L’échec, c’est de bureaucratiser un mouvement qui a vocation à être insurrectionnel.


Le pouvoir kidnappe des jeunes leaders du FNDC, en réponse, il faut convoquer une réunion plénière des autres leaders pour constater les faits, pondre une déclaration et s’engager dans un processus judiciaire. C’est la mauvaise réponse à des comportements hors-la-loi des dirigeants du pays.

Si on avait agi ainsi en 2007, il n’y aurait pas eu de soulèvement populaire en janvier-février 2007. Personne n’avait vu les syndicalistes se réunir pour appeler à manifester tel jour, suspendre les manifestations tel autre jour. Ils n’ont fait que déclencher une grève générale illimitée et laisser place à d’autres acteurs invisibles pour mener l’insurrection populaire.

J’ai toujours demandé que les leaders du FNDC fassent comme eux : s’effacer et laisser place aux jeunes leaders anonymes pour mener à bien le mouvement.

Alpha Condé ne se fera pas prier, lorsqu’il sera en face d’un puissant mouvement incontrôlé qui brûle tout sur son passage.

Il a fallu que les jeunes Burkinabé brûlent le palais de l’Assemblée nationale pour que Blaise Compaoré prenne peur et finisse par fuir le pays.

En 2007, le général Babangida a dit au général Lansana Conté : “Si tu ne cèdes pas, ce sont tes propres hommes qui vont te ligoter”. De général à général, le message est vite passé. Il a dû se rappeler que son cortège a été caillassé à Matam et qu’il ne pouvait plus traverser l’Axe pour se rendre comme d’habitude à son village à Moussaya et donc qu’il était pratiquement confiné dans son palais de Boulbinet. Face à l’hostilité grandissante dans les quartiers, les familles des FDS se sont réfugiées dans les camps. Les barons du régime avaient la peur au ventre devant cette furie populaire qui déferlait dans tout le pays. La capitulation était la seule issue pour sauver le régime et de guerre lasse le général Lansana Conté accepta tous les points de revendications du mouvement social.

Tant qu’il a la possibilité de négocier avec des leaders politiques, Alpha Condé se frottera toujours les mains et nulle inquiétude ne le poussera à reculer. Il est d’autant plus tranquille, que ses interlocuteurs ont l’autorité de faire suspendre toute manifestation qui le déstabilise.

Mais, la donne a changé dans l’espace CEDEAO. C’est l’énorme poids politique d’Alassane Ouattara qui tempérait les ardeurs des critiques contre le 3 ème mandat. Cette hypothèque est désormais levée. Alpha Condé est seul face à ses pairs et au jugement des peuples de la CEDEAO.

Il a grillé toutes les cartes à sa disposition. On ne négocie plus avec lui : ni les élections, ni son départ du pouvoir.

Laissons les jeunes gens dérouler leur programme de résistance sur le terrain. C’est terriblement efficace que le pouvoir ne puisse avoir d’interlocuteurs en face pour éteindre le feu insurrectionnel y compris d’ailleurs les chefs religieux et les ambassadeurs des puissances et organisations internationales. C’est en ce moment qu’ils seront obligés de demander poliment à Alpha Condé de bien vouloir quitter le pouvoir.

“Ceux qui luttent, sont ceux qui vivent “.

Alpha Saliou Wann

 

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