Lettre ouverte d'un Guinéen au Chef de file de l'opposition, président de l'UFDG

Après la sortie scandaleuse de Cellou Dalein sur l'affaire des 13 km de Pita et 15 km de goudron à Labé, un Guinéen lui adresse une lettre ouverte.

Lettre ouverte au Chef de file de l'opposition, président de l'UFDG

 

Monsieur Cellou Dalein,

Je me fais l'obligation de vous répondre à la suite de votre discours tenu à Labé dans lequel, vous faites une comparaison entre Labé, Pita et Dalaba. En effet, je vais mettre ici la partie de vos propos qui m'intéresse afin que les lecteurs de cette lettre sachent de quoi il s'agit. Voici un extrait des propos que vous avez tenus à Labé !

« Je trouve que 15 kilomètres de bitume pour Labé, sont insignifiants. Vous avez 91 000 électeurs ici. A Pita, vous avez 15 000 ; à Dalaba, vous avez 14 000 électeurs. On a donné à Pita 13,5 kilomètres et à Labé 15 kilomètres. Alors qu’il faut six fois la commune urbaine de Pita pour faire la commune urbaine de Labé. On aurait pu faire un peu plus. Si on considère ce qui a été donné à Pita. Je me réjouis de ce que Pita a eu et elle devait même avoir plus. On aurait dû faire six fois 15 kilomètres à Labé pour être dans le même rapport avec Pita et Dalaba. Je trouve que c’est peu. 15 kilomètres pour Labé, c’est une goutte d’eau dans l’océan. Regardez comment la commune urbaine est grande, regardez seulement le niveau de la population. J’ai parlé ici de population électorale. 91 000 électeurs dans la commune urbaine de Labé. Vous donnez 15 kilomètres pour une telle ville, je n’ai pas la surface de la commune urbaine mais vous allez voir que c’est insignifiant…» (Article de Guineenews.org).

Monsieur Cellou Dalein,

Je m'indigne contre cette sortie que je trouve honteuse pour l'acteur politique que vous êtes. Oui, elle est honteuse parce que certains vous croyaient jusqu'ici homme d'État. Elle est honteuse venant de vous qui désirez être président de la République si toutefois, les Guinéen.ne.s vous accordent leur confiance un jour. Elle est davantage honteuse parce que Pita et Dalaba attendent de vous, reconnaissance et non du mépris. Ces deux villes attendent positivement de vous un retour d'ascenseur et non de l'ingratitude comme vous avez fait montre dans cette sortie.

En effet, pour que les lecteurs sachent la motivation de mon indignation, je vais rappeler quelques faits historiques pour leur montrer le caractère ingrat et méprisant de votre discours. Parce que l'histoire est têtue dit-on.
Ainsi, parlons du soutien particulier que Pita vous a apporté depuis votre engagement en politique en 2007 et du lourd tribut qu'il a payé.
Alors, parlons de votre engagement politique.

En 2007, vous aviez décidé de vous engager en politique après quelques mois de votre limogeage de vos fonctions de Premier ministre. Du coup, des démarches avaient été engagées auprès de l'UPR pour votre intégration. Malheureusement, les négociations n'avaient pas été concluantes parce que vous vouliez occuper la présidence du parti. Chose que M. BAH Ousmane avait refusée tout en vous demandant d'intégrer le parti, mais attendre le prochain congrès du parti. Cela ne vous convenant pas, vous avez refusé d'intégrer le parti. Mais BAH Ousmane avait subi à cause de vous toute sorte d'insultes et de tentatives d'humiliation. Mais il est resté digne !

Après cet échec auprès de l'UPR, feu Bâ Mamadou avait démarché vers vous afin que vous intégriez l'UFDG. Ainsi, animé d'un esprit démocratique et de l'intérêt collectif qui transcendent ses intérêts personnels, BAH Oury (fondateur de l'UFDG) avait accepté votre intégration au sein du parti. C'est ainsi alors que vous êtes venus à l'UFDG pour être son président.

En février 2016, BAH Oury qui vous avait accueilli en 2007 dans le parti dont il est le fondateur, a été exclu injustement de l'UFDG sur votre propre initiative. Il a également été victime d'une vendetta tout comme BAH Ousmane l'avait été. Il a été traité de tous les péchés d'Israël.

Par ailleurs, Mouctar Diallo avec qui vous étiez dans les forces vives en 2009 et qui avait été élu député sous les couleurs de votre parti en 2013, avait exprimé sa volonté d'être candidat à l'élection communale afin de briguer le poste de Maire de la Commune de Ratoma. De cette volonté est née des incompréhensions qui se sont transformées en hostilités politiques qui ont entraîné la rupture entre vous. Du coup, Mouctar Diallo a subi par la suite le même sort que ses aînés BAH Oury et BAH Ousmane. Il a été vilipendé. Et tout récemment, des jeunes surexcités l'avaient insulté à Labé ainsi que ses parents du fait qu'il est désormais de votre camp adverse.

Monsieur Cellou Dalein Diallo,

J'ai tenu à rappeler tous ces faits historiques afin que les gens sachent ce qu'ont les acteurs politiques de Pita quand ils ne s'entendaient plus avec vous. Et ce n'est pas fini, mais je reviendrai plus loin pour relater d'autres faits historiques. En attendant, je vais revenir sur vos propos.

Monsieur Cellou Dalein Diallo,

Vous vous êtes permis de faire une comparaison entre les quelques 13 kilomètres de bitume que chacune des villes de Dalaba et Pita a bénéficiés par rapport aux 15 kilomètres dont la ville de Labé a bénéficiés. Et pire encore, vous reposez votre comparaison sur le nombre d'électeurs qui est de l'ordre de 15.000 électeurs pour la ville de Pita et de 91.000 électeurs pour la ville de Labé.

Monsieur Cellou Dalein Diallo,

Trouvez-vous digne cette comparaison qui consiste à reposer la destination des projets publics aux citoyens selon leur poids électoral ? N'est-ce pas que votre obsession des élections vous a fait perdre le discernement qui vous aurait permis de voir les bénéficiaires des projets publics avant tout comme citoyens au lieu d'électeurs ?

Au-delà de cette comparaison, qu'aviez-vous réalisé comme infrastructures routières pour la ville de Labé pendant que vous étiez ministre des travaux publics ? N'aviez-vous pas bitumé la route qui mène vers votre domicile de Labé juste jusqu'au portail de votre cour ? Alors, quelle leçon avez-vous à donner aujourd'hui pour dire que Labé méritait plus ? N'aviez-vous pas dit à chaque fois qu'on vous faisait le reproche de n'avoir réalisé aucune infrastructure routière au Fouta qu'il y avait plus de nécessité dans les autres régions ? Alors qu'on sait que cela n'est pas vrai. Parce que Labé et les villes environnantes connaissent de véritables activités économiques notamment entre les pays voisins (Sénégal, Guinée-Bissau). Donc, dire qu'il n'y avait pas une nécessité à construire des infrastructures routières n'était qu'une fausse excuse.

Même si j'avoue que Labé méritait beaucoup plus tout comme les autres villes du pays, vous et moi, nous n'avons pas les mêmes critères de comparaison. Parce que les vôtres portent sur le nombre d'électeurs alors que les miens portent les droits que l'ensemble des citoyens guinéens ont vis-à-vis de l'État.

Monsieur Cellou Dalein Diallo,

Comme vous vous êtes permis de faire la comparaison, je vous demanderais d'aller plus loin. En effet, parmi les 106 jeunes tués lors des manifestations organisées par votre parti, Labé a perdu combien de ses enfants comparativement à Pita ? Parmi les familles qui ont payé les frais de vos manifestations, il y a combien de familles de Labé ?

Monsieur Cellou Dalein Diallo,

Rappelez-vous qu'au nom d'une union de façade, Pita vous a soutenu depuis votre engagement en politique ! Pita a choisi de vous accompagner même au détriment de ses fils (BAH Oury, BAH Ousmane et Mouctar Diallo). Et surtout, rappelez-vous que c'est à cause de vous que des jeunes militants de votre parti s'en étaient pris à des biens appartenant à des frères à eux !

Monsieur Cellou Dalein Diallo,

Avant de terminer ma lettre en vous disant que Pita et Dalaba retiendront de votre sortie que même en tant que, opposant, vous n'aimez pas leur bonheur. Du coup, ce n'est pas quand vous serez président de la République qu'elles bénéficieront des réalisations publiques. Par conséquent, vous ne méritez pas leur confiance. Ainsi, ils ne se feront plus tués, emprisonnés et leurs biens saccagés pour vous !

Monsieur Cellou Dalein Diallo,

Je vais terminer ma lettre en vous souhaitant bonne lecture !

Rafiou Bah depuis Paris,
Citoyen libre


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