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Grandeur et misère de la communauté guinéenne

Date de publication:2008-03-04 10:08:39

Marc Louty TRAORE et Katoucha NIANE, deux décès qui nous interpellent.

En ce mois de février 2008, deux tragiques disparitions ont endeuillé la communauté guinéenne de France celle de Marc Louty TRAORE et de Katoucha Niane. Je voudrais ici présenter mes condoléances aux familles éplorées.
Marc Louty est décédé seul dans son appartement de Lisieux où son corps fut fortuitement découvert suite à l’alerte d’une voisine indisposée.
Ce seront les pompiers qui défonceront sa porte pour découvrir son corps et donneront l’alerte à partir du carnet d’adresses qu’ils trouveront sur lui.
Son corps gisait là depuis deux semaines.

Quant à Katoucha, vivant retirée sur une péniche amarrée à une autre, donc isolée même du quai, la nuit du vendredi au samedi 2 février nous la ravie à jamais sans qu’elle n’ait eu aucune chance d’être secourue lorsqu’elle a basculé, happée par la Seine en tentant de rallier sa péniche en empruntant l’étroite passerelle dérobée qui en était le seul accès. Son corps ne sera repêché que fin février.

Cela nous interpelle, chers compatriotes.
Elle parle à la conscience de ceux qui vivent séparés des leurs, mais aussi, à la notre, nous tous, membres de cette communauté de facto, nous qui n’avons su ou pu faire de ces défunts isolés, des pièces articulées sur notre communauté qui doit sembler bien étrange et asociale aux yeux des autres communautés témoins de ces drames.

La solidarité est l’indispensable ciment de toute communauté qui veut se bâtir un destin au-delà des contingences individuelles forcément asservies à la dérision de nos ego de mortels, croyants ou pas.

Comment se fait-il que nous soyons si difficiles à nous retrouver coude à coude même devant la fatalité ?
La réponse est peut-être à rechercher dans notre façon de vivre sur nos quant à soi respectifs, à triompher ou périr rien que pour nous et par nous même.

Mes chers compatriotes, n’est-il pas temps de regarder au dessus de nos orgueils ou complexes respectifs (c’est selon), pour d’abord aller les uns vers les autres de notre vivant, et de surmonter notre orgueil ou notre complexe pour retrouver et débusquer nos compatriotes solitaires de leur isolement, quelle que fussent leur gloire ou leur tragédie ?

Marc Louty n’a eu en France, que sa proche famille pour ses obsèques, presqu’à la sauvette, il semble se profiler la même chose pour Katoucha.

Communauté guinéenne de France, où est ta gloire, quelle est ta tragédie ?

KEITA Sidikiba
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2008-03-04 10:08:39 Diallo Rodriguez

Marc Louty TRAORE et Katoucha NIANE, deux décès qui nous interpellent.

En ce mois de février 2008, deux tragiques disparitions ont endeuillé la communauté guinéenne de France celle de Marc Louty TRAORE et de Katoucha Niane. Je voudrais ici présenter mes condoléances aux familles éplorées.
Marc Louty est décédé seul dans son appartement de Lisieux où son corps fut fortuitement découvert suite à l’alerte d’une voisine indisposée.
Ce seront les pompiers qui défonceront sa porte pour découvrir son corps et donneront l’alerte à partir du carnet d’adresses qu’ils trouveront sur lui.
Son corps gisait là depuis deux semaines.

Quant à Katoucha, vivant retirée sur une péniche amarrée à une autre, donc isolée même du quai, la nuit du vendredi au samedi 2 février nous la ravie à jamais sans qu’elle n’ait eu aucune chance d’être secourue lorsqu’elle a basculé, happée par la Seine en tentant de rallier sa péniche en empruntant l’étroite passerelle dérobée qui en était le seul accès. Son corps ne sera repêché que fin février.

Cela nous interpelle, chers compatriotes.
Elle parle à la conscience de ceux qui vivent séparés des leurs, mais aussi, à la notre, nous tous, membres de cette communauté de facto, nous qui n’avons su ou pu faire de ces défunts isolés, des pièces articulées sur notre communauté qui doit sembler bien étrange et asociale aux yeux des autres communautés témoins de ces drames.

La solidarité est l’indispensable ciment de toute communauté qui veut se bâtir un destin au-delà des contingences individuelles forcément asservies à la dérision de nos ego de mortels, croyants ou pas.

Comment se fait-il que nous soyons si difficiles à nous retrouver coude à coude même devant la fatalité ?
La réponse est peut-être à rechercher dans notre façon de vivre sur nos quant à soi respectifs, à triompher ou périr rien que pour nous et par nous même.

Mes chers compatriotes, n’est-il pas temps de regarder au dessus de nos orgueils ou complexes respectifs (c’est selon), pour d’abord aller les uns vers les autres de notre vivant, et de surmonter notre orgueil ou notre complexe pour retrouver et débusquer nos compatriotes solitaires de leur isolement, quelle que fussent leur gloire ou leur tragédie ?

Marc Louty n’a eu en France, que sa proche famille pour ses obsèques, presqu’à la sauvette, il semble se profiler la même chose pour Katoucha.

Communauté guinéenne de France, où est ta gloire, quelle est ta tragédie ?

KEITA Sidikiba
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2008-03-04 10:11:11 Diallo Rodriguez
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