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Don Kass : des égarements du cœur au nombrilisme atavique.

Son sourire artificiel est empreint de faux-semblant. Le sourire, tout comme le regard, révèle. Il a abjuré au libéralisme duquel il se proclamait au profit d’un pragmatisme d’un maître spécialiste de la navigation à vue. N’ayant jamais eu un véritable sens de l’Etat ; au gré des épreuves, il étale son opportunisme et son incapacité à incarner les fonctions dévolues au chef du gouvernement, celles-là promues par notre constitution.

Kassory Fofana

Son sourire artificiel est empreint de faux-semblant. Le sourire, tout comme le regard, révèle. Il a abjuré au libéralisme duquel il se proclamait au profit d’un pragmatisme d’un maître spécialiste de la navigation à vue. N’ayant jamais eu un véritable sens de l’Etat ; au gré des épreuves, il étale son opportunisme et son incapacité à incarner les fonctions dévolues au chef du gouvernement, celles-là promues par notre constitution.

 

En fonction des éléments ci-après on peut appréhender les actions de l’homme et aussi interroger ses réelles ambitions ; car à bien des égards, il semble être un dissimulé qui n’a pas assassiné son parti pour rien.

Rampant

Imposteur - qu’il prouve à l’opinion que son grade de docteur est authentique et je lui présenterai les excuses publiques -, il s’est inventé par complexe, censément, un grade et celui de double docteur. Usurpation de titre ! C’est le journaliste sénégalais Cheikh Yérim Seck qui l’avait publié dans Jeune Afrique le 11 février 2003 en ces termes : « Ibrahima Kassory Fofana, a reçu, le 2 février, à la prestigieuse American University de Washington DC, deux diplômes de doctorat de troisième cycle : l’un en économie, l’autre en développement des banques et finances. » L’homme a envoyé ce message subliminal aux Guinéens qu’il a abusé jusqu’à ce que innovation technologique ait détruit son tissu de mensonges. Maintenant, on sait qu’il était un simple aventurier au pays de l’Oncle Sam et qu’il n’y a eu qu’un diplôme qui ne peut être un PhD, mais le Bachelor of Arts. Rattrapé par cette faute, il entretien l’ambivalence ; tantôt il est docteur, tantôt il ne l’est pas. Pourtant, doit-on avoir honte d’arborer un grade qu’on a eu dans le mérite et dans une prestigieuse université : American University ?

Notre double docteur se tient sur des béquilles, il a plusieurs conseillers pour finalement être indécis et perplexe ou sinon prendre les décisions les plus absurdes et vivre dans la bulle en imposant aux autres ses opinions non pas, par la raison discursive mais par la menace et la manipulation de la loi.

Pour s’habiller, il a un conseiller personnel qui peut lui dire d’ôter, incontinent , telle veste pas à son goût au profit d’une autre à aller chercher à la maison . Ce dernier est entretenu par le contribuable, il a un bureau et un salaire pour un travail fait : le shopping et le conseil en image. Pour parler d’économie, il a d’autres conseillers. Ils sont aussi payés par le contribuable. Mais, même parlant d’économie, discipline qu’il maîtrise le mieux et avec ses nombreux conseillers, il se prend à défaut dans ses propres propos et explications ; l’homme s’emberlificote. Sa maîtrise des concepts n’est que superficielle. Il est constamment dans le vague.

Pour parler à la télévision, il a des conseillers qui lui apprennent la diction et la rhétorique. Pour parler, on lui apprend tout mais le résultat est d’une saveur détestable : égotisme et narcissisme. Il ramène tout à lui et les questions nationales sont ainsi devenues personnelles. Qui a menacé de démissionner si le président de la République accédait à la revendication du SLECG ? On est dans une inversion de rôles ! Dans ses interventions, il ne répond pas aux questions qui lui sont posées, il a déjà des opinions tranchées et préconçues ; celles-là, lumineuses, qui lui sont inspirées. Rien ne bouge, parce qu’il est à plat ventre, plat et, rampe. Qui a dit qu’il n’avait pas le niveau ?

Maladroit

Avant d’être nommé premier Ministre, n’est-ce pas l’homme qui disait que l’augmentation du prix du carburant à la pompe était d’une urgence médicale ? N’est-ce pas sur cela qu’il avait fait campagne auprès du Président qu’il a abusé ? N’est-ce pas lui qui avait dit qu’il livrerait un combat à la corruption ? N’est-ce pas lui qui avait dit, au moment d’absoudre son parti dans celui au pouvoir : Laissez- le finir son travail ? Aujourd’hui, il l’aide bien à finir ce travail de démolition des valeurs de la République : le travail est pour les resquilleurs, la justice sociale est niée, la solidarité est un renvoi d’ascenseur entre copains !

Il doit être celui qui cordonne, dirige et impulse l’action gouvernementale. Il n’a pas la même vision que celui qui l’a fait premier Ministre. Lui, se disait libéral, son maître socialiste ou ancien communiste n’a pas le même sens de l’Etat que lui. C’est par vampirisme que Don Quichotte, le redresseur des tords, a croisé le chemin de son nouveau maître. Pour devenir son premier Ministre, le GPT fut assassiné sans parité d’échange, ni théorique ni observée. Que valait-il ? Même pas 1 % des suffrages exprimés à la présidentielle de 2015.

Aujourd’hui, l’action gouvernementale est invisible, non pas parce que tous les ministres ne font rien, mais parce que les postes ministériels sont mal définis, qu’il existe des enchevêtrements entre les compétences, parce qu’il existe un gouvernement officiel avec des concurrents discrétionnaires : un à la primature et un autre au palais présidentiel. Aujourd’hui, la lumière de certaines pontes du gouvernement l’importune et l’action gouvernementale se réduit à sa personne ; il est partout et parle de tout même s’il n’a pas les ressources nécessaires pour réussir partout. Il confond égotisme, narcissisme à la rigueur et à l’efficacité. S’il est efficace où sont ses résultats en fonction des missions qui lui sont assignées par la loi mère : promoteur du dialogue social avec les partis politiques et les acteurs sociaux ? Avec qui dialogue-t-il ? Je feigne d’oublier qu’il est au service de son maître qui lui dit de créer des crises afin de mettre en panne l’horloge électoral. Ainsi, il est satisfait de lui.

Il n’écoute personne sinon que l’écho de sa seule raison. Ne sachant pas écouter, il devient hermétique et crée des crises, plus de crises qu’il n’y en a. La crise, c’est lui-même, c’est sa méthode qui ne marche pas. Et, aujourd’hui, il n’est pas question, après trois mois d’irresponsabilité et d’arrogance dans la gestion de la crise qui secoue le système éducatif, de savoir si le SLECG a ou non raison, en abuse ou non, mais de mentionner la maladresse de l’homme aux mauvais procédés qu’est Don Kass.

Faire respecter la loi, ne doit conduire à créer des violences institutionnelles et puis celles répressives pour museler ceux qui demandent à vivre d’un travail qu’ils accomplissent avec honneur et dont les actions s’inscrivent dans les permis de la loi mère. Il se montre acariâtre et preux pour dire à son maître : avec moi, la pagaille est finie. Pourtant, la confusion c’est ce qu’il fait et entretient.

Incapable

Avant qu’il fût nommé premier Ministre, il avait dit qu’il livrera un combat sans merci à la corruption. Avant qu’on ne fît de lui premier Ministre, en moyenne onze institutions avaient été mises en place pour combattre la corruption. Elles étaient pour l’essentiel discrétionnaires et anachroniques, il lui suffisait de les rendre opérationnelles pour certaines, adéquates pour d’autres. Il n’en a pas fait une panse d’a.

Sa première action, saluée par l’opinion, était injuste et populiste : l’inculpation des directeurs de deux régies financières et leurs remplacements par des copains. C’était sa façon à lui de prendre le contrôle des puits artésiens, à rentes, et de distribuer des responsabilités à des copains. Il l’a fait et puis, l’action judiciaire a été obstruée.

L’OGP a un Conseil d’administration, politisé, composé des politiques issus du parti au pouvoir choisis sur les critères de servilité et d’engagement politiques et non sur celui des compétences managériales, humaines et techniques. L’OGP a aussi un Commissaire au Compte : le cabinet Hic & Partners, qui certifie ses comptes. Si les comptes doublement agréés par le Conseil d’administration et par le commissaire au compte, cabinet indépendant, sont mis en doute est-ce la seule responsabilité du directeur ? Voilà l’abus !

Il jure de radier les enseignants grévistes impénitents. Il a gelé les salaires de milliers d’eux, parce qu’il est dans l’égarement du cœur. Son cœur bat mais ne ressent aucune pitié, il n’a pas d’empathie. Même dans l’injustice, il se croit être abusé. Il se trompe de combat ! Les salaires à geler ne sont pas touchés : le sien pour le travail qu’il ne fait pas ; de ses copains, collatéraux, imposés à la tête des régies financières qui bénéficient des promotions indues.

Ailleurs, les corrompus sont mis aux arrêts, jugés et sanctionnés selon les dispositions de la loi. Lui, il menace de radier ceux qui ne peuvent piocher dans les caisses de l’Etat mais qui détruisent par un travail désintéressé l’ignorance et qui ne veulent pas tricher. L’homme est de mauvais procédés même si son patron peut être poussé à nous faire croire le contraire. N’a-t-il pas, lui-même, demandé lors d’un conseil des ministres des résultats à son employé inefficace ?

Où est sa croissance économique à deux chiffres, unijambiste, fondée sur le Trickle down ? Où sont les emplois créés par cette croissance appauvrissante non soutenable ? Où sont ses richesses et à qui reviennent-elles ? Aujourd’hui, il parle d’agriculture, demain il parlera des mines et après-demain, d’autres choses. Comment peut-on parler de croissance économique pérenne si la question éducative n’est pas une priorité, si les conditions de vie et de motivation de ceux qui officient dans les classes sont bafouées à travers des mesures liberticides ? Comment peut-on parler de croissance économique à deux chiffres si l’on crée et entretient des incertitudes et de l’instabilité politique qui auront raison de la précaire stabilité macroéconomique ?

Ayant pris la revendication syndicale pour un sujet personnel, une rebuffade, un affront qu’il se doit de laver, il commet un péché qu’aucun effort ne peut abluer, que son patron le renie ou non ! Ses prérogatives relatives à la tenue du dialogue social sont transférées à un autre ; alerte, fin négociateur, novateur, écouteur attentif et communicant vrai, surtout aux meilleurs procédés et à la quête de l’intérêt général. Cela l’irrite et ses valets aussi. La Guinée, est plus grande. Il doit le savoir.

Amateur

Assainir la ville de Conakry sans stratégies est sa démarche. Ainsi, chaque dernier samedi du mois, il convie les citoyens à s’associer à l’initiative d’assainissement. La gestion des déchets est une gestion de flux et non de stock. Comment peut-on croire qu’un ramassage en bloc, d’une seule fois tous les mois peut rendre une Capitale propre ? Conakry ce n’est pas la Guinée et la Guinée ne saurait être réduite à Conakry.

Son plan d’urgence devient sans fin et permanent. Est-il capable d’idées nouvelles ? Les marchés sont encore de plus en plus sales, l’effort de l’armée, salutaire, n’est plus visible en certains endroits. Les ordures sont brûlées en plein jour et les populations inhalent poussières et puanteur. Quel supplice !

Don Kass ne savez-vous pas que la gestion efficace des déchets est tributaire de la définition de la stratégie faisant la part des déchets solides, des déchets biomédicaux, etc., des moyens d’actions, des ressources allouées et des résultats attendus ? Ne savez-vous que la gestion des ordures peut créer des emplois dans chacun des maillons de la chaîne : collecte – transport- valorisation ?

Je feignais d’oublier qu’il faut être dans le long terme pour parler de stratégie et que seul le court, le très court terme, vous intéresse ! Don Kass n’est pas stratège. C’est un survivant tactique. Peut-être est-il à la quête de rentes pour faire un trésor de guerre et rebondir quand son patron du moment l’aura renié. Importe ! C’est un esprit altier qu’il faut tenir dans l’abaissement.

Ibrahim Marie Sanoh


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