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Mme Safia Bah : la force tranquille

Date de publication:2007-12-21 23:21:55 Untitled Document
Bonjour Mme Ba, vous êtes l'une des formatrices du Projet MIDA Femmes Guinée, pouvez-vous vous présenter brièvement pour nos lecteurs?

Bonjour, je suis Madame BA née Safiatou BALDE, économiste de formation avec une maîtrise en sciences économiques option gestion (Université de Paris I - Sorbonne et Université Cheikh Anta Diop Fann Dakar - Sénégal) et un 3éme cycle en Finances et Banques au Centre de Formation d'Etudes Bancaire de l'UEMOA - COFEB.

J'ai exercé douze ans dans l'Administration Centrale au Sénégal comme Contrôleur d'Etat chargée du contrôle Financier à la Présidence de la République du Sénégal. A partir de 1992, j'ai intégré la Banque Africaine de Développement (BAD) en qualité d'Auditeur interne, et ce jusqu'en 1996. J'ai ensuite travaillé comme Consultante pour l'UNESCO. Depuis 2000 j'ai créé une PME qui intervient dans les domaines du tourisme, transport, loisirs et voyages.

Mariée, j'ai quatre enfants (de 18 à 28 ans). Je suis présidente d'une Association dénommée "Femmes - Environnement et Mieux Etre" en abrégé AFEME et membre de plusieurs associations humanitaires.

Je pratique la marche et la natation et j'aime la lecture, la musique classique (africaine, européenne et afro - américaine). Je voyage beaucoup. Je déteste la solitude.

Que pensez-vous du projet que l'OIM a développé en Guinée?

Je pense que le projet-test que nous avons animé pour l'OIM mérite d'être retenu comme modèle pour la formation et la sensibilisation des femmes sur les outils indispensables à la gestion d'une activité créative de revenu.

Quelle a été votre première réaction lorsque l'OIM vous a contacté pour vous inviter à prendre part à ce projet pilote?

Compte tenu d'un calendrier très chargé aux mois de Juillet-Août-Septembre qui correspondent à la haute saison pour les vacanciers donc pour les ventes de billets d'avion, j'ai beaucoup hésité, mais la fibre nationale a été plus forte et j'ai accepté.

Etiez-vous consciente du potentiel de la diaspora guinéenne en matière de participation au développement du pays avant de connaître le programme MIDA?

Oui j'ai toujours regretté le manque d'intérêt et de reconnaissance manifestés au pays face au potentiel et à la contribution réelle de la diaspora guinéenne en matière de participation au développement du pays. En effet, tous les grands opérateurs économiques qui exercent actuellement leurs activités en Guinée faisaient partie de la diaspora avant l'avènement de la deuxième république. La diaspora contribue à plus d'un titre au développement de la Guinée. Cette participation qui se fait dans un cadre souvent informel permet aux familles de régler les problèmes quotidiens essentiels (se loger, manger, éduquer les enfants, accéder aux soins de santé).

J'avoue que le programme MIDA a été déterminant sur ma décision de participation, en effet c'est la première fois que la diaspora est intégrée comme paramètre et interpellée en tant que partenaire pour contribuer à un projet pour le développement de la Guinée.

A votre avis quel est le meilleur moyen d'encourager cette diaspora à s'impliquer en matière de développement?

En Guinée, on parle des guinéens de l'intérieur (considérés comme authentiques) et des guinéens de l'extérieur (qui seraient des citoyens entièrement à part). Ce discours négatif a limité de façon très sensible la reconnaissance de la participation effective de la diaspora au processus de développement du pays.

En effet, nous nous devons de souligner l'importance de l‘apport financier et matériel en direction des familles par la diaspora. Cet apport a contribué directement ou indirectement au mieux être des populations guinéennes. Les statistiques si elles étaient établies nous donneraient un pourcentage très élevé de la contribution liée aux transferts de fonds dans le Produit Intérieur Brut de la Guinée.

La contribution au développement par la diaspora se fait à plusieurs niveaux:
  • Transferts de fonds aux familles;
  • Construction de logements pour soi même ou pour la famille sur fonds propres;
  • Assistance médicale des familles (accueil, hébergement, frais médicaux);
  • Assistance permanente pour aider à la scolarisation des jeunes dans les familles;
  • Incitation des ONG et autres organisations humanitaires pour l'envoi de dons et de matériels etc.

A mon humble avis, le meilleur moyen d'encourager la diaspora guinéenne à s'impliquer davantage et de façon plus formalisée serait de créer le dialogue et la concertation à tous les niveaux avec cette diaspora. Je m'explique: plusieurs des opérateurs économiques qui prospèrent dans les pays limitrophes sont des guinéens. Ils ont une épargne qui ne demande qu'à être investie et de préférence en Guinée. Le problème majeur auquel la diaspora est confrontée se trouve dans le manque total d'interlocuteurs au niveau de l'administration centrale et des représentations diplomatiques.

La Guinée possède certes une Division des Guinéens de l'étranger au sein du Ministère des Affaires Etrangères, mais celle-ci n'est pas connu au sein de la diaspora. Je n'ai moi-même eu connaissance de son existence que lors de la Cérémonie de lancement du projet MIDA en septembre 2003, lors de l'intervention de M. Kéïta Mohamed, représentant de ladite division. A l'instar de pays comme le Sénégal, la Guinée devrait renforcer les capacités de cet organe afin de se doter d'un moyen efficace de liaison avec sa diaspora.

Il serait très bénéfique que cette division soit chargée d':
  • Animer un contact suivi avec les communautés guinéennes vivants à l'extérieur;
  • Encourager l'investissement en Guinée par une information de la diaspora sur les opportunités et les mesures d'accompagnement et d'incitation à l'investissement dans le pays.
  • Informer la diaspora à travers les représentations diplomatiques ou des missions ponctuelles de sensibilisation dans les pays ou résident une forte communauté guinéenne sur les possibilités offertes aux immigrés en vue d'une réintégration lors des retours au pays.
  • Rassurer la diaspora sur la sécurité de leurs personnes et de leurs biens.
  • Créer une Banque de l'Habitat pour faciliter l'accession au logement au pays.
  • Prévoir dans les lots des parcelles assainies par la SOLOPRIMO une partie des terrains qui seront vendus aux membres de la diaspora etc.

Vous considérez-vous désormais comme une ambassadrice du concept MIDA auprès de vos concitoyens au Sénégal?

Oui, je me considère comme ambassadrice du concept MIDA et je vous remercie de m‘avoir associée à cette expérience exaltante.

En effet, je peux répéter le programme délivré en Guinée sans problème en direction de mes sœurs sénégalaises.

Que pensez-vous avoir apporté à ce projet, qu'un expert étranger n'aurait pas pu offrir?

Ce que je pense avoir apporté au projet sans aucune prétention, c'est d'avoir délivré le message en langue nationale "Pular". Cette méthode a donné un cachet spécial à la formation des bénéficiaires de micro-crédits. La communication était facilitée ainsi que la compréhension du discours.

Vous sentez-vous liée à ces femmes avec qui vous avez "vécu" pendant plusieurs jours?

A la fin de la formation, nous étions devenues une vraie famille. La séparation était un peu difficile. Nous nous sommes promises des résultats positifs en 2004, pour permettre à l'OIM-MIDA de renouveler l‘expérience en direction d'autres femmes.

Qu'est-ce-que ce projet vous a apporté à vous, en tant que formatrice ? Qu'en avez vous retiré vis à vis de votre développement personnel?

Ce projet a été pour moi une révélation et une prise de conscience sur tout ce que nous pouvons apprendre auprès des autres.

J'ai appris et apprécié l'humilité, le dévouement et le courage des femmes africaines en général et des femmes guinéennes en particulier.

J'ai pu grâce au projet me ressourcer et croire en un avenir meilleur pour les pays africains à travers le combat quotidien des femmes, j'ai réalisé que le pays est loin d'être construit par les administrations centrales, le pays est en train de se construire à son rythme avec les moyens de bord des guinéens.

Si l'on vous proposait de recommencer cette aventure seriez- vous partante?

Je souhaite recommencer cette expérience en direction des plus défavorisés autant de fois que possible. J'ai l'impression d'être utile avec cette modeste contribution, en plus du plaisir et de la satisfaction de vivre dans le pays profond. Je vous remercie.

Merci Mme Ba d'avoir partagé votre expérience et vos impressions avec nous.

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