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Pour l’amour de la Guinée

Date de publication:2008-03-14 14:26:38

Il y a quelques mois, j’alertais encore mes compatriotes sur la possible déflagration sociale de notre pays. Les mouches de coche et autres controuvés soutiens à Lansinè Kouyaté pestèrent aussitôt.
Plus le temps passe, plus l’évolution minée de mon pays prend insidieusement, mais dangereusement le chemin de cette guerre civile à éviter. Cependant, si elle a lieu, elle éclairera la route jonchée de cadavres à la tombe inconnue. Si rien n’est fait pour désamorcer, à temps, la bombe introduite en Guinée, le 27 janvier 2007, l’histoire effectuera par elle-même la décantation sociopolitique que nous n’arrivons pas, depuis 50 ans, à opérer. Mais à quel prix ? Les Guinéens n’ont-ils pas suffisamment payé dans leur chair et par leur vie une paix sociale tant clamée pour garder à leur tête des médiocres ? Devons-nous assister impuissants à la dérive et au naufrage du bateau guinée sous prétexte qu’il faut soutenir un gouvernement qui a apporté encore et toujours, comme les précédents, plus de maux et de misère à nos populations ?

J’entends dire qu’il faut soutenir ce gouvernement qui serait de « consensus », j’entends siffler que les accords tripartites sont violés, parole de Fofana, le syndicaliste. Le plus étonnant dans son analyse pseudo syndicaliste de la situation guinéenne qui n’est qu’un soutien inavoué à un PM dépassé et incapable, c’est d’insister sur la violation des accords tripartites. Mais qui les a violés réellement ?

Qu’escomptaient les syndicalistes quand ils ont pris le risque d’exclure les politiques, (dont la mission est de gérer les affaires de la cité) de leur conciliabule avec Lansana Conté, et cela, à un moment historique, tel que le fut janvier 2007 ?

Heureusement que Fofana est visité parfois par la lumière en reconnaissant que le poste de Premier ministre n’est pas inscrit dans la Constitution. Là où le ridicule balaie cet éclairage aussitôt  ; c’est également la référence à cette coquille vide, tripatouillée. Tout cela pour essayer de donner une légitimité à une grève qui ne saurait s’expliquer autrement qu’un soutien à Lansinè Kouyaté.

Admettons que ces accords aient eu un sens puisqu’il a placé Lansinè Kouyaté sur le piédestal d’où il refuse désormais de descendre malgré sa disqualification par son employeur. Pourquoi lui-même ne se dirait-il pas : « Les accords étant violés, je respecte mon peuple et je démissionne » ? Les Guinéens comprendraient une grève à la demande à cette occasion. Il se cramponne aux délices du pouvoir au milieu de millions de miséreux.
Quel a été son positionnement après les menaces au bout des lèvres, suite au licenciement de son « griot » ? N’avait-il pas dit qu’il ne s’attablerait pas avec son remplaçant ?
Soyons sérieux !

Quelle a été ou quelle est encore la position des syndicalistes qui parlent de violations des accords face à l’impunité des assassins de nos enfants ? La « feuille de route » de Lansinè Kouyaté ne comportait-il pas un pan demandant l’identification des responsables  (commanditaires et exécutants)?

La Guinée ne peut être continuellement l’otage des minorités parvenues et égoïstes !
Le 31 mars 2008 est fixé par des syndicalistes pour déclencher une grève en Guinée. Je dis que la flamme destructrice du pays que vous voulez allumer ne brûlera pas que ceux qui sont accusés de violation des accords. Elle devra emporter tous ceux qui ont contribué à asseoir, à renforcer et consolider le système inhumain qui ronge de mort, de famine, de misère les Guinéens. L’incendie, que veut attiser la tendance Kouyaté lequel distribue, en sous main, de l’argent à des désœuvrés en puisant dans le dictionnaire révolutionnaire des mots tels que « ennemis du peuple, ennemis du changement… », enflammera aussi ses pyromanes. Parce que la guerre n’a jamais résolu les crises de quelle intensité qu’elles fussent ou quels que furent les dégâts et dommages, les Guinéens doivent plutôt avec insistance militer, se battre pour que les élections aient dans la transparence avec le respect total des électeurs.

 Lorsque les Guinéens avaient décidé de chasser Lansana Conté, les syndicalistes avaient cassé l’élan alors même que le système chutait tel un fruit pourri de son arbre. Mieux, nos enfants, qui ont donné l’ampleur à la dernière grève et qui en sont morts, semblent avoir été des victimes inutiles parce que dans aucune de leurs revendications depuis l’événement, il ne leur vient à l’idée d’évoquer ces disparus précoces. Mais les voilà prêts à déclencher une grève parce que le parolier de Lansinè Kouyaté a été chassé, parce que lui-même, est en position délicate. Ne serait-il pas déjà renvoyé sans la peur qu’ils cultivent dans les coulisses pour le faire garder par son employeur ? Entre Lansinè et le peuple, sachons choisir ! L’amour du pays s’exprime par et dans sa défense et non la servitude à un Homme ou un groupe.

Les travailleurs dont ils semblent représenter mangent du pain noir depuis toujours. Fofana en parle en filigrane dans son interview accordée à Boubah.com pour insister plus sur les violations des accords inconsistants qui n’étaient que de la poudre aux yeux lancée sur un mouvement qui emportait définitivement le système fabricant le calvaire guinéen.

La grogne actuelle des enseignants ne viendrait-elle pas démentir les propos de Fofana qui déclare que le gouvernement a augmenté [substantiellement] le salaire des travailleurs de Guinée ?

La jeunesse Guinéenne va-t-elle, comme on le voit à Kindia, se laisser manipuler ? Je ne le souhaite pas et n’y souscrirais pas. Je voudrais te crier, comme Jean II à la jeunesse d’un ancien pays de l’Est, en son temps : N’aie pas peur maintenant, mais sache faire la part des choses ! Le temps de ta réaction s’annonce.
Les Guinéens vont-ils se mobiliser pour une grève atone et sans réelle visée autre que celle d’amener Lansinè Kouyaté à la magistrature suprême ? Je n’y adhérerais pas. Pour l’amour de mon pays, dans ce cas, chassons d’abord Lansinè Kouyaté, ensuite Lansana Conté pour enfin choisir librement désormais nos dirigeants.

Le patriote : dirigeant politique, militant associatif ou simple citoyen, de quel que bord qu’il soit, aujourd’hui, en Guinée devrait se poser un certain nombre de questions avant de parler de grève.
Une grève pourquoi faire ? Au nom de qui ou de quoi ?  Si elle nous permettait de faire partir Lansana Conté, qui devra le remplacer ? C’est à ce niveau que la réflexion doit s’approfondir.
Les révoltes, depuis Spartacus à nos jours, n’ont jamais été la réponse véritable aux crises si elles ne sont pas portées par des leaders responsables. Or, en Guinée, les nôtres ont montré leur limite. Face à cette situation, il faut explorer deux pistes :
1- Ou nous faisons appel au seul réel compagnon de l’indépendance ; à savoir l’ancien Président de l’Assemblée qui, par son âge, ne peut avoir aucune prétention à garder le fauteuil afin qu’il constitue une équipe devant gérer la transition avant des élections crédibles ;
 2-Ou nous exigeons les élections maintenant, mais sachons que Lansinè Kouyaté s’y oppose, sans l’avouer. Les indices sont, par exemple, la blague selon laquelle son gouvernement n’a pas l’argent pour organiser des élections. Il veut gagner le temps nécessaire encore pour piller notre patrimoine comme il le fait en concédant des marchés de gré à gré à ses complices. Pendant ce temps, il a déjà oublié la renégociation des accords miniers qu’il répétait à qui voulait l’entendre.

Guinéens, chers compatriotes,
Notre pays n’a jamais été telle une poubelle comme il l’est devenu depuis l’arrivée de Kouyaté Lansinè. Les symptômes sont évidents : un Président illégitime, une Assemblée Nationale sans mandat, un PM inconstitutionnel, une Cour Suprême sans vertu, des Institutions républicaines en putréfaction,  des syndicalistes fomentant des conspirations anti-républicaines et des intellectuels démissionnaires. En face d’eux, un peuple ankylosé par des fléaux de tous ordres. Voilà la Guinée en vaste décomposition !
Aux quelques patriotes, je dis : Accélérons la marche de l’histoire en exigeant l’organisation des élections que nous attendons depuis longtemps.

Sinon, nous allons continuer à être des observateurs passifs de la descente en enfer de nos populations.  C’est pourquoi j’avais écris : « Tous coupables !» 

Jacques KOUROUMA

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