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Lansana Conté, son marabout et sa faune

Date de publication:2008-03-08 21:52:36

En 1957, le Gouverneur de la décolonisation en Guinée J. RAMADIER dans une correspondance à son père écrivait ces propos terriblement prémonitoires :
 
- « Nous nous orientons peu à peu vers le Royaume nègre, avec tout ce que cela comporte, de compromissions, concussions, et décompositions. L’expression du jeune nationalisme Africain est décevante. Aucune tentative n’est faite, par les pseudos bourgeois qui tiennent le pouvoir, pour s’attaquer aux vrais problèmes : l’élévation du niveau de vie de la masse, la primauté de l’économie…».
Depuis l’indépendance, les deux Chefs de clan (Sékou Touré et Lansana Conté), ainsi que leurs hommes liges ont toujours pratiqué des sacrifices humains, dans le dessein satanique de se maintenir au pouvoir.  Ce qui explique que la Guinée ne soit pas un pays comme les autres. En effet, ces deux Despotes l'ont transformé en une zone de non droits, où règne la loi de jungle depuis 50 ans. Et pour préserver leur pouvoir diabolique, les guinéens sont donc immolés comme des bêtes sauvages, dignes des temps les plus barbares.
C’est pour cette raison, qu’un Sergent-chef de l’Armée Française, titulaire d’un CAP de menuiserie, devenu Colonel de l’Armée Populaire et Révolutionnaire de son pays, puis Général et Président autoproclamé, tout couvert de sang d’innocentes victimes, sentant la fin prochaine de son système politico mafieux, fit venir ses nervis, et leur parla en présence d’un seul témoin, qui n’est autre, que son marabout venu d’une contrée très lointaine.
- « Gardez-vous leur dit il  de brader l’héritage que nous a laissé, notre père spirituel, le Responsable Suprême, le bâtisseur du Camp Boiro, avec sa fameuse cabine technique. Le pays qu’il m’a légué, est pourtant considéré comme un scandale géologique, par ses richesses minières, appelé le “Château d’eau“ de l’Afrique de l’Ouest, aux plaines fertiles, avec une pluviométrie des plus enviables… »
Et pourtant, dans ce pays ruiné et moyenâgeux, l’électricité et l’eau courante font défaut depuis un demi-siècle. Le peuple au nom duquel on a toujours parlé, vit dans des conditions, de pénuries, de frustrations et d’humiliations permanentes.
Et, le général autoproclamé sur sa lancée ajoutait :
- « Ah Oui ! Si vous suivez mes conseils, comme je l’avais fait avec notre guide éclairé, dont je continue l’œuvre sans relâche, alors nous régnerons sur ce pays, comme la dynastie des pharaons en Egypte… »
Avant de passer la parole au Marabout, pour faire le compte rendu de sa voyance, le Général autoproclamé juge opportun de faire un bref rappel des propos surréalistes de SYLI SEKHOU [Eléphant Sékou], lors de son meeting du 14 Juin 1971, après le carnaval pour encourager le peuple dans la délation et la chasse à l’homme :
 - « Continuez, recherchez, fouillez partout où besoin sera. Ne laissez aucun. Nous vous faisons entière confiance. Allez jusqu’au bout, allez en profondeur, atteignez la racine de la cinquième colonne, c’est la radicalisation de la Révolution, c’est notre victoire… »
Dans cette logorrhée idéologique délirante, il poursuit :
- « Contre Révolutionnaires Guinéens de tout acabit, tremblez, tremblez encore…»
Et, il conclut ce fameux meeting en ses termes :
- « Tuez, égorgez, brûlez vif et rendez compte après… »
      On comprend donc aisément, pourquoi en 1960, le même SYLI SEKHOU avait qualifié les Intellectuels de : 
- « Soit disant Intellectuels, ambitieux, sans scrupules, sous produit du colonialisme, sans lien avec le peuple, véritables PUNAISES égarées au sein du parti…»
C’est ce qui explique la boutade en vogue à cette époque, qui était :
- « Pour qu’un poste vous soit refusé par SYLI SEKHOU, énumérez vos titres et diplômes...»
C’est ainsi qu’il régna pendant 26 ans sur la Guinée.
Après ce rappel, le Général autoproclamé donne la parole au Divin.  Et, ce dernier déclare :
- « Manguè [qui signifie en langue Soussou ROI] à quelques variantes près, ce sont les mêmes sacrifices, que mon grand père avait conseillé, à SYLI SEKHOU, pour lui permettre de sauver son fauteuil et pérenniser le P.D.G… »
Ce Parti Etat du Responsable Suprême de la Révolution est donc devenu aujourd’hui le PUP dans sa version trompeuse, et qui continue inlassablement  son œuvre de destruction.
Et, le Divin ajoutait sur un ton ferme et solennel, une longue explication de sa consultation :
- « Que DIEU me pardonne. Pour vous permettre de régner sur ce pays pour l’éternité, il vous faut obligatoirement [avant la période fatidique du 26 Mars au 03 Avril 2008], faire les sacrifices suivants :
- 1er sacrifice un éléphant blanc (vêtu d’un boubou blanc, cousu en 1958 et coiffé d’un bonnet blanc). Après la lecture du Saint Coran, sous le baobab du palais des nations, cet éléphant blanc doit être immolé au carrefour de Nafaya, après la grande prière d’un vendredi 13. Son sang sera récupéré dans une calebasse rouge, et mélangé aux cheveux de deux hommes de race blanche, qui seront tondus publiquement au stade du 28 Septembre. Sa chair doit être partagée entre les affamés de la capitale. Ses pattes, sa trompe et ses défenses, seront emballées dans le boubou blanc et le bonnet, pour être enfouies en pleine nuit, au mausolée des héros à la camayenne, à côté du cercueil vide de votre défunt maître. Cette calebasse rouge sera enterrée, avec son contenu, à la case de belle-vue.
- 2ème sacrifice deux gorilles blancs (un mâle et une femelle venus de la région des grands lacs). Ils doivent être immolés au Kilomètre 36. Leur sang doit être recueilli dans une calebasse jaune. A ce contenu seront ajoutés les cheveux d’une ancienne vendeuse de Djindjan “jus de gingembre local“ (devenue la première, première dame de la République), ainsi que ceux d’une ancienne miss nationale (devenue la deuxième, première dame de la République). Ce mélange n’aura aucun effet si vous n’y ajoutez pas, d’une part les cheveux grisonnants, [même s’ils sont noircis par des produits], d’une joueuse de cauris (devenue la troisième, première dame de la République), et d’autre part, les cheveux d’une minette, résident dans la préfecture de Dubréka (devenue la quatrième, première dame de la République). Cette mixture doit être enfouie, au pied du grand baobab de Gbassikolo. Les deux têtes, et les pattes, seront enveloppées dans l’une des peaux, et enterrées au camp Samory. La seconde peau, doit être séchée et permettre au Général Président, de voler comme le tapis d’Aladin.
- 3ème sacrifice trois ânes (un mâle, une femelle et leur petit). Ils doivent être immolés au petit palais. Leur sang sera recueilli dans une calebasse verte auquel, vous mélangerez les cheveux de trois Albinos sourds, muets et aveugles à la fois. Manguè ! Cette calebasse sera déposée nuitamment au sommet du mont Gangan. La tête et les pattes du mâle seront enfouies dans l’enceinte du petit palais. La tête et les pattes de la femelle, doivent être enterrées à la Primature. La tête et les pattes de l’Anon le seront au pied du mont Nimba. Leur reste devra être jeté en plein jour, au large des îles de Loos.
- 4ème sacrifice deux hyènes (mâle et femelle). Ces deux hyènes affamées depuis plusieurs jours, seront immolées au palais Sèkhoutouréya. Leur sang récupéré dans une calebasse noire, sera mélangé aux cheveux des Présidents de l’Assemblée Nationale, de la Cour Suprême, du Conseil Economique et Sociale, du Conseil National de la Communication, ainsi que celui du Premier Ministre dit de Consensus. Cette nouvelle mixture sera transportée de toute urgence en hélicoptère, et déposée sur la tête de la dame de Mali (sur le Mont Loura). Les deux têtes et les pattes seront cousues dans la peau de l’hyène femelle pour être enfouies à la frontière avec la Guinée Bissau. La peau de l’hyène mâle tannée, sera offerte à un imam pour ses pratiques occultes nocturnes…»
C’est le moment que choisi un des nervis, pour dire au Général Président :
- « Mais, comment allons-nous payer une consultation, aussi limpide que l’eau de roche ?... »
 Et au Général Président de préciser, sur un ton très agacé :
- « Sachez que j’ai déjà négocié un paiement échelonné en deux tranches. La première tranche, sera prélevée sur mon trésor de guerre, planqué à Dixinn-Bora, et la seconde sera payée en nature… »
            Il continuait très satisfait de lui-même :
- « Pour le paiement de cette seconde tranche, j’ai promis les mines de diamant de Banankörö, à condition, que je me charge de la commercialisation… »
Le vieux Général Président, se penche vers SYLLA, pour dire à voix basse :
- «Ce scénario, me permettra de récupérer ma première mise… »
Puis, le Général Président se montre plus bavard, en continuant en ces termes :
- « Avouez que c’est honnête Gö !  Et, d’ailleurs rappelez-vous, que du temps de Syli Sèkhou, le paiement se faisait au camp Boiro. Car, il me confiait le Marabout, en me disant fait comme d’habitude. C’est-à-dire, je devais le conduire chez N’Fa Siaka, qui le remettait à Oularé Douty, qui le déposait à son tour au bloc à Fadama Condé, en lui disant, doit finir en DN (Diète Noire)… »
Et c’est à juste titre que Williams SASSINE dans le « Jeune homme de sable », présence Africaine Paris 1979, page 111, écrivait que :
- « Dans ce pays, l’Islâm est mort, il ne reste que des musulmans… »
Calmement le vieux sage reprit la parole en demandant à ses auditeurs de ne pas l’interrompre dans son exposé, pour préciser :
- « A la fin de ma Consultation, j’ai entendu le rugissement d’un lion, que je n’ai pas vu. J’ai tout essayé, mais impossible de le voir... »
Un court instant se passa, avant que le Divin ne précise :
- « Ces rugissements étaient de plus en plus forts et inquiétants, et la situation était devenue très grave. Donc, si on réussit à faire tous les sacrifices, on le neutralisera. Sinon… »
L’inquiétude de son auditoire se manifesta dans un brouhaha, avant que le Divin ne précise :
- « Sur les murs de ma chambre, j’ai pu lire les écritures suivantes…»
Un des participants très excité, montre son impatience, en demandant au Divin ce qu’il avait pu lire. Et, ce dernier précisa ce qui était effectivement écrit :
- « Adieux Bourreaux, Adieux Ignares, Adieux Corrompus, de tous acabits, votre dernière heure a sonné. Ce pays à besoin de vivre en paix dans la sérénité et amorcer son développement. Pour cela il  faut à sa tête des hommes intègres et compétents...»
Ensuite, il expliquait :
- « J’ai vu clairement une marée humaine, déferlant comme un tsunami dans toutes les rues du pays. La marée la plus forte se dirigeait vers le Camp Samory, d’où j’ai vu sortir un fantôme tout de noir vêtu. Et, je me suis réveillé brusquement en sueur…»
            Le vieux Général Président, qui n’était pas rassuré s’écria :
- « Eh Karamökhö ! C’est donc ce lion qui va occuper mon khibandji... »
Le Divin répondit aussitôt et sans aucune hésitation :
- « Ah ! Ça DIEU seul le sait. En tout cas, il y était très proche, comme ce fut ton cas le 3 Avril 1984...»
Dès la fin de l’exposé du Marabout, le Général Président, s’exclama en ces termes :
 - « Eh Wotan !  Wö bara mè ! (Vous avez entendu !) Allez au travail ! Courez, Sautez, Volez, Rampez, si vous voulez, allez au fin fond de la planète, bandes d’ignares, et de fainéants, Creusez, Fouillez, Bêchez, ne laissez nulle place, où la main ne passe et repasse, et rapportez-moi tout le matériel, pour qu’on passe à l’action. Sinon mon décret pour vous limoger est déjà prêt…».
Et, il poursuivit :
- « Du temps de la Révolution, le Responsable Suprême donnait des ordres, que j’exécutais sur le champ. C’est pourquoi, il m’a cédé son [Khibandji] (Fauteuil), sans que je ne tire un seul coup de fusil. C’est ce qu’on appelle [un coup d’Etat sans effusion de sang]. Mamadou Sylla ! Toi, tu peux m’attendre sous le cocotier qui me sert de bureau au petit palais où je reçois tous mes hôtes...»
SYLLA, sitôt arrivé au pas de course, tire un tabouret pour attendre le vieux grabataire.
Celui ci arrive clopin-clopant. Une fois installé, il reprend son souffle allume une cigarette et sort une noix de colas rouge de sa poche gauche, qu’il ne tarde pas à engloutir et broyer. Puis pendant cinq minutes, il fait semblant de réfléchir. Puis s’adressant à son homme à tout faire il dit :
- « Avoue que nous avons vraiment de la chance ! Ce pays est à nous pour l’éternité…».
Sylla répondit :
- « Ah ! Oui. C’est grâce à vous, Guide éclairé…»
Le vieux Général continu sur sa lancée :
- « Rappelle-toi, le 3 Avril 1984, lorsque j’avais dit que nous sommes arrivés au pouvoir pauvres. Si un jour vous nous voyez riches, c’est qu’on aura volé. Mais, aujourd’hui que constate-t-on ? Nous sommes plus riches que Crésus, il faut tout faire pour préserver ce fabuleux trésor. As-tu Compris..?»
Et, SYLLA déclara aussitôt :
 - «Oui ! Patron, nous sommes vraiment des bénis. Les autres guinéens sont des maudits. Connaissez-vous la boutade actuelle en Guinée ?...»
- « Non! ». Répondit le vieux général.
Puis, SYLLA enchaîna :
– « Eh! bien je vais vous le dire : Barkè fissa baccalauréat bè ! » Ce qui veut dire en Soussou (la baraka est mieux que le baccalauréat).
- « C’est vrai go ! répondit le vieux Général. Le 1er Responsable Suprême [celui des Geôles] n’avait que son Certificat d’Etudes Primaires. Pourtant, il a régné pendant 26 ans. Alors que, moi en tant que 2ème Responsable Suprême [celui du Déclin], je ne suis titulaire que d’un C A P de menuiserie. Mais, au rythme où vont les choses, et si, on fait tous les sacrifices, alors, là le 3ème Responsable Suprême [celui de l’Anéantissement] n’aura aucune formation. C’est ce que j’avais demandé au divin. Il m’a donné sa réponse. C’est pour cette raison que j’ai préféré un tête à tête avec toi. Tu sais, qu’au temps de la Révolution globale et multiforme, c’était le règne de Sily (éléphant). Tout était Sily, de la monnaie à l’équipe nationale de football. On chantait, on dansait, mais on tuait beaucoup aussi. Actuellement c’est le règne de l’âne. C’est une autre Révolution mais plus bête que la précédente, bien qu’elle soit son prolongement. On tue autant qu’avant, parce que pour garder ce pouvoir, il faut toujours immoler des guinéens. Dailleurs, le marabout m’a confié que, si nous arrivons à faire tous les sacrifices, comme il l’a dit, alors la 3ème Révolution, sera donc, celle de L’HYENE : [Bönö] (en Peulh) [Souloukou] (en Malinké), [khalouma] (en Soussou), [hourou] (en Kpèlè). Mais, peux-tu me dire, qui incarne l’Hyène, dans mon entourage ? 
Sylla marqua un temps d’arrêt comme s’il allait réfléchir et répondit :
- « Je connais parfaitement bien tout ce monde qui gravite autour de votre khibandji : - Fodé Bangoura : Une Punaise ; Fodé Soumah : Un Rat d’égout ; M’Bemba Bangoura : Un cancrelat ; Alpha Ousmane Diallo : un Putois ; Doura Chérif : Un chimpanzé ; Kassory Fofana : Un Hibou [oiseau de mauvaise augure] ; Général Bailo Diallo : Un Cobra (serpent à lunettes) ; Kamano Michel : Un Singe ; Aboubacar Somparé : Un Phacochère ; Lamine Sidimé : Un Caméléon ; Issa Thiam : Un Orang-outan ; Sam Soumah : Un Hippopotame ; Colonel facinet Touré : Un Rhinocéros ; Kéira Alpha : Un Mamba noir ; Jean Paul Sarr : Une Chauve souris ; Eugène Camara : Un Crotale  diamantin ; Moussa Solano : Un python ; Alsény René Gomez : Un Chacal ; Cellou Dällein : Une Sangsue ; Facinet Fofana : Un Scorpion ; Moussa Sampil : Une Taupe ; Kiridi Bangoura : Un charognard ; Guido Santullo : Un chauve-souris ; Chantal Colle : Une Vipère … »
Le Vieux Général a écouté religieusement avant de lâcher :
- « Ntökhöman Kouyaté go ?... »
Sylla répond en ces termes :
- « Ah, euh ! Oui celui-là, il est tout et rien à la fois. C’est un animal génétiquement modifié (AGM), et souvent il mute. Tantôt, c’est un Dromadaire (que l’on rencontre souvent dans le désert Libyen à coté de la tente de KHADAFI). Tantôt c’est un Crabe, (que les Soussous appellent “Kilimoui“. Il est capable sous cette forme, de voler un bœuf, malgré sa petite morphologie). Tantôt c’est un Rat (que les Soussous appellent “ Balé “ et qui rafle tout sur son passage). La preuve c’est qu’il a vidé les caisses de l’Etat, même s’il feint à travers les nombreux voyages d’ouvrir le pays à l’extérieur…»
Le Général reprit la parole de nouveau :
 - « Mais Sylla, qui est donc l’hyène ?...»
Ce dernier répondit en affirmant vigoureusement :
- « Mais Patron c’est moi ! J’ai toutes les caractéristiques physiques et psychiques de l’hyène. Je suis capable d’avaler 14 kg de viande en une seule fois. Donc, l’hyène ne peut être que moi. Comme je le désire tant, si vous me confiez les destinées de ce pays, alors là, je n’en ferai qu’une bouchée. Patron ! Je l’ai déjà dit, les guinéens ne méritent pas le bonheur, ce sont des ingrats. Avec tout ce que vous avez fait pour eux (le pays est devenu un véritable paradis terrestre, avec l’eau et l’électricité qui y sont abondantes, les écoles et les hôpitaux sont les plus  modernes de la Sous Région …»,    
Pour autant, tous les prédateurs préfèrent se soigner à Dakar, Paris où ailleurs. Ils envoient leurs progénitures étudier en Occident. Le taux de chômage des jeunes est le plus bas du monde (0%) si bien que nombre d’entre eux, périssent en mer lors des traversées à la recherche d’un hypothétique bonheur en Occident. Sous votre règne, la Guinée, est devenue l’une des plus grandes démocraties du monde, ou les investisseurs se bousculent.
Après une courte pause, Sylla renchérit :
- « En tant que Président du Patronat fantôme, je suis certain que ce n’est pas le patriote Kourouma Sékou Ahmed qui nous dira le contraire. Son usine de jus de fruits de Kindia, la S I B G (Société Industrielle des boissons de Guinée) est l’une des meilleures de la sous région, ses carnets de commandes sont remplies, depuis son inauguration par votre auguste personne, ses bénéfices ont battus tous les records. Aux dernières nouvelles SIBG est cotée à la bourse de travail de Boulbinet...»
En bombant le torse, Sylla ajoute :
- « Je vous ai déjà dit, qu’il est égoïste comme tous les autres guinéens. Pour preuve, il a rapatrié tous ses bénéfices à Paris où il s’est acheté de nombreuses résidences, dans les quartiers les plus huppés de Paris. Sa famille l’y a suivi, et ce n’est pas de sitôt qu’on les reverra dans votre paradis…»
En véritable lèche-bottes, il continu de magnifier le Général en disant :
- « Vous êtes le plus grand Président de ce pays, depuis son accession à l’indépendance, même notre père spirituel ne vous atteint pas à la cheville. Je raserai toute la Camayenne, de l’Est à l’Ouest, du Sud au Nord, pour y bâtir une pyramide pharaonique, digne de votre rang. KEOPS à coté ne sera qu’un taudis, et je la baptiserai : la vallée des PREDATEURS... »
  Eh ! Sylla, rétorqua le vieux despote, c’est quoi un prédateur ?
-« Ah ! Je ne sais pas très bien. Mais dans les conversations en privé avec Kéira, Solano et Gomez, je les ai souvent entendu dire que “Notre Général bien aimé est le plus grand prédateur de notre espèce“. C’est pourquoi nous sommes tous très riches. Alors je me suis dit, que c’est un bon compliment. Surtout venant de nos grands intellectuels.  
Le Général très flatté, ronronna :
- « Oh ! Sylla. Arrête, parce que, tu vas me faire regretter mon œuvre…»
C’est bien connu tout flatteur vit au dépens de celui qui l’écoute.
Plagiant Corneille dans le Cid, le vieux grabataire avec un petit sanglot reprit :
- « Oh rage ! Oh désespoir ! Oh vieillesse ennemie ! Oh diabète ! Oh leucémie ! Oh Alzheimer maladies incurables. N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ! Et me suis-je blanchi dans les travaux Révolutionnaires, que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers. Ce bras qu’avec respect le Responsable Suprême des Crimes, admirait tant. Ce bras qui, tant de fois à rafler, ligoter, jeter en haute mer, et immoler d’innombrables  victimes innocentes... »
Et, Sylla très ému, s’adressa au Général, sur un ton guerrier :
- « Croyez-moi, mon Général, j’anéantirai ce pays au bout de trois mois de gestion. Il n’y aura plus de Guinée. Car, je la rayerai de la carte du monde. En un mot, je la transformerai en un vaste cimetière à ciel ouvert, où tous les animaux de la planète viendront se repaître. J’aurais donc réalisé votre rêve, et celui du Responsable Suprême des Massacres. C’est-à-dire, l’anéantissement de cet Eldorado qui nous a tout donné : le gîte, le couvert et  le démon fric. Le pays deviendra la planète des hyènes. Ça sera la loi de la jungle, avec comme devise “ la raison du plus fort, demeure toujours la meilleure “. J’ai bien assimilé la leçon “Les pouvoirs dits Révolutionnaires se nourrissent de la chair de leurs peuples et s’abreuvent de leur sang “. Moi Mamadou Sylla, je serai un Révolutionnaire visionnaire... »
Le vieux grabataire d’un geste révolutionnaire l’interrompit brusquement :
- « Eh ! Sylla, dis moi c’est quoi un visionnaire…?»
Sylla se lance dans une envolée :
- « Patron, il s’agit d’un Révolutionnaire, qui voit des vrais faux complots partout. Notre père spirituel, le Responsable Suprême de l’Holocauste en était un. C’est ainsi d’ailleurs qu’il avait découvert la 5ème  colonne jusque dans son lit. Il cria si fort, que Béa et Saifon, alertés arrivèrent au pas de course, camoufler en tenue de combat révolutionnaire. Il crut que c’était un autre complot fomenté, par le Général Noumandin Kéita et le Commandant Zoumanigui. Il se mit à pleurnicher “Tuez moi, ne me livrez pas au peuple“... »
Surpris par la couardise de leur patron, les deux laquais reprirent en chœur “ C’est nous Sily, nous sommes venus à votre secours “. Pour le rassurer, Saifon l’interpella de son nom de guerre, lorsqu’il combattait ensemble, l’ennemi dans les tranchées de la CGT :
- « Benoît,  pourquoi  pleurniches-tu …? »
Soulagé, il répond :
- « Non, je croyais, que Zoumanigui et Noumandian étaient venus, pour venger leurs frères d’armes (Kaman et Soumah Abou, ces deux très dangereux Comploteurs). Mais sachez, que j’ai levé mes bras, pour tester votre engagement et votre vigilance Révolutionnaire. Vous savez bien, qu’en cas de doute, je peux vous confier à Ismaël, pour qu’il vous extorque sa vérité, qui est aussi celle de la Révolution. Vous le savez aussi d’ailleurs ; quiconque tombe entre ses griffes, n’en sort pas vivant. Vous connaissez également sa devise parler ou périr. Et très souvent ; c’est parler et périr...» 
Le vieux Général s’exclama :
- « Ah ! La belle époque… »
Mais, pour avoir le cœur net, il revient encore à la charge :
- « Tu as parlé de Visionnaire. Pourtant, des spécialistes Russes du KGB m’avaient dit, que le Responsable Suprême était  paranoïaque ». 
Sylla répondit promptement :
- « Non ! Ce mot n’existe pas dans le grand Larousse, à plus forte raison dans le petit Larousse.  Vous confondez certainement avec paratonnerre…»
            Le vieux grabataire, marque son étonnement :
- « Ah bon !... »
Aussitôt Sylla réplique :
- « Oui ! Mon Général. Le paratonnerre est un gris-gris confectionné à Kayes, par un lépreux aveugle, qui rend  invulnérable et permet de découvrir et déjouer toute tentative de Complot. Notre père spirituel en possédait un, qu’il a hérité de son père le bouvier venu de Kayes. Il était tellement sûr de revenir de Cleveland qu’il n’avait pas jugé utile de le léguer à son héritier. Ce qui fut votre chance pour l’accession à la magistrature suprême… »
- « Dis donc, Sylla, tu es fort en français go ! … » Acquiesce le vieux Général.
Son interlocuteur tout flatté, poursuivit son argumentation :
- « Mais, c’est normal Patron. C’est Fodé Soumah, qui m’a donné des cours d’adultes, lorsque cet abruti de Fodé Bangoura nous a expédiés à Coronthie, pour une cure de jouvence contraint et forcée. Mon diabète s’était tellement aggravé en ce lieu maudit que, j’ai lancée un SOS, à Sy Savané et Jacques Kourouma “ les deux spécialistes de complot sur Internet “ , pour qu’ils volent à mon secours. Poro ! Ces deux Comploteurs n’ont rien fait. Renseignements pris, on m’a dit que, Sy Savané avait acheté son diplôme à Château Rouge et jacques Kourouma à Barbès. Parole de Lestavel, l’homme de main de Moussa Sampil… »
Il poursuit son verbiage en ses termes :
- « Excellence ! Pour parachever votre œuvre, j’ai déjà recruté mes trois gourous blancs, pour  épauler Chantal Colle. Vous les connaissez bien. Chacun d’eux, est une sommité incontournable, et incontestable dans son domaine de prédilection. Ils ne sont même plus à présenter aux guinéens :
- Le 1er est André Lewin, le néo Foccart, qui se camoufle dans un costume de diplomate démocrate. Ses apparences sont très trompeuses, car c’est un alimentaire. Il prétend aimer la Guinée. C’est plutôt les richesses naturelles du pays qui l’intéressent. Il sera donc chargé des Relations Extérieures, poste qu’il occupait sous la Révolution des Geôles. Son boulot consistera toujours, à faire libérer les otages blancs, que je kidnapperai de temps à autre pour ma réputation personnelle. Il sera en outre chargé de la célébration du 50ème anniversaire de votre prise de pouvoir. Avant sa prise de fonction, j’exigerai qu’il soit décoré de l’ordre du grand cocotier, [comme Babangida, qui a reçu l’ordre du Grand Colatier, pour avoir réussi votre maintien encore à la tête du pays avec ses fumeux accords  tripartites].
- Le 2ème est Guido Santullo. Il restera à son poste de Chargé des Affaires Nébuleuses à la présidence de la République et poursuivra  la lutte contre les comploteurs du net. Pour cette mission stratégique, il a déjà réussi à faire arrêter et condamner aux travaux forcés à perpétuité avec  confiscation de tous leurs biens, les deux plus dangereux comploteurs sur Internet : Sy Savané Mamadou Billo et son compère Jacques Kourouma.
Dès ma prise de fonction, mon Général, et dans les semaines qui suivront, j’exigerai de Paris leur extradition à Conakry, pour qu’ils purgent leurs peines à Fotoba, qui sera mon camp BOIRO.
Je vous informe aussi, que Santullo et Mara Thermite, ont lancé un mandat d’arrêt international, contre plusieurs comploteurs, dont : Ibrahima Kylé Diallo, Dramane Touré, Ibrahima Makanera, Haba Cécé Roger, Benn Pepito, le Pr. Ansoumane Doré, Dr. Mamadou Diallo, Sadio Barry, Saidou Nour Bokoum, Dr. Bah Thierno, Moussa Soumah, Baud Barry, Amandine, Mahawa Kouyaté, Bilguissa Barry et le Pr. Maligui Soumah, etc… Pour atteinte à la sûreté de l’Etat sur le net.  Affaire à suivre…
- Le 3ème est Christian Lestavel.  Il sera mon Emile Cissé, chargé du montage des vrais faux complots, comme au temps de la Révolution Globale que vous avez servie loyalement et sans pitié. On ne peut trouver plus grand spécialiste. Ce spécimen en voie de disparition, est capable d’aller filmer des esquimaux au Pôle Nord, des Enuques en Inde, des Aborigènes de Papouasie Nouvelle Guinée et des Noirs dans un foyer de travailleurs immigrés à Rouen entrain de bouffer du mafé, pour faire un montage grossier à Paris. Il remet cette cassette à Moussa Sampil, pour servir de preuve, à un pseudo complot [fomenté par l’Opposition Républicaine] contre le régime, avec la complicité des Services Secrets Français, du Mossad, de la CIA et du KGB. Il est capable de démontrer, que la trajectoire du missile, qui doit anéantir notre héritage, a été calculée par les Commandants Sow Yaya, Kader Doumbouya et Gbagbo Zoumanigui. Il découvrira (comme ce fut le cas de la 5ème Colonne avec Emile Cissé et le Dr. Clausel ), que le complot sur Internet, n’est rien d’autre, que la 6ème colonne... »
Le Général qui écoutait les yeux fermés, sort brusquement de sa torpeur en apostrophant :
- « Sylla ! Arrête, je dis tu arrêtes … »
Surpris par le courroux de son maître, Sylla demande avec une voix tremblotante : 
- « Patron ! Qu’ai-je dit, pour provoquer votre ire ?... » 
Le vieux Général, sur un ton véhément reprit :
- « Rien ! Seulement tu réveilles encore de vieux et douloureux souvenirs. Rappelles-toi, les 2 et 3 février 1996, lorsque des Officiers félons m’ont arrêté et conduit, manu militari au camp Alpha Yaya. L’un d’eux m’ordonna même d’ôter les chaussures. Ce que je fis très rapidement et sans broncher, car l’heure était grave. D’ailleurs, j’avais cru un instant, que l’heure fatidique avait sonné. Mais d’un geste révolutionnaire, je retournai la situation critique, en signant le fameux Bulletin Rouge (BR) dont j’ignorais le contenu. Alors que mon sort paraissait scellé. J’eus le souvenir du face à face inoubliable du Responsable Suprême, avec certains officiers supérieurs de l’armée, le 22 novembre 1970.
Souviens-toi également des récentes dates de janvier et février 2007. C’est la Guinée entière, qui exigeait mon départ, pour les multiples violations des Droits Humains et incompétence notoire. Ce jour aussi, j’avais cru que l’affaire était pliée. L’hélicoptère était prêt pour Bissau, je ne dus mon salut qu’au Général Babangida et à la Centrale Syndicale. Mais c’était méconnaître l’existence de ma douce moitié, [djindjan mati], qui me souffla la méthode de nomination, d’un premier ministre par loterie. On connaît la suite d’aujourd’hui. On gère encore ce pays, avec les mêmes hommes, qui constituent ma faune.  C’est cela la baraka, qui est le résultat de tous les sacrifices humains pratiqués depuis 1958. Mais cette fois-ci, je suis vraiment surpris que le Devin n’ait prescrit aucun sacrifice humain. Quel secret, veut il me cacher ?...»
           C’est sur cette interrogation que le Général clôt l’entretien. Sa préoccupation est de sauver son fauteuil, comme le Responsable Suprême un 22 novembre 1970. Dans leur dessein machiavélique de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, ces deux Tyrans, ont plongé notre pays, dans un marasme économique, politique, social et culturel, sans précédent dans l’histoire contemporaine des Nations. 
A ce jour, notre Pays est toujours à la croisée des chemins. Et, c’est la SOLIDARITEqui nous a toujours manqué. Il ne faut plus attendre la mort naturelle du Tyran. A la prochaine insurrection généralisée, si nous sommes solidaires et unis, alors là, nous vaincrons toutes les forces du mal d’où qu’elles viennent. Et, désormais, la PEUR a changé de camp, et plus rien ne sera comme avant.

Dr. Abdoul Baldé (Rouen France)


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