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Cameroun : silence, on tue!

Date de publication:2007-11-16 12:25:12

Le 03 novembre 2007, un militaire de la Garde Présidentielle abat froidement un jeune homme au quartier Tsinga de Youndé. Son crime? Avoir voulu traverser la rue juste après le passage d'un cortège de la première dame Chantal Biya, en provenance de l'aéroport de Yaoundé.

Comme tous les Camerounais le savent lorsque le Président de la Republique et/ou son épouse se déplacent à Yaoundé les rues sont barrées pendant plusieurs heures sur sont trajet. Les citoyens ordinaires pris au piège doivent alors prendre leur mal en patience et attendre. Sous peine de mort, comme le montre tragiquement l'exemple de ce jeune homme. Sourtout que dépuis un certain temps le regime de Paul Biya vit sous la psychose d'un coup d'Etat militaire.

Silence assourdissant

Si nos informations sont exactes Le Messager est le seul journal à avoir évoqué ce drame dans ses colonnes. Pour Cameroun-Tribune l'evenement n'a même pas eu une place dans la rubrique des faits divers. Quant à la CRTV, elle ne serait pas elle-même si elle parlait d'une action qui s'apparente à bavure.

Le plus surprenant est le silence tonitruant des Partis politiques et de l'opinion publique camerounaise. Pas une seule réaction, ni du côté du Parti au pouvoir ni de l'opposition. A supposer que cela n'interesse personne qu'un militaire abatte ainsi un citoyen dans la rue.

Y a-t-il meilleure preuve qu'après 25 ans de "Renouveau" le Cameroun est devenu un enfer? La vie humaine ne vaut rien.

On tue, on se fait tuer, on meurt de maladie, de pauvrété, d'accident de la route ou de mauvais traitements dans une prison ou dans un commissariat de police dans l'indifférence générale. Tout au plus la famille proche prend le cadavre et va faire le deuil. Et encore cela n'est pas toujours possible. Beaucoup de ceux qui meurent en prison, de ceux qui sont victimes d'agressions dans les grandes villes ou qui sont défigurés lors des accidents de la route finissent dans un cimétière anonyme ou simplement dans la brousse.

Dans notre pays l'Humanisme a disparu partout, refoulé par la dureté du quotidien, par les égoismes ou tout simplement par l'arrogance de ceux qui savent que l'impunité leur est garantie.

Combien pariez-vous que le militaire de la Garde Présidentielle qui a abattu ce jeune ne sera jamais inquiété? Qu'il n'y aura même pas une enquête administrative?

Le triste record de 2006 sera battu

Comme cela se passe dépuis des décennies le regime de Paul Biya, se croyant à l'abri de toute poursuite, continuera à tuer et à laisser tuer les Camerounais. Pour protéger son pouvoir, pour consolider les privilèges exorbitants de son élite, mais aussi par simple reflexe.

Qu'on en juge :

  1. Kumba, 12 novembre 2007, trois morts et plusieurs blessés dans un état très critique. Parmi les morts Ngome Herbert Nkwele, élève en classe de 4ème abattu par la Police alors qu'il participait à une manifestation d'écoliers.

    La cause de la révolte des élèves ? Une longue coupure de courant électrique dans les établissements scolaires et dans certain quartiers, éstudiantin notamment. Depuis une dizaine de jours en effet, la fourniture d’énergie électrique s’était interrompue, contraignant les élèves, internes et externes, à s’éclairer à la lampe tempête pour réviser leurs cours.

  2. Bamenda, 16 octobre 2007, deux morts et plusieurs blessés lorsque les conducteurs de moto taxi ( dits benskineurs au Cameroun) descendent dan sla rue pour protester contre contre les exactions de la police. Les forces de l'ordre repondent par la violence et ouvrent le feu sur les manifestants.
  3. Yaoundé, 5 octobre 2007, deux morts et plusieurs blessés. Les forces de l'ordre ont tiré sur la foule. Les commerçants du marché Mokolo descendent dans la rue à cause de casses nocturnes de leurs comptoirs. La police tire.
    A Douala, la manifestation est tuée dans l’œuf suite à la casse des comptoirs par la Communauté urbaine de Douala. La frondeuse a décidé de mettre la pédale douce.
  4. Kribi, 29 septembre 2007 , un jeune homme est sauvagement battu par un groupe de policiers et laissé à demi-mort dans la rue. Dans cette ville balnéaire d Cameroun, les policiers sont accusés d’abus de fonction et de pouvoir. Victimes privilégiées : les femmes et les motos taximen.
  5. Abong-Mbang, 17 septembre 2007, deux morts et plusieurs blessés. Les forces de l'ordre tirent à balles réélles sur la foule aux mains nues. La population avait organisé une marche de protestation suite aux coupures intempestives d’eau et d’électricité. La marche a tournéà l’émeute sanglante. Les deux victimes sont Marcel Bertrand Mvogo Awono et Jean Jaurès Shimpe Poungou Zok

    Le même jour à Doumé (50 km environ de Abong Mbang) les populations sont descendues dans la rue en solidarité avec les habitants de Abong-Mbang. Entre autres elles creusent une tranchée en travers de la route nationale pour empêcher les renforts policiers partis de Bertoua (capitale provinciale) d'arriver à Abong Mbang. Ici aussi il y a eu des violences, mais pas de victimes connues.

  6. Yaoundé, 13 septembre 2007, à de nombreux blessés et peut-être des morts (les familles de certains blessés graves avaient refusé de les faires soigner à l'hopital). Les motos taxis avaient assailli les services de la fourrière de la Communauté urbaine de Yaoundé. Ils revendiquent bruyamment (par le jet des pierres et l’arrêt de la circulation) des motos confisquées par les agents de la Communauté urbaine de Yaoundé. Les forces de sécurité emploient la brutalité : passage à tabac, matraques ...
  7. Banyo, 22 - 24 juillet 2007, des dizaines de blessés graves. La population descend dans la rue pour protester contre les manipulations des procès-verbaux des bureaux de vote en faveur du RDPC, le Parti du Président Biya. Les réprésentants du Regime Biya jouent à fond la carte tribale, dressant les populations Baboutés contre les Haoussas. En réalité il s'agissait de "rectifier" à postériori les résultats des élections pour assurer au candidat de ce Parti la victoire électorale qu'il n'a pas obtenu par les urnes.

Tout porte à croire qu'au pays de Paul Biya le triste record de 2006 en matière de violation des droits de l'Homme sera largement battu.

Halte à l'Impunité

Un point commun à toutes ces réactions violentes des détenteurs de l'Autorité? L'Impunité.

Les assassins, les auteurs de violations des droits de l'Homme sont assurés d'échapper à toute punition tant qu'ils sont fidéles au Regime de Paul Biya.

Cela ne peut pas continuer ainsi.

Il est du dévoir de tout patriote, de notre dévoir et du dévoir de nos organisations patriotiques de tout faire pour mettre fin à l'Impunité qui règne au Cameroun.

Le CNI (Collectif National contre l'Impunité), qui a joué un rôle fondamental dans la lutte pour faire justice aux neufs jeunes gens de Bepanda enlevés et exécutés par le Commandement Operationel et qui a déposé une plainte contre Paul Biya pour crime contre l'Humanité, fera tout ce qui est possible pour que ce crime ne reste pas impuni. Les différents responsables qui acceptent d'être la main assassine du regime de Yaoundé doivent savoir qu'ils auront à rendre compte de leurs actes devant la justice.

L'impunité ou l'assurance d'une impunité est le terreau sur lequel les violations des droits de l'Homme se développent ; elle engendre l'irresponsabilité et est incompatible avec un Etat de droit, avec une société démocratique.

Aucune Renaissance nationale, aucune Reconciliation entre les différentes composantes de la Nation camerounaise, aucune alternance démocratique ne seront possible s'il n y a pas de justice. Et il ne pourra pas avoir de justice dans l'Impunité.

Le CNI lance un appel solennel à tous les patriotes épris de justice à se joindre à la lutte pour la Justice et pour une alternance pacifique au Cameroun.

 

Roufaou Oumarou,
Collectif National contre l'Impunité

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