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Le « médiateur » Blaise Compaoré rattrapé par son passé

Date de publication:2009-12-01 21:36:13

2009-12-01 22:34:20 

Cette vérité-là n’est pas tirée d’un communiqué de la CEDEAO ou de l’Union Africaine. Ce n’est pas non plus un extrait d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle n’est pas à mettre au crédit de la Commission de l’Union Européenne, encore moins du Quai d’Orsay, le ministère français des Affaires étrangères. Et ce n’est pas le fragment d’un brûlot gauchiste. Non ! Cette vérité-là, qui vaut son pesant d’or en cela qu’elle appelle un chat un chat, sort de la plume alerte et concise d’un p’tit bout de femme de 62 ans.

En une phrase, glissée dans un récent article publié dans l’International Herald Tribune, respectable quotidien américain installé à Paris, Louise Arbour, anciennement Haut Commissaire des Nations unies aux Droits de l’Homme, renvoie à son sinistre passé Blaise Compaoré, « médiateur » dans plusieurs crises ouest-africaines. Un coup de gueule et un rappel à l’ordre salutaires, tant les moyens mis en œuvre ces dernières années par d’aucuns pour réécrire l’Histoire et faire passer le président burkinabè pour ce qu’il n’est pas, étaient impressionnants.

Que dit donc dans ce morceau d’anthologie consacré aux risques d’instabilité en Afrique de l’Ouest cette Québécoise, présidente, depuis juillet, de l’International Crisis Group ? Que « Monsieur Compaoré, lui-même ancien soldat putschiste et parrain politique de Charles Taylor n’est pas le mieux placé pour prêcher les vertus de la démocratie et du pouvoir civil. » Simple, limpide comme l’eau de roche. Et, surtout, « vrai de vrai », comme l’on dit du côté de Treichville.

Parvenu au pouvoir en 1987 après un fratricide qui a choqué des millions de gens, et pas qu’en Afrique, Blaise Compaoré passe aujourd’hui pour être un médiateur qui va d’un « succès » à l’autre, notamment en Côte d’Ivoire où il joue depuis deux ans les pompiers après avoir été pyromane, au Togo et, plus récemment, en Guinée, où le tombeur de Thomas Sankara tente, sans succès pour le moment, de décerner un brevet de respectabilité à son frère d’armes et pathétique épigone, le capitaine Moussa Dadis Camara.

La sortie de Louise Arbour en atteste : les tours de passe-passe et les tentatives de relooking politique de ce capitaine qui, pour sacrifier à l’air du temps, a troqué le treillis contre une tenue de camouflage, n’auront fait illusion qu’auprès des naïfs, des miros et de ceux qui, délibérément, ont choisi depuis deux décennies de se voiler la face. Et d’oublier que le « médiateur » érigé en modèle a activement soutenu, à une époque pas si lointaine, le chef de guerre libérien Charles Taylor, lequel prenait ses aises à Ouagadougou, tout comme il a aidé, contre des « diamants maculés de sang », le sinistre Sam Bockarie dit Mosquito et sa bande de coupeurs de bras de Sierra Leone. 

Par ailleurs, nombre de diplomates restent persuadés qu’une partie de la garde prétorienne de Blaise Compaoré assure discrètement, depuis le coup d’état de décembre 2008, la sécurité personnelle du capitaine Moussa Dadis Camara dont les nervis ont violé, le 28 septembre dernier, des dizaines de femmes et massacré près de deux cents manifestants pacifiques dans un stade de Conakry et ses alentours. 

Au panthéon de ceux qui auront fait, en toute connaissance de cause, le choix de l’amnésie, adhérant ainsi à la philosophie des trois fameux singes dont la représentation orne nombre de salons africains (« ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire », proclament les primates), on peut citer les dirigeants successifs de la CEDEAO, de l’OUA et de son clone, l’UA, les diplomates de l’Union européenne et de l’ONU, sans oublier les officiels français qui n’ont eu de cesse, ces dernières années, de persuader l’opinion publique internationale que celui qui passe pour être leur  « honorable correspondant » en Afrique de l’Ouest était « l’homme de la situation. » 

Au pavillon des amnésiques, il faut également réserver une place de choix aux médias, français en tête, dont le silence persistant sur les turpitudes passées et récentes du « beau Blaise » est en passe de devenir un sujet de thèse universitaire.

C’est contre ce renoncement collectif et cette omerta que Louise Arbour a décidé de s’élever en faisant un utile rappel d’histoire et en sonnant le tocsin, au moment même où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest font de nouveau l’expérience du « pouvoir kaki ». Et on ne peut que l’en féliciter. 

Le Vengeur Masqué

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