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Sékouba Konaté est seul responsable de son destin et de celui de la Guinée !

Date de publication:2010-09-11 16:52:43

2010-09-11 16:44:30  

En observant la situation en Guinée, on a de plus en plus l’impression que ce pays est en passe de manquer à nouveau son rendez-vous avec l’Histoire. J’étais de ceux qui, pour diverses raisons, entrevoyaient une lueur d’espoir dans l’organisation de la première élection démocratique guinéenne. Même si, comme la plupart de mes concitoyens, j’ai une préférence pour l’un des candidats en compétition, je fais partie de ceux qui souhaitent que, au moins pour une fois, depuis le 28 septembre 1958, que les guinéens élisent librement et démocratiquement leur président de la République. Je suis également de ceux qui sont indifférents à l’origine ethnique des candidats. Peu m’importe donc que le futur président de la République soit ou pas un côtier ou un montagnard, un savanier ou un forestier. Celui dont la vision, les idées, le discours et l’action sont compatibles avec les valeurs qui sont les miennes est mon candidat. Qu’il soit de souche souterraine ou cosmique m’indiffère ! Libre donc à chacun de voter pour qui il veut. La Démocratie a ceci de méritoire qu’elle permet à chaque homme de s’exprimer librement sans crainte aucune. En un peu plus d’un demi-siècle d’Indépendance mal gérée, les guinéens doivent enfin pouvoir choisir librement leurs dirigeants. Il n’y a pas meilleurs juges que les guinéens pour statuer sur les qualités ou défauts présumés des candidats ainsi que sur leur propre sort !

C’est pourquoi d’ailleurs mon propos n’est pas ici d’exposer mon choix ou de lancer un appel à voter pour l’un des deux candidats en lice pour le second tour. J’ai trop de respect pour les guinéennes et les guinéens pour prétendre leur donner des leçons ou leur dicter une conduite. Je ne suis par ailleurs qu’un citoyen qui n’a aucune légitimité particulière pour aspirer au bâton du berger. Mon propos s’adresse surtout au général Sékouba Konaté, qui, depuis le 15 janvier 2009, a pris la responsabilité sur lui de prendre et d’exercer le pouvoir d’Etat dans l’intérêt supérieur de la Nation guinéenne.

Je l’interpelle, d’abord, parce que je sais qu’il va me lire. Ensuite, parce que, l’heure étant grave, mon espoir de voir émerger une Guinée démocratique s’estompe de jour en jour. Ma conscience de citoyen (ou mon instinct de survie !) me commande de mettre en marche ma balise de détresse. Sékouba Konaté étant à la tour de contrôle, je ne doute pas qu’il va recevoir mon signal de détresse. Il lui reviendra par la suite, de prendre ses responsabilités. Toutes ses responsabilités !

Le général Sékouba Konaté doit, en effet, comprendre (non pas que je doute de ses facultés) qu’en acceptant de prendre le pouvoir à la place du capitaine Moussa Dadis Camara, il est responsable de la Guinée jusqu’à la fin de la mission qu’il a accepté d’accomplir à la demande et sur insistance des amis de la Guinée. Il doit comprendre que cette responsabilité qui est la sienne est un ensemble de charges, un ensemble d’obligations. Au nombre de celles-ci, figure d’abord et avant toute chose la préservation et le maintien de la paix civile. Si, à l’issue ou dans le déroulement du processus électoral en cours, la Guinée bascule dans la violence, il sera à la fois responsable de ce basculement et de celle du rétablissement de la paix qui, par sa faute, aura été malmenée.

Beaucoup de choses se font et se disent, depuis le scrutin du 27 juin 2010. Ces choses qui se font et se disent risquent d’entraîner un déchirement du tissu national déjà passablement fragilisé par les campagnes officielle et souterraine des partisans des différents candidats à l’élection présidentielle. Certains prophètes de malheur et autres apprentis sorciers ont réussi l’exploit de dresser des guinéens contre d’autres guinéens. Ils ont tellement abusé de l’ignorance et de la pauvreté de nos populations que beaucoup sont prêts à en découdre avec ceux qu’ils prennent désormais pour ennemis à abattre.

En tant que Chef d’Etat, je sais que Sékouba Konaté, dans sa tour d’ivoire, reçoit tous les signaux positifs et négatifs émis par les différentes composantes de la population et ce sur l’ensemble du territoire national. Il est donc parfaitement bien informé du péril qui menace la Guinée et, de façon collatérale, l’Afrique de l’Ouest. De fait, je trouve inutile de dérouler la longue liste des crimes qui se commettent actuellement contre la Guinée et contre la paix en Afrique de l’Ouest. Je demande tout simplement à Sékouba Konaté de prendre ses responsabilités et notamment de préserver la paix civile. Pour ce faire, il lui suffit de faire en sorte que le second tour de l’élection présidentielle se tienne le 19 septembre 2010 et qu’il se tienne dans des conditions optimales. Ensuite, dans les meilleurs délais possibles, transférer le pouvoir à celui que les guinéens auront démocratiquement choisi.

Si le scrutin du 19 septembre 2010 se tient et se tient dans de bonnes conditions, il subsistera toujours un risque de violences post-électorales, compte tenu de toutes les graines de haines semées dans le vent. Mais, dans ce cas de figure, la situation pourrait être contenue assez rapidement par le président de la République démocratiquement élu. Par contre, si Sékouba Konaté ne s’implique pas positivement pour faire du scrutin du 19 septembre une élection démocratique, libre et transparente, la Guinée risque de se retrouver sans Chef de l’Etat dans les jours à venir. Un tel scénario serait la pire des choses qui puissent arriver à la Guinée et à Sékouba Konaté lui-même.

Je souhaite pour Sékouba Konaté de réussir la mission qu’il a accepté d’accomplir et ainsi de pouvoir servir dans les années à venir la Guinée et l’Afrique. La seule aide en effet qu’on puisse lui apporter, dans les circonstances actuelles, consiste à contribuer à éclairer sa lanterne et à prier pour lui et pour la Guinée. Il est, en dernier ressort, seul responsable de son destin et de celui de la Guinée !

Sékou Oumar CAMARA
Citoyen guinéen

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