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Date de publication:2008-04-02 14:57:32

Annoncé il y a deux ans le roman du jeune guinéen, Titi Sidibé, est enfin publié aux éditions société des écrivains. Un différend avec un premier éditeur avait retardé la sortie du « sourire crispé » parce ce que l’auteur et l’éditeur n’arrivaient pas à s’entendre sur une modification imposée.

Titi Sidibé brosse dans un style réaliste les spécificités d’une certaine émigration guinéenne, Bouba le personnage principal se fond dans une foule de personnages tout aussi attachants et imprévisibles, dans un récit autour du voyage pour l’occident.
Le récit pourrait facilement être vu comme une autobiographie, mais Titi Sidibé tout en y  reconnaissant une bonne part de son parcours, puisque immigré lui-même, relativise, avec  sourire, la comparaison en soutenant qu’ « il est difficile d’échapper à cette description quand on a quitté son pays pour des raisons à tout le moins alimentaires ».

L’auteur construit une histoire issue des quartiers populaires de Conakry, une histoire de famille où foisonnent des individualités très vite absorbées par la masse familiale, celle-ci se déroule ensuite à Bruxelles, au lieu de Paris, en Allemagne… Mais le plus marquant dans la démarche de Titi Sidibé réside dans sa volonté affichée de montrer l’immigré sous des traits fidèles à savoir la réalité guinéenne (pas nécessairement misérable), le quotidien du clandestin sujet au désenchantement (pour la plupart) ensuite la quasi-impossibilité du retour en sorte que l’immigré met plus d’énergie et d’imagination dans sa volonté de retour qu’il en avait mises pour rejoindre l’occident.
L’immigré ne serait pas un « effacé » dont la vie commencerait sur son lieu d’asile, il aurait un passé plus ou moins heureux, il aurait un nom et un prénom, une famille et un pays qu’il aime.

Les rapport nouvellement crées entre Bouba et sa famille restée au pays marquent également par leur acuité dans un récit qui mélange tradition et volonté d’équilibrer voire de repartir plus équitablement le poids d’une certaine désillusion dont on ne sort jamais indemne.

« Le sourire crispé » est destiné à un public plus large, l’africain y trouvera matière à réfléchir sur sa condition, parfois matière à rire, l’occidental quant à lui se verra invité à changer de regard sur ce personnage étranger qui passe sous sa fenêtre ; le candidat immigré sera, c’est espéré, mieux averti sur quelques curiosités d’un monde occidental différent mais également confronté aux aléas existentiels.

Bouba, Mackan, Elhadj, Sékou, Citroën, Mariamou, Haby et d’autres personnages promèneront le lecteur dans une aventure de prise de conscience, de rire et de lutte.

Le style de l’auteur est simple et immédiat, en sorte que la lecture se fait d’une traite parce que les personnages et la situation invitent  à imaginer la suite de chaque page.

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