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Arrêtons la violence !

Date de publication:2009-12-12 11:40:14

2009-12-12 12:35:45

Le 3 décembre 2009 est un autre jour d’horreur qui vient allonger la liste déjà longue de victimes de la violence en Guinée ; cette violence qui est tellement courante dans ce pays qu'elle y est devenue malheureusement banale. Qu’il me soit permis de commencer ce message par la condamnation de cette tentative d’assassinat sur la personne du Président, le Capitaine Moussa Dadis Camara. Je compatis à la douleur de sa famille et joins mes prières aux siennes pour son prompt rétablissement.

Au cours de cet incident, certains de nos compatriotes ont perdu la vie et d’autres ont été blessés. Je saisis cette occasion pour présenter mes condoléances aux familles de nos compatriotes tués, tout en souhaitant également prompt rétablissement à tous ceux qui ont été blessés.

Cette maudite date du 3 décembre 2009 restera longtemps dans la mémoire collective des guinéens, car elle ouvre la voie à d’autres violences dont aucun guinéen ne peut deviner aujourd’hui quand elles prendront fin. En effet, depuis cette tentative d’assassinat, nombreux sont nos compatriotes qui subissent des traitements inhumains ou qui ont déjà été tués par les forces armées et de sécurités au nom d’un principe d’association au malfaiteur. Est-il besoin de rappeler que le principe de la responsabilité individuelle veut que chaque individu réponde de ses actes, mais uniquement de ses propres actes. Dans toute société civilisée, nul n’est punissable qu’en raison de son fait personnel. Autrement dit, les fautes des pères ne doivent pas être imputées à leurs enfants, et vice versa. Les fautes étant personnelles, il serait contraire à l'humanité ainsi qu'à la justice de punir quelqu'un pour des crimes commis par un autre, fût-il son père, son fils, sa femme ou son parent.  Or, c’est exactement ce que nous vivons encore aujourd’hui en République de Guinée sous les yeux de l’humanité toute entière.

Cette situation d’amalgame qui n’a que trop duré en Guinée a fait des victimes innombrables. Que de guinéens ont perdu leur vie, ont été torturés et emprisonnés, et ont été déniés de leurs droits à cause de leur association aux présumés malfaiteurs dont la culpabilité n’a jamais été établie par une justice indépendante ! Que de familles guinéennes ont été anéanties parce que simplement un de leurs enfants a refusé de rentrer en Guinée après ses études à l’étranger !

C’est le lieu d’appeler les membres du gouvernement et du CNDD à prendre leurs responsabilités pour assurer la sécurité des pauvres populations qui n’ont que trop souffert, à travers l’exercice de la retenue, la prudence et l’esprit de justice.

Aujourd’hui, il est clair dans l’esprit de tout guinéen qui se soucie de l’avenir de ce pays que tous ceux qui usent de la violence n’agissent pas dans l'intérêt du peuple mais dans le leur. Le souhait de la majorité de guinéens a toujours été qu'il n'y ait jamais aucune goute de sang qui coule en Guinée, pas un seul mort, pas une seule mère qui porte le deuil, pas une seule femme violée, pas un seul homme torturé, etc. Mais, hélas !

Les guinéens font aujourd’hui face à un constat navrant et pitoyable du naufrage moral dans lequel s’enfonce leur pays ; ce pays au dessus duquel ont toujours régné des barbares « nationalistes » qui dictent la haine et d’immoralité, et qui ont fini par imprimer dans l’histoire de notre pays une tradition de perversion à son paroxysme qui prendra un long temps pour être effacée.

Les forces de compromission de la justice ont toujours eu le dessus en Guinée. La conséquence de cette réalité est que les fondements même de la nation guinéenne sont quotidiennement jetés à la poubelle par la démolition de tous les repères moraux et d’humanité. Le poison de la haine s’établit de jour en jour dans les esprits et tout le monde est conscient aujourd’hui que la première étincelle donnera lieu à des déchainements de violence que tous les guinéens craignent. Les valeurs cardinales de paix, de respect mutuel, de justice, de démocratie, de liberté, etc. ont toujours été foulées au sol par ceux qui ne voit notre pays qu’à travers leurs ambitions et leur soif du pouvoir.

Il revient aujourd’hui à tout le monde de se ressaisir, de comprendre qu’au delà de nos différences ethniques et régionales, tous les guinéens et toutes les guinéennes sont des frères et sœurs qui se doivent respect mutuel, amour, compassion. Quelle que soit son appartenance ethnique ou régionale, un guinéen assassiné est une mort de trop, un guinéen blessé est une blessure de trop, un guinéen calomnié est une calomnie de trop, une guinéenne violée est une victime de trop, un guinéen torturé est une torture de trop.

Il revient aussi aux hommes de la justice de défendre l’honneur bafoué de l’Institution judiciaire en Guinée. Aussi bien aux plans moral, civique et humain, ils n’ont pas le droit de laisser la justice être prise en otage et utilisée par des politiciens aux visées étriquées, car ces politiciens passeront un jour, mais la justice elle, devra rester pour toujours.  

Mettons à l'écart tous ceux qui utilisent cette violence devenue une seconde nature en Guinée, car ils n'ont rien à faire dans un monde civilisé.

Cette transition qui a ravivé la violence devenue une seconde nature en Guinée doit être réussie. Tous les guinéens se doivent de continuer la lutte pour honorer la mémoire de tous ceux qui ont été tués pour avoir exercé leurs droits à la parole, pour avoir exprimé leurs opinions politiques ou pour avoir simplement marqué leurs différences. Une des conditions de la réussite de cette transition est et demeure la neutralité de l’autorité qui va la gérer.  Je reste convaincu que par le dialogue, tous ensemble, nous réussirons à mettre en place cette autorité.

Faya Milimono


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2009-12-12 11:40:14 Ibraguinée

2009-12-12 12:35:45

Le 3 décembre 2009 est un autre jour d’horreur qui vient allonger la liste déjà longue de victimes de la violence en Guinée ; cette violence qui est tellement courante dans ce pays qu'elle y est devenue malheureusement banale. Qu’il me soit permis de commencer ce message par la condamnation de cette tentative d’assassinat sur la personne du Président, le Capitaine Moussa Dadis Camara. Je compatis à la douleur de sa famille et joins mes prières aux siennes pour son prompt rétablissement.

Au cours de cet incident, certains de nos compatriotes ont perdu la vie et d’autres ont été blessés. Je saisis cette occasion pour présenter mes condoléances aux familles de nos compatriotes tués, tout en souhaitant également prompt rétablissement à tous ceux qui ont été blessés.

Cette maudite date du 3 décembre 2009 restera longtemps dans la mémoire collective des guinéens, car elle ouvre la voie à d’autres violences dont aucun guinéen ne peut deviner aujourd’hui quand elles prendront fin. En effet, depuis cette tentative d’assassinat, nombreux sont nos compatriotes qui subissent des traitements inhumains ou qui ont déjà été tués par les forces armées et de sécurités au nom d’un principe d’association au malfaiteur. Est-il besoin de rappeler que le principe de la responsabilité individuelle veut que chaque individu réponde de ses actes, mais uniquement de ses propres actes. Dans toute société civilisée, nul n’est punissable qu’en raison de son fait personnel. Autrement dit, les fautes des pères ne doivent pas être imputées à leurs enfants, et vice versa. Les fautes étant personnelles, il serait contraire à l'humanité ainsi qu'à la justice de punir quelqu'un pour des crimes commis par un autre, fût-il son père, son fils, sa femme ou son parent.  Or, c’est exactement ce que nous vivons encore aujourd’hui en République de Guinée sous les yeux de l’humanité toute entière.

Cette situation d’amalgame qui n’a que trop duré en Guinée a fait des victimes innombrables. Que de guinéens ont perdu leur vie, ont été torturés et emprisonnés, et ont été déniés de leurs droits à cause de leur association aux présumés malfaiteurs dont la culpabilité n’a jamais été établie par une justice indépendante ! Que de familles guinéennes ont été anéanties parce que simplement un de leurs enfants a refusé de rentrer en Guinée après ses études à l’étranger !

C’est le lieu d’appeler les membres du gouvernement et du CNDD à prendre leurs responsabilités pour assurer la sécurité des pauvres populations qui n’ont que trop souffert, à travers l’exercice de la retenue, la prudence et l’esprit de justice.

Aujourd’hui, il est clair dans l’esprit de tout guinéen qui se soucie de l’avenir de ce pays que tous ceux qui usent de la violence n’agissent pas dans l'intérêt du peuple mais dans le leur. Le souhait de la majorité de guinéens a toujours été qu'il n'y ait jamais aucune goute de sang qui coule en Guinée, pas un seul mort, pas une seule mère qui porte le deuil, pas une seule femme violée, pas un seul homme torturé, etc. Mais, hélas !

Les guinéens font aujourd’hui face à un constat navrant et pitoyable du naufrage moral dans lequel s’enfonce leur pays ; ce pays au dessus duquel ont toujours régné des barbares « nationalistes » qui dictent la haine et d’immoralité, et qui ont fini par imprimer dans l’histoire de notre pays une tradition de perversion à son paroxysme qui prendra un long temps pour être effacée.

Les forces de compromission de la justice ont toujours eu le dessus en Guinée. La conséquence de cette réalité est que les fondements même de la nation guinéenne sont quotidiennement jetés à la poubelle par la démolition de tous les repères moraux et d’humanité. Le poison de la haine s’établit de jour en jour dans les esprits et tout le monde est conscient aujourd’hui que la première étincelle donnera lieu à des déchainements de violence que tous les guinéens craignent. Les valeurs cardinales de paix, de respect mutuel, de justice, de démocratie, de liberté, etc. ont toujours été foulées au sol par ceux qui ne voit notre pays qu’à travers leurs ambitions et leur soif du pouvoir.

Il revient aujourd’hui à tout le monde de se ressaisir, de comprendre qu’au delà de nos différences ethniques et régionales, tous les guinéens et toutes les guinéennes sont des frères et sœurs qui se doivent respect mutuel, amour, compassion. Quelle que soit son appartenance ethnique ou régionale, un guinéen assassiné est une mort de trop, un guinéen blessé est une blessure de trop, un guinéen calomnié est une calomnie de trop, une guinéenne violée est une victime de trop, un guinéen torturé est une torture de trop.

Il revient aussi aux hommes de la justice de défendre l’honneur bafoué de l’Institution judiciaire en Guinée. Aussi bien aux plans moral, civique et humain, ils n’ont pas le droit de laisser la justice être prise en otage et utilisée par des politiciens aux visées étriquées, car ces politiciens passeront un jour, mais la justice elle, devra rester pour toujours.  

Mettons à l'écart tous ceux qui utilisent cette violence devenue une seconde nature en Guinée, car ils n'ont rien à faire dans un monde civilisé.

Cette transition qui a ravivé la violence devenue une seconde nature en Guinée doit être réussie. Tous les guinéens se doivent de continuer la lutte pour honorer la mémoire de tous ceux qui ont été tués pour avoir exercé leurs droits à la parole, pour avoir exprimé leurs opinions politiques ou pour avoir simplement marqué leurs différences. Une des conditions de la réussite de cette transition est et demeure la neutralité de l’autorité qui va la gérer.  Je reste convaincu que par le dialogue, tous ensemble, nous réussirons à mettre en place cette autorité.

Faya Milimono

2009-12-12 11:41:32 Ibraguinée
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