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Sékouba se préoccupe des militaires et laisse les civils croupir en prison sans inculpation

Date de publication:2009-12-31 11:51:18

2009-12-31 12:15:45

D’après le journal le monde, Mouktar Diallo, défenseur des droits de l'homme, croupit depuis la mi-décembre dans une cellule, sans inculpation ni avocat.

Lire le texte publié dans le monde:

Le sort de Mouktar Diallo, défenseur des droits de l'homme incarcéré, illustre l'arbitraire en Guinée du CNDD.

Il s’agit des actes posés par le CNDD à la tête duquel se trouvait et se trouve encore Sékouba Konaté, le seul que Dadis respectait et écoutait.

Nous nous sommes opposés au CNDD avant le 28 septembre pas parce que son chef s’appelait Dadis Camara mais par principe : il n’est plus question de laisser un militaire prendre le pouvoir en Guinée, parce qu’il a les armes que le peuple lui a confiées.

Même si Sékouba Konaté avait les qualités morales et intellectuelles pour pouvoir diriger la Guinée, on ne saurait accepter que le CNDD nous choisisse un nouveau chef d’Etat sans consultation du peuple ou de ses représentants (Forces Vives).  

C’est l’occasion à ne pas rater pour rompre avec ces successions illégales des hommes du même cercle serviteur du régime narcotrafiquant du Général Lansana Conté.

Si Sékouba avait la bonne volonté, il allait commencer par reconnaitre qu’il n’a aucune légitimité pour prendre le pouvoir sans tenir compte des négociations qui étaient en cours pour l’installation d’un gouvernement de consensus qui va diriger la transition. Sékouba Konaté lui-même était pressenti pour diriger un des organes proposés dans le cadre de cette transition.  Pourquoi remettre cela en cause ?

Nous nous sommes d’abord abstenus de juger Sékouba avant de connaître son orientation dans ses fonctions de chef de la junte par intérim. Ses déclarations et ses premiers pas ne laissent aucun doute que nous n’aurons pas à faire à un militaire comme ATT ou Jerry Rawlings mais plutôt à un autre Lansana Conté que l’on pousse à confisquer le pouvoir. Rappelons-nous de certains faits :

- Sékouba fait le tour des casernes pour mobiliser les militaires derrière le CNDD.

- il annonce l’intégration dans l’armée guinéenne, des milices qui se sont rendues coupables des crimes contre l’humanité le 28 septembre 2009. Le rapport de l’ONU ne lui dit rien.

- il se préoccupe de la libération des militaires incarcérés qui, majoritairement étaient impliqués dans les affaires de cocaïnes sous le régime de Lansana Conté, sans aucune allusion aux civils arrêtés arbitrairement. En effet, nous savons tous que c’est la garde présidentielle de Conté qui récupérait la cocaïne aux aéroports de Conakry, Farana et Boké et qui le distribuait dans le pays, avec les enfants de Conté en tête, tous amis de Sékouba.

- il dit qu’il va organiser des élections « le plutôt que possible », sans allusion au calendrier 2010 ni des exigences des forces vives et de la communauté internationale. Parmi ses amis et conseillers, on a Chantal Cole, ancienne "fille" et conseillère de Conté et Roda Fawaz, trafiquant d’armes libanais qu’il a même fait nommer consul honoraire au Maroc. C’est lui qui a également fait nommer un autre libanais consul honoraire de Guinée au Liban.

- Sékouba est trop lié à la mafia libanaise (il est d’ailleurs trop fréquent au Liban qui ne peut apporter que des ennuis à la Guinée) et c’est lui qui a introduit les rebelles de l’Ulimo dans le CNDD. Il a activement participé au recrutement des milices ethniques et à la campagne de la candidature de Dadis. C’est eux qui ont encouragé Dadis dans ses bêtises (Lire l’article de International Crisis Groupe là-dessus).

- En quelques mois en tant que ministre de la défense, Sékouba a pu distribuer des centaines de millions dans le pays, provoquant même des conflits sociaux à Mandiana et envoyer au moins 50 personnes à la Mecque. Est-ce là le comportement d’un homme responsable ?

Ce monsieur doit-il avoir le pouvoir absolu en Guinée, sans mandat du peuple, sans organe de contrôle ?

Faisons attention si on aime et veut sauver ce pays ! Que les acteurs politiques et sociaux prennent conscience du mal qu’ils feront à la Guinée en laissant le pouvoir retomber dans les mains de la bande armée du CNDD, quel que soit celui qui est à sa tête.

Dadis, à son arrivée au pouvoir, a fait des déclarations concrètes avec un calendrier défini. Nous avons exigé de lui, le retour du CNDD dans les casernes et la désignation, par les répresentants du peuple, d’un gouvernement d’union nationale de transition.

Comment peut-on accepter que le CNDD dont on demande le départ nous choisisse un nouveau président sans concertation avec les forces vives et le groupe de contact ?

D’où le CNDD tient-il le droit de diriger la Guinée ou de lui choisir un président ? Des armes ? Beaucoup d’autres groupes pourront les avoir et faire comme le CNDD.

Pourquoi doit-on encore essayer avec le même CNDD en revenant en arrière parce que le chef s’appelle désormais Sékouba au lieu de Dadis ? Pourquoi avons-nous combattu jusqu’à présent ?

Selon les informations que j’ai sur la personne de Sékouba Konaté, il serait quelqu’un de bien socialement. Sékouba, si on en croit ceux qui le connaissent de près, est un homme calme qui veut être sympa avec tout le monde. Cela présente des avantages et des risques au sommet de l’Etat.

Risques 

Sékouba ressemble en tout à Lansana Conté. A travers lui, le réseau qui a fait de notre pays un Etat narcotrafiquant et trafiquant d’armes peut ressusciter en force avec du sang nouveau en Guinée. Car, même s’il n’y participe personnellement, il garantira l’impunité à ses amis et leur distribuera l’argent et des bien publics comme Lansana Conté le faisait. On aurait mis le frère de Chantal Cole à la place du père de Chantal Cole. De plus, en le laissant prendre le pouvoir sans légitimité, cela encouragera tout autre groupe armé, militaire ou pas, à conquérir le pouvoir par la force. C’est le rapport de force, rien que cela qui serait définitivement légitimé en Guinée.

Cette loi du plus fort continue de s’exprimer clairement sur le terrain quand Sékouba interdit toute manifestation politique en acceptant celle des jeunes mobilisés et payés par le gouverneur de Conakry pour insulter le ministre français des affaires étrangères que la majorité des Guinéens apprécie aujourd’hui. Elle s’exprime quand Siba Lolamou refuse de libérer des militaires dont Sékouba ordonne la libération. Elle s’exprime quand Pivi annule une nomination décidée par Sékouba. Elle s’exprime quand Sékouba et Idrissa Chérif se dédient et cherchent à gouverner sous couvert de Dadis qui aurait accepté un premier ministre issu de l’opposition (Le plan Compaoré).

Avec le CNDD, c’est le gaspillage, le mensonge, la confusion et la violence en système de gouvernement qui continuent.

Sans une autorité légitime, nous finirons par mettre du feu à ce pays et nous retrouver dans la situation somalienne. Les Guinéens qui commencent à s’activer parce qu’ils pensent tirer profit d’un pouvoir de Sékouba n’ont qu’à comprendre qu’aujourd’hui c’est l’existence de la nation guinéenne elle-même qui est menacée.

C’est pourquoi, nous ne devons point renoncer à nos exigences : plus de CNDD au pouvoir et plus de coup d’Etat mais une autorité de consensus incluant les civils et militaires, chacun son rôle pour une transition apaisée.

Avantages 

Sékouba pourrait ne pas être aussi têtu ni criminel que Dadis. Dans tous les cas, il est plus humain et préférable à Dadis comme interlocuteur. Saisissons cette opportunité pour obtenir des organes démocratiques de transition (seuls garant de paix et de stabilité) et rompre avec la logique de force en Guinée au lieu de créer un autre dictateur !

Nous invitons Sékouba à engager sans tarder la concertation dans le cadre des propositions faites par les Forces Vives et le groupe de contact pour sortir la Guinée de cette crise dont, rappelons-le, il a été un des actifs artisans.

Les forces vives doivent comprendre que sortir du cadre international pour ne dépendre après que du bon vouloir des Moussa Keita et Idrisa Chérif, serait une erreur encore plus grave que celle qui nous a conduit à la modification du chronogramme et l’encouragement de la candidature de Dadis.

Si Sékouba veut rompre avec la logique du coup d’Etat et donner une chance à l’instauration de la démocratie en Guinée, alors tous, on sera là pour l’aider à réussir. La démobilisation des milices illégales et criminelles serait le premier bon pas.

Enfin, n'oublions pas que tant qu'un membre du CNDD ou un autre militaire restera à la tête de la Guinée, le pays restera sous sanctions internationales.

SADIO BARRY,
Membre de l’IBCG

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