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Déclaration du Président d’Honneur de l’UFDG, Bah Mamadou

Date de publication:2008-03-19 09:02:30

DE LA CRISE ECONOMIQUE, A LA CRISE POLITIQUE ;
COMMENT EN SORTIR ?

La Guinée se trouve de nouveau dans une situation paradoxale  et inédite.
Le système qui a été mis en place en février 2007 n’a pu fonctionner correctement pour plusieurs raisons :

  1. le Premier Ministre de consensus a procédé à des nominations (Ministres, Gouverneurs, Préfets) sans concertation ouverte avec les acteurs concernés ; les critères de choix n’ont pas été clairement définis et, à tort ou à raison ; l’opinion publique y a vu des relents de népotisme et d’ethnocentrisme ;
  2. Le Président n’a pas soutenu d’une manière claire le candidat qu’il a choisi et s’est laissé influencé par son entourage et les anciens Ministres limogés ;
  3. Le Premier Ministre a fait beaucoup de promesses qu’il ne pouvait pas tenir et a essayé de résoudre des problèmes conjoncturels sans s’attaquer aux fondements réels de la crise ;
  4. La population n’a pas vu sa situation s’améliorer et tout le monde s’attend à la prochaine explosion car les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Les élections législatives
les Partis Politiques de l’opposition et les Observateurs internationaux que sont nos partenaires au développement pensent que la sortie de crise possible ne peut avoir lieu que si l’on organise rapidement des élections libres, transparentes, acceptées par tous.
Cependant, si la communauté internationale souhaite vraiment que des élections aient lieu dans de bonnes conditions, il sera indispensable qu’elle prenne en charge totalement le budget de la CENI  afin que celle-ci dispose des moyens adéquats pour mener à bien sa mission en toute indépendance.
Pour le moment, au rythme où vont les choses, les élections risquent de n’avoir lieu qu’en 2009, soit seulement quelques mois avant les élections présidentielles.
Dans ces conditions, il se trouvera toujours quelqu’un pour proposer de jumeler les deux élections pour une question d’économie.
Il faut aussi noter que le Ministre de l’Intérieur et le Premier ministre ont jusqu’ici procédé à des nominations (Gouverneurs, Préfets, Sous préfets) sans aucune transparence ni concertation et les critères choisis ne sont pas explicites. C’est pourquoi on peut avoir des doutes sur la neutralité de ces fonctionnaires.

Blocage politique au niveau de l’exécutif
En ce qui concerne la feuille de route signée par les Syndicats, les Institutions Républicaines et la Société Civile, nous avions dès le départ émis des doutes sur la possibilité d’échapper aux blocages du Président de la République.
A son arrivée, le Premier Ministre avait affirmé haut et fort qu’il n’avait aucun problème avec le Président qui lui laissait les mains libres jusqu’à ce qu’il soit obligé de reconnaître qu’il n’avait pas la liberté de manoeuvre.
Espérons que le Comité de veille arrivera à convaincre le Président de résoudre ce problème dans la clarté et la légalité. Cependant, nous ne voyons pas pourquoi le Président aurait intérêt à le faire sans la pression de la rue.

Revendications syndicales
Les revendications syndicales ne nous semblent pas réalistes car la plupart des exigences ne peuvent être résolues par le gouvernement de consensus.
Vouloir bloquer le prix du riz à 70 000 FG comme proposé et le prix du carburant sans tenir compte des prix internationaux est une utopie.
Par ailleurs, le gouvernement ne peut fixer ni le prix du carburant, ni le prix du riz ou des produits de première nécessité qui sont des produits importés.
Cependant, si l’Etat doit subventionner ces produits, ce serait au détriment du budget et en accroissant les impôts ou en supprimant certaines dépenses sociales (éducation, santé par exemple).
Concernant l’interdiction de l’exportation des produits vivriers, il s’agit d’une mesure qui brime les producteurs au profit d’une minorité de salariés urbains.
C’est une mesure injuste et antiéconomique qui, en réalité, augmente la pauvreté rurale.

Relèvement de l’âge de la retraite
On ne peut soutenir aveuglement les syndicats dont les dirigeants veulent résoudre leurs problèmes personnels en essayant de rester le plus longtemps possible en activité.
Une loi est nécessaire et il faut étudier le problème de l’emploi dans son ensemble sans brimer la jeunesse qui chôme et peut être, trouver des solutions pour revaloriser les retraites et obtenir des prises en charge médicales pour les retraités

Séparation des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire)
Dans un souci soi disant de respecter la séparation des pouvoirs entre le législatif,
l’exécutif et le judiciaire,  les syndicats vont jusqu’à contester une décision de justice en refusant le non lieu accordé à Elhadj Mamadou Sylla et consort.. Nous sommes contre l’impunité mais dans le respect de la loi et des procédures judiciaires. Autant il est inadmissible pour l’exécutif de libérer des prisonniers, autant il est inadmissible que les syndicalistes contestent publiquement une décision de justice. L’indépendance de la justice doit être une réalité incontournable et valable pour tous si l’on veut mettre fin à la corruption et à l’impunité.

Commission d’Enquête
La Commission d’enquête n’est toujours pas en activité et le gouvernement n’a pas jugé utile de faire une déclaration lors de l’anniversaire des évènements de janvier-février 2007. Le problème d’impunité demeure entier et ne saurait éludé

Affaire du CNPG (Conseil National Patronat Guinéen)
Il y a beaucoup de bruit autour du Conseil National du Patronat Guinéen.
Il faut tout d’abord noter que le CNPG n’est pas une institution, ni un établissement public comme les chambres consulaires (Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture) mais c’est simplement une association privée à laquelle adhèrent librement ceux qui se définissent eux-mêmes comme patrons.
Cette association ne doit pas être agréée par le gouvernement car elle ne représente pas les opérateurs économiques dans leur ensemble comme les chambres consulaires ou même le Conseil Economique et Social qui est un organe consultatif officiel.

Fourniture d’eau et d’électricité
Les promesses faites par le Premier Ministre de résoudre le problème de la fourniture de l’eau et de l’électricité n’étaient pas réalistes. En effet, pendant 10 ans, de 1996 à 2006, les investissements indispensables dans ce secteur n’ont pas eu lieu. D’autre part, une réorganisation rigoureuse des deux sociétés (SEG et EDG) est indispensable pour permettre une gestion correcte par des cadres  honnêtes et compétents, soumis à des contrôles efficaces qui sanctionnent toute défaillance.

Révision des conventions minières
La décision de remettre en cause les conventions minières a été prise à la légère et confiée à une commission (CIRCAM) peu professionnelle dont les explications à la télévision ont montré leur faible compétence. De plus, il ne s’agit pas d’affirmer que les conventions étaient mauvaises mais il s’agit d’entreprendre immédiatement des négociations avec les partenaires.
L’affaire Hyperdynamics a été mise en veilleuse et risque fort de nous conduire droit au tribunal international.
Actuellement, les investissements dans le secteur minier sont réduits au minimum, vu l’insécurité juridique qui y règne.
La polémique qui a cours aujourd’hui entre les cadres du Ministère des Mines et le Chef de leur département devrait faire l’objet d’une sanction immédiate, en attendant les poursuites judiciaires qui s’imposent.

Audits
Après un an, il vient de nous être annoncé que les audits sont enfin terminés et que leur publication ne saurait tarder
Il semble qu’il ne s’agit nullement d’établir un état des lieux selon les règles de l’art mais ils ont plutôt été mené avec pour objectifs de dénicher toutes les irrégularités mais sans chercher à obtenir une évaluation objective des activités des Ministères permettant d’améliorer le fonctionnement de l’Administration.

Nous attendons maintenant que la justice soit saisie afin de démontrer la réalité de ces détournements. S’il y a eu des emplois fictifs qu’on a découverts, on devrait déterminer  qui a payé ou touché ces salaires.
Les DAF doivent pouvoir s’expliquer et se justifier.

L’indépendance de la Banque Centrale ( BCRG)
C’est par pure ignorance de ce qui se fait ailleurs que les syndicats ont proposé de « modifier la composition actuelle du CA dont la présidence ne sera plus assurée par le Gouverneur »  On parle beaucoup de l’indépendance sans qu’on sache ce que cela veut dire.
Les statuts de la BCRG précisent très bien ses relations avec le gouvernement et dispose d’un Conseil d’Administration désigné par l’exécutif et le législatif.
Dans tous les pays libéraux, le Gouverneur préside le conseil d’administration (CA).
La Première République avait une Banque Centrale qui était dirigée par un Ministre-Gouverneur qui siégeait de plein droit au Conseil des Ministres où les décisions étaient prises pour son fonctionnement. La Banque Centrale de Guinée n’était donc pas indépendante, alors que maintenant elle l’est dans les textes mais pas dans les faits
Le cinquantenaire de l’indépendance
Tout le monde est d’accord pour célébrer avec faste les 50 ans de l’indépendance, sans pour autant en faire une fête en l’honneur du Président Sékou Touré.
Cependant, on ne peut occulter tous les problèmes de la Première République et fermer les yeux sur tous les crimes commis sans bénéfice d’inventaire et sans préciser les responsabilités.
On ne peut réhabiliter en même temps les bourreaux et les victimes ou tourner simplement la page sans la lire.  

Gestion des ressources nationales
En ce qui concerne la gestion du patrimoine national, ce gouvernement n’a vraiment rien à dire, signalons : 
1) la cession des hôtels à la Libye
2) l’éclairage public sans appel d’offres avec de nombreux avenants
3) des investissements publics hors budget qui semblent être des cadeaux politiques (bitumages des rues de Labé, N’Zérékoré, etc.)
4) la fameuse commande de riz  vendu à 85 000 FG (dans quelles conditions)
5) les nombreuses missions à l’étranger qui ont fait un bond alors qu’on promettait de les réduire.
Il faut cependant reconnaître les performances remarquables du Ministre des Finances qui, pour une fois, a pu permettre le vote du budget avant le 31 décembre et qui a démontré au FMI qu’il maîtrise le circuit des dépenses, qu’il a bloqué les exonérations fantaisistes et qu’il a renoncé à la « planche à billet. »

Accord avec le FMI
Cependant, l’accord avec le FMI a été présenté comme un succès définitif, alors qu’il est l’objet de nombreuses conditionnalités qu’on se garde bien de publier (la lettre d’intention est secrète). Il faut absolument veiller à respecter les conditionnalités si on ne veut pas un blocage dans les six mois.

Après cette analyse sommaire, nous sommes obligés d’être pessimistes sur la possibilité de sortir de cette crise politique et économique.
A notre avis, seule une concertation ouverte à toutes les forces vives de la Nation permettra de poser les problèmes et de chercher ensemble les solutions les plus acceptables dans un cadre approprié faisant appel à des facilitateurs internationaux.
Pour plus des renseignements, connectez-vous sur www.ufdg.org.
            
    
                                             Conakry, le 10 mars 2008
                                       Le Président d’Honneur de l’UFDG 

 

                                                EL hadj BA Mamadou

 

 

Siége social : carrefour chinois à belle –vue école    BP 3036 Conakry/agrément N°92 1549/MIS/CAB modifié par
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