Dialogue politique en Guinée : à quoi bon ?

Il est bizarre que l’on parle de dialogue sans que personne ne dise jusqu’à maintenant, sur quoi exactement va porter le dialogue ? Est-ce qu’il s’agit de trouver les moyens de laisser l’équipe actuelle continuer à diriger le pays sans partage moyennant la libération des détenus politiques que tout le monde sait par ailleurs parfaitement innocents ? Ou bien s'agirait-il de négocier le départ pacifique de l'usurpateur du pouvoir, Alpha Condé ?

Dialoguer avec Alpha Condé après 11 ans d’expérience que l’on a vécus avec lui ? Quelle sera la Constitution de référence, la consensuelle et légale de 2010, celle du faux Référendum de 2020 ou le texte falsifié qu'il a promulgué ?

Quel accord peut on signer avec un dirigeant corrompu et sans morale qui a renié sa parole et violé son serment constitutionnel de premier magistrat du pays ?

Nous avons tous entendu Alpha Condé en janvier, en pleine crise de Covid-19, dans son discours de « Gouverner autrement », qu’ils vont déguerpir et récupérer, sans état d’âme, tous les domaines de l’Etat que des pauvres Guinéens ont acheté des mains des préfets et gouverneurs dans le passé, comme si les Préfets et Gouverneurs ne sont pas des représentants de l’Etat. Cependant, face à l’ampleur des dégâts et la colère montante des Soussous, on a entendu son Premier ministre Kassory Fofana dire qu’ils ne savent pas, qui a donné l’ordre des opérations de casses et que cet ordre n’est venu ni du président, ni de lui, encore moins du ministère de l’Urbanisme.

Dialoguer et conclure quoi avec un tel duo de menteurs et nihilistes sans vergogne ?

Alpha Condé et son gouvernement ont-ils respecté et appliqué un seul des accords signés depuis 2011 en Guinée ?

Alpha Condé a-t-il accepté le dialogue une seule fois avec le feu Président Lansana Conté pendant les 24 ans de règne de ce dernier qui lui a pourtant maintes fois tendu la main ?

Les accords de 2013, 2014, 2016 et 2017 ont conduit à quoi ?

Jusqu’à nos jours, le processus électoral des communales de février 2018 n’a pas été clos : le régime n’a investi que des élus de son choix avant de prétendre, avec la Ceni, qu’ils en ont perdu les résultats.

L’opposition a quoi pour amener Alpha Condé à respecter ses engagements ?

Avec le trotskiste Alpha Condé et sa bande qui n’acceptent même pas d’appliquer les décisions de justice, la seule garantie, c’est désormais le rapport de force. Un éventuel dialogue, c’est de lui permettre d’être à nouveau fréquentable et obtenir de l’aide extérieure pour financer ses milices. La Guinée n’y a aucun intérêt. Le mieux pour notre pays, est qu’Alpha Condé reste confiné en Guinée, pays où il n’a jamais aimé vivre réellement.

Après avoir vidé les caisses de l’Etat pour corrompre les forces de l’ordre, la Ceni, les religieux et des hommes de médias, pour financer trois élections nationales (Référendum, Législatives et Présidentielles 2020) sans aucune possibilité de contrôle de la communauté internationale pour la garantie d’un minimum de transparence et de crédibilité, Alpha Condé ne pourrait mener ce mandat à terme sans aide internationale qu’un nouveau faux dialogue pourrait lui apporter.

Sadio Barry,
Président du parti Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG).


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