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Exactions militaires en Guinée : qui va aider les populations civiles

Date de publication:2009-12-09 20:39:49

2009-12-10 10:00:28

Ce mardi matin, 08 décembre 2009, elles sont une trentaine de jeunes filles  travaillant toutes dans un salon de coiffure qui ont été dépossédées de leurs téléphones portables avant d’être menacées de mort. 

 Mme Kane, la maîtresse du salon nous explique comment la scène s’est  déroulée :

« On était tous là ce matin en train de travailler au salon quand subitement deux camions remplis de bérets rouges sont venus garer devant l’immeuble. Ils étaient tous armés jusqu’aux dents.  Ils se sont tous introduits dans le salon de coiffure. Ils ont braqué d’abord l’arme sur nous avant de nous demander où se trouve Toumba Diakité. Nous leur avons  dit que nous ne connaissons même pas ce Toumba. Ils nous ont dit que c’est faut. Selon eux, l’immeuble que nous occupons appartient à Toumba, ancien aide de camp  de Dadis.  Nous leur avons dit que le propriétaire de l’immeuble s’appelle Thierno Mouctar et qu’il n’habite même pas loin. Malgré nos efforts de leur prouver par tous les moyens que l’immeuble que nous occupons n’appartient pas à Toumba, les bérets rouges ont fini par saccager toutes nos installations. En quittant les lieux, ils ont braqué les armes sur nous avant de retirer tous  nos téléphones portables. C’était  au moins une trentaine de téléphones. A présent, nous ne savons plus à quel Saint se vouer. Puisqu’il n’y a pas où se plaindre ».

Voilà donc le rythme de vie des Guinéens depuis la tentative d’assassinat sur la personne du chef de la junte le capitaine Moussa Dadis Camara. Plusieurs cas de saisis de téléphones portables par les milices de Dadis sont signalés dans plusieurs quartiers de la Capitale et même en dehors de Conakry. C’est comme si les milices forestières, dans une perspective de guerre civile, cherchent des matériels de communication !

Cette descente des bérets rouges dans le salon de coiffures intervient après que Claude Pivi, ministre chargé de la sécurité présidentielle, et sa bande en patrouille dans tous les coins et recoins de Conakry aient semé la terreur lundi, le 7 décembre 2009, dans toute la ville.  Au quartier Cosa, dans la commune de Ratoma, c’est un Imam, accusé d’être le marabout de Toumba Diakité qui a été tué. Plus loin au quartier Lambanyi, c’est une école privée appelée Mahatma Gandhi, qui a été encerclée par les bérets rouges.  Selon eux, une élève de cette école aurait été entendue dire que ‘’Toumba a bien fait de tirer sur Dadis. Et qu’il (Toumba) n’a fait que se défendre’’.

Il aura fallu que les populations de cette localité manifestent contre cet attroupement qui faisait peur aux enfants pour que  les militaires  abandonnent le coin.

D’autres sources indiquent que des personnes innocentes, membres de la famille de Toumba, ont été mutilés, violées ou tuées. On aurait par exemple coupé des oreilles à un de ses frères.

Arrêté à Pamelap, dans la préfecture de Forécariah, le lendemain de la tentative d’assassinat de Dadis, le lieutenant Mohamed Camara dit Bégré, commandant de la Brigade Autonome de la Sécurité Présidentielle (BASP), ami de Aboubacar Toumba Diakité, a été torturé à mort ce mardi 08 décembre 2009. Cependant, les tueurs affirment que l’homme ligoté et mis à nu s’est suicidé, sous la torture !

Sur le plan politique, les milices de Dadis semblent vouloir suspendre tout en attendant le « retour » de leur chef ou l’opération de reconquête totale du pouvoir que l’on veut forestier. Ils ont contraint le CNDD à annoncer la suspension de sa participation aux négociations engagées à Ouagadougou, jusqu’au « retour » ou plutôt à la résurrection de Dadis. Ils semblent avoir trois marionnettes de tailles pour espérer réussir ce coup : Sékouba Konaté, Moussa Keita et Kabinè Komara ! Chacune de ses personnes pouvait prendre une décision patriotique, salutaire pour la Guinée pour dire « Stop » à ces milices écervelées. Mais ils sont plus loyaux au clan Dadis qu’à la Guinée qui est entrain de sombrer.

 « Si la guinée ne met pas fin au phénomène Pivi, c’est lui qui va mettre fin à la Guinée. Qu’est-ce que les leaders politiques, la société civile et les syndicats attendent pour faire une demande officielle de l’envoi d’une force de protection de la population ? », déclare un ancien ministre à la retraite.
 

Namory Condé

Ecoutez Moussa Keita et Sékouba Konaté, plus fidèles à Dadis qu'à la Guinée

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