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Sékou Touré et Aboubacar Somparé

Date de publication:2007-12-03 07:32:59

Le Président de l'Assemblée Nationale s'élève contre l'ethnocentrisme

 
En marge de la séance plénière du jeudi 19 octobre 2007 consacrée à l'adoption de la deuxième partie du programme de la session budgétaire 2008, le Président de l’Assemblée Nationale a tenu à exprimer ses préoccupations face à certains propos à l'allure d'ethnocentrisme.
 
Le Président de l’Assemblée, pour lutter contre le phénomène, se propose de composer quatre délégations parlementaires composites qui vont sillonner le pays et livrer le message de paix et d'unité nationale appuyé d'une déclaration.
 
Une attitude très applaudie par les députés, même si certains avaient été pointés du doigt dans le passé pour avoir dénoncé certaines pratiques ethnocentriques, avec l’argument que les Guinéens n'ont aucun problème entre eux.
 
Il convient donc désormais de dénoncer le comportement de certains dirigeants qui sèment la division au sein de la population pour en tirer des intérêts politiques.
 
Pour mémoire, en 2002 les députés du PUP réunis au tour du Chef de l'Etat se sont penchés sur l'épineux problème de la succession de l'ancien Président du Parlement (Elhadj Boubacar Biro Diallo). Un des responsables de ce parti avait proposé de tenir compte de l’équilibre ethnique dans les représentations importantes de l’Etat. Mal compris, il s'est résigné. Et voilà la même question qui revient à la suite de mauvais choix dans les nominations des Préfets et Gouverneurs de région.
 
Il y a lieu de souligner que c’est ce même Président du Parlement, Aboubacar Somparé, qui a rallumé le débat ethnocentrique à travers un passage irresponsable et provocateur de son discours d’ouverture :
 
« Nous observons aujourd’hui vis-à-vis des principaux artisans de notre libération une sorte d’ostracisme tout aussi révoltant qu’inexplicable ! Quelle que soit la volonté affichée d’occulter le rôle éminent joué par les compagnons de notre indépendance on ne saurait par exemple sans une forte dose de mauvaise foi, parler de l’OUA sans mentionner feu le Président Ahmed Sékou Touré et le rôle qu’il a joué dans la libération de la Guinée et dans l’émancipation des peuples africains. »  
 
Il aurait pu, en parlant de l’OUA ou de l’indépendance, citer Sékou Touré sans ces propos démagogiques et tendancieux qui l’accompagnent.
 
Sékou Touré : Père de l’indépendance et Tueur de la Nation
 
Nous devons le dire, Sékou Touré a été un combattant pour l’indépendance et l’émancipation des peuples en Afrique. Mais une fois chef d’Etat, il a privé le peuple guinéen son droit à la liberté d’expression et politique. Il a supprimé le multipartisme et l’Etat de droit qui lui avait permis de prononcer son discours (dont il n’était pas seul auteur. Il était porte-parole) devant le Général De Gaule. A son temps, personne ne pouvait plus parler comme il l’a fait devant De Gaule. Il a cultivé la peur et la désolation en Guinée.
 
Après avoir barré la route à Sékou Konaté, actuel Secrétaire Général du PUP, pour la prochaine présidence de l’Assemblée Nationale et cela après la maladresse de Mamadou Sylla qui parlait du tour des malinkés, Somparé se croit obligé de faire un geste à l’égard de cette ethnie. Il s’en est très mal pris. Si A. Somparé voudrait revendiquer l’héritage de Sékou Touré et du PDG, il ne doit pas non plus occulter les pendaisons et exécutions publiques, les diètes noires et tous les crimes commis par ce régime ! Rien qu’en 1984, peu avant la mort de Sékou Touré, 7 Peuhls ont été fusillés à Mamou à cause d’une carte d’identité !
 
Adolf Hitler a été un Allemand « patriote » qui a industrialisé son pays et créé du plein emploi à son temps. C’est lui qui a fondé la grande industrie d’automobile européenne VW et qui a révolutionné la technologie en Allemagne : la plupart des inventions dans le domaine militaire, navale et aérien sont intervenues à son temps. Seul en Allemagne, VW compte neuf (9) usines de fabrication d’automobiles. Mais, pour avoir déclaré la guerre à une couche ethnique de son peuple, cet homme ne peut bénéficier d’aucun honneur officiel.
 
En effet, ce n’est pas la guerre contre les autres que l’on reproche continuellement à Hitler mais son crime raciste. Or, à part la répression sanglante qui a frappé tout le pays, il n’est secret pour personne que Sékou Touré a eu à publiquement et officiellement déclarer la guerre à une ethnie en Guinée.
 
Qu’on en juge à travers ses propres discours et faits :
 
Dans les années 70, le régime guinéen, sous Sékou Touré, inventera, entre autres, « le complot peuhl », dans le cadre d'une politique de répression et d'extermination contre cette ethnie guinéenne pour la simple raison qu’il en veut à des opposants peuhls. Cela, il faut que nous acceptions de le reconnaître et de le condamner.
 
Jusqu'en 1976 le régime guinéen d'alors a toujours eu à nous parler de complots, de plusieurs complots. Mais les prétendus initiateurs étaient tous malinkés. Alors chaque coup d'Etat portera le nom de son supposé principal responsable; il s'agira officiellement de « Complot Petit Touré »,
 « Complot Kaman-Fodeba », « Coup Tidjane ». Tous Malinkés et successivement ! Mais on prendra soin de les nommer eux et non les confondre à l'ethnie.
 
Alors vient le jour où un Peuhl, Diallo Telly, est cité comme âme d’un complot dans lequel sont mis également des Malinkés en cause comme Sékou Philo et Lamine Kouyaté (capitaine de l'armée) . Cette fois-ci, ce ne sera plus comme de coutume « Complot Diallo Telly ». On dira officiellement « Complot peuhl »! Le discours à l'occasion est intitulé dans le journal officiel Horoya N°. 2232 << La perfidie des ennemis du peuple >>
 
En suite, dans le discours du 9 août 1976 du président de la république, s'en suivront des termes comme
 
- « Châtiez les traîtres Peuhls ! »
 
- « Le Fouta est la région naguère entièrement occupée par les Dyallonkés... Mais quelle a été la stratégie savante utilisée par l'ethnie peuhle... ? »
 
- « Dans les compétitions, les pièces présentées en peuhl n'obtiennent même pas 10 sur 20.. »
 
- « Certes ce ne sont pas les seuls Peuhls qui font montre d'infériorité humaine en utilisant le racisme... Mais ce qui est généralement connu, c'est que tous les cadres de la 5 e. Colonne originaires de Fouta se sont rabattus sur le racisme. »
 
- « Qu'un Peuhl honnête aille donc dire à Mamou, Dalaba, Pita... : Peuhls, n'acceptons plus, la trahison nationale ! »
 
- « Ils ont expliqué dans leur langue peuhle... »
- « Quand un cadre peuhl quitte Conakry, il va, seulement verser le venin; » 
 
Et dans son discours du 22 août 1976 Sékou Touré disait entre autres :
 
« C´est également le PDG qui, sans arriver à la détruire, a beaucoup atténué la débauche dans le Fouta. C´est le PDG qui a dénoncé le vol, devenu alors chose courante. A Conakry, à cette époque, lorsque dix voleurs se trouvaient devant un commissaire ou devant un tribunal, l´on comptait au moins huit ressortissants de la Moyenne Guinée. »
 
« Du temps de la colonisation, ils avaient démissionné du camp de la lutte ; car ils se comptaient au bout des doigts, les Peuls, jeunes ou vieux intellectuels, qui militaient ardemment dans les rangs du PDG. ».
 
Ce passage montre clairement que le fait de ne pas militer massivement pour son parti était la principale raison de la haine générale de Sékou Touré contre les Peuhls.
 
<< Aussi, nous vous posons la question : puisque, dans plusieurs familles peuls, le pays a attribué des bourses à un, deux, trois, voire quatre de leurs enfants qui, au terme de leurs études, ont trahi la nation pour se réfugier ailleurs et combattre le régime guinéen, devons-nous continuer à leur accorder des bourses ? [ Réponse unanime de l’assistance : non ! ]
 
Cependant, pour l’extérieur, il ne sera plus attribué de bourses aux Peuls aussi longtemps que ceux restés à l’extérieur n’auront pas rejoint la patrie. [ Applaudissements enthousiastes et prolongés de l’assistance. ]
 
Alors, nous proclamons sans détour : racisme = racisme. Et pour l’illustrer nous vous rappelons ce proverbe africains qui dit : «Lorsque vous dansez avec un aveugle, de temps en temps piétinez-le pour qu’il sache qu’il n’est pas seul !» >>
 
Dans cette dernière partie, le Président de la République, A.Sékou Touré, reconnaît pratiquer du racisme contre les Peuhls. Et jusqu’en 1985 avant le coup Diarra et le regrettable « Wo fata ara », les Guinéens étaient unanimes sur le caractère criminel du régime sékou.
D’ailleurs les victimes non peuhles de Sékou Touré ne se comptent pas. Toutes les couches sociales du pays, les intellectuels, les religieux, les commerçants, les cultivateurs de toutes ethnies confondues, ont subi le sadisme sanglant du régime sékou comme les pendaisons, la diète noire et les exécutions arbitraires. Parmi les pendus, il y avait par exemple Magassouba Moriba, Keita Kara et Amara Konaté (dont j’ai été témoin à Kankan). Bandjan Kourouma sera également fusillé en ma présence derrière le camp Soundiata de Kankan. Elèves, nous étions obligés d’assister à ces crimes horribles sans avoir le droit de pleurer. On devait lapider les corps et leur cracher dessus après.
 
Alors, Honorables Députés guinéens, Monsieur le Premier ministre, chers Membres du Gouvernement,
 
Un tel homme mériterait-il vraiment un honneur national en Guinée ? En le faisant, vous déclarez la guerre à une ethnie de ce pays. Jusque-là, on considère ces crimes comme le fait d’une dictature isolée. Revendiquer cet héritage et vanter les mérites du responsable de tous ces crimes abominables, c’est attiser les tensions et augmenter les risques de conflits ethniques dans notre pays. Si vous n’avez pas le courage de juger et condamner le personnage, alors ne vous moquez pas des victimes !
 
Appartenant au camp des victimes, nous voudrions faire appel ici à tous les compatriotes guinéens, sans exception, d’accepter de faire une analyse critique et objective de la situation et comprendre nos douleurs et nous accorder leur soutien fraternel et civique, dans l’intérêt de l’unité nationale. 
 
Sadio Barry

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