce virus virulent qui engendre la haine et la cécité physique, morale et intellectuelle du dirigeant contre les citoyens.

Il attribue à quelques quartiers (fulbe) les 60,000 personnes qui accueillirent Cellou Dalen le 20 septembre 2009 et les 50,000 personnes rassemblées au stade. Il réduit cet élan populaire puissant en groupements ethniques (fulbe) réclamant “leur tour”. Il ment car la manifestation réprimée dans le sang avait été préparée avec la participation décisive et la présence les leaders politiques (Jean-Marie Doré, Sydia Touré, François Fall, Mohamed Sidibé (?), etc.)  et militants non-fulbe. Moussa Keita est perdu dans l’ignorance et l’aveuglement.

Dans les années 50, ces leaders sont de ceux-là qui s’étaient opposés à la prise de l’indépendance. Ce sont, pour la plupart, des nostalgiques du passé colonial. Ce sont les amis des anciens colons.”

On dénote ici une tentative grotesque de réécrire l’histoire en la falsifiant. Au premier, et en rétrospective, il n’y eut pas d’indépendance. Un point. On procéda à la proclamation de la
souveraineté politique et juridique de l’ancienne Guinée française. Pour le reste, c’est-à-dire la libération humaine, économique et culturelle, c’est tout comme si une malédiction s’était abattue sur le pays et ses habitants. Ils continuent de subir le joug de leurs propres concitoyens. Moussa Camara et Moussa Keita et le Cndd sont le dernier avatar de l’évolution cruelle et maudite de la Guinée depuis 1958.

Ensuite, l’indépendance — puisqu’il faut l’appeler ainsi— ne fut pas prise. Le referendum fut plutôt donné par le grand capital français, pour arrêter l’hémorragie de son empire colonial, déclenchée par la défaite militaire à Dien Bien Phu (Vietnam, mai 1954) et le lancement de l’insurrection algérienne (novembre 1954). Mais l’on retiendra cependant ceci : du fait de son poids démographique, le Fuuta-Jalon était la condition sine qua non, nécessaire et indispensable du vote négatif de la Guinée au referendum du 28 septembre. Le rôle des leaders politiques fulbe (Barry Diawadou, Barry III, Saifoulaye Diallo, Abdourahmane Dalen Diallo, etc.) fut capital en cette circonstance historique. Sur cette question cruciale on peut lire un témoin occulaire, Sako Kondé. Et notamment la scène où

Sékou Touré déclare à celui qu’il fera fusiller en 1969 :

Le sort de la Guinée est entre tes mains ; tout dépendra de toi …

Quant à être “ami de la France”, Sékou Touré se déména comme un beau diable contre l’ancienne métropole. Il brandit son discours ultra et pseudo-nationaliste et proclama sa fierté et sa dignité. Mais en fin de compte, épuisé, isolé et malade, Sékou Touré se réconcilia avec Jacques Foccart, son archi-ennemi et ancien conseiller du général de Gaulle pour l’Afrique. Il lui proposa même la fonction de conseiller de la présidence guinéenne… Et si nous faisons un bond dans le temps, les armes utilisées pour imposer la dictature du Cndd ne sont pas fabriquées dans le Lola natal de Dadis Camara ; elles furent vendues par la France et achetées par la junte pour servir ses dessins funestes. Dadis a beau jeu d’ânonner que “la Guinée n’est pas un arrondissement ou une sous-préfecture de la France.” Cette rhétorique là, on l’a déjà entendue de Sékou Touré. Elle relève davantage du dédoublement de personnalité (schizophrénie) que du comportement humain normal ou du leadership politique logique.

Rassurez-vous, en Guinée, actuellement, c’est la paix, la quiétude, la confiance envers les actions du CNDD et de son président Moussa Dadis Camara.”

Col. Keita doit bluffer ici. A part les agents damnés et les profiteurs qui rôdent pour leur part du ‘gateau’, personne ne croit plus au Cndd  en Guinée. Au contraire,et cela depuis Conté,
l’insécurité et la criminalité ont élu droit de cité. Des hommes en tenue militaire volent, frappent, violent et tuent sans scrupules et sans remords. Alors, de grâce, que Moussa Keita n’ait pas l’outrecuidance de demander à qui que ce soit de se rassurer.

En définitive, capitaine Moussa (Camara) et colonel Moussa (Keita) sont l’incarnation de l’arrivisme, de la démagogie, et de la félonie armée et criminelle. En moins d’un an, leur clique s’est couverte de la sueur de leurs  centaines de prisonniers et du sang de leurs
milliers de victimes : blessés et tués.
Pour le malheur du Cndd, et pour le bien (éventuel) des Guinéens, le massacre et les viols ont été perpétrés le 28 septembre à l’ère d’Internet. Au vu des images des brutes guinéennes en action, le monde entier s’est révulsé d’horreur et a crié la commisération et l’indignation. Toute la planète a condamné la clique des deux Moussa et consorts. Des puissants aux riches en passant par les plus ordinaires, l’humanité  a exprimé son dégoût et sa volonté de mettre fin à l’impunité guinéenne.

Volubiles aujourd’hui et inconscients du terrorisme d’Etat qu’ils font subir aux citoyens, Moussa C. et Moussa K. le seront moins demain, lorsque flanqués de leurs avocats, ils comparaitront devant le Tribunal Pénal International pour répondre de leurs actes vils et
répréhensibles.

Par Thierno Siradiou Bah

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