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GUINEE : LE NOEUD GORDIEN

Date de publication:2009-12-04 15:03:10

2009-12-04 15:59:16

Ce titre qui  relève de la Mythologie grecque antique, est  passé de siècle en siècle jusqu'à nos jours dans l'expression trancher le nœud gordien d'un problème inextricable.

Son origine remonte à une légende liée à Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.). Gordias, roi  fondateur du royaume de Phrygie (Asie Mineure) avait un char, symbole de royauté dont un lien fixait le joug au timon. Un oracle avait prédit que la succession dans ce royaume  reviendrait à celui qui dénouerait le lien du char au nœud  extrêmement compliqué. En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand tenta de défaire le nœud, ni parvenant pas, il le trancha d'un coup d'épée. C'est de cette légende qu'est née l'expression « trancher le nœud gordien » qui a dès lors  désigné, par métaphore, un problème inextricable qu'on règle par une action non conforme à ce qui est édicté. Dans le langage courant le nœud gordien caractérise donc un obstacle dont on ne peut pas venir à bout par les règles habituelles.

Pour les difficiles pourparlers en cours sur la Guinée à Ouagadougou, les Forces vives guinéennes peuvent-elles en  trancher le nœud gordien, comme sortie de crise? Pour autant que cette  crise en cours soit  lourde et semble insoluble, le Forum des Forces vives n'en  disposent  pas moins  d'atouts non négligeables qu'il faut  utiliser avec maestria. Outre les Forces vives, certains Guinéens  du camp de ceux qui  luttent contre une dictature  militaire (qu'on ne tarderait pas  à habiller  en civil), ont en tête  des variables de ces atouts. Avant d'arriver aux recommandations faites par  ceux  qui méditent et écrivent  à l'attention  des Forces vives  pour  trancher le nœud gordien de la médiation faite par Blaise Compaoré désigné par ses pairs de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO),  je vais  faire un survol de l'ensemble de la situation guinéenne actuelle pour aboutir à ce que je sens , ce que je crois  pouvoir   être les  voies  incontournables  pour cela .

Je propose une marche en trois étapes tout en étant conscient que bien des aspects que je traite ont été soulevés par d'autres mais sur lesquels chacun  peut exprimer différemment son  sentiment personnel.; Les étapes que je propose sont les suivantes.

          1°) Les hommes du CNDD tels que je les jauge en tant que Guinéen, à l'échelle de l'Etat guinéen;
          2°) Les Forces vives, tels que je les sens, en tant que Guinéen, pour le service de l'Etat guinéen;
          3°) Trancher le nœud gordien de la situation guinéenne actuelle s'impose mais  pas   par l'immolation de Guinéennes et de Guinéens. Ceci est possible.

I.LES HOMMES DU CNDD TELS QUE JE LES JAUGE.

 L'évolution grand-guignolesque du Capitaine Moussa Dadis Camara et du Général   Sékouba Konaté leaders du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) est suffisamment connue des Guinéens au cours de l'année qui se termine  qu'il est à peine   nécessaire d'insister là dessus. Dans un article publié sur sites autour du 5 juin 2008: « Guinée - Que pouvons-nous attendre? », j'écrivais: »La sud américanisation de l'Armée guinéenne en pire est la chose la plus inquiétante qui pouvait arriver à la Guinée... Dans l'exemple de la mutinerie d'une partie de cette Armée, il s'est agi de sous-officiers et d'hommes de troupes, ayant séquestré et humilié leurs officiers supérieurs. Le comportement de malfrats de la pire espèce qu'ils ont eu ne doit , secrètement réjouir personne en particulier. C'est une habitude qui est prise depuis 1996 et qui a ressurgi en 2006, 2007, 2008 pour régler leurs  problèmes   d'intendance  sur le dos  de la population. Le comportement de ravalement de la hiérarchie s'est installé dans la longue durée  et sera l'ennemie de la démocratie tant souhaitée. C'est pourquoi personne ne doit se réjouir de cette situation . Les soudards qui constituent l'essentiel de l'Armée, ne travaillent pour personne en particulier mais pour eux-mêmes. Ils n'ont que faire de la nation guinéenne, encore moins de l'opinion internationale.

Nos soudards ont vu et enregistré  comment le généralissime Lansana Conté a gouverné et agi depuis vingt-quatre ans. Ils ont, pour certains, vécu ou entendu  comment le prédécesseur de Lansana Conté a gouverné et agi : tous deux par la force. Cela a marché pendant cinquante ans ; pourquoi la force ne continuerait-elle pas à régler les problèmes? Par delà les actes de vandalismes de soudards guinéens pour avoir une voiture à l'œil ou remplir son garde-manger sans bourse
 déliée, c'est l'état d'esprit qui s'incruste en eux qui est l'élément que tout responsable  politique devrait retenir », au lieu de se  réjouir en pensant que la chienlit de l'Armée pourrait lui profiter; Voilà comment je voyais l'Armée guinée avant le coup d'Etat du 23 décembre 2008.Je prolongeais
cette perception de l'Armée guinéenne  dans un autre article sur sites du 11 juin 2008: « Guinée – Ouvrons les yeux ».
Au sujet de la bande  de soldatesques arrivés au pouvoir par la force et qui se maintient par la force, on ne peut s'empêcher de penser à l'essai écrit par notre compatriote, feu Sako Kondé sur les équipes au pouvoir en Guinée de 1958 à 1984  et qu'il avait intitulé: « Guinée, le temps des fripouilles » (Paris, Edit. La Pensée Universelle, 1974, 221p.). Sako Kondé y brossait sans complaisance, la conception sans foi ni loi, d'individus y compris leur Chef  de  la gouvernance ne  reposant  que sur la force et la violence. La galerie de portraits retracés dans «Le temps des fripouille » peut se retrouver chez les hommes du CNDD, avec en moins l'apparente rigueur de méthode et d'idéologie.

   Pourquoi donc l' engouement populaire à l'annonce du coup d'Etat de décembre 2008?. Pour tous ceux qui connaissent l'évolution des cinquante années de la Guinée, cet engouement était justifié par le blocage et le glacis institutionnels auxquels on était parvenu et tout le monde ou presque   (partis politiques, opinion  publique et même l'Etranger) avait cru aux premières déclarations des membres du CNDD de faire rapidement le ménage par une courte période transitoire pour mettre le pays sur des rails institutionnels, pour ensuite regagner leurs casernes. Tout ceci a été dit solennellement à la face des opinions publiques nationale et internationale. C'est du reste pourquoi la plupart des condamnations extérieures du coup d'Etat en Guinée , n'étaient que des condamnations  de principe. On l'a vu en Mauritanie  où  le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, d'abord condamné à l'extérieur pour putsch mais  qui ne s'est pas accroché au  pouvoir en faisant massacrer des compatriotes, est à présent entré dans le club des nations civilisées.

 En   un jour, Dadis  et sa bande de criminels , ont abattu à l'arme de guerre, le 28 septembre, 157 Guinéennes et Guinéens et plus de 1200 blessés  (  au bas mot ) pour avoir, ont-ils justifié , « transgressé une interdiction de  manifestation »,mais en réalité pour supprimer toute contestation à leur soif de pouvoir. Malgré l'ampleur de cette ignominie, tranquilles comme Baptiste, lui et ses thuriféraires, occultent cet énorme forfait pour parler de deux poids deux mesures en pointant la tolérance internationale à l'accès   d'Abdel Aziz  à la Présidence de la Mauritanie. Au constat de cette référence à la Mauritanie   et au « confort moral » qu'affichent  Dadis et ses acolytes pour prétendre gouverner la Guinée,        tous les Guinéens sensés et le monde civilisé ne peuvent que  reconnaître que des  hommes si  dénués de scrupules et d'humanité méritent non seulement la disqualification aux charges qu'ils convoitent  mais aussi , le mépris absolu. C'est ce qui devrait  être la réponse à  la sauvagerie des hommes du CNDD. Ils ont montré en onze mois toute leurs limites à pouvoir gouverner la Guinée qui ne manque pas de problèmes à régler.

Accueillis en sauveurs par le peuple guinéen qui leur avait  ouvert un boulevard historique que des hommes doués d'un minimum de calcul politique, auraient pu aménager pour l'avenir; ils se grisés de pouvoir et  sont tombés en trois à  quatre mois dans la tambouille de courtisans-vers de terre . Ils se sont saisis de tous les thèmes qui pouvaient encore exciter les ressentiments  et  l'ardeur vengeresse d'un peuple recrus de  malheurs . Malheurs  de  cinquante ans de violence systématique ,de  mal gouvernance, de  pillages  économiques  du pays par son encadrement politique  civil mais également   militaire. De tout cela, a  été brandie la détermination  d'entreprendre  des    audits de gestions publiques,  de faire des élections libres, de  lutter  contre les narcotrafiquants,  de terrasser  l'ethnocentrisme,  etc. Naturellement tous ces thèmes se sont vite révélés être des coquilles vides, des attrape-nigauds.  

  Mais pas pour Dadis et ses  compagnons. Ils leur  ont servi à tenter   d' asseoir durablement leur mainmise  sur le pays. Ils  ont montré par là que ce qui les intéressait par dessus tout, était leur pérennisation au pouvoir à l'instar de leur  père spirituel Lansana Conté. Celui-ci qui a été le pilleur numéro des ressources économiques du pays n'a jamais été cité par Dadis dans ses élucubrations sur les audits. Et d'ailleurs lui-même Dadis, gestionnaire des carburants de l'Armée, autre entreprise juteuse d'Etat,  sous le régime de Conté, comment a-t-il fait  pour s'offrir les propriétés foncières qu'il possède à Conakry et ailleurs? Ce n'est sûrement pas  avec des économies sur son salaire de misère de capitaine de l'Armée guinéenne. Depuis qu'il s'est autoproclamé Président ,d'où tire-t-il tous les fonds financiers qu'il distribue   à droite et à gauche pour se constituer une clientèle politique, comme ces falots des   « Forces  patriotique »,ceux de « L'Alliance de l'Union démocratique de Guinée »? N'est-ce pas sur les deniers publics sans autorisation préalable et pour d'autres sur la logistique de l'Etat? Et son second Sékou Konaté, où a-t-il tiré, entre autres,  des fonds pour envoyer à titre privé 50 pèlerins  à La  Mecque?.Toutes ces manœuvres d'échafaudage de bana-bana à construire à la hâte des partis politiques fantoches pour se maintenir en place, montrent que Dadis et son brain-trust du CNDD n'ont rien retenu  en la matière des 50 années de la Guinée indépendante.

Le puissant et totalitaire PDG qui embrigadait tous les Guinéens à partir de l'âge de sept  ans ,  s'est écroulé ,un matin, le 3 avril 1984, dans l'indifférence générale. Or le PDG avait dans ses manœuvres de pérennisation publié de nouveaux statuts en 1969 dont l'article 3 stipulait: « Est membre du Parti Démocratique de Guinée, tout citoyen de la République de Guinée âgé de sept  ans au moins qui accepte le programme et les statuts, prend une part active à la réalisation des objectifs  fixés à l'article 1er, applique les décisions du Parti et acquitte ses cotisations » ( voir Horoya n° 1640 du 17 janvier 1969, p.2), tout cela ne lui a pas évité l'écroulement brutal. Le P.U.P. que Conté avait financé sur les deniers publics s'est effondré avant sa disparition.

Combien de temps  Dadis et consorts croient-ils que  les « Forces patriotiques » et autres, Alliance de  l'Union démocratique de Guinée , vont-elles tenir la rampe? Tous ces exemples sont cités pour signaler l'absence de vision du futur guinéen  des hommes du CNDD et qu'il ne faut pas leur faire confiance ,ne serait-ce qu'au regard de la froideur de monstres que la machine-CNDD a montrée en ce jour du 28 septembre 2009.

 Rien ne peut justifier une  confiance en ces criminels qui ont ainsi annoncé la couleur de la gouvernance qu'ils comptent installer, une fois consolidés. Pour toutes celles et tous ceux qui aiment la Guinée, méditez sur notre passé: de 1958 à 2008, quand des compatriotes étaient arrêtés et physiquement liquidés, les voisins ne se posaient pas de questions, jusqu'au  jour où c'étaient eux ou un des leurs qui étaient fauchés par la machine à tuer. Ce type de comportement est bel et bien présent encore aujourd'hui.

Les  aspects soulevés ici  de la gouvernance erratique de  cette étrange camarilla du CNDD sont  d'autant plus inquiétants  qu'elle  s'est affublée de personnages interlopes qui la desservent plus qu'ils ne  la servent à l'intérieur comme à l'extérieur. C'est le cas de ce Moussa Keita, Chef de la délégation du CNDD à Ouagadougou qui déclare à R. N. Sawadogo dans Fasozine, parlant des Forces vives: « Plus jamais, nous n'accepterons que des gens qui ont les mains sales dirigent la Guinée ».  Si l'on posait la  question  à des enfants de l'école primaire de n'importe quel continent de savoir  laquelle  des deux  mains de deux malfaiteurs est la plus sale ,l'une dégoulinante  de sang humain, l'autre pas de sang ; on peut sans aucun doute s'attendre à ce que la presque totalité des enfants désignent comme étant la plus sale, la main sanguinolente. Par conséquent les mains des  criminels soudards ,  couvertes du sang de nos compatriotes sont plus sales que celles de ministres qui ont volé des deniers publics et qui doivent  d'ailleurs  en  répondre autrement que dans le cadre d'une justification du CNDD pour se maintenir en place. Le diplomate du CNDD qui pose la question dans ces termes,  ne s' est même pas regardé dans un miroir  avant de répondre,  ou,  autre  explication de l' absente d'humanité du CNDD à travers son commis voyageur ,est que  quelques billets de banque de franc guinéen valent infiniment mieux que des vies de citoyens guinéens. A partir de là,  quelle  signification donnez-vous à ce type de  comportement ?...Ce n'est pas parce qu'on n'a pas eu  de parents directs dans le pogrom du 28 septembre 2009, qu'on peut aller jusqu'à se refuser de  se pencher sur ces massacres. Le CNDD  a une conception   de son rôle de dirigeant d'un pays si faible pour ne pas dire inexistant que cela  devrait encore le disqualifier plus  aux yeux des Guinéens et de l'extérieur.

 L'autre personnage  interlope dans les négociations de Ouagadougou et qui illustre l'incompétence rédhibitoire du CNDD à diriger un pays , est le nommé  Chérif Idrissa, ministre à la Présidence  chargé de la communication et de l'information. Celui-ci après des pérégrinations  non éclaircies hors de Guinée, tombe dans la mamaya de Dadis à Conakry, en épouse les rites et le langage et devient un personnage du système. Il commence par rassurer son patron lui affirmant que les menaces extérieures de sanctions contre la junte ne sont que des verbiages sans lendemains . A preuve, lui ,« le ferrailleur de pacotille» en a vu des belles de ces menaces  vite tombées dans l'oubli comme par exemple en Côte d'Ivoire où il vu qu'après  la mort de 4 000 personnes, les menaces d'embargo contre ce pays, n'ont pas  été suivies d'effets. Et dire que c'est ce paltoquet  qui a proféré   qu'on ne peut pas brader la dignité de la Guinée en laissant venir au pouvoir les dirigeants des Forces vives guinéennes. Mais c'est ce genre de personnages au verbe haut et sans consistance  qui peuplent les allées du Camp Alpha Yaya et « gouvernent » en ce moment  notre pays. Quelle descente...!.Chérif Idrissa sait, cependant ,  à quoi  s'en  tenir pour sa sécurité personnelle . A part les voyages encadrés de Conakry-Ouagadougou, il sait qu'il risquerait gros en s'aventurant ailleurs. Des personnages opportunistes de son espèce  doivent se dire qu'il faut vite profiter de l'aubaine qui fait de lui un ministre de laRépublique de Guinée, le temps que Dadis sera là.

J'ai cité ces deux cas (il y en a d'autres)  pour signaler l'extrême faiblesse  intellectuelle et morale des éléments disparates autour de Dadis et leur effrayante vacuité pour pouvoir parler au nom d'un pays.Pour s'être acoquinés  avec des personnages aussi peu recommandables, Dadis et les membres du CNDD montrent aux Guinéens leur peu de considération  pour  eux ,pourvu qu'ils demeurent au pouvoir. Or l'amour de la terre natale, sans parler des hommes et des femmes qui l'habitent,  peut s'étendre ,pour des êtres normaux, jusqu'aux objets  inanimés environnants comme beaucoup de gens l'ont ressenti à travers les siècles et qu'exprime si bien le poète , dans ces mots:

                          «  Chaumière  où du foyer étincelait la flamme,
                           Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
                            Objets inanimés, avez-vous donc une âme
                            Qui s'attache à notre âme  et la force à aimer ? »

                          (Alphonse de Lamartine, 1790- 1869, dans « Milly ou l'amour de la terre natale).

Célébrer l'amour de la  terre natale ,de  la patrie, jusqu'à interpeler les objets environnants est encore aux antipodes  de la bestialité brutale et meurtrière des hommes du CNDD pour conserver le pouvoir. Encore une fois, ces hommes ont-ils une humanité? C'est un point sur lequel on devra  appuyer pour  la disqualification définitive de la bande du CNDD et ses acolytes.

 L'apparente constitution en trompe-l'oeil  du gouvernement autour du CNDD ne laisse pas voir ouvertement une « ethnisation outrancière », pour  qui  ne  sait pas  lire entre les lignes. J'ai toujours écrit que cela me hérisse de vouloir toujours tout traiter sous l'angle ethnique .Mais j'ai aussi écrit que dans une nation en formation comme la nôtre , les politiques doivent tenir compte des sensibilités régionales, or, aussi bien dans le CNDD que dans le gouvernement, La Basse-Guinée et La Moyenne-Guinée, ont l'air de faire figure de  parents pauvres alors qu'elles sont aussi  démographiquement parlant de grandes régions. Même à ne considérer que  les deux autres régions  (Haute-Guinée et Guinée -Forestière), il apparaît qu'elles  ne sont pas équitablement traitées  en terme de géographie locale dans le gouvernement et la haute fonction administrative.

Pour prendre, en exemple,  la Guinée-Forestière, ceux de nos compatriotes qui utilisent facilement l'expression de « pouvoir forestier » se trompent lourdement . Ce pouvoir n'est pas forestier, autant que le pouvoir de Sékou Touré n'était pas  un pouvoir malinké, ni celui de Conté, un pouvoir soussou. Pour l'actuel pouvoir, il  vous suffit, cependant, de  consulter la composition du premier Gouvernement Komara, à la mi- Janvier 2009. Sur 30 ministres, un  noyau dur composé de l'entourage ethnique immédiat  (Guerzé)  de Dadis  tient  quatre  grands ministères de souveraineté: Alexandre  Cécé  Loua aux Affaires étrangères, Dr Frédérique Kolié à l'Administration du Territoire et des Affaires politiques, Colonel Siba Nol amou  à la Justice, Papa Koly Kourouma (seul rescapé du Gouvernement Souaré)  à l'Education. Cette « ethnisation « trop condensée, ne concerne même pas tous les Guerzé  qui  sont loin, d'ailleurs,  dans leur ensemble de constituer numériquement un ensemble significatif de l'ensemble de la Guinée-Forestière. Mais le noyau dur Guerzé  en question ne se situe que sur  l'unique axe Koulé-N'Zérékoré.   Le capitaine Claude  Pivi qui n'est pas à proprement parler Guerzé à rejoint ce noyau  comme  ministre à la sécurité présidentielle  et a  réussi à faire nommer ministre Alassane   Onipogui. Alors quand certains parlent allègrement de pouvoir forestier, où sont passés les Kono, les Toma, les Kissi, les Manon, les kouranko, les Malinké, Peuhl et autres durablement  installés en  Guinée-Forestière?

Telles sont des réalités qui dépeignent l'ethnocentrisme de Dadis   qui clame vouloir lutter contre cet ethnocentrisme, sans me référer ici aux milices qu'on dit venir des résidus des  guerres du Libéria et de Sierra Leone. Mais là-dessus, n'ayant pas d'informations précises, je ne peux pas dire plus.  Et s'il s'avérait  que certaines rumeurs qui courent sur ce sujet, sont fondées, je demeure persuadé que cette stratégie ne mènera à aucune pérennisation du pouvoir de Dadis et du  CNDD. Depuis les indépendances africaines, combien de chefs d'Etat n'ont-ils pas usé de stratagèmes, dépensé  d'énormes sommes d'argent pour la sauvegarde de leur fauteuil présidentiel. En vain!

Ce sont là aussi des questions que des  internautes soulèvent et qui entraînent l'ire d'autres. Mais on devrait pouvoir   parler de tout cela sans s'étriper pour montrer toutes les façades du pouvoir d'imposture que Moussa Dadis Camara mène avec son char de CNDD. Comme les précédents pouvoirs, il faut que ceux qui soutiennent ce pouvoir fantomatique du CNDD qui  ne mènera la Guinée qu'à plus de ruines, se désillusionnent et deviennent réalistes. C'est certain que des margoulins (ministres ,hauts fonctionnaires ou autres) en profiteront pour s'enrichir personnellement mais ce n'est pas ce qui va faire progresser notre pays.

 Guinéennes, Guinéens, mes compatriotes, de toutes régions, de toutes sensibilités politiques, de toutes confessions religieuses, ressaisissez-vous pour réorienter la Guinée vers une direction de  vraie démocratie, source de plein épanouissement humain pour tous les Guinéens. Les militaires guinéens, tels qu'ils sont, aujourd'hui, ne seront pas capables, en tant qu'inspirateurs et recours de la politique guinéenne, de réaliser l'aggiornamento de la démocratie et du développement de la Guinée. Il ne s'agit pas dans ces propos de rejet ou d'exclusion définitive de citoyens. Dans ce monde du XXIe siècle, il faut des hommes et des femmes qui se sont, de longue date, préparés à la gestion publique. Avec une accélération plus rapide de l'Histoire, cela devient une nécessité absolue. un militaire qui abandonne son métier d'armes et n'a plus de lien organique avec l'armée, pour se préparer à entrer dans l'arène politique , n'est plus un militaire mais un citoyen civil, qui une fois élu va appliquer la gestion civile à la société et non pas la gestion « mécaniste et robotique » des armées. Mais dans toute société, existe une division sociale du travail. Les militaires sont plus compétents que quiconque pour la défense du territoire national. Leur  prétention  basée sur des armes, pour  diriger des pays, notamment  en Afrique, est une des causes principales de la  stagnation, voire  de la régression de ce continent. Or pour l'Afrique, tendre la main pour obtenir des « aides extérieures » ou se prosterner aux pieds des bailleurs de fonds extérieurs pour les moindres projets et même pour organiser des élections  , n'offusquent plus grand monde,50 ans après avoir retrouvé notre dignité par l'indépendance. C'est pour toutes ces raisons que nous aspirons à une nouvelle forme de gouvernance assise sur une volonté librement exprimée  des citoyens guinéens et africains mais  non pas  par  la force des armes. C'est pourquoi, on ne peut pas accepter Dadis et le CNDD, car ils n'ont aucune vision précise de l'avenir de la Guinée en dehors des fantasmes. Ce n'est pas en sortant d'une boutique de distribution de carburants à des troufions qu'on peut raisonnablement s'ériger en manager d'une nation. Il est bien vrai que dans notre pays ,chacun se croit capable de tout faire et c'est pourquoi , nous sommes, aujourd'hui, en Afrique de l'Ouest, à part les discours creux,  l'une des nations les moins performantes sur le plan de la démocratie et du développement économique et social. Il faut que par nos forces assemblées, nous arrêtions cet état des choses.

Je crois que nos compatriotes qui luttent actuellement au sein des Forces vives et dans n'importe  quelles autres organisations pour une autre Guinée  que celle de l'Etat totalitaire et du caporalisme obscurantistes  de 1958 à 2009, doivent être soutenus. Je crois que les hommes et les femmes issus  des Forces vives et sans tutelle d'autocrates ignorants feront mieux pour la Guinée que des militaires semi-lettrés. Ces Forces vives  doivent être soutenues et encouragées , même si, aujourd'hui, le combat mené peut sembler sans issue. Ce genre de situation s'est souvent présentée  dans l'histoire des nations. Et le combat qui se mène  ne se déroule pas seulement sur le terrain comme on l'entend souvent mais également hors du terrain. Ce combat se mène aussi par la plume: livres, presse-papier, presse électronique etc. D'où la rage des Guinéens sur le Net mais cela devrait éviter les attaques personnelles  mais  conduire à la recherche d'arguments solides .  (A SUIVRE)


                            Ansoumane DORE
                             (Dijon, France)

 


Commentaires


2009-12-04 15:59:16

Ce titre qui  relève de la Mythologie grecque antique, est  passé de siècle en siècle jusqu'à nos jours dans l'expression trancher le nœud gordien d'un problème inextricable.

Son origine remonte à une légende liée à Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.). Gordias, roi  fondateur du royaume de Phrygie (Asie Mineure) avait un char, symbole de royauté dont un lien fixait le joug au timon. Un oracle avait prédit que la succession dans ce royaume  reviendrait à celui qui dénouerait le lien du char au nœud  extrêmement compliqué. En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand tenta de défaire le nœud, ni parvenant pas, il le trancha d'un coup d'épée. C'est de cette légende qu'est née l'expression « trancher le nœud gordien » qui a dès lors  désigné, par métaphore, un problème inextricable qu'on règle par une action non conforme à ce qui est édicté. Dans le langage courant le nœud gordien caractérise donc un obstacle dont on ne peut pas venir à bout par les règles habituelles.

Pour les difficiles pourparlers en cours sur la Guinée à Ouagadougou, les Forces vives guinéennes peuvent-elles en  trancher le nœud gordien, comme sortie de crise? Pour autant que cette  crise en cours soit  lourde et semble insoluble, le Forum des Forces vives n'en  disposent  pas moins  d'atouts non négligeables qu'il faut  utiliser avec maestria. Outre les Forces vives, certains Guinéens  du camp de ceux qui  luttent contre une dictature  militaire (qu'on ne tarderait pas  à habiller  en civil), ont en tête  des variables de ces atouts. Avant d'arriver aux recommandations faites par  ceux  qui méditent et écrivent  à l'attention  des Forces vives  pour  trancher le nœud gordien de la médiation faite par Blaise Compaoré désigné par ses pairs de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO),  je vais  faire un survol de l'ensemble de la situation guinéenne actuelle pour aboutir à ce que je sens , ce que je crois  pouvoir   être les  voies  incontournables  pour cela .

Je propose une marche en trois étapes tout en étant conscient que bien des aspects que je traite ont été soulevés par d'autres mais sur lesquels chacun  peut exprimer différemment son  sentiment personnel.; Les étapes que je propose sont les suivantes.

          1°) Les hommes du CNDD tels que je les jauge en tant que Guinéen, à l'échelle de l'Etat guinéen;
          2°) Les Forces vives, tels que je les sens, en tant que Guinéen, pour le service de l'Etat guinéen;
          3°) Trancher le nœud gordien de la situation guinéenne actuelle s'impose mais  pas   par l'immolation de Guinéennes et de Guinéens. Ceci est possible.

I.LES HOMMES DU CNDD TELS QUE JE LES JAUGE.

 L'évolution grand-guignolesque du Capitaine Moussa Dadis Camara et du Général   Sékouba Konaté leaders du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) est suffisamment connue des Guinéens au cours de l'année qui se termine  qu'il est à peine   nécessaire d'insister là dessus. Dans un article publié sur sites autour du 5 juin 2008: « Guinée - Que pouvons-nous attendre? », j'écrivais: »La sud américanisation de l'Armée guinéenne en pire est la chose la plus inquiétante qui pouvait arriver à la Guinée... Dans l'exemple de la mutinerie d'une partie de cette Armée, il s'est agi de sous-officiers et d'hommes de troupes, ayant séquestré et humilié leurs officiers supérieurs. Le comportement de malfrats de la pire espèce qu'ils ont eu ne doit , secrètement réjouir personne en particulier. C'est une habitude qui est prise depuis 1996 et qui a ressurgi en 2006, 2007, 2008 pour régler leurs  problèmes   d'intendance  sur le dos  de la population. Le comportement de ravalement de la hiérarchie s'est installé dans la longue durée  et sera l'ennemie de la démocratie tant souhaitée. C'est pourquoi personne ne doit se réjouir de cette situation . Les soudards qui constituent l'essentiel de l'Armée, ne travaillent pour personne en particulier mais pour eux-mêmes. Ils n'ont que faire de la nation guinéenne, encore moins de l'opinion internationale.

Nos soudards ont vu et enregistré  comment le généralissime Lansana Conté a gouverné et agi depuis vingt-quatre ans. Ils ont, pour certains, vécu ou entendu  comment le prédécesseur de Lansana Conté a gouverné et agi : tous deux par la force. Cela a marché pendant cinquante ans ; pourquoi la force ne continuerait-elle pas à régler les problèmes? Par delà les actes de vandalismes de soudards guinéens pour avoir une voiture à l'œil ou remplir son garde-manger sans bourse
 déliée, c'est l'état d'esprit qui s'incruste en eux qui est l'élément que tout responsable  politique devrait retenir », au lieu de se  réjouir en pensant que la chienlit de l'Armée pourrait lui profiter; Voilà comment je voyais l'Armée guinée avant le coup d'Etat du 23 décembre 2008.Je prolongeais
cette perception de l'Armée guinéenne  dans un autre article sur sites du 11 juin 2008: « Guinée – Ouvrons les yeux ».
Au sujet de la bande  de soldatesques arrivés au pouvoir par la force et qui se maintient par la force, on ne peut s'empêcher de penser à l'essai écrit par notre compatriote, feu Sako Kondé sur les équipes au pouvoir en Guinée de 1958 à 1984  et qu'il avait intitulé: « Guinée, le temps des fripouilles » (Paris, Edit. La Pensée Universelle, 1974, 221p.). Sako Kondé y brossait sans complaisance, la conception sans foi ni loi, d'individus y compris leur Chef  de  la gouvernance ne  reposant  que sur la force et la violence. La galerie de portraits retracés dans «Le temps des fripouille » peut se retrouver chez les hommes du CNDD, avec en moins l'apparente rigueur de méthode et d'idéologie.

   Pourquoi donc l' engouement populaire à l'annonce du coup d'Etat de décembre 2008?. Pour tous ceux qui connaissent l'évolution des cinquante années de la Guinée, cet engouement était justifié par le blocage et le glacis institutionnels auxquels on était parvenu et tout le monde ou presque   (partis politiques, opinion  publique et même l'Etranger) avait cru aux premières déclarations des membres du CNDD de faire rapidement le ménage par une courte période transitoire pour mettre le pays sur des rails institutionnels, pour ensuite regagner leurs casernes. Tout ceci a été dit solennellement à la face des opinions publiques nationale et internationale. C'est du reste pourquoi la plupart des condamnations extérieures du coup d'Etat en Guinée , n'étaient que des condamnations  de principe. On l'a vu en Mauritanie  où  le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, d'abord condamné à l'extérieur pour putsch mais  qui ne s'est pas accroché au  pouvoir en faisant massacrer des compatriotes, est à présent entré dans le club des nations civilisées.

 En   un jour, Dadis  et sa bande de criminels , ont abattu à l'arme de guerre, le 28 septembre, 157 Guinéennes et Guinéens et plus de 1200 blessés  (  au bas mot ) pour avoir, ont-ils justifié , « transgressé une interdiction de  manifestation »,mais en réalité pour supprimer toute contestation à leur soif de pouvoir. Malgré l'ampleur de cette ignominie, tranquilles comme Baptiste, lui et ses thuriféraires, occultent cet énorme forfait pour parler de deux poids deux mesures en pointant la tolérance internationale à l'accès   d'Abdel Aziz  à la Présidence de la Mauritanie. Au constat de cette référence à la Mauritanie   et au « confort moral » qu'affichent  Dadis et ses acolytes pour prétendre gouverner la Guinée,        tous les Guinéens sensés et le monde civilisé ne peuvent que  reconnaître que des  hommes si  dénués de scrupules et d'humanité méritent non seulement la disqualification aux charges qu'ils convoitent  mais aussi , le mépris absolu. C'est ce qui devrait  être la réponse à  la sauvagerie des hommes du CNDD. Ils ont montré en onze mois toute leurs limites à pouvoir gouverner la Guinée qui ne manque pas de problèmes à régler.

Accueillis en sauveurs par le peuple guinéen qui leur avait  ouvert un boulevard historique que des hommes doués d'un minimum de calcul politique, auraient pu aménager pour l'avenir; ils se grisés de pouvoir et  sont tombés en trois à  quatre mois dans la tambouille de courtisans-vers de terre . Ils se sont saisis de tous les thèmes qui pouvaient encore exciter les ressentiments  et  l'ardeur vengeresse d'un peuple recrus de  malheurs . Malheurs  de  cinquante ans de violence systématique ,de  mal gouvernance, de  pillages  économiques  du pays par son encadrement politique  civil mais également   militaire. De tout cela, a  été brandie la détermination  d'entreprendre  des    audits de gestions publiques,  de faire des élections libres, de  lutter  contre les narcotrafiquants,  de terrasser  l'ethnocentrisme,  etc. Naturellement tous ces thèmes se sont vite révélés être des coquilles vides, des attrape-nigauds.  

  Mais pas pour Dadis et ses  compagnons. Ils leur  ont servi à tenter   d' asseoir durablement leur mainmise  sur le pays. Ils  ont montré par là que ce qui les intéressait par dessus tout, était leur pérennisation au pouvoir à l'instar de leur  père spirituel Lansana Conté. Celui-ci qui a été le pilleur numéro des ressources économiques du pays n'a jamais été cité par Dadis dans ses élucubrations sur les audits. Et d'ailleurs lui-même Dadis, gestionnaire des carburants de l'Armée, autre entreprise juteuse d'Etat,  sous le régime de Conté, comment a-t-il fait  pour s'offrir les propriétés foncières qu'il possède à Conakry et ailleurs? Ce n'est sûrement pas  avec des économies sur son salaire de misère de capitaine de l'Armée guinéenne. Depuis qu'il s'est autoproclamé Président ,d'où tire-t-il tous les fonds financiers qu'il distribue   à droite et à gauche pour se constituer une clientèle politique, comme ces falots des   « Forces  patriotique »,ceux de « L'Alliance de l'Union démocratique de Guinée »? N'est-ce pas sur les deniers publics sans autorisation préalable et pour d'autres sur la logistique de l'Etat? Et son second Sékou Konaté, où a-t-il tiré, entre autres,  des fonds pour envoyer à titre privé 50 pèlerins  à La  Mecque?.Toutes ces manœuvres d'échafaudage de bana-bana à construire à la hâte des partis politiques fantoches pour se maintenir en place, montrent que Dadis et son brain-trust du CNDD n'ont rien retenu  en la matière des 50 années de la Guinée indépendante.

Le puissant et totalitaire PDG qui embrigadait tous les Guinéens à partir de l'âge de sept  ans ,  s'est écroulé ,un matin, le 3 avril 1984, dans l'indifférence générale. Or le PDG avait dans ses manœuvres de pérennisation publié de nouveaux statuts en 1969 dont l'article 3 stipulait: « Est membre du Parti Démocratique de Guinée, tout citoyen de la République de Guinée âgé de sept  ans au moins qui accepte le programme et les statuts, prend une part active à la réalisation des objectifs  fixés à l'article 1er, applique les décisions du Parti et acquitte ses cotisations » ( voir Horoya n° 1640 du 17 janvier 1969, p.2), tout cela ne lui a pas évité l'écroulement brutal. Le P.U.P. que Conté avait financé sur les deniers publics s'est effondré avant sa disparition.

Combien de temps  Dadis et consorts croient-ils que  les « Forces patriotiques » et autres, Alliance de  l'Union démocratique de Guinée , vont-elles tenir la rampe? Tous ces exemples sont cités pour signaler l'absence de vision du futur guinéen  des hommes du CNDD et qu'il ne faut pas leur faire confiance ,ne serait-ce qu'au regard de la froideur de monstres que la machine-CNDD a montrée en ce jour du 28 septembre 2009.

 Rien ne peut justifier une  confiance en ces criminels qui ont ainsi annoncé la couleur de la gouvernance qu'ils comptent installer, une fois consolidés. Pour toutes celles et tous ceux qui aiment la Guinée, méditez sur notre passé: de 1958 à 2008, quand des compatriotes étaient arrêtés et physiquement liquidés, les voisins ne se posaient pas de questions, jusqu'au  jour où c'étaient eux ou un des leurs qui étaient fauchés par la machine à tuer. Ce type de comportement est bel et bien présent encore aujourd'hui.

Les  aspects soulevés ici  de la gouvernance erratique de  cette étrange camarilla du CNDD sont  d'autant plus inquiétants  qu'elle  s'est affublée de personnages interlopes qui la desservent plus qu'ils ne  la servent à l'intérieur comme à l'extérieur. C'est le cas de ce Moussa Keita, Chef de la délégation du CNDD à Ouagadougou qui déclare à R. N. Sawadogo dans Fasozine, parlant des Forces vives: « Plus jamais, nous n'accepterons que des gens qui ont les mains sales dirigent la Guinée ».  Si l'on posait la  question  à des enfants de l'école primaire de n'importe quel continent de savoir  laquelle  des deux  mains de deux malfaiteurs est la plus sale ,l'une dégoulinante  de sang humain, l'autre pas de sang ; on peut sans aucun doute s'attendre à ce que la presque totalité des enfants désignent comme étant la plus sale, la main sanguinolente. Par conséquent les mains des  criminels soudards ,  couvertes du sang de nos compatriotes sont plus sales que celles de ministres qui ont volé des deniers publics et qui doivent  d'ailleurs  en  répondre autrement que dans le cadre d'une justification du CNDD pour se maintenir en place. Le diplomate du CNDD qui pose la question dans ces termes,  ne s' est même pas regardé dans un miroir  avant de répondre,  ou,  autre  explication de l' absente d'humanité du CNDD à travers son commis voyageur ,est que  quelques billets de banque de franc guinéen valent infiniment mieux que des vies de citoyens guinéens. A partir de là,  quelle  signification donnez-vous à ce type de  comportement ?...Ce n'est pas parce qu'on n'a pas eu  de parents directs dans le pogrom du 28 septembre 2009, qu'on peut aller jusqu'à se refuser de  se pencher sur ces massacres. Le CNDD  a une conception   de son rôle de dirigeant d'un pays si faible pour ne pas dire inexistant que cela  devrait encore le disqualifier plus  aux yeux des Guinéens et de l'extérieur.

 L'autre personnage  interlope dans les négociations de Ouagadougou et qui illustre l'incompétence rédhibitoire du CNDD à diriger un pays , est le nommé  Chérif Idrissa, ministre à la Présidence  chargé de la communication et de l'information. Celui-ci après des pérégrinations  non éclaircies hors de Guinée, tombe dans la mamaya de Dadis à Conakry, en épouse les rites et le langage et devient un personnage du système. Il commence par rassurer son patron lui affirmant que les menaces extérieures de sanctions contre la junte ne sont que des verbiages sans lendemains . A preuve, lui ,« le ferrailleur de pacotille» en a vu des belles de ces menaces  vite tombées dans l'oubli comme par exemple en Côte d'Ivoire où il vu qu'après  la mort de 4 000 personnes, les menaces d'embargo contre ce pays, n'ont pas  été suivies d'effets. Et dire que c'est ce paltoquet  qui a proféré   qu'on ne peut pas brader la dignité de la Guinée en laissant venir au pouvoir les dirigeants des Forces vives guinéennes. Mais c'est ce genre de personnages au verbe haut et sans consistance  qui peuplent les allées du Camp Alpha Yaya et « gouvernent » en ce moment  notre pays. Quelle descente...!.Chérif Idrissa sait, cependant ,  à quoi  s'en  tenir pour sa sécurité personnelle . A part les voyages encadrés de Conakry-Ouagadougou, il sait qu'il risquerait gros en s'aventurant ailleurs. Des personnages opportunistes de son espèce  doivent se dire qu'il faut vite profiter de l'aubaine qui fait de lui un ministre de laRépublique de Guinée, le temps que Dadis sera là.

J'ai cité ces deux cas (il y en a d'autres)  pour signaler l'extrême faiblesse  intellectuelle et morale des éléments disparates autour de Dadis et leur effrayante vacuité pour pouvoir parler au nom d'un pays.Pour s'être acoquinés  avec des personnages aussi peu recommandables, Dadis et les membres du CNDD montrent aux Guinéens leur peu de considération  pour  eux ,pourvu qu'ils demeurent au pouvoir. Or l'amour de la terre natale, sans parler des hommes et des femmes qui l'habitent,  peut s'étendre ,pour des êtres normaux, jusqu'aux objets  inanimés environnants comme beaucoup de gens l'ont ressenti à travers les siècles et qu'exprime si bien le poète , dans ces mots:

                          «  Chaumière  où du foyer étincelait la flamme,
                           Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
                            Objets inanimés, avez-vous donc une âme
                            Qui s'attache à notre âme  et la force à aimer ? »

                          (Alphonse de Lamartine, 1790- 1869, dans « Milly ou l'amour de la terre natale).

Célébrer l'amour de la  terre natale ,de  la patrie, jusqu'à interpeler les objets environnants est encore aux antipodes  de la bestialité brutale et meurtrière des hommes du CNDD pour conserver le pouvoir. Encore une fois, ces hommes ont-ils une humanité? C'est un point sur lequel on devra  appuyer pour  la disqualification définitive de la bande du CNDD et ses acolytes.

 L'apparente constitution en trompe-l'oeil  du gouvernement autour du CNDD ne laisse pas voir ouvertement une « ethnisation outrancière », pour  qui  ne  sait pas  lire entre les lignes. J'ai toujours écrit que cela me hérisse de vouloir toujours tout traiter sous l'angle ethnique .Mais j'ai aussi écrit que dans une nation en formation comme la nôtre , les politiques doivent tenir compte des sensibilités régionales, or, aussi bien dans le CNDD que dans le gouvernement, La Basse-Guinée et La Moyenne-Guinée, ont l'air de faire figure de  parents pauvres alors qu'elles sont aussi  démographiquement parlant de grandes régions. Même à ne considérer que  les deux autres régions  (Haute-Guinée et Guinée -Forestière), il apparaît qu'elles  ne sont pas équitablement traitées  en terme de géographie locale dans le gouvernement et la haute fonction administrative.

Pour prendre, en exemple,  la Guinée-Forestière, ceux de nos compatriotes qui utilisent facilement l'expression de « pouvoir forestier » se trompent lourdement . Ce pouvoir n'est pas forestier, autant que le pouvoir de Sékou Touré n'était pas  un pouvoir malinké, ni celui de Conté, un pouvoir soussou. Pour l'actuel pouvoir, il  vous suffit, cependant, de  consulter la composition du premier Gouvernement Komara, à la mi- Janvier 2009. Sur 30 ministres, un  noyau dur composé de l'entourage ethnique immédiat  (Guerzé)  de Dadis  tient  quatre  grands ministères de souveraineté: Alexandre  Cécé  Loua aux Affaires étrangères, Dr Frédérique Kolié à l'Administration du Territoire et des Affaires politiques, Colonel Siba Nol amou  à la Justice, Papa Koly Kourouma (seul rescapé du Gouvernement Souaré)  à l'Education. Cette « ethnisation « trop condensée, ne concerne même pas tous les Guerzé  qui  sont loin, d'ailleurs,  dans leur ensemble de constituer numériquement un ensemble significatif de l'ensemble de la Guinée-Forestière. Mais le noyau dur Guerzé  en question ne se situe que sur  l'unique axe Koulé-N'Zérékoré.   Le capitaine Claude  Pivi qui n'est pas à proprement parler Guerzé à rejoint ce noyau  comme  ministre à la sécurité présidentielle  et a  réussi à faire nommer ministre Alassane   Onipogui. Alors quand certains parlent allègrement de pouvoir forestier, où sont passés les Kono, les Toma, les Kissi, les Manon, les kouranko, les Malinké, Peuhl et autres durablement  installés en  Guinée-Forestière?

Telles sont des réalités qui dépeignent l'ethnocentrisme de Dadis   qui clame vouloir lutter contre cet ethnocentrisme, sans me référer ici aux milices qu'on dit venir des résidus des  guerres du Libéria et de Sierra Leone. Mais là-dessus, n'ayant pas d'informations précises, je ne peux pas dire plus.  Et s'il s'avérait  que certaines rumeurs qui courent sur ce sujet, sont fondées, je demeure persuadé que cette stratégie ne mènera à aucune pérennisation du pouvoir de Dadis et du  CNDD. Depuis les indépendances africaines, combien de chefs d'Etat n'ont-ils pas usé de stratagèmes, dépensé  d'énormes sommes d'argent pour la sauvegarde de leur fauteuil présidentiel. En vain!

Ce sont là aussi des questions que des  internautes soulèvent et qui entraînent l'ire d'autres. Mais on devrait pouvoir   parler de tout cela sans s'étriper pour montrer toutes les façades du pouvoir d'imposture que Moussa Dadis Camara mène avec son char de CNDD. Comme les précédents pouvoirs, il faut que ceux qui soutiennent ce pouvoir fantomatique du CNDD qui  ne mènera la Guinée qu'à plus de ruines, se désillusionnent et deviennent réalistes. C'est certain que des margoulins (ministres ,hauts fonctionnaires ou autres) en profiteront pour s'enrichir personnellement mais ce n'est pas ce qui va faire progresser notre pays.

 Guinéennes, Guinéens, mes compatriotes, de toutes régions, de toutes sensibilités politiques, de toutes confessions religieuses, ressaisissez-vous pour réorienter la Guinée vers une direction de  vraie démocratie, source de plein épanouissement humain pour tous les Guinéens. Les militaires guinéens, tels qu'ils sont, aujourd'hui, ne seront pas capables, en tant qu'inspirateurs et recours de la politique guinéenne, de réaliser l'aggiornamento de la démocratie et du développement de la Guinée. Il ne s'agit pas dans ces propos de rejet ou d'exclusion définitive de citoyens. Dans ce monde du XXIe siècle, il faut des hommes et des femmes qui se sont, de longue date, préparés à la gestion publique. Avec une accélération plus rapide de l'Histoire, cela devient une nécessité absolue. un militaire qui abandonne son métier d'armes et n'a plus de lien organique avec l'armée, pour se préparer à entrer dans l'arène politique , n'est plus un militaire mais un citoyen civil, qui une fois élu va appliquer la gestion civile à la société et non pas la gestion « mécaniste et robotique » des armées. Mais dans toute société, existe une division sociale du travail. Les militaires sont plus compétents que quiconque pour la défense du territoire national. Leur  prétention  basée sur des armes, pour  diriger des pays, notamment  en Afrique, est une des causes principales de la  stagnation, voire  de la régression de ce continent. Or pour l'Afrique, tendre la main pour obtenir des « aides extérieures » ou se prosterner aux pieds des bailleurs de fonds extérieurs pour les moindres projets et même pour organiser des élections  , n'offusquent plus grand monde,50 ans après avoir retrouvé notre dignité par l'indépendance. C'est pour toutes ces raisons que nous aspirons à une nouvelle forme de gouvernance assise sur une volonté librement exprimée  des citoyens guinéens et africains mais  non pas  par  la force des armes. C'est pourquoi, on ne peut pas accepter Dadis et le CNDD, car ils n'ont aucune vision précise de l'avenir de la Guinée en dehors des fantasmes. Ce n'est pas en sortant d'une boutique de distribution de carburants à des troufions qu'on peut raisonnablement s'ériger en manager d'une nation. Il est bien vrai que dans notre pays ,chacun se croit capable de tout faire et c'est pourquoi , nous sommes, aujourd'hui, en Afrique de l'Ouest, à part les discours creux,  l'une des nations les moins performantes sur le plan de la démocratie et du développement économique et social. Il faut que par nos forces assemblées, nous arrêtions cet état des choses.

Je crois que nos compatriotes qui luttent actuellement au sein des Forces vives et dans n'importe  quelles autres organisations pour une autre Guinée  que celle de l'Etat totalitaire et du caporalisme obscurantistes  de 1958 à 2009, doivent être soutenus. Je crois que les hommes et les femmes issus  des Forces vives et sans tutelle d'autocrates ignorants feront mieux pour la Guinée que des militaires semi-lettrés. Ces Forces vives  doivent être soutenues et encouragées , même si, aujourd'hui, le combat mené peut sembler sans issue. Ce genre de situation s'est souvent présentée  dans l'histoire des nations. Et le combat qui se mène  ne se déroule pas seulement sur le terrain comme on l'entend souvent mais également hors du terrain. Ce combat se mène aussi par la plume: livres, presse-papier, presse électronique etc. D'où la rage des Guinéens sur le Net mais cela devrait éviter les attaques personnelles  mais  conduire à la recherche d'arguments solides .  (A SUIVRE)


                            Ansoumane DORE
                             (Dijon, France)

 

2009-12-04 15:03:10 Th.Hamidou Barry USA

2009-12-04 15:59:16

Ce titre qui  relève de la Mythologie grecque antique, est  passé de siècle en siècle jusqu'à nos jours dans l'expression trancher le nœud gordien d'un problème inextricable.

Son origine remonte à une légende liée à Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.). Gordias, roi  fondateur du royaume de Phrygie (Asie Mineure) avait un char, symbole de royauté dont un lien fixait le joug au timon. Un oracle avait prédit que la succession dans ce royaume  reviendrait à celui qui dénouerait le lien du char au nœud  extrêmement compliqué. En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand tenta de défaire le nœud, ni parvenant pas, il le trancha d'un coup d'épée. C'est de cette légende qu'est née l'expression « trancher le nœud gordien » qui a dès lors  désigné, par métaphore, un problème inextricable qu'on règle par une action non conforme à ce qui est édicté. Dans le langage courant le nœud gordien caractérise donc un obstacle dont on ne peut pas venir à bout par les règles habituelles.

Pour les difficiles pourparlers en cours sur la Guinée à Ouagadougou, les Forces vives guinéennes peuvent-elles en  trancher le nœud gordien, comme sortie de crise? Pour autant que cette  crise en cours soit  lourde et semble insoluble, le Forum des Forces vives n'en  disposent  pas moins  d'atouts non négligeables qu'il faut  utiliser avec maestria. Outre les Forces vives, certains Guinéens  du camp de ceux qui  luttent contre une dictature  militaire (qu'on ne tarderait pas  à habiller  en civil), ont en tête  des variables de ces atouts. Avant d'arriver aux recommandations faites par  ceux  qui méditent et écrivent  à l'attention  des Forces vives  pour  trancher le nœud gordien de la médiation faite par Blaise Compaoré désigné par ses pairs de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO),  je vais  faire un survol de l'ensemble de la situation guinéenne actuelle pour aboutir à ce que je sens , ce que je crois  pouvoir   être les  voies  incontournables  pour cela .

Je propose une marche en trois étapes tout en étant conscient que bien des aspects que je traite ont été soulevés par d'autres mais sur lesquels chacun  peut exprimer différemment son  sentiment personnel.; Les étapes que je propose sont les suivantes.

          1°) Les hommes du CNDD tels que je les jauge en tant que Guinéen, à l'échelle de l'Etat guinéen;
          2°) Les Forces vives, tels que je les sens, en tant que Guinéen, pour le service de l'Etat guinéen;
          3°) Trancher le nœud gordien de la situation guinéenne actuelle s'impose mais  pas   par l'immolation de Guinéennes et de Guinéens. Ceci est possible.

I.LES HOMMES DU CNDD TELS QUE JE LES JAUGE.

 L'évolution grand-guignolesque du Capitaine Moussa Dadis Camara et du Général   Sékouba Konaté leaders du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) est suffisamment connue des Guinéens au cours de l'année qui se termine  qu'il est à peine   nécessaire d'insister là dessus. Dans un article publié sur sites autour du 5 juin 2008: « Guinée - Que pouvons-nous attendre? », j'écrivais: »La sud américanisation de l'Armée guinéenne en pire est la chose la plus inquiétante qui pouvait arriver à la Guinée... Dans l'exemple de la mutinerie d'une partie de cette Armée, il s'est agi de sous-officiers et d'hommes de troupes, ayant séquestré et humilié leurs officiers supérieurs. Le comportement de malfrats de la pire espèce qu'ils ont eu ne doit , secrètement réjouir personne en particulier. C'est une habitude qui est prise depuis 1996 et qui a ressurgi en 2006, 2007, 2008 pour régler leurs  problèmes   d'intendance  sur le dos  de la population. Le comportement de ravalement de la hiérarchie s'est installé dans la longue durée  et sera l'ennemie de la démocratie tant souhaitée. C'est pourquoi personne ne doit se réjouir de cette situation . Les soudards qui constituent l'essentiel de l'Armée, ne travaillent pour personne en particulier mais pour eux-mêmes. Ils n'ont que faire de la nation guinéenne, encore moins de l'opinion internationale.

Nos soudards ont vu et enregistré  comment le généralissime Lansana Conté a gouverné et agi depuis vingt-quatre ans. Ils ont, pour certains, vécu ou entendu  comment le prédécesseur de Lansana Conté a gouverné et agi : tous deux par la force. Cela a marché pendant cinquante ans ; pourquoi la force ne continuerait-elle pas à régler les problèmes? Par delà les actes de vandalismes de soudards guinéens pour avoir une voiture à l'œil ou remplir son garde-manger sans bourse
 déliée, c'est l'état d'esprit qui s'incruste en eux qui est l'élément que tout responsable  politique devrait retenir », au lieu de se  réjouir en pensant que la chienlit de l'Armée pourrait lui profiter; Voilà comment je voyais l'Armée guinée avant le coup d'Etat du 23 décembre 2008.Je prolongeais
cette perception de l'Armée guinéenne  dans un autre article sur sites du 11 juin 2008: « Guinée – Ouvrons les yeux ».
Au sujet de la bande  de soldatesques arrivés au pouvoir par la force et qui se maintient par la force, on ne peut s'empêcher de penser à l'essai écrit par notre compatriote, feu Sako Kondé sur les équipes au pouvoir en Guinée de 1958 à 1984  et qu'il avait intitulé: « Guinée, le temps des fripouilles » (Paris, Edit. La Pensée Universelle, 1974, 221p.). Sako Kondé y brossait sans complaisance, la conception sans foi ni loi, d'individus y compris leur Chef  de  la gouvernance ne  reposant  que sur la force et la violence. La galerie de portraits retracés dans «Le temps des fripouille » peut se retrouver chez les hommes du CNDD, avec en moins l'apparente rigueur de méthode et d'idéologie.

   Pourquoi donc l' engouement populaire à l'annonce du coup d'Etat de décembre 2008?. Pour tous ceux qui connaissent l'évolution des cinquante années de la Guinée, cet engouement était justifié par le blocage et le glacis institutionnels auxquels on était parvenu et tout le monde ou presque   (partis politiques, opinion  publique et même l'Etranger) avait cru aux premières déclarations des membres du CNDD de faire rapidement le ménage par une courte période transitoire pour mettre le pays sur des rails institutionnels, pour ensuite regagner leurs casernes. Tout ceci a été dit solennellement à la face des opinions publiques nationale et internationale. C'est du reste pourquoi la plupart des condamnations extérieures du coup d'Etat en Guinée , n'étaient que des condamnations  de principe. On l'a vu en Mauritanie  où  le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, d'abord condamné à l'extérieur pour putsch mais  qui ne s'est pas accroché au  pouvoir en faisant massacrer des compatriotes, est à présent entré dans le club des nations civilisées.

 En   un jour, Dadis  et sa bande de criminels , ont abattu à l'arme de guerre, le 28 septembre, 157 Guinéennes et Guinéens et plus de 1200 blessés  (  au bas mot ) pour avoir, ont-ils justifié , « transgressé une interdiction de  manifestation »,mais en réalité pour supprimer toute contestation à leur soif de pouvoir. Malgré l'ampleur de cette ignominie, tranquilles comme Baptiste, lui et ses thuriféraires, occultent cet énorme forfait pour parler de deux poids deux mesures en pointant la tolérance internationale à l'accès   d'Abdel Aziz  à la Présidence de la Mauritanie. Au constat de cette référence à la Mauritanie   et au « confort moral » qu'affichent  Dadis et ses acolytes pour prétendre gouverner la Guinée,        tous les Guinéens sensés et le monde civilisé ne peuvent que  reconnaître que des  hommes si  dénués de scrupules et d'humanité méritent non seulement la disqualification aux charges qu'ils convoitent  mais aussi , le mépris absolu. C'est ce qui devrait  être la réponse à  la sauvagerie des hommes du CNDD. Ils ont montré en onze mois toute leurs limites à pouvoir gouverner la Guinée qui ne manque pas de problèmes à régler.

Accueillis en sauveurs par le peuple guinéen qui leur avait  ouvert un boulevard historique que des hommes doués d'un minimum de calcul politique, auraient pu aménager pour l'avenir; ils se grisés de pouvoir et  sont tombés en trois à  quatre mois dans la tambouille de courtisans-vers de terre . Ils se sont saisis de tous les thèmes qui pouvaient encore exciter les ressentiments  et  l'ardeur vengeresse d'un peuple recrus de  malheurs . Malheurs  de  cinquante ans de violence systématique ,de  mal gouvernance, de  pillages  économiques  du pays par son encadrement politique  civil mais également   militaire. De tout cela, a  été brandie la détermination  d'entreprendre  des    audits de gestions publiques,  de faire des élections libres, de  lutter  contre les narcotrafiquants,  de terrasser  l'ethnocentrisme,  etc. Naturellement tous ces thèmes se sont vite révélés être des coquilles vides, des attrape-nigauds.  

  Mais pas pour Dadis et ses  compagnons. Ils leur  ont servi à tenter   d' asseoir durablement leur mainmise  sur le pays. Ils  ont montré par là que ce qui les intéressait par dessus tout, était leur pérennisation au pouvoir à l'instar de leur  père spirituel Lansana Conté. Celui-ci qui a été le pilleur numéro des ressources économiques du pays n'a jamais été cité par Dadis dans ses élucubrations sur les audits. Et d'ailleurs lui-même Dadis, gestionnaire des carburants de l'Armée, autre entreprise juteuse d'Etat,  sous le régime de Conté, comment a-t-il fait  pour s'offrir les propriétés foncières qu'il possède à Conakry et ailleurs? Ce n'est sûrement pas  avec des économies sur son salaire de misère de capitaine de l'Armée guinéenne. Depuis qu'il s'est autoproclamé Président ,d'où tire-t-il tous les fonds financiers qu'il distribue   à droite et à gauche pour se constituer une clientèle politique, comme ces falots des   « Forces  patriotique »,ceux de « L'Alliance de l'Union démocratique de Guinée »? N'est-ce pas sur les deniers publics sans autorisation préalable et pour d'autres sur la logistique de l'Etat? Et son second Sékou Konaté, où a-t-il tiré, entre autres,  des fonds pour envoyer à titre privé 50 pèlerins  à La  Mecque?.Toutes ces manœuvres d'échafaudage de bana-bana à construire à la hâte des partis politiques fantoches pour se maintenir en place, montrent que Dadis et son brain-trust du CNDD n'ont rien retenu  en la matière des 50 années de la Guinée indépendante.

Le puissant et totalitaire PDG qui embrigadait tous les Guinéens à partir de l'âge de sept  ans ,  s'est écroulé ,un matin, le 3 avril 1984, dans l'indifférence générale. Or le PDG avait dans ses manœuvres de pérennisation publié de nouveaux statuts en 1969 dont l'article 3 stipulait: « Est membre du Parti Démocratique de Guinée, tout citoyen de la République de Guinée âgé de sept  ans au moins qui accepte le programme et les statuts, prend une part active à la réalisation des objectifs  fixés à l'article 1er, applique les décisions du Parti et acquitte ses cotisations » ( voir Horoya n° 1640 du 17 janvier 1969, p.2), tout cela ne lui a pas évité l'écroulement brutal. Le P.U.P. que Conté avait financé sur les deniers publics s'est effondré avant sa disparition.

Combien de temps  Dadis et consorts croient-ils que  les « Forces patriotiques » et autres, Alliance de  l'Union démocratique de Guinée , vont-elles tenir la rampe? Tous ces exemples sont cités pour signaler l'absence de vision du futur guinéen  des hommes du CNDD et qu'il ne faut pas leur faire confiance ,ne serait-ce qu'au regard de la froideur de monstres que la machine-CNDD a montrée en ce jour du 28 septembre 2009.

 Rien ne peut justifier une  confiance en ces criminels qui ont ainsi annoncé la couleur de la gouvernance qu'ils comptent installer, une fois consolidés. Pour toutes celles et tous ceux qui aiment la Guinée, méditez sur notre passé: de 1958 à 2008, quand des compatriotes étaient arrêtés et physiquement liquidés, les voisins ne se posaient pas de questions, jusqu'au  jour où c'étaient eux ou un des leurs qui étaient fauchés par la machine à tuer. Ce type de comportement est bel et bien présent encore aujourd'hui.

Les  aspects soulevés ici  de la gouvernance erratique de  cette étrange camarilla du CNDD sont  d'autant plus inquiétants  qu'elle  s'est affublée de personnages interlopes qui la desservent plus qu'ils ne  la servent à l'intérieur comme à l'extérieur. C'est le cas de ce Moussa Keita, Chef de la délégation du CNDD à Ouagadougou qui déclare à R. N. Sawadogo dans Fasozine, parlant des Forces vives: « Plus jamais, nous n'accepterons que des gens qui ont les mains sales dirigent la Guinée ».  Si l'on posait la  question  à des enfants de l'école primaire de n'importe quel continent de savoir  laquelle  des deux  mains de deux malfaiteurs est la plus sale ,l'une dégoulinante  de sang humain, l'autre pas de sang ; on peut sans aucun doute s'attendre à ce que la presque totalité des enfants désignent comme étant la plus sale, la main sanguinolente. Par conséquent les mains des  criminels soudards ,  couvertes du sang de nos compatriotes sont plus sales que celles de ministres qui ont volé des deniers publics et qui doivent  d'ailleurs  en  répondre autrement que dans le cadre d'une justification du CNDD pour se maintenir en place. Le diplomate du CNDD qui pose la question dans ces termes,  ne s' est même pas regardé dans un miroir  avant de répondre,  ou,  autre  explication de l' absente d'humanité du CNDD à travers son commis voyageur ,est que  quelques billets de banque de franc guinéen valent infiniment mieux que des vies de citoyens guinéens. A partir de là,  quelle  signification donnez-vous à ce type de  comportement ?...Ce n'est pas parce qu'on n'a pas eu  de parents directs dans le pogrom du 28 septembre 2009, qu'on peut aller jusqu'à se refuser de  se pencher sur ces massacres. Le CNDD  a une conception   de son rôle de dirigeant d'un pays si faible pour ne pas dire inexistant que cela  devrait encore le disqualifier plus  aux yeux des Guinéens et de l'extérieur.

 L'autre personnage  interlope dans les négociations de Ouagadougou et qui illustre l'incompétence rédhibitoire du CNDD à diriger un pays , est le nommé  Chérif Idrissa, ministre à la Présidence  chargé de la communication et de l'information. Celui-ci après des pérégrinations  non éclaircies hors de Guinée, tombe dans la mamaya de Dadis à Conakry, en épouse les rites et le langage et devient un personnage du système. Il commence par rassurer son patron lui affirmant que les menaces extérieures de sanctions contre la junte ne sont que des verbiages sans lendemains . A preuve, lui ,« le ferrailleur de pacotille» en a vu des belles de ces menaces  vite tombées dans l'oubli comme par exemple en Côte d'Ivoire où il vu qu'après  la mort de 4 000 personnes, les menaces d'embargo contre ce pays, n'ont pas  été suivies d'effets. Et dire que c'est ce paltoquet  qui a proféré   qu'on ne peut pas brader la dignité de la Guinée en laissant venir au pouvoir les dirigeants des Forces vives guinéennes. Mais c'est ce genre de personnages au verbe haut et sans consistance  qui peuplent les allées du Camp Alpha Yaya et « gouvernent » en ce moment  notre pays. Quelle descente...!.Chérif Idrissa sait, cependant ,  à quoi  s'en  tenir pour sa sécurité personnelle . A part les voyages encadrés de Conakry-Ouagadougou, il sait qu'il risquerait gros en s'aventurant ailleurs. Des personnages opportunistes de son espèce  doivent se dire qu'il faut vite profiter de l'aubaine qui fait de lui un ministre de laRépublique de Guinée, le temps que Dadis sera là.

J'ai cité ces deux cas (il y en a d'autres)  pour signaler l'extrême faiblesse  intellectuelle et morale des éléments disparates autour de Dadis et leur effrayante vacuité pour pouvoir parler au nom d'un pays.Pour s'être acoquinés  avec des personnages aussi peu recommandables, Dadis et les membres du CNDD montrent aux Guinéens leur peu de considération  pour  eux ,pourvu qu'ils demeurent au pouvoir. Or l'amour de la terre natale, sans parler des hommes et des femmes qui l'habitent,  peut s'étendre ,pour des êtres normaux, jusqu'aux objets  inanimés environnants comme beaucoup de gens l'ont ressenti à travers les siècles et qu'exprime si bien le poète , dans ces mots:

                          «  Chaumière  où du foyer étincelait la flamme,
                           Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
                            Objets inanimés, avez-vous donc une âme
                            Qui s'attache à notre âme  et la force à aimer ? »

                          (Alphonse de Lamartine, 1790- 1869, dans « Milly ou l'amour de la terre natale).

Célébrer l'amour de la  terre natale ,de  la patrie, jusqu'à interpeler les objets environnants est encore aux antipodes  de la bestialité brutale et meurtrière des hommes du CNDD pour conserver le pouvoir. Encore une fois, ces hommes ont-ils une humanité? C'est un point sur lequel on devra  appuyer pour  la disqualification définitive de la bande du CNDD et ses acolytes.

 L'apparente constitution en trompe-l'oeil  du gouvernement autour du CNDD ne laisse pas voir ouvertement une « ethnisation outrancière », pour  qui  ne  sait pas  lire entre les lignes. J'ai toujours écrit que cela me hérisse de vouloir toujours tout traiter sous l'angle ethnique .Mais j'ai aussi écrit que dans une nation en formation comme la nôtre , les politiques doivent tenir compte des sensibilités régionales, or, aussi bien dans le CNDD que dans le gouvernement, La Basse-Guinée et La Moyenne-Guinée, ont l'air de faire figure de  parents pauvres alors qu'elles sont aussi  démographiquement parlant de grandes régions. Même à ne considérer que  les deux autres régions  (Haute-Guinée et Guinée -Forestière), il apparaît qu'elles  ne sont pas équitablement traitées  en terme de géographie locale dans le gouvernement et la haute fonction administrative.

Pour prendre, en exemple,  la Guinée-Forestière, ceux de nos compatriotes qui utilisent facilement l'expression de « pouvoir forestier » se trompent lourdement . Ce pouvoir n'est pas forestier, autant que le pouvoir de Sékou Touré n'était pas  un pouvoir malinké, ni celui de Conté, un pouvoir soussou. Pour l'actuel pouvoir, il  vous suffit, cependant, de  consulter la composition du premier Gouvernement Komara, à la mi- Janvier 2009. Sur 30 ministres, un  noyau dur composé de l'entourage ethnique immédiat  (Guerzé)  de Dadis  tient  quatre  grands ministères de souveraineté: Alexandre  Cécé  Loua aux Affaires étrangères, Dr Frédérique Kolié à l'Administration du Territoire et des Affaires politiques, Colonel Siba Nol amou  à la Justice, Papa Koly Kourouma (seul rescapé du Gouvernement Souaré)  à l'Education. Cette « ethnisation « trop condensée, ne concerne même pas tous les Guerzé  qui  sont loin, d'ailleurs,  dans leur ensemble de constituer numériquement un ensemble significatif de l'ensemble de la Guinée-Forestière. Mais le noyau dur Guerzé  en question ne se situe que sur  l'unique axe Koulé-N'Zérékoré.   Le capitaine Claude  Pivi qui n'est pas à proprement parler Guerzé à rejoint ce noyau  comme  ministre à la sécurité présidentielle  et a  réussi à faire nommer ministre Alassane   Onipogui. Alors quand certains parlent allègrement de pouvoir forestier, où sont passés les Kono, les Toma, les Kissi, les Manon, les kouranko, les Malinké, Peuhl et autres durablement  installés en  Guinée-Forestière?

Telles sont des réalités qui dépeignent l'ethnocentrisme de Dadis   qui clame vouloir lutter contre cet ethnocentrisme, sans me référer ici aux milices qu'on dit venir des résidus des  guerres du Libéria et de Sierra Leone. Mais là-dessus, n'ayant pas d'informations précises, je ne peux pas dire plus.  Et s'il s'avérait  que certaines rumeurs qui courent sur ce sujet, sont fondées, je demeure persuadé que cette stratégie ne mènera à aucune pérennisation du pouvoir de Dadis et du  CNDD. Depuis les indépendances africaines, combien de chefs d'Etat n'ont-ils pas usé de stratagèmes, dépensé  d'énormes sommes d'argent pour la sauvegarde de leur fauteuil présidentiel. En vain!

Ce sont là aussi des questions que des  internautes soulèvent et qui entraînent l'ire d'autres. Mais on devrait pouvoir   parler de tout cela sans s'étriper pour montrer toutes les façades du pouvoir d'imposture que Moussa Dadis Camara mène avec son char de CNDD. Comme les précédents pouvoirs, il faut que ceux qui soutiennent ce pouvoir fantomatique du CNDD qui  ne mènera la Guinée qu'à plus de ruines, se désillusionnent et deviennent réalistes. C'est certain que des margoulins (ministres ,hauts fonctionnaires ou autres) en profiteront pour s'enrichir personnellement mais ce n'est pas ce qui va faire progresser notre pays.

 Guinéennes, Guinéens, mes compatriotes, de toutes régions, de toutes sensibilités politiques, de toutes confessions religieuses, ressaisissez-vous pour réorienter la Guinée vers une direction de  vraie démocratie, source de plein épanouissement humain pour tous les Guinéens. Les militaires guinéens, tels qu'ils sont, aujourd'hui, ne seront pas capables, en tant qu'inspirateurs et recours de la politique guinéenne, de réaliser l'aggiornamento de la démocratie et du développement de la Guinée. Il ne s'agit pas dans ces propos de rejet ou d'exclusion définitive de citoyens. Dans ce monde du XXIe siècle, il faut des hommes et des femmes qui se sont, de longue date, préparés à la gestion publique. Avec une accélération plus rapide de l'Histoire, cela devient une nécessité absolue. un militaire qui abandonne son métier d'armes et n'a plus de lien organique avec l'armée, pour se préparer à entrer dans l'arène politique , n'est plus un militaire mais un citoyen civil, qui une fois élu va appliquer la gestion civile à la société et non pas la gestion « mécaniste et robotique » des armées. Mais dans toute société, existe une division sociale du travail. Les militaires sont plus compétents que quiconque pour la défense du territoire national. Leur  prétention  basée sur des armes, pour  diriger des pays, notamment  en Afrique, est une des causes principales de la  stagnation, voire  de la régression de ce continent. Or pour l'Afrique, tendre la main pour obtenir des « aides extérieures » ou se prosterner aux pieds des bailleurs de fonds extérieurs pour les moindres projets et même pour organiser des élections  , n'offusquent plus grand monde,50 ans après avoir retrouvé notre dignité par l'indépendance. C'est pour toutes ces raisons que nous aspirons à une nouvelle forme de gouvernance assise sur une volonté librement exprimée  des citoyens guinéens et africains mais  non pas  par  la force des armes. C'est pourquoi, on ne peut pas accepter Dadis et le CNDD, car ils n'ont aucune vision précise de l'avenir de la Guinée en dehors des fantasmes. Ce n'est pas en sortant d'une boutique de distribution de carburants à des troufions qu'on peut raisonnablement s'ériger en manager d'une nation. Il est bien vrai que dans notre pays ,chacun se croit capable de tout faire et c'est pourquoi , nous sommes, aujourd'hui, en Afrique de l'Ouest, à part les discours creux,  l'une des nations les moins performantes sur le plan de la démocratie et du développement économique et social. Il faut que par nos forces assemblées, nous arrêtions cet état des choses.

Je crois que nos compatriotes qui luttent actuellement au sein des Forces vives et dans n'importe  quelles autres organisations pour une autre Guinée  que celle de l'Etat totalitaire et du caporalisme obscurantistes  de 1958 à 2009, doivent être soutenus. Je crois que les hommes et les femmes issus  des Forces vives et sans tutelle d'autocrates ignorants feront mieux pour la Guinée que des militaires semi-lettrés. Ces Forces vives  doivent être soutenues et encouragées , même si, aujourd'hui, le combat mené peut sembler sans issue. Ce genre de situation s'est souvent présentée  dans l'histoire des nations. Et le combat qui se mène  ne se déroule pas seulement sur le terrain comme on l'entend souvent mais également hors du terrain. Ce combat se mène aussi par la plume: livres, presse-papier, presse électronique etc. D'où la rage des Guinéens sur le Net mais cela devrait éviter les attaques personnelles  mais  conduire à la recherche d'arguments solides .  (A SUIVRE)


                            Ansoumane DORE
                             (Dijon, France)

 

2009-12-04 15:03:10 Mohamed Ali Diallo

2009-12-04 15:59:16

Ce titre qui  relève de la Mythologie grecque antique, est  passé de siècle en siècle jusqu'à nos jours dans l'expression trancher le nœud gordien d'un problème inextricable.

Son origine remonte à une légende liée à Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.). Gordias, roi  fondateur du royaume de Phrygie (Asie Mineure) avait un char, symbole de royauté dont un lien fixait le joug au timon. Un oracle avait prédit que la succession dans ce royaume  reviendrait à celui qui dénouerait le lien du char au nœud  extrêmement compliqué. En 334 av. J.-C., Alexandre le Grand tenta de défaire le nœud, ni parvenant pas, il le trancha d'un coup d'épée. C'est de cette légende qu'est née l'expression « trancher le nœud gordien » qui a dès lors  désigné, par métaphore, un problème inextricable qu'on règle par une action non conforme à ce qui est édicté. Dans le langage courant le nœud gordien caractérise donc un obstacle dont on ne peut pas venir à bout par les règles habituelles.

Pour les difficiles pourparlers en cours sur la Guinée à Ouagadougou, les Forces vives guinéennes peuvent-elles en  trancher le nœud gordien, comme sortie de crise? Pour autant que cette  crise en cours soit  lourde et semble insoluble, le Forum des Forces vives n'en  disposent  pas moins  d'atouts non négligeables qu'il faut  utiliser avec maestria. Outre les Forces vives, certains Guinéens  du camp de ceux qui  luttent contre une dictature  militaire (qu'on ne tarderait pas  à habiller  en civil), ont en tête  des variables de ces atouts. Avant d'arriver aux recommandations faites par  ceux  qui méditent et écrivent  à l'attention  des Forces vives  pour  trancher le nœud gordien de la médiation faite par Blaise Compaoré désigné par ses pairs de la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO),  je vais  faire un survol de l'ensemble de la situation guinéenne actuelle pour aboutir à ce que je sens , ce que je crois  pouvoir   être les  voies  incontournables  pour cela .

Je propose une marche en trois étapes tout en étant conscient que bien des aspects que je traite ont été soulevés par d'autres mais sur lesquels chacun  peut exprimer différemment son  sentiment personnel.; Les étapes que je propose sont les suivantes.

          1°) Les hommes du CNDD tels que je les jauge en tant que Guinéen, à l'échelle de l'Etat guinéen;
          2°) Les Forces vives, tels que je les sens, en tant que Guinéen, pour le service de l'Etat guinéen;
          3°) Trancher le nœud gordien de la situation guinéenne actuelle s'impose mais  pas   par l'immolation de Guinéennes et de Guinéens. Ceci est possible.

I.LES HOMMES DU CNDD TELS QUE JE LES JAUGE.

 L'évolution grand-guignolesque du Capitaine Moussa Dadis Camara et du Général   Sékouba Konaté leaders du Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) est suffisamment connue des Guinéens au cours de l'année qui se termine  qu'il est à peine   nécessaire d'insister là dessus. Dans un article publié sur sites autour du 5 juin 2008: « Guinée - Que pouvons-nous attendre? », j'écrivais: »La sud américanisation de l'Armée guinéenne en pire est la chose la plus inquiétante qui pouvait arriver à la Guinée... Dans l'exemple de la mutinerie d'une partie de cette Armée, il s'est agi de sous-officiers et d'hommes de troupes, ayant séquestré et humilié leurs officiers supérieurs. Le comportement de malfrats de la pire espèce qu'ils ont eu ne doit , secrètement réjouir personne en particulier. C'est une habitude qui est prise depuis 1996 et qui a ressurgi en 2006, 2007, 2008 pour régler leurs  problèmes   d'intendance  sur le dos  de la population. Le comportement de ravalement de la hiérarchie s'est installé dans la longue durée  et sera l'ennemie de la démocratie tant souhaitée. C'est pourquoi personne ne doit se réjouir de cette situation . Les soudards qui constituent l'essentiel de l'Armée, ne travaillent pour personne en particulier mais pour eux-mêmes. Ils n'ont que faire de la nation guinéenne, encore moins de l'opinion internationale.

Nos soudards ont vu et enregistré  comment le généralissime Lansana Conté a gouverné et agi depuis vingt-quatre ans. Ils ont, pour certains, vécu ou entendu  comment le prédécesseur de Lansana Conté a gouverné et agi : tous deux par la force. Cela a marché pendant cinquante ans ; pourquoi la force ne continuerait-elle pas à régler les problèmes? Par delà les actes de vandalismes de soudards guinéens pour avoir une voiture à l'œil ou remplir son garde-manger sans bourse
 déliée, c'est l'état d'esprit qui s'incruste en eux qui est l'élément que tout responsable  politique devrait retenir », au lieu de se  réjouir en pensant que la chienlit de l'Armée pourrait lui profiter; Voilà comment je voyais l'Armée guinée avant le coup d'Etat du 23 décembre 2008.Je prolongeais
cette perception de l'Armée guinéenne  dans un autre article sur sites du 11 juin 2008: « Guinée – Ouvrons les yeux ».
Au sujet de la bande  de soldatesques arrivés au pouvoir par la force et qui se maintient par la force, on ne peut s'empêcher de penser à l'essai écrit par notre compatriote, feu Sako Kondé sur les équipes au pouvoir en Guinée de 1958 à 1984  et qu'il avait intitulé: « Guinée, le temps des fripouilles » (Paris, Edit. La Pensée Universelle, 1974, 221p.). Sako Kondé y brossait sans complaisance, la conception sans foi ni loi, d'individus y compris leur Chef  de  la gouvernance ne  reposant  que sur la force et la violence. La galerie de portraits retracés dans «Le temps des fripouille » peut se retrouver chez les hommes du CNDD, avec en moins l'apparente rigueur de méthode et d'idéologie.

   Pourquoi donc l' engouement populaire à l'annonce du coup d'Etat de décembre 2008?. Pour tous ceux qui connaissent l'évolution des cinquante années de la Guinée, cet engouement était justifié par le blocage et le glacis institutionnels auxquels on était parvenu et tout le monde ou presque   (partis politiques, opinion  publique et même l'Etranger) avait cru aux premières déclarations des membres du CNDD de faire rapidement le ménage par une courte période transitoire pour mettre le pays sur des rails institutionnels, pour ensuite regagner leurs casernes. Tout ceci a été dit solennellement à la face des opinions publiques nationale et internationale. C'est du reste pourquoi la plupart des condamnations extérieures du coup d'Etat en Guinée , n'étaient que des condamnations  de principe. On l'a vu en Mauritanie  où  le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, d'abord condamné à l'extérieur pour putsch mais  qui ne s'est pas accroché au  pouvoir en faisant massacrer des compatriotes, est à présent entré dans le club des nations civilisées.

 En   un jour, Dadis  et sa bande de criminels , ont abattu à l'arme de guerre, le 28 septembre, 157 Guinéennes et Guinéens et plus de 1200 blessés  (  au bas mot ) pour avoir, ont-ils justifié , « transgressé une interdiction de  manifestation »,mais en réalité pour supprimer toute contestation à leur soif de pouvoir. Malgré l'ampleur de cette ignominie, tranquilles comme Baptiste, lui et ses thuriféraires, occultent cet énorme forfait pour parler de deux poids deux mesures en pointant la tolérance internationale à l'accès   d'Abdel Aziz  à la Présidence de la Mauritanie. Au constat de cette référence à la Mauritanie   et au « confort moral » qu'affichent  Dadis et ses acolytes pour prétendre gouverner la Guinée,        tous les Guinéens sensés et le monde civilisé ne peuvent que  reconnaître que des  hommes si  dénués de scrupules et d'humanité méritent non seulement la disqualification aux charges qu'ils convoitent  mais aussi , le mépris absolu. C'est ce qui devrait  être la réponse à  la sauvagerie des hommes du CNDD. Ils ont montré en onze mois toute leurs limites à pouvoir gouverner la Guinée qui ne manque pas de problèmes à régler.

Accueillis en sauveurs par le peuple guinéen qui leur avait  ouvert un boulevard historique que des hommes doués d'un minimum de calcul politique, auraient pu aménager pour l'avenir; ils se grisés de pouvoir et  sont tombés en trois à  quatre mois dans la tambouille de courtisans-vers de terre . Ils se sont saisis de tous les thèmes qui pouvaient encore exciter les ressentiments  et  l'ardeur vengeresse d'un peuple recrus de  malheurs . Malheurs  de  cinquante ans de violence systématique ,de  mal gouvernance, de  pillages  économiques  du pays par son encadrement politique  civil mais également   militaire. De tout cela, a  été brandie la détermination  d'entreprendre  des    audits de gestions publiques,  de faire des élections libres, de  lutter  contre les narcotrafiquants,  de terrasser  l'ethnocentrisme,  etc. Naturellement tous ces thèmes se sont vite révélés être des coquilles vides, des attrape-nigauds.  

  Mais pas pour Dadis et ses  compagnons. Ils leur  ont servi à tenter   d' asseoir durablement leur mainmise  sur le pays. Ils  ont montré par là que ce qui les intéressait par dessus tout, était leur pérennisation au pouvoir à l'instar de leur  père spirituel Lansana Conté. Celui-ci qui a été le pilleur numéro des ressources économiques du pays n'a jamais été cité par Dadis dans ses élucubrations sur les audits. Et d'ailleurs lui-même Dadis, gestionnaire des carburants de l'Armée, autre entreprise juteuse d'Etat,  sous le régime de Conté, comment a-t-il fait  pour s'offrir les propriétés foncières qu'il possède à Conakry et ailleurs? Ce n'est sûrement pas  avec des économies sur son salaire de misère de capitaine de l'Armée guinéenne. Depuis qu'il s'est autoproclamé Président ,d'où tire-t-il tous les fonds financiers qu'il distribue   à droite et à gauche pour se constituer une clientèle politique, comme ces falots des   « Forces  patriotique »,ceux de « L'Alliance de l'Union démocratique de Guinée »? N'est-ce pas sur les deniers publics sans autorisation préalable et pour d'autres sur la logistique de l'Etat? Et son second Sékou Konaté, où a-t-il tiré, entre autres,  des fonds pour envoyer à titre privé 50 pèlerins  à La  Mecque?.Toutes ces manœuvres d'échafaudage de bana-bana à construire à la hâte des partis politiques fantoches pour se maintenir en place, montrent que Dadis et son brain-trust du CNDD n'ont rien retenu  en la matière des 50 années de la Guinée indépendante.

Le puissant et totalitaire PDG qui embrigadait tous les Guinéens à partir de l'âge de sept  ans ,  s'est écroulé ,un matin, le 3 avril 1984, dans l'indifférence générale. Or le PDG avait dans ses manœuvres de pérennisation publié de nouveaux statuts en 1969 dont l'article 3 stipulait: « Est membre du Parti Démocratique de Guinée, tout citoyen de la République de Guinée âgé de sept  ans au moins qui accepte le programme et les statuts, prend une part active à la réalisation des objectifs  fixés à l'article 1er, applique les décisions du Parti et acquitte ses cotisations » ( voir Horoya n° 1640 du 17 janvier 1969, p.2), tout cela ne lui a pas évité l'écroulement brutal. Le P.U.P. que Conté avait financé sur les deniers publics s'est effondré avant sa disparition.

Combien de temps  Dadis et consorts croient-ils que  les « Forces patriotiques » et autres, Alliance de  l'Union démocratique de Guinée , vont-elles tenir la rampe? Tous ces exemples sont cités pour signaler l'absence de vision du futur guinéen  des hommes du CNDD et qu'il ne faut pas leur faire confiance ,ne serait-ce qu'au regard de la froideur de monstres que la machine-CNDD a montrée en ce jour du 28 septembre 2009.

 Rien ne peut justifier une  confiance en ces criminels qui ont ainsi annoncé la couleur de la gouvernance qu'ils comptent installer, une fois consolidés. Pour toutes celles et tous ceux qui aiment la Guinée, méditez sur notre passé: de 1958 à 2008, quand des compatriotes étaient arrêtés et physiquement liquidés, les voisins ne se posaient pas de questions, jusqu'au  jour où c'étaient eux ou un des leurs qui étaient fauchés par la machine à tuer. Ce type de comportement est bel et bien présent encore aujourd'hui.

Les  aspects soulevés ici  de la gouvernance erratique de  cette étrange camarilla du CNDD sont  d'autant plus inquiétants  qu'elle  s'est affublée de personnages interlopes qui la desservent plus qu'ils ne  la servent à l'intérieur comme à l'extérieur. C'est le cas de ce Moussa Keita, Chef de la délégation du CNDD à Ouagadougou qui déclare à R. N. Sawadogo dans Fasozine, parlant des Forces vives: « Plus jamais, nous n'accepterons que des gens qui ont les mains sales dirigent la Guinée ».  Si l'on posait la  question  à des enfants de l'école primaire de n'importe quel continent de savoir  laquelle  des deux  mains de deux malfaiteurs est la plus sale ,l'une dégoulinante  de sang humain, l'autre pas de sang ; on peut sans aucun doute s'attendre à ce que la presque totalité des enfants désignent comme étant la plus sale, la main sanguinolente. Par conséquent les mains des  criminels soudards ,  couvertes du sang de nos compatriotes sont plus sales que celles de ministres qui ont volé des deniers publics et qui doivent  d'ailleurs  en  répondre autrement que dans le cadre d'une justification du CNDD pour se maintenir en place. Le diplomate du CNDD qui pose la question dans ces termes,  ne s' est même pas regardé dans un miroir  avant de répondre,  ou,  autre  explication de l' absente d'humanité du CNDD à travers son commis voyageur ,est que  quelques billets de banque de franc guinéen valent infiniment mieux que des vies de citoyens guinéens. A partir de là,  quelle  signification donnez-vous à ce type de  comportement ?...Ce n'est pas parce qu'on n'a pas eu  de parents directs dans le pogrom du 28 septembre 2009, qu'on peut aller jusqu'à se refuser de  se pencher sur ces massacres. Le CNDD  a une conception   de son rôle de dirigeant d'un pays si faible pour ne pas dire inexistant que cela  devrait encore le disqualifier plus  aux yeux des Guinéens et de l'extérieur.

 L'autre personnage  interlope dans les négociations de Ouagadougou et qui illustre l'incompétence rédhibitoire du CNDD à diriger un pays , est le nommé  Chérif Idrissa, ministre à la Présidence  chargé de la communication et de l'information. Celui-ci après des pérégrinations  non éclaircies hors de Guinée, tombe dans la mamaya de Dadis à Conakry, en épouse les rites et le langage et devient un personnage du système. Il commence par rassurer son patron lui affirmant que les menaces extérieures de sanctions contre la junte ne sont que des verbiages sans lendemains . A preuve, lui ,« le ferrailleur de pacotille» en a vu des belles de ces menaces  vite tombées dans l'oubli comme par exemple en Côte d'Ivoire où il vu qu'après  la mort de 4 000 personnes, les menaces d'embargo contre ce pays, n'ont pas  été suivies d'effets. Et dire que c'est ce paltoquet  qui a proféré   qu'on ne peut pas brader la dignité de la Guinée en laissant venir au pouvoir les dirigeants des Forces vives guinéennes. Mais c'est ce genre de personnages au verbe haut et sans consistance  qui peuplent les allées du Camp Alpha Yaya et « gouvernent » en ce moment  notre pays. Quelle descente...!.Chérif Idrissa sait, cependant ,  à quoi  s'en  tenir pour sa sécurité personnelle . A part les voyages encadrés de Conakry-Ouagadougou, il sait qu'il risquerait gros en s'aventurant ailleurs. Des personnages opportunistes de son espèce  doivent se dire qu'il faut vite profiter de l'aubaine qui fait de lui un ministre de laRépublique de Guinée, le temps que Dadis sera là.

J'ai cité ces deux cas (il y en a d'autres)  pour signaler l'extrême faiblesse  intellectuelle et morale des éléments disparates autour de Dadis et leur effrayante vacuité pour pouvoir parler au nom d'un pays.Pour s'être acoquinés  avec des personnages aussi peu recommandables, Dadis et les membres du CNDD montrent aux Guinéens leur peu de considération  pour  eux ,pourvu qu'ils demeurent au pouvoir. Or l'amour de la terre natale, sans parler des hommes et des femmes qui l'habitent,  peut s'étendre ,pour des êtres normaux, jusqu'aux objets  inanimés environnants comme beaucoup de gens l'ont ressenti à travers les siècles et qu'exprime si bien le poète , dans ces mots:

                          «  Chaumière  où du foyer étincelait la flamme,
                           Toit que le pèlerin aimait à voir fumer,
                            Objets inanimés, avez-vous donc une âme
                            Qui s'attache à notre âme  et la force à aimer ? »

                          (Alphonse de Lamartine, 1790- 1869, dans « Milly ou l'amour de la terre natale).

Célébrer l'amour de la  terre natale ,de  la patrie, jusqu'à interpeler les objets environnants est encore aux antipodes  de la bestialité brutale et meurtrière des hommes du CNDD pour conserver le pouvoir. Encore une fois, ces hommes ont-ils une humanité? C'est un point sur lequel on devra  appuyer pour  la disqualification définitive de la bande du CNDD et ses acolytes.

 L'apparente constitution en trompe-l'oeil  du gouvernement autour du CNDD ne laisse pas voir ouvertement une « ethnisation outrancière », pour  qui  ne  sait pas  lire entre les lignes. J'ai toujours écrit que cela me hérisse de vouloir toujours tout traiter sous l'angle ethnique .Mais j'ai aussi écrit que dans une nation en formation comme la nôtre , les politiques doivent tenir compte des sensibilités régionales, or, aussi bien dans le CNDD que dans le gouvernement, La Basse-Guinée et La Moyenne-Guinée, ont l'air de faire figure de  parents pauvres alors qu'elles sont aussi  démographiquement parlant de grandes régions. Même à ne considérer que  les deux autres régions  (Haute-Guinée et Guinée -Forestière), il apparaît qu'elles  ne sont pas équitablement traitées  en terme de géographie locale dans le gouvernement et la haute fonction administrative.

Pour prendre, en exemple,  la Guinée-Forestière, ceux de nos compatriotes qui utilisent facilement l'expression de « pouvoir forestier » se trompent lourdement . Ce pouvoir n'est pas forestier, autant que le pouvoir de Sékou Touré n'était pas  un pouvoir malinké, ni celui de Conté, un pouvoir soussou. Pour l'actuel pouvoir, il  vous suffit, cependant, de  consulter la composition du premier Gouvernement Komara, à la mi- Janvier 2009. Sur 30 ministres, un  noyau dur composé de l'entourage ethnique immédiat  (Guerzé)  de Dadis  tient  quatre  grands ministères de souveraineté: Alexandre  Cécé  Loua aux Affaires étrangères, Dr Frédérique Kolié à l'Administration du Territoire et des Affaires politiques, Colonel Siba Nol amou  à la Justice, Papa Koly Kourouma (seul rescapé du Gouvernement Souaré)  à l'Education. Cette « ethnisation « trop condensée, ne concerne même pas tous les Guerzé  qui  sont loin, d'ailleurs,  dans leur ensemble de constituer numériquement un ensemble significatif de l'ensemble de la Guinée-Forestière. Mais le noyau dur Guerzé  en question ne se situe que sur  l'unique axe Koulé-N'Zérékoré.   Le capitaine Claude  Pivi qui n'est pas à proprement parler Guerzé à rejoint ce noyau  comme  ministre à la sécurité présidentielle  et a  réussi à faire nommer ministre Alassane   Onipogui. Alors quand certains parlent allègrement de pouvoir forestier, où sont passés les Kono, les Toma, les Kissi, les Manon, les kouranko, les Malinké, Peuhl et autres durablement  installés en  Guinée-Forestière?

Telles sont des réalités qui dépeignent l'ethnocentrisme de Dadis   qui clame vouloir lutter contre cet ethnocentrisme, sans me référer ici aux milices qu'on dit venir des résidus des  guerres du Libéria et de Sierra Leone. Mais là-dessus, n'ayant pas d'informations précises, je ne peux pas dire plus.  Et s'il s'avérait  que certaines rumeurs qui courent sur ce sujet, sont fondées, je demeure persuadé que cette stratégie ne mènera à aucune pérennisation du pouvoir de Dadis et du  CNDD. Depuis les indépendances africaines, combien de chefs d'Etat n'ont-ils pas usé de stratagèmes, dépensé  d'énormes sommes d'argent pour la sauvegarde de leur fauteuil présidentiel. En vain!

Ce sont là aussi des questions que des  internautes soulèvent et qui entraînent l'ire d'autres. Mais on devrait pouvoir   parler de tout cela sans s'étriper pour montrer toutes les façades du pouvoir d'imposture que Moussa Dadis Camara mène avec son char de CNDD. Comme les précédents pouvoirs, il faut que ceux qui soutiennent ce pouvoir fantomatique du CNDD qui  ne mènera la Guinée qu'à plus de ruines, se désillusionnent et deviennent réalistes. C'est certain que des margoulins (ministres ,hauts fonctionnaires ou autres) en profiteront pour s'enrichir personnellement mais ce n'est pas ce qui va faire progresser notre pays.

 Guinéennes, Guinéens, mes compatriotes, de toutes régions, de toutes sensibilités politiques, de toutes confessions religieuses, ressaisissez-vous pour réorienter la Guinée vers une direction de  vraie démocratie, source de plein épanouissement humain pour tous les Guinéens. Les militaires guinéens, tels qu'ils sont, aujourd'hui, ne seront pas capables, en tant qu'inspirateurs et recours de la politique guinéenne, de réaliser l'aggiornamento de la démocratie et du développement de la Guinée. Il ne s'agit pas dans ces propos de rejet ou d'exclusion définitive de citoyens. Dans ce monde du XXIe siècle, il faut des hommes et des femmes qui se sont, de longue date, préparés à la gestion publique. Avec une accélération plus rapide de l'Histoire, cela devient une nécessité absolue. un militaire qui abandonne son métier d'armes et n'a plus de lien organique avec l'armée, pour se préparer à entrer dans l'arène politique , n'est plus un militaire mais un citoyen civil, qui une fois élu va appliquer la gestion civile à la société et non pas la gestion « mécaniste et robotique » des armées. Mais dans toute société, existe une division sociale du travail. Les militaires sont plus compétents que quiconque pour la défense du territoire national. Leur  prétention  basée sur des armes, pour  diriger des pays, notamment  en Afrique, est une des causes principales de la  stagnation, voire  de la régression de ce continent. Or pour l'Afrique, tendre la main pour obtenir des « aides extérieures » ou se prosterner aux pieds des bailleurs de fonds extérieurs pour les moindres projets et même pour organiser des élections  , n'offusquent plus grand monde,50 ans après avoir retrouvé notre dignité par l'indépendance. C'est pour toutes ces raisons que nous aspirons à une nouvelle forme de gouvernance assise sur une volonté librement exprimée  des citoyens guinéens et africains mais  non pas  par  la force des armes. C'est pourquoi, on ne peut pas accepter Dadis et le CNDD, car ils n'ont aucune vision précise de l'avenir de la Guinée en dehors des fantasmes. Ce n'est pas en sortant d'une boutique de distribution de carburants à des troufions qu'on peut raisonnablement s'ériger en manager d'une nation. Il est bien vrai que dans notre pays ,chacun se croit capable de tout faire et c'est pourquoi , nous sommes, aujourd'hui, en Afrique de l'Ouest, à part les discours creux,  l'une des nations les moins performantes sur le plan de la démocratie et du développement économique et social. Il faut que par nos forces assemblées, nous arrêtions cet état des choses.

Je crois que nos compatriotes qui luttent actuellement au sein des Forces vives et dans n'importe  quelles autres organisations pour une autre Guinée  que celle de l'Etat totalitaire et du caporalisme obscurantistes  de 1958 à 2009, doivent être soutenus. Je crois que les hommes et les femmes issus  des Forces vives et sans tutelle d'autocrates ignorants feront mieux pour la Guinée que des militaires semi-lettrés. Ces Forces vives  doivent être soutenues et encouragées , même si, aujourd'hui, le combat mené peut sembler sans issue. Ce genre de situation s'est souvent présentée  dans l'histoire des nations. Et le combat qui se mène  ne se déroule pas seulement sur le terrain comme on l'entend souvent mais également hors du terrain. Ce combat se mène aussi par la plume: livres, presse-papier, presse électronique etc. D'où la rage des Guinéens sur le Net mais cela devrait éviter les attaques personnelles  mais  conduire à la recherche d'arguments solides .  (A SUIVRE)


                            Ansoumane DORE
                             (Dijon, France)

 

2009-12-04 15:03:10 Sadio Barry
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