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Il faut sauver le « soldat Toumba »

Date de publication:2009-12-08 23:31:48

2009-12-09 00:29:40

Le « soldat » Aboubacar Sidiki Cherif Diakité  aide camp du chef de la junte en Guinée, est selon les autorités guinéennes, le principal suspect sur l’attentat contre le capitaine Moussa Dadis Camara. Sa tète est mise à prix (forte récompense) et la chasse à l’homme est ouverte. Toumba de son surnom est l’homme le plus recherché en guinée, l’armée est à sa trousse et le concours des citoyens est sollicité pour l’arrêter lui et ses hommes. Seulement, le lieutenant Toumba ne doit pas mourir car en Guinée, un militaire qui meurt, est une bibliothèque qui brule. Pendant  50 ans, le pays a connu les pires formes de dictature (civil, militaire). Les guinéens ont connu la violence d’Etat (Dominique Bangoura) sous toutes ses formes par le moyen de milices (sous la première république) et de militaires (sous le régime de CONTE et DADIS). Des nombreuses actes inhumaines (viol, assassinat, tortures) ont été commises sous le règne des différents tyrans qui se sont succédés au sommet de l’Etat guinéen. Ils ont agi dans l’impunité et après leur mort, les guinéens n’ont pas eu l’opportunité de connaitre les mobiles des crimes commises et les responsabilités (planificateurs, exécutants) n’ont jamais pu être situées parce que les témoins clés ont été liquidés, emprisonnés, et/ou exilés. Comme une écriture en craie sur un tableau noir, les autorités ont cherché à effacer les événements dans les mémoires individuelles et collectives des guinéens. On se tait sur les événements, on arrête et on fait éliminer les personnes qui ont été acteurs ou témoins. On tente de tourner la page ou plutôt de continuer sur la même page parce qu’en réalité l’histoire politique guinéenne est une continuité depuis plus de 50 ans. Personne parmi les dirigeants ne cherche à clarifier un événement socio politique qui a impliqué des militaires ou de dignitaires des régimes successifs en Guinée. Les guinéens n’ont jamais connu la vérité sur les régimes de Lansana CONTE et de Sékou TOURE .Qui connait la verité sur les événements  de novembre 1970 ? Quelles sont les responsabilités des uns et des autres sur les tortures et assassinats dans les camps Boiro et Kassa? Pourquoi avoir tué les dignitaires du régime de Sékou au lendemain du putsch de 1984 ? Qu’est ce qui s’est réellement passé le 04 juillet 1985 ? Qui a ordonné le massacre des jeunes le 22 janvier 2007?

Les dirigeants guinéens cachent la verité à son peuple. Au nom de la stabilité et de la cohésion sociale, les événements en Guinée finissent toujours dans le lot des dossiers « affaire classée ». Ce qui fait que l’histoire se répète souvent en guinée. On ne peut apprendre de nos erreurs, de notre histoire. Combien d’opportunités le pays a laissé échapper par manque d’informations ? Pensez-vous que si les responsables du massacre de 2007 ont été arrêté, jugé et puni, on aurait actuellement à la tète de notre Etat, des personnes  comme Dadis, Pivi ou Toumba ? Certes l’histoire aime bien la guinée mais les guinéens non plus n’apprennent beaucoup de leur passé.

Aujourd’hui, nous sommes témoins de l’une de plus grande tragédie de l’histoire de la république guinéenne. Jamais, des guinéens n’avaient osé violer leurs sœurs, leurs cousines, leurs voisines, en plein jour, dans un lieu public et en plein jour. Jamais un chef d’Etat guinéen n’a été atteint de tirs de son aide camp ? Jamais, un commandant en chef des armées, n’a avoué son impuissance à maitriser sa troupe. Les guinéens ont besoin de savoir sur les événements qui se sont produits à Conakry ces trois derniers mois. Déjà, tout le monde attend les résultats de la commission d’enquête internationale pour situer les responsabilités et punir les coupables de la grande « battue humaine » du 28 septembre. Mais la lumière ne peut être faite sans les militaires qui sont les premiers coupables désignés du fait de leur présence (armes au poing) au stade et les actes commises (viol, tuerie, torture, humiliation, bastonnade).

Actuellement, après l’attentat contre le chef de la junte Moussa Dadis CAMARA, la chasse aux comploteurs est ouverte et les arrestations et liquidations ont déjà commencé. Cette situation est inquiétante car on risque d’éliminer des militaires qui auraient pu donner des informations sur les événements de septembre 2009. Ainsi, comme dans le passé les guinéens ne connaitront peut être pas la vérité voila pourquoi, il faut que Toumba et tout ceux qui ont planifié voire exécuté le plan sur le carnage du stade de Conakry soient en vie. Toumba peut éclairer l’opinion nationale et internationale sur la préparation et l’exécution de la répression permanente et planifié de la junte sur les pauvres guinéens. Il peut aider à situer les responsabilités et punir les coupables (y compris lui-même) parce que tous les témoignages des personnes présentes au stade et des personnes victimes de la répression affirment l’avoir reconnu commandant la répression. Le CNDD cherche à cacher la verité sur ses crimes, l’arrestation des militaires proches de Toumba n’est qu’un moyen pour la junte d’éliminer les témoins de la planification et de l’exécution des projets criminels .Pour la verité, il faut sauver le « soldat Toumba »

Mamadou A. DIALLO (Paris)
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