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Guinée : Conakry sombre de plus en plus sous la torture

Date de publication:2009-12-08 08:47:17

2009-12-08 09:41:18

Des informations en provenance de la capitale guinéenne indique que le CNDD ou ce qui en reste se livre à des tortures les plus inhumaines sur les présumés complices d’Aboubacar Toumba Diakité. L’homme qui a tiré sur moussa Dadis Camara le 3 décembre 2009.

Les images les plus affreuses circulent en direct, en ce moment même, sur tous les téléphones portables et les sites internet guinéens et du monde entier sur les tortures en cours au Camp Alpha Yaya, siège de la junte.

On voit sur ces images deux hommes, dévêtus et ligotés à sang  sur lesquels on frappe comme sur des bêtes de somme.

L’un de ces hommes serait l’Adjudant- Chef Mohamed 2 Camara alias Begré, jusque- là Commandant du Camp Koundara où Dadis a essuyé les balles de son aide de camp Toumba. Le second pourrait être Alpha Baldé de la gendarmerie ou les sous- lieutenant Mabinthy Soumah de la garde présidentielle.

Une centaine de militaires, au moins, entourent les prisonniers. On voit l’acharnement sur ces soldats qui, je le répète, ont les deux mains liés au dos  et qui sont ligotés à sang. Il faut rappeler que ces hommes, quoi qu’ils aient faits, sont présumés innocents jusqu’à leur jugement.

Sur les images, comble d’une société en putréfaction, on voit nettement une jeune femme vêtue de rouge. Cette scène n’est pas anodine ! Elle traduit le degré de cruauté auquel notre pays a atteint. Qu’une femme assiste à de telles scènes en dit beaucoup.

On entend les injures proférées contre les deux soldats. On les  traite, passez- moi l’expression de « bâtard » par exemple et autres grossièretés en langue soussou.

Le comble de l’horreur, ce sont les cris et les invocations des victimes. Les « Allahou Akbar » adressés au Tout Puissant. Criant de douleur et d’humiliation, ils sont trainés au milieu de soldats hilares et en furie.

Cependant, on peut percevoir à travers les images, une certaine prise de distance, une sorte d’ahurissement et de stupéfaction parce qu’un bon nombre se tient à l’écart de la scène. Cela traduirait, sûrement, une désapprobation. Mieux, une fissure au sein de la troupe.

La lecture des images confirme, pour ceux qui en doutaient encore que notre pays, la Guinée, est devenu un Etat de non droit. Un pays abandonné à des soldats sans foi ni loi. Nul doute, qu’à la tête de notre nation règnent des criminels. Des monstres assoiffés de sang et de pouvoir qui n’ont plus aucune valeur et qui font de la vie un jeu de mort !

Je crains fort que nul ne puisse jamais arrêter ces militaires qui ne sont en fait qu’une bande de copains. Un gang de drogués pilleurs, tueurs et violeurs.

Je crains que la peur ne fasse taire à jamais le peu de soldats patriotes (il devrait y en avoir) que compte l’armée guinéenne. J’ai peur que l’on ne muselle, s’il en existe, les membres du CNDD qui voudraient arrêter cette spirale de crimes dans notre pays.

Je préviens que le Général Sékouba Konaté n’est pas en sécurité. Que Dadis se relève, ce dont on peut douter très fort, ou non, Sékouba figurera sur la longue liste des hommes à abattre.

Le CNDD est tenu, depuis bien longtemps par des hommes de main qui sont unis par l’ethnie et l’intérêt. Ils ne veulent laisser aucune voix s’exprimer ni aucun autre émerger en dehors de leur cercle familial, clanique et ethnique.

 Ces hommes tenaient Dadis en laisse. Ils ne voudront jamais, au plus grand jamais, de Sékouba ou d’un autre capable de convoiter le fauteuil de la présidence. Je n’ai pas peur de le dire, Sékouba ne remplacera pas Dadis à moins qu’il ne fasse le premier le ménage !

Le plus inquiétant, c’est le fait que cette bande commence, sous prétexte d’être à la recherche Toumba Diakité, de ratisser dans les quartiers. D’après plusieurs sources, ils ont commencé à kidnapper, à violenter et à tuer dans la banlieue de Conakry.

Je lance un SOS pour dire aux hommes politiques guinéens qui se taisent depuis le 3 décembre 2009 que leur conformisme risque de coûter très cher à la Guinée.  Bon nombre d’entre- eux se terrent comme des pigeons en espérant bénéficier des dividendes au cas où Dadis se relèverait. Erreur fatale. Ils risquent leur carrière en ce sens que le peuple verra en eux des trouillards et des opportunistes. Si ce n’est de lâches. On ne se tait pas quand le moment est grave et le peuple a besoin d’être rassuré !

Dadis appartient au passé car il ne se remettra jamais de ses blessures. Les séquelles, quoi qu’on tente de faire avaler à l’opinion publique sont incompatibles au poste qu’il occupait jusque- là.  Il ne pourra plus avoir la force physique et la capacité mentale d’assumer une charge présidentielle. Déjà, on lui prêtait une moitié de tête. A plus forte raison après que Toumba ait ôté l’autre moitié restante.

Je dis à ceux qui jouent sur la fibre ethnique pour se maintenir au pouvoir, en brimant, menaçant, arrêtant, torturant en dehors de toute loi, qu’ils porteront la responsabilité de tout ce qui arrivera en Guinée. Le cercle qui tient Dadis en otage n’a aucun droit de s’en prendre aux populations civiles.  La Guinée n’est pas la propriété de ce groupe de durs du CNDD qui font croire au monde entier que leur parent ou président se remettra dans les jours qui viennent. Qu’ils recherchent Toumba, c’est leur affaire !  Mais qu’ils évitent à la Guinée la guerre civile ou les conflits inter- ethniques.

Dès qu’on voit les images sur les sites internet ou qu’on lise la liste des détenus depuis l’avènement de Dadis et ses hommes au pouvoir, on se rend compte qu’appartenir, de près ou de loin, aux « Bérets Verts » est un péché. Si, de surcroit, on est apparenté à Lansana Conté, on devient la cible idéale. Je ne ferai pas allusion ici, au déchainement sur le net dont les peulhs sont la cible et qui sont véhiculés par des pro- Dadis et des  ethno- racistes de tout bord.

Si on ajoutait à tout cela les assassinats, les massacres, les viols, les tortures en cours dans notre pays, qu’on me dise quels sont les ingrédients qui manquent pour opposer les citoyens les  uns aux autres ?

Mais ceux qui se sont livrés aux tortures ignorent les bienfaits de l’image. Ils sont tous passibles de poursuite pour crimes, torture et, éventuellement meurtre.

Ces poursuites sont d’autant plus fondées que plusieurs sources indiquent que l’Adjudant- Chef Mohamed 2 Camara a succombé à la torture dans l’enceinte du camp Alpha Yaya.  Sa mort serait survenue le 6 décembre 2009.

A nouveau, la junte montre sa vraie nature et se met sur le dos la communauté internationale et les organisations de défense de droits de l’homme. Alors que les conclusions de la Commission d’Enquête Internationale sur les massacres du 28 septembre 2009 ne sont pas encore connues, le CNDD se permet de saler la note. Après les crimes contre l’humanité pour massacres et viols, s’ajoute les crimes pour torture dont il devra sûrement répondre. Tout cela confirme que la junte qui dirige notre pays est composée de hors- la- loi.

Je dis, si le Général Sékouba est animé de bonnes intentions durant ce temps d’intérim, il faut qu’il rappelle les soldats dans les casernes. Si l’armée recherche « son Toumba » il ne faut pas qu’on y mêle les populations.

Notre peuple est éprouvé depuis que le CNDD et Dadis sont au pouvoir. Toutes les semaines et tous les mois  sont marqués par un événement tragique et par des rebondissements de tel ou tel conflit. Dans son histoire, jamais la Guinée n’a été aussi exposée qu’entre décembre 2008, date de la prise du pouvoir par les militaires, et décembre 2009 !

Bon Dieu ! Soldats de Guinée, rejoignez la caserne. Pensez un moment,  je dis, un seul moment, que vous êtes des fils de ce pays ! Demandez- vous un seul instant si vous avez apporté la paix et l’honneur de notre nation. Interrogez- vous de savoir si vous êtes fiers de vos actions, notamment des actes commis par les vôtres le 28 septembre 2008 !

Réfléchissez un peu et dites- vous que vous êtes des pères de famille. Des enfants d’un autre. Des grands- pères, parfois !

Mais à quoi sert- il de vous moraliser ? Vous n’avez  fait que faire souffrir ce pays et ce peuple !

Vos mères, pères, frères, sœurs, tantes, cousins, fils et petits- fils se morfondent à l’heure où j’écris ces lignes par peur d’être assassinés ou violés par l’un d’entre- vous ! N’est- ce pas ?

Enfin, y aura- t- il, un jour, un seul soldat qui préparera le bonheur de la Guinée en restaurant l’ordre constitutionnel dans la paix ? Espérons toujours. Ma mère me disait en septembre 1994 : « Mon fils, espère toujours en l’homme quand bien même il serait ton ennemi ! »

Lamarana Petty Diallo                    Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

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