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Du rififi à Conakry

Date de publication:2008-05-14 13:56:38

A voir ce qui se passe actuellement à Conakry, nous ne savons pas s’il faut en rire ou pleurer.
"Pleurer" serait plus approprié pour un humain croyant et patriote tant la situation est pathétique.

En une année, le Pays a connu tant d’intrigues, de rebondissements et déceptions, humainement possibles en si peu de temps pour les pauvres âmes que nous sommes : à qui peut on se fier désormais en terme d’intégrité et de don de soi pour la Patrie ?

J’en viens à douter même de ma propre personne une fois mis dans les conditions guinéennes malgré toutes les condamnations et jugements de valeurs émis contre les acteurs et  personnalités de la vie politique en Guinée : c’est comme si quelqu’un (Sékou Touré et/ou notre Général ?) avait versé du nassi (sorte de philtre) dans l’eau ou l’air qui pervertit et annihile la volonté de s’opposer de qui que ce soit une fois installé au Pays. Combien d’augustes personnes ont changé de façon surprenante après leur installation en Guinée en prenant des positions contraires aux convictions pour lesquelles ils ont fui le PDG?  Suivez mon regard du côté d’anciens ministres et d’éminents docteurs en médecine.

L’ironie de l’actualité cette semaine est de voir le Gouvernement de "consensus" imposé pour entreprendre principalement une opération mains propres et d’assainissement des pratiques financières se retrouver cloué au pilori pour exactement ce qu’il est sensé "éradiquer" : le remède semble pire que le mal.  Les bricolages financiers pour impressionner sont mis à nu.

Quelle fut aussi notre surprise de lire que les syndicalistes accusés par Mamadou Sylla (patronat) veulent porter leur plainte au CNC alors que nous attendions plutôt à une devant la justice pour diffamation avant tout !  Quant à la radio Nostalgie, elle ne fait que son devoir dicté par la liberté d’expression : il revient aux syndicalistes d’avoir un droit de réponse sur les mêmes ondes.  C’est de la contradiction que jaillira la vérité.

Sur un autre sujet ; nous avons trouvé singulier que suite à des tracts, Mr Sidya Touré n’ait rien trouvé d’autre à faire que demander à Mr Kouyaté de faire conduire des audits sur les périodes des différents PMs : quel intérêt a le PM d’agir de la sorte sachant que de telles investigations pourraient l’exposer lui aussi ?  Ou bien, est ce une façon de réagir à la provocation sans le faire sincèrement ?  Ceci d’autant plus que nous savons désormais que les électeurs en Guinée, dans leur majorité, tolèrent les biens mal acquis : nous comprenons que c’est une question d’honneur mais la solution est ailleurs.

La preuve, l’Assemblée Nationale attend du PM des explications sur les pratiques financières peu orthodoxes du Gouvernement.

Autrement, en tant que leader politique que nous pensons influant, Mr Sidya aurait dû user de son influence pour associer les autres chefs de l’opposition pour restaurer un état de droits et de bonne gouvernance où la justice fera son travail : nous savons tous ce qu’il faut faire.

Dans le même registre ; Mr Cellou Dalein semble suivre le chemin de Mr Sidya Touré : un début triomphant avec beaucoup d’espoir pour finir dans l’expectative silencieuse attendant l’élection salvatrice.  A moins que l’analyse pertinente et les dires de Mr Dramane Touré à son sujet ne soient fondés : il dit en somme que Mr Cellou Dalein est plus un partenaire de notre Général qu’un opposant.  Vrai ou faux ?  Nous ne savons plus à quel saint se vouer !  Nous sommes bientôt en juin et aucune date n’a encore été avancée pour le scrutin (prévu avant fin 2008) ; et l’opposition reste sereine!  Nous ne la voyons pas faire pression encore : au jeu d’endurance pratiqué par le Pouvoir jusqu’à présent, les partis politiques sont sans aucun doute perdants (cf. dissidence à l’UPR et d’autres suivront plus les élections durent…) car la pression financière et la fatigue des militants aura raison d’eux.

Quant au relatif calme aujourd’hui à Conakry, il est dû à un équilibre de la peur (et non de la terreur) : le Président Conté est dans le doute ( à tort) depuis les évènements de février 2007 et par conséquence n’ose plus agir de façon décisive ; le gouvernement se sait en sursis et joue les prolongations avec des gestes symboliques comme les 100 bus Tata ; les syndicalistes ont perdu en crédibilité pour commander la poursuite du changement ; l’opposition, égale à elle-même, s’embrouille dans des rivalités mal à propos sans avoir le courage d’agir en prenant ses responsabilités (séquelles de l’échec « ville morte », il y a quelques années ?). Quant à l’Armée : no comment !  

Donc, le hasard se chargera de résoudre nos problèmes ; même s’il est dit qu’il n’a jamais fait le bonheur du peuple.  La Guinée sera peut être l’exception qui confirme la règle ou l’axiome ; mais n’y comptons pas trop.

Que Dieu nous sauve !

Ibrahima Diallo

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