Guinée : Manifestations de rues, à qui profitent les crimes ?

Après les journées mouvementées des 28, 29 juillet 2022 dans la capitale guinéenne, le FNDC qui vient d’être dissout par les autorités de la transition projette d’autres marches ce 17 Août. Les tueries de manifestants, les arrestations et autres formes de violences enregistrées n’ont pas dissuadé les forces sociales.

Elles veulent battre le pavé sur l’ensemble du territoire national cette fois-ci, pour disent-elles, exiger un retour à l’ordre constitutionnel.

Les forces sociales réunies au sein du FNDC accusent la junte au pouvoir depuis le coup d’Etat du 05 septembre 2021 de vouloir s’éterniser au pouvoir. Pour y arriver, elle tente de museler toutes les voies discordantes. Pour la junte et le gouvernement, des travaux urgents et nécessaires doivent être exécutés avant l’organisation des élections qui mettront fin à la transition. La durée de celle-ci semble être le nœud gordien dans ce bras de fer qui oppose les guinéens.

Les négociations engagées par la CEDEAO n’ont pas suffi pour ramener les protagonistes autour de la table. La confrontation semble être inévitable avec toutes les conséquences fâcheuses qu’elle pourrait engendrer. La détermination de forces sociales appuyées par certaines formations politiques dont les leaders sont en exil d’une part et l’obstination des autorités de l’autre nous amènent à poser une question fondamentale : à qui profitent les crimes qui découlent de ces manifestations ? Qui sont ces malins qui tirent profit de cette situation ?

Si pour les forces sociales les manifestations de rues constituent un moyen de pression sur la junte pour obtenir la satisfaction de leurs revendications, l’expérience nous prouve qu’elles ne sont pas les seules à sortir dans la rue. Des forces obscures sont au rendez-vous avec d’autres agendas. Des citoyens sont victimes de violences, de pillage, de vols et autres formes d’abus par des individus qui profitent de ces manifestations pour d’adonner à ces sales besognes. Il y’a des esprits malins qui profitent de l’instabilité créé par les marches pour s’attaquer à de paisibles citoyens.

Du coté des forces de l’ordre, c’est tout un arsenal qui est mis à disposition par les autorités pour le maintien de l’ordre. Dans les moyens déployés pour ce travail de maintien d’ordre et de répression, il y’a certes des hauts perchés qui tirent des profits. Ce ne sont pas tous les moyens qui sont mis à disposition qui sont utilisés dans les efforts de maintien de l’ordre et de la protection des citoyens et leurs biens, loin s’en faut. Les individus qui perçoivent et qui gèrent ces moyens en profitent. C’est un moyen pour certains de se remplir les poches et de satisfaire d’autres besoins. C’est pour dire que la paix et la stabilité ne plaisent et n’arrangent pas tout le monde. Qui sont ceux-là qui bénéficient des manifestations ?

Les victimes elles sont connues. Ce sont très souvent des citoyens qui ne sont associés ni de près ni de loin aux dites manifestations qui sont tués, blessés, violentés, arrêtés et emprisonnés pour ensuite être rançonnés. Cela doit cesser. Nombreux sont ces victimes qui ne peuvent dire avec exactitude les raisons de la manifestation dont elles sont victimes, allons-nous laisser ce business de la mort continuer ?

Les protestations parfois violentes sont une forme d’expression des masses dans le processus de démocratisation des pays.  L’expérience nous prouve qu’elles ne peuvent être évitées même pas par des interdictions. Certaines sont spontanées et n’obéissent à aucune organisation, à aucune structure. Cautionner ces tueries et ces violations graves de droits humains en les encourageant est une injustice commise à l’endroit des victimes innocentes. Les manifestations sont un droit des peuples, le maintien de l’ordre un devoir des autorités mais la vie, l’intégrité, la liberté et la sécurité des citoyens sont sacrés et doivent être privilégiés. 

Les paisibles citoyens ne doivent subir la répression destinée à anéantir les petits malins qui profitent des manifestations pour s’adonner à des actes de vandalisme et d’incivisme qu’on observe dans certains quartiers de la banlieue de Conakry. La nation ne peut prospérer en sacrifiant les plus faibles et des innocents. Il est grand temps que nous trouvions une issue à ce statu quo qui n’a que trop duré et fait tant de victimes.

Boubacar DIENG


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