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Les anciens “premiers ministres” guinéens ne sont peut-être pas «propres»; mais, leurs mains ne sont certainement pas tachées du sang de leurs compatriotes!

Date de publication:2009-11-28 19:33:47

2009-11-28 20:31:55

«Tous ceux qui ont géré le pays, qui ont "goûté" au poste de Premier ministre ne peuvent être candidats (à l'élection présidentielle) en Guinée», aurait déclaré à l'AFP (publiée par le site web de Jeune Afrique ce 26 Novembre 2009), Idrissa Chérif, le ministre en charge de la Communication du chef de la junte de Conakry, sans nous dire en vertu de quelle loi? 

Quels sont les pouvoirs réels d’un “premier ministre” non constitutionnel, de surcroît, dans un système clientéliste comme celui du régime Conté dont les pratiques sont perpétuées de nos jours par la junte au pouvoir à Conakry?

Tous les “premiers ministres” du Général Conté étaient financièrement “établis” avant d’être nommés “chef du gouvernement”. Ceci est un secret de Polichinelle. Les postes “juteux” étaient connus de tous et, la primature (une simple façade de représentation) ne pesait pas lourd dans ce système.

Pendant longtemps, le Ministère du Plan et de la Coopération Internationale (notamment sa Direction Nationale des Investissements Publics) a constitué le point de passage obligé de l’aide internationale en Guinée. Puis, on a créé sur mesure l’ACGP (Administration et Contrôle des Grands Projets Publics) qui est devenu, du coup, le point de passage de la manne qui devait réhabiliter et/ou mettre sur place toutes les infrastructures majeures du pays (+ de 80% de FINEX). À ces deux principales mamelles temporaires, il faudrait ajouter les robinets permanents de la Défense (avec son Intendance Militaire); des Mines et Géologie (qui ont toujours été au centre de la chronique des scandales financiers les plus rocambolesques du pays: Fonds Minier, ANAIM, …); des Finances avec ses arguments de poids que sont la DNI (Direction Nationale des Impôts), la DNSD (Direction Nationale des Services de Douanes); les Transports, avec le Port Autonome de Conakry, …

Si les intérêts de la Guinée étaient au centre des préoccupations des uns et des autres, il y a certainement des endroits où il est possible de l’exprimer: doter le pays de véritables lois et institutions républicaines équitables et fonctionnelles et avoir la hauteur de laisser les plus aptes diriger.

Je ne vois pas la qualité des autorités actuelles à Conakry pour diligenter des audits: comment des braqueurs de banques (pour ainsi dire) peuvent-ils s’arroger le droit d’investigation sur des prétendus cambrioleurs de maisons?

Pour faire la justice, il faut un État fort! Il n’y a aucun moyen de bâtir un État fort sans passer par une règlementation et des institutions conséquentes. Je me demande pourquoi ceci n’est pas évident dans l’esprit de bien de guinéens.

Les uns imposent comme principe: il faut un civil (quel qu’il soit) à la tête de l’État pour que les choses s’arrangent comme sous l’effet d’une baguette magique. Outre le fait qu’ils ne peuvent faire valoir aucun fondement juridique à l’appui de ce principe, ils oublient le bilan du seul président civil que la Guinée a eue: celui du «Camarade Responsable Suprême de la Révolution».

Et, voilà les autres qui nous sortent la carte des “premiers ministres” comme si un premier ministre a jamais eu un pouvoir en Guinée. Quel est le “premier ministre” guinéen impliqué de près ou de loin dans un massacre en Guinée? Même l’actuel titulaire du ridicule poste ne peux en être accusé, à plus forte raison!

Pour qui ils nous prennent ces gens-là?

Le jour où il y aura un État fort en Guinée dont les dirigeants auront à coeur d’effectuer une vérification en règles des comptes publics, là où cela sera possible, les guinéens seront étonnés sur les réalités que cache cet “épouvantail” nommé «audits».

En tout état de cause, pour donner un caractère sérieux et un gage d’équité et de bonne foi à ces opérations d’audits actuellement en cours en Guinée, il faudrait commencer le travail par l’Intendance militaire; particulièrement le Service “Gestion des carburants”. Une fois que les tenants de ces postes seront blanchis par un véritable audit, ils pourront avoir - à défaut d’une base légale - une base légitime pour «décrotter» l’Administration guinéenne. Sans cela, tout est fumée et sans fondement.

«C'est la nouvelle Constitution que nous allons mettre en place qui dira qui peut être candidat (et) qui ne doit pas l'être. Mais on ne peut pas permettre à des gens qui ne sont pas propres de diriger encore notre pays», aurait déclaré à l'AFP (à Ouagadougou), Idrissa Chérif. Annonçant ainsi la couleur de cette future Constitution: partiale et taillée sur mesure; comme on sait le faire en Guinée. Le plus ridicule dans cette sortie est qu’il ne nous dit pas entre “voleurs” de deniers publics et violeurs en public doublés de tueurs d’innocents, qui sont plus propres?

Pendant ce temps, nos combattants de la “démocratie” s’épuisent à Ouga et dans les chancelleries occidentales; alors que les combats d’avant-garde doivent être menés sur le terrain, auprès des populations qu’il faut sensibiliser (et non inféoder). Car, un Peuple bien informé sur ses droits est une armée invincible!

À présent que les “Forces Vives” ont abandonné l’initiative du combat juridique et règlementaire aux “Forces Mortes” (Junte), il n’y a plus aucun doute sur l’issue de cette bataille dans les conditions actuelles: les “forces” étant inégales sur toute la ligne. Les autorités de Conakry peuvent mettre n’importe quoi dans la Constitution pour le faire avaler aux populations à majorité analphabète. Si les “Forces Vives” avaient compris qu’il fallait imposer ce combat-là à la junte au lieu de celui du Chronogramme, en prenant l’initiative à son compte, en fixant la barre des réformes très haut pour que le compromis débouche sur des règles acceptables par tous, il y aurait eu une chance de s’en sortir. Cette chance vient de s’évanouir avec la sortie du sieur Idrissa Chérif à Ouagadougou. Tout laisse croire que les “Forces Mortes” vont utiliser cette révision constitutionnelle pour se tailler la part du lion et, règler au passage, certains comptes avec les “indésirables”.

C’est pourquoi j’avais suggéré la forme multipartite du comité de rédaction des futures lois cadres de la Guinée. C’est pour noyer les influences et, permettre à la Guinée d’avoir une chance de sortir de l’ornière.

Pour ce faire, deux conditions doivent être remplies:

1) - Il faudrait parvenir à faire geler les avoirs de la Guinée jusqu’à la mise en place des nouvelles institutions du pays. En coupant ses vivres, on ramènera le CNDD à de meilleures dispositions pour composer avec le reste des acteurs politiques et sociaux du pays.

2) - Il faudrait que chacun renonce définitivement à ses ambitions personnelles. Seul le futur de la Guinée doit compter. Tous ceux qui se voient déjà Président de la République, Ministre, Député à l’Assemblée Nationale, …, alors qu’ils savent pertinemment qu’ils n’en ont pas la moindre qualité, doivent taire leurs ambitions personnelles et laisser place à ceux qui ont la possibilité de réussir dans ces postes. Il ne suffit pas d’être Guinéen pour faire rentabiliser ces postes, il faut avoir les qualités physiques, techniques, morales et psychologiques pour le faire. Nous devons renoncer définitivement à notre habitude d’utiliser l’“ascenseur” pour réapprendre à empreunter les “escaliers”.

Une fois que ces conditions sont réunies, vous verrez qu’il serait facile de remettre les choses à l’ordre comme je l’avais suggéré dans “Quand les rats quittent le navire, il n’y a aucun doute sur l’imminence de son naufrage”(publié sur le web le 16 Novembre 2009); en effet, j’avais écrit: «je suggererais que le C.N.D.D., le F.F.V., la C.E.D.E.A.O., l’U.A., l’U.E., l’O.S.C.E., le Secrétaire Général des Nations Unies, … désignent chacun deux personnes - connues pour leur expertise en la matière - qui seront commises à la rédaction de ces textes». Car, si ce n’est pas par ce truchement, je ne vois pas comment le cndd - qui a les mains libres actuellement - ne réussirait pas à s’offrir une légalité constitutionnelle et se maintenir au pouvoir.

Mais, comme toujours, je sais qu’on n’y prêtera pas attention et, on foncera droit dans le mur.

En effet, dans “Un citoyen guinéen déclaré ‘persona non grata’ sur une partie du territoire national!” (23 Juin 2009), j’étais l’un des rares guinéens à sonner l’alarme en ces termes: «La popularité serait-elle devenue un crime de lèse-majesté, pour que seul le président puisse en jouir? Ce comportment de mâle dominant propre aux animaux sauvages ne peut pas avoir cours dans la société humaine même la plus primaire. Cet incident [l’expulsion de la délégation de l’UFDG de Kérouné et son blocage à l’entrée de Kankan] a pour principal mérite de traduire un message clair aux guinéens: le pouvoir est pris et, il sera confisqué! Sans quoi, il n’y a aucune raison de s’en prendre à un citoyen pour sa popularité».

Et, j’avais invité les uns et les autres à prendre position pour éteindre l’incendie dans l’oeuf: «Maintenant que le masque est tombé, l’attitude de chacun déterminera sa position sur l’échiquier de la construction démocratique en Guinée. Il faudrait absolument identifier et traduire en justice celui qui a donné cet ordre [de stopper la délégation de l’UFDG], quel qu’il soit, comme un fauteur de troubles. Le premier ministre et les membres de son gouvernement qui n’obtiendrait pas ce résultat et ne démissionnerait pas, cautionnerait cet acte extrêmement préjudiciable à la paix sociale. Les officiers supérieurs au sein du CNDD qui ne se démarqueront pas de ces pratiques en mettant à la disposition de la justice l’auteur de cet ordre auront cautionné une action de nature à provoquer des troubles aux conséquences imprévisibles. Le parti politique, l’association socioprofessionnelle, l’organisation sociale, la confession religieuse, …, qui ne condamnera pas publiquement cet acte, cautionnerait un comportment de nature à semer le désordre sur le territoire guinéen».

À l’époque, on avait dû croire que je délirais; et, personne n’avait bougé, excepté la RADDHO et l’ambassade des USA à Conakry, qui avaient fait chacun un comuniqué condamnant l’act comme étant une dangereuse dérive. Les autres, ont attendu que trop tard ait joué son rôle pour faire le medecin après la mort. En effet, aucun ministre n’avait jugé nécessaire de démissionner, aucun parti politique (sauf l’UFDG dans un communiqué laconique, ne se référent à aucune loi), aucune association, aucune confession religieuse, … n’avait dénoncé le fait. Et, aucune manifestation de ressortissants guinéens à Paris, Londres, Washington, … n’avait été enregistré pour dénoncer cette violation de droits inaliénables. Au contraire, on avait entendu dans certains milieux que «c’était bien fait pour le mioche de l’UFDG: ç’aurait été Bah Mamadou, il aurait passé outre la mesure»! Ils étaient loin de se douter de la détermination de ceux qui tirent les ficelles derrière Dadis.

                                                                           Le 26 Novembre 2009.

Saifoulaye DIALLO

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